À L'ÉTRANGER
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ENTRETIEN AVEC KEVIN CHAM, CET INTERNATIONAL FRANÇAIS QUI CONTINUE SA FORMATION EN ESPAGNE

Kevin Cham
Crédit photo : Team Photo CMB

Kevin Cham, meneur français de la génération 98, était de passage à Cholet lors du week-end de Pâques avec son équipe espagnole.

Par Théo Quintard.

Déjà détenteur de trois titres de champions lycéens des États-Unis, Kevin Cham (1,87 m, 19 ans) vit une saison « de transition » dans un centre de formation évoluant en quatrième division espagnole.

Arrivé l'été dernier en Espagne en provenance du lycée floridien de Motverde, Kévin Cham (prononcez « Cam ») s'est livré pour BeBasket lors de son passage au Cholet Mondial Basketball. Arrivé malade avec 40°C de fièvre, le petit frère de Dylan Cham (joueur à Rennes en NM1) n’a pas beaucoup joué durant ces quatre jours de compétition. Aucune minute le vendredi et quelques-unes par la suite. Bien que diminué, il a finalement participé au succès de Torrelodones en jouant 13 minutes pour 3 points en finale.

Kevin, on se souvient de toi en 2013 en France. Tu étais alors U15 et tu as participé à l'EuroBasket U16 avec d'autres surclassés, comme Renathan Ona Embo et Bathiste Tchouaffé. Ensuite, tu as décidé de partir aux Etats-Unis et tu as évolué trois ans à la Montverde Academy. Que retiens-tu de cette expérience américaine ?

Mes années là-bas ont été une grosse réussite, j’ai appris beaucoup de choses à Montverde. J’ai eu l’un des meilleurs coachs des États-Unis au lycée, Kevin Boyle (élu meilleur coach à quatre reprises, NDLR). Il a entraîné beaucoup de joueurs qui sont, maintenant, en NBA : Kyrie Irving, D’Angelo Russell et Ben Simmons. En plus de ça, on s’entrainait tous les jours donc ça m’a beaucoup aidé à m’améliorer et à apprendre le basket.

La logique du cursus aurait été de continuer en NCAA mais tu as décidé de rejoindre un club de quatrième division espagnole, à Torrelodones.

J’ai rejoint ce club parce que j’avais envie de rentrer en Europe. Cette année, le coach de Torrelodones est un agent NBA des Portland Trail Blazers. Je suis beaucoup suivi par la NBA et par d’autres clubs européens parce qu’ils ont de gros contacts avec eux. Cette saison-là, est une année de transition donc rejoindre ce club m’a paru le meilleur choix à faire.

Tu n’as pas voulu rentrer en France ?

J’ai parlé avec quelques clubs français comme Nanterre, mon ancien club. Mais je n’ai rien eu de très concret. On a regardé toutes les pistes avec mon agent et au final, j’ai finis en Espagne. Ça m’est égal où je joue, j’aime bien ce pays. J’apprécie vraiment la manière dont ils jouent au basket. Si j’avais eu une bonne opportunité en France, je l’aurais prise.

Certaines personnes ne comprennent pas ce choix d’aller s’expatrier en fin fond de l’Espagne. Qu’aurais-tu à leur répondre ?

Chacun a sa propre opinion. Depuis le début de ma carrière, je suis ce que mon père (René Cham, ancien joueur de deuxième division française, NDLR), Sébastien Sako (coach individuel et fondateur du projet "Team Skywalker"), Yann Balikouzou (son agent) et ma famille me disent. Tous ensemble, on a pris une décision. Ça m’est égal de ce que les autres pensent de moi.

Sinon, comment se passe ta saison ?

On s’entraîne beaucoup. On a deux à trois entraînements par jour dont deux séances individuelles. C’est aussi pourquoi je suis parti là-bas, parce que mes coachs sont des scouts NBA. Ils « workout » (entraînent) des joueurs NBA. Mon coach, il s’occupe de Damien Lillard tous les étés. Pour ma progression, c’est un plus pour moi de pouvoir travailler avec ce coach. Il connait beaucoup de choses. Individuellement, ce n’est pas l’une de mes meilleures saisons mais j’apprends beaucoup. Quand les gens disent : « quatrième division espagnole », ils pensent que c’est très très faible. C’est une division vraiment bonne, il y a des anciens joueurs de première division – qui ont maintenant entre 30 et 35 ans. Sinon, ce sont tous les gros prospects européens qui sont présents. Il y a une grosse variété de joueurs donc j’apprends beaucoup. Collectivement, on ne fait pas une grosse saison, on est dans les derniers malheureusement mais on garde la tête haute et on essaye de prendre match après match.

Comment sont les techniciens espagnols (qui sont très estimés en France), par rapport aux coachs français (souvent décriés) ? 

Les coachs en France ont des perspectives de jeu différentes qu’en Espagne. Mon coach m’a dit comment il fallait que je joue et ça m’a plu. Mon jeu, c’est de donner du rythme à l’équipe, défendre dur et prendre ce qu’on me donne en attaque, les duels etc.. Je regarde beaucoup de match de la Ligue ACB et je trouve que mon jeu s’y rapproche. Même si ça fait cnq ans que je ne joue plus en France, je trouve que les coachs sont bons.

Sur quels aspects du jeu essayes-tu de t’améliorer ?

On travaille le dribble, le tir, les jeux de jambes mais aussi les passes. De nos jours, il n’y en n’a pas beaucoup qui travaillent les passes.

La génération 98 participe cet été à la Coupe du Monde U19 au Caire, en Egypte. Tu étais dans la pré-sélection pour l'Euro U18 l'an dernier mais cette année ton nom ne figure pas dans la liste des seize joueurs convoqués sur les stages. Est-ce un choix de ta part ou celui de l’entraîneur ?

C’est un choix de l’entraîneur. Je comprends son concept : on ne change pas une équipe qui gagne. Ils font des gros tournois, ils ont gagné le championnat d’Europe en U16 et là en U18. Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Bien-sûr que s’ils ont besoin de moi, j’irai leur donner du soutien. La France, c’est mon pays et je serai toujours là pour eux. J’espère qu’ils vont faire le meilleur là-bas, en Egypte.

Tu n’as participé qu’à une campagne (en 2013 avec les U16, surclassé d’un an) mais tu te dis attaché au maillot bleu. Pourquoi ?

Le maillot bleu c’est quelque chose de très important. Ça fait toujours plaisir de représenter le pays en tant que joueur. C’est une fierté. Tout le monde veut se battre pour représenter son pays. Oui, je serai prêt à passer tous mes été en Bleu sans y réfléchir deux fois.

Tu nous disais que c’était une « année de transition » pour toi. Donc, tu vas changer de club ?

Oui. Avec mon agent, on espère que j’irai jouer en première division espagnole (sic) – en professionnel - ou même en Europe. Pour l’instant, je n’ai pas plus de renseignements.

20 avril 2017 à 15:38
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