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ITW HERVÉ TOURÉ, UNE NOUVELLE VIE EN IRAN

ITW Hervé Touré, une nouvelle vie en Iran
Crédit photo : Ashkan Mehriar

Il est le troisième.

Après Makan Dioumassi (2006/08) et Claude Marquis (2011/12), Hervé Touré est parti officier en Iran. Un choix dans la continuité d'une carrière, majoritairement vécue à l'étranger avec huit saisons entre la Belgique, l'Espagne et surtout l'Italie.

Très peu utilisé ces derniers mois en France lors de ses passages à l'Elan Chalon, au Paris-Levallois et à la JL Bourg, le Lyonnais retrouve toutes ses sensations en Iran où il est actuellement le deuxième meilleur marqueur du championnat, juste derrière l'ancien nantais Anthony Raffa, avec 24,8 points à 54%, 11,6 rebonds et 2,1 interceptions de moyenne.
 
Sa signature avec Isfahan, ses performances individuelles qui suivent une longue période de frustration en Pro A, la vie quotidienne en Iran, Voyage sous les paniers perses avec un homme qui sait s'exprimer.

 
Comment s'est déroulé votre signature en Iran en ce début d'année 2015 ?

Assez simplement, après discussions entre agents et le joueur : échange sur les perspectives, les détails du contrat et signature... Le reste a pris du temps car l'administratif est toujours complexe en Iran. Il est vrai qu'au début de la discussion, mon intérêt pour ce pays était moindre. Mais après débat, c'était une perspective bien plus intéressante qu'elle n'y paraît.

Qu'est ce qui vous a attiré là-bas, qui vous a convaincu d'aller finir la saison en Iran ?

Après mes dernières sorties en France, ou mon temps de jeu était équivalent à mes premières années pro – soit 10-12 minutes par match –, j'avais envie de reprendre l'avion pour jouer hors de l'Hexagone. Car à l'étranger, j'ai toujours l'occasion de m'exprimer. Cette fois-ci, mon envie était d'aller encore plus loin que précédemment, et de ne plus entendre le slogan francophone : passe la balle au Ricain et... tais-toi !

Après près de deux mois, avez-vous l'impression que votre choix a été le bon ?

Évidemment, je prends du plaisir à rappeler ce dont je suis capable. J'utilise toutes les cordes de mon arc pour m'imposer dans cette ligue. Et même si je dois jouer 35 min chaque match et finir sur les rotules, c'est avec le sourire... Je ne regrette donc pas de devoir aller à pieds aux entraînements de Bourg-en-Bresse, ni de devoir faire ami ami avec qui de droit pour espérer avoir du temps de jeu... Aucun regret.
 

Après dix journées, vous êtes le deuxième meilleur marqueur du championnat avec 24,8 points de moyenne. Individuellement, vous n'avez donc pas tardé à trouver vos marques ?

Oui, j'ai travaillé très dur individuellement pour me préparer à ce nouveau challenge. Je ne savais pas encore que cela aboutirait sur l'Iran mais il fallait être prêt. De plus, j'ai toujours eu de bonnes sensations avec les ballons Molten – équivalent dans la Lega A italienne.
L'intégration s'étant bien passée, nous avons pu de suite nous concentrer sur l'essentiel, à savoir les matchs. A titre personnel, je me démarque par des bonnes stats. Mais après deux ans à devoir faire des passes et me taire, ça me démangeait de retourner dans un rôle plus offensif.

Claude Marquis nous disait qu'en Iran, "les étrangers jouent chaque match avec une épée de Damoclès au dessus de la tête". Est-ce votre sentiment aussi, que la pression sur les étrangers est plus forte qu'ailleurs, vous qui vous êtes souvent retrouvé dans ce costume en Belgique, Italie et Espagne ?

En effet, chaque équipe a droit à deux étrangers et la pression pèse sur nos épaules. Beaucoup de clubs ont déjà renvoyé chez eux des joueurs peu ou pas assez performants, offensivement et/ou défensivement. Les systèmes feront en sorte que le ballon arrive dans nos mains, laissant aucune excuse en cas de mauvaise performance. Ce concept ne m'est pas inconnu et ressemble à l'Espagne et à l' Italie où il faut montrer de suite sa valeur.

Quel est le niveau du championnat iranien ?

La ligue est à deux vitesses. Les trois premiers que sont Petrochimi, Azad et Mahram sont du niveau Top 4 en France, en Pro A. Le reste oscille entre milieu, bas et de la bonne Pro B. La différence se situe sur la qualité des joueurs étrangers recrutés qui se fondent dans la logique d'un coach. Mahram détient un effectif solide qui pratique un basket très relevé. Petrochimi est une profusion de stars avec ses coups d'éclats et ses déboires à l'image de Limoges. Azad reste dans le même esprit.

"Je joue libéré sans devoir faire des courbettes"

Quel place occupe le basket au niveau de la hiérarchie sportive en Iran ?

Le basket est derrière le football qui, par évidence, a conquis le cœur et les esprits. Les fans sont au rendez-vous mais il est possible de faire bien mieux. Je suppose qu'en conséquence de bons résultats de l'équipe nationale, le public sera au rendez-vous.

Beaucoup de joueurs étrangers qui partent en Iran disent qu'ils ne s'attendaient pas à une aussi bonne qualité de vie. Est-ce votre cas aussi, appréciez-vous la vie hors basket à Isfahan ?

Oui, c'est une ville très riche culturellement qui ressemble à Lyon. Je me promène souvent afin de découvrir de nouveaux endroits. J'y croise d'ailleurs beaucoup de touristes de pays bien variés entre l'Asie et l'Europe. Le seul point noir reste le trafic où votre permis de conduire ne sert a rien, c'est un peu la jungle !

Signer en Iran, ce n'est pas simplement un choix sportif non ? C'est aussi opter pour une véritable expérience de vie, aller voir quelque chose de complètement différent à ce que l'on a été habitué jusque-là ?

Après mes derniers clubs, j'avais un peu perdu de cette envie qui m'anime sur un terrain et le fait de signer ici m'a permis de la retrouver pleinement. Je joue libéré sans devoir faire des courbettes et cela me change la vie. Mais en effet, en dehors du basket, il y a une vie de rencontres et de partages qui n'ont de valeur mesurable. C'est une suite logique après mon parcours plus européen que national. Je souhaitais avoir du dépaysement pour m'ouvrir l'esprit un peu plus. Sur ce point-là, je ne suis que partiellement satisfait car au final, cette ville ressemble assez fortement à ce que j'ai pu voir en Europe. Le reste du pays propose des villes plus arides comme au sud avec ses puits de pétrole à perte de vue...
Côté religion, si vous enlevez l'aspect vie urbaine de celle-ci – un islam bien plus tolérant que dans certaines villes de France –, on vit plus ou moins la même chose.

Si l'on se projette plus loin que cette expérience iranienne, à quoi aspirez-vous pour la suite de votre carrière ? Et pour l'après-basket ?

Quelque soit le résultat de mon équipe, c'est une expérience enrichissante qui me confirme mon intérêt pour les voyages. La seule certitude que j'ai acquise est justement d'en avoir aucune ! Je suis un électron libre et j'ai toujours défendu ce mode de fonctionnement. Je n'ai pas encore réfléchi à mon après carrière, même si j'aime toujours autant écrire. Le basket est une dominante bien trop présente dans ma vie pour songer à une transition immédiate.

Photo : Guilherme Amorin
13 avril 2015 à 12:00
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