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ITW FRÉDÉRIC BOURDILLON : "LA TOURNÉE NBA, UNE EXPÉRIENCE EXTRAORDINAIRE"

Crédit photo : Trent Nelson The Salt Lake Tribune

Pour ses premiers pas avec le Maccabi Haïfa, Frédéric Bourdillon a dû relever un sacré défi : trois matchs d'affilée contre des équipes NBA. L'ancien Antibois nous raconte cette tournée aux États-Unis et ses premiers pas en Israël.

Après trois saisons passées chez lui, à Antibes, Frédéric Bourdillon (1,93 m, 26 ans) a décidé de sortir de son confort et d'aller tenter l'aventure à l'étranger, en Israël, sous les couleurs du Maccabi Haïfa. Déjà très à l'aise dans son nouvel environnement où il se partage les responsabilités au poste 1 avec Angel Rodriguez, vu à Cholet la saison passée, l'ancien meneur de Charleville-Mézières vient de vivre une présaison hors du commun avec des matchs aux États-Unis contre Utah (78-117), Indiana (89-108) et Portland (81-129).

Très complet contre le Jazz en tant que meneur titulaire (5 points à 2/7, 3 rebonds et 6 passes décisives en 28 minutes, plus gros temps de jeu du Maccabi Haïfa), il a ensuite manqué d'adresse face aux Pacers (3 points à 1/6, 1 rebond et 3 passes décisives en 28 minutes) puis aux Blazers (4 points à 1/7, 2 rebonds et 3 passes décisives en 22 minutes). Peu importe, ce fut une expérience des plus enrichissantes que Frédéric Bourdillon a accepté lundi de nous raconter dans le bus entre Tel-Aviv et Haïfa, après de longues heures passées dans l'avion depuis Portland et la côte Ouest des États-Unis.

Frédéric, tu as dû attendre le début du mois de septembre avant de trouver un nouveau club pour cette saison. Que s'est-il passé pour toi cet été ?

J'avais eu déjà eu des contacts avec des clubs israéliens en février mais je leur avais dit que je voulais absolument finir la saison avec Antibes. C'est mon club de cœur et je ne voulais pas mettre l'équipe en péril en partant avant la fin de mon contrat puisque c'était assez folklorique au niveau des meneurs l'année dernière puisque Will Solomon a été arrêté pendant six semaines, Morris Curry est venu puis reparti en Roumanie, Chris Jones est venu un peu puis enfin Jerel Blassingame. À partir du mois de juin, j'ai dit à Julien (Espinosa) que je ne voulais pas rester en France, qu'à 26 ans, c'était le moment ou jamais pour moi de partir à l'étranger. Après, ça a mis beaucoup de temps au niveau du contrat et des papiers administratifs à faire pour Israël. Mais j'étais confiant pour Haïfa, je savais que ça allait se faire, j'avais rencontré le coach. Il a fallu patienter mais ça a finalement abouti à ce que je voulais.


Fred Bourdillon lors de sa dernière sortie avec Antibes le 16 mai dernier (photo : Sébastien Grasset)

Pour signer à Haïfa, tu as donc du réaliser l'Alya. Peux-tu expliquer ce que c'est ?

En fait, c'est comme si j'avais la double nationalité mais pour l'avoir définitivement, il faut rester plus de trois ans sur le territoire. Je ne sais pas si ce sera mon cas, tout dépendra du basket. Là, c'était une belle opportunité, surtout qu'une règle stipule qu'une équipe doit toujours compter deux joueurs de nationalité israélienne sur le terrain. Et puis, je pense que c'est un championnat qui me correspond mieux en terme de basket. C'est un peu moins athlétique que la France. On retrouve un peu les mêmes joueurs Américains qu'en Pro A mais il y en a moins sur le terrain.

Comment as-tu pu avoir la nationalité israélienne ?

Car ma mère est de confession juive, tout simplement.

Comment ça se passe depuis ton arrivée ?

Très, très bien. J'ai été super bien accueilli par les dirigeants et les coéquipiers. Là, on revient de ce long voyage aux États-Unis qui a été très fatiguant. Mais sinon, en terme d'accueil, c'était parfait.

"Je n'étais pas à la rue"

Tu en parlais, tu viens de vivre un mois d'octobre assez fou avec une tournée NBA et des matchs amicaux contre Utah, Indiana et Portland. C'était une expérience hors du commun ?

C'est sûr que pour une présaison, aucun autre club européen ne doit faire autant de matchs contre des équipes NBA. Oui, c'était une expérience extraordinaire. Bon, personnnellement, les États-Unis ne m'ont jamais fait rêver, au contraire de l'EuroLeague. Je vibre plus pour un bon derby Olympiakos - Panathinaikos ou Partizan - Red Star. Mais c'était très bien de voir les installations et se confronter aux meilleurs joueurs du monde. Certes, les Blazers ont reposé Lillard et McCollum contre nous donc c'était un peu dommage pour l'expérience. Utah était au complet contre nous, à l'exception de Joe Johnson. J'ai pu affronter Ricky Rubio. Enfin, les Pacers, ce n'est pas une très grosse équipe. Bien sûr, ce sont de très forts joueurs mais je ne pense pas qu'ils feront partie des têtes d'affiche de cette saison en NBA. J'ai surtout apprécié de jouer contre Rubio, c'est un joueur référencé au niveau européen, c'était bien.

Tu t'es senti au niveau ?

Le premier match contre Utah s'est très bien passé puis je n'ai pas été adroit lors des deux autres rencontres. Mais après, je me suis senti bien. Je n'étais pas à la rue, pas décroché. J'ai été très content de ma performance face au Jazz.

Tu as croisé Rudy Gobert, vous avez passé un peu de temps ensemble ?

Oui. Après, Rudy, ce n'est pas un ami proche comme Joffrey (Lauvergne), Evan (Fournier), Timothé (Luwawu-Cabarrot) ou Yakuba (Ouattara) peuvent l'être en NBA. Je n'avais jamais eu l'occasion de passer des moments avec lui, j'avais simplement dû le jouer lorsque j'étais à Chalon. Mais on a bien parlé, on a mangé ensemble, il était très gentil. Il m'a proposé de venir dans le vestiaire du Jazz, il m'a ramené à l'hôtel. C'était sympa de le voir et de parler à un Français. Il m'a expliqué toute sa situation.


Le natif de Grasse a réalisé son meilleur match contre Utah (photo : Maccabi Haïfa)

Josh Smith, l'ancien joueur d'Atlanta, s'est joint à vous spécifiquement pour cette tournée. Tu l'as trouvé comment ?

Il était très sympa, très humble. Franchement, c'est une bonne personne, il s'est bien intégré dans le groupe. Sportivement, en terme de système, c'était assez compliqué. Il y avait aussi Samardo (Samuels) qui était avec nous, il vient de signer au Partizan Belgrade. C'était pas facile de jouer avec eux tout le temps.

Tu sais pourquoi le Maccabi Haïfa peut jouer des matchs comme ça ? Car ce n'est pas non plus un club extrêmement connu sur la scène européenne.

Exact, ce n'est pas le Maccabi Tel-Aviv, même s'ils ont gagné le titre il y a quatre ans. Mais le président du club vit à Miami et il y a toujours un ou deux matchs NBA en présaison. Ça lui fait plaisir que le club vienne aux États-Unis et puisse avoir cette expérience. Cela profite à tout le monde, c'est juste top. On a aussi fait un match caritatif à Miami contre une équipe universitaire suite à ce qui s'est passé à Porto-Rico et pour les enfants en Israël.

Malgré son statut de finaliste du championnat israélien, ton club ne joue pas de Coupe d'Europe cette saison. Y-a-t-il une raison particulière ?

Non, c'est juste que le président ne veut pas jouer de Coupe d'Europe. Pourquoi ? Je ne sais pas. C'est juste qu'il ne veut pas que le club s'engage dans une Coupe d'Europe alors qu'on aurait pu jouer l'EuroCup. Du coup, c'est Jérusalem qui joue l'EuroCup.

"Entre 16 et 23 minutes par match"

C'est dommage...

Ah oui, c'est sûr. Ça aurait été un bonus en plus. Après, au niveau de la continuité, je ne pense pas être prêt à jouer en EuroCup de suite. C'est bien d'aller étape par étape, de faire une bonne saison avec Haïfa avant de voir ce qui peut se passer l'année prochaine.

Que penses-tu du niveau global de ton équipe ?

C'est une très bonne équipe. On a pas mal de joueurs. On attend encore l'arrivée d'un poste 5, il nous manque juste un peu de taille à l'intérieur.

Tu as une bonne relation avec ton entraîneur, Offer Rahimi ?

Très bonne oui, c'est pour ça que j'ai signé à Haïfa d'ailleurs. J'avais plusieurs propositions mais j'ai tout de suite eu un bon feeling avec le coach.

Tu connais déjà ton rôle pour la saison ?

J'ai beaucoup joué en présaison car il y avait des blessés. Je tournais à 25 - 30 minutes. Maintenant, avec les retours, je pense que je jouerai entre 16 et 23 minutes par match. Le coach m'a dit qu'il était très content de ce que j'avais fait en présaison, les dirigeants aussi. Je suis censé avoir un bon rôle, plus important que l'année dernière à Antibes. Comme je l'ai dit, je veux faire étape par étape, je crois que c'est bien de procéder comme cela.

Enfin, tu apprécies la vie quotidienne à Haïfa ?

Oui, après, ça ne change pas trop de la Côte d'Azur puisque c'est au bord de la mer, et il y a la montagne aussi, comme à Antibes. Le climat est très agréable et c'est important pour moi. Là, il fait 25 - 26 degrés. L'hiver est moins long qu'en France. C'est une très belle ville également. Au niveau de la situation géographique, c'est très confortable.

Merci Frédéric...

J'aimerais juste ajouter que j'ai une forte pensée pour mon grand père que j'ai perdu juste après le match contre Utah. Ce n'était pas facile de rester aux États-Unis et de ne pas être aux funérailles mais lui aurait voulu que je continue.

17 octobre 2017 à 14:45
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