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ITW NICOLAS DE JONG : "JE NE REGRETTE ABSOLUMENT PAS D'ÊTRE PARTI"

NicolasDeJongSaragosse
Crédit photo : basketzaragozanet

Malgré son statut de meilleur marqueur français de Pro A, il n'avait pas trouvé de club à l'issue de la saison 2016-2017. Nicolas De Jong a donc posé ses valises en Espagne, où il s'épanouie du côté de Saragosse. Et porte un regard acerbe sur le championnat qui n'a pas su le retenir.

Nicolas De Jong (2,11 m, 29 ans) a connu un été tulmultueux. Auteur d'une très belle saison 2016 avec le Champagne Châlon Reims Basket, meilleur marqueur français de Pro A (13,5 points à 58,6%), l'international Néerlandais s'est vu boudé par les clubs français lors de l'inter-saison. Désireux de connaître autre chose, le poste 5 a signé en faveur de Saragosse, en Liga Endesa. Retour avec lui sur son été difficile, son bon début de saison (9,6 points et 3,7 rebonds), et la manière dont il voit le championnat de France.

Tu as été victime du fracture du nez début octobre, es-tu complètement guéri ?

C’était un choc nez contre épaule avec mon coéquipier au poste 5. J'ai passé tout une radio et je pensais m’en sortir avec un jour ou deux au calme avant de repartir le match suivant. Mais pas de chance : mes voies respiratoires était déviées donc opération deux heures après ! J'ai passé  6 jours dans « le gaz » et manqué un match. Depuis je joue avec un masque (photo), mais  tout va bien.

Malgré ton statut de meilleur marqueur français la saison passée, tu n'as pas réussi à retrouver un club en Pro A.  Comment l'expliques-tu  ?

J’ai fini meilleur marqueur français c’est vrai, mais je pense surtout avoir démontré que je pouvais dominer en Pro A. Je finis à 16 points et 6 rebonds sur les 10 derniers matchs pour arracher notre maintien avec le CCRB. Alors quand ma saison se termine, je suis satisfait de moi, même si collectivement ça avait été difficile. Je me fixe alors deux objectifs : soit jouer une coupe d’Europe avec une équipe française, soit partir à l’étranger. De ce fait, je me suis moi-même fermé à toutes propositions de clubs français qui ne jouaient pas de compétition européenne. Pas par snobisme mais par souci d’objectifs personnels. Cela faisait trois saisons que je jouais le maintien, que ce soit avec Cholet ou le CCRB, et mon but dans ma carrière a toujours été d’atteindre le plus haut niveau possible. Je voulais connaitre autre chose. J’espérais sincèrement une réponse positive des clubs français vers lesquels je me suis tourné, mais ça ne s’est jamais présenté. Puis les semaines défilent, le stress augmente et finalement, je trouve une place en ACB. Au final, je suis dans mes objectifs, mais le scénario fut très compliqué.

Penses-tu que la règle qui impose aux club un quota de minimum quatre JFL (Joueur Formé Localement) pour six étrangers t'a désservi ?

Ça ne m'a pas aidé, c'est clair. Au delà de mon cas personnel, le statut JFL est pour moi incompréhensible. Quel est le but ?  Si c’est donner du temps de jeu aux joueurs français , on peut dire que le bilan des dernières années et le découpage du temps de jeu entre étrangers et français n’est clairement pas équitable. Pour un Frank Ntikilina (la saison dernière à la SIG Strasbourg) ou un Elie Okobo (Pau-Lacq-Orthez), combien de jeunes joueurs français cirent le banc ? Ces même jeunes joueurs qui sont ensuite recrutés par les clubs à bas prix, tout cela pour remplir les quotas. On pousse même certains JFL de niveau Pro A à rester en Pro B, en les mettant en concurrence avec des étrangers. La réalité, c’est que ces quotas arrangent les clubs mais défavorisent les joueurs JFL. Plus dangereux encore : on fait miroiter des débouchés pour les jeunes alors que la réalité est toute autre. Il y a plusieurs solutions , tout dépend quels objectifs on se fixe : on peut mettre en place une règle garantissant qu'au moins deux joueurs JFL soient sur le terrain, et rétablir le quota de cinq étrangers pour cinq Joueurs Formés Localement. J’espère que les choses vont bouger en tout cas. 

"Je ne suis pas le stéréotype du poste 5 en Pro A"

Tu as déclaré t’être senti  « snobé » par les clubs de ProA, as-tu une explication ? Certaines offres se sont tout de même présentées ?

Le message que j’ai reçu cet été de la part des clubs français jouant l'Europe m’a étonné. Et le fait que rien ne soit allé jusqu’à la signature m’a déçu. Comme je l’ai déjà dit, je pense avoir prouveé ce que j’avais à prouver l’année dernière. En plus, je n’ai demandé aucun statut, je voulais juste faire partie d’une rotation sur le secteur intérieur, et gagner ma place ensuite. Sur le plan financier, je ne pense pas avoir été trop gourmand et avoir demandé un montant équivalent à mon niveau de jeu. Je pense surtout que j’ai atteint un plafond de verre en France : je ne suis pas assez dans le stéréotype du poste 5 que les coachs veulent en Pro A. Si vous ne sautez pas jusqu’en ayant la tête au cercle et que vous ne prenez pas les alley-oop au dessus de tout le monde, on vous met dans la case «  pas athlétique ». Après peu importe le reste, ça n’ira pas pour la Pro A. Concernant les offres, j’ai bien été proche d’un club, mais on a fini par me dire que le quota de JFL était rempli, et que donc le prochain recrutement se porterait sur un joueur étranger. Maintenant, je suis passé à autre chose et je ne regrette absolument pas d’être parti.

Dans un premier temps tu as accepté de rejoindre les rangs de Vitoria pour faire le nombre lors de leur préparation, il n’y avait pas de suite possible là-bas ?

Vitoria m’a appelé mi-août car quasiment tous leurs joueurs intérieurs étaient retenus pour l’EuroBasket. C’était une superbe opportunité pour moi, de me montrer et de mettre un pied en Espagne. Est-ce qu'une collaboration était envisageable, honnêtement je n’en sais rien. C’était vraiment pour faire la préparation avec eux, on ne sait jamais bien entendu, mais je n’avais aucune certitude et le club cherchait plus un poste 4 que 5. En tout cas ça a été une très bonne expérience, et je n'en retiens que du positif.

Fin août, tu t’engages finalement avec le club de Saragosse en Liga Endesa, comment cela s’est fait ? 

Je venais de finir ma semaine d’entrainement avec Vitoria, et j’ai (enfin) eu la confirmation que Saragosse me proposait un contrat avec une vraie opportunité de temps de jeu  C’est un club qui s’était déjà renseigné sur moi au début de l’été, mais rien de concret au début, puis finalement ça c’est fait.

itv-nicolas-de-jong----je-ne-regrette-absolument-pas-d-etre-parti-1511617404.jpegNicolas De Jong, meilleur marqueur français de Pro A, la saison dernière sous les couleurs de Châlons-Reims. (Photo : Sébastien Grasset)

Une attirance particulière pour le championnat espagnol ?

Oui, très clairement. Ce championnat était tout en haut de ma liste si je venais à partir à l’étranger. Saragosse est un club historique en Espagne, même si la saison dernière ils se sont plantés. Cette saison, c’est vraiment une opération reconquête.

Tu réalises actuellement une bonne première partie de saison à titre individuel (9.6 points, 3.7 rebonds pour 10.8 d'évaluation en 18 minutes), dans quel état d’esprit es-tu maintenant ? Avec un esprit revanchard, l’envie de faire taire certaines personnes ?

Je me sens vraiment bien dans mes baskets c’est clair ! Je joue bien et je n’ai pas de retours comme en France du genre « oui mais il fait pas si, et ne il fait pas ça…». J’ai surtout envie de faire ma place  ici,  dans le meilleur championnat d’Europe et si j’ai des retours de France du style « finalement il est pas mal ce joueur »,  ça me fera sourire ! Depuis ma reprise après mon opération des ligaments croisés avec Strasbourg (2011-2013), j’ai l’impression de progresser chaque année. Je n’ai que 29 ans, et pour un pivot je rentre dans mes meilleures années. Alors je travaille dur pour continuer de progresser encore longtemps.

Sur quels points du jeu entends-tu encore évoluer ?

Je pense pouvoir gagner en constance dans mes performances notamment au rebond, mais aussi sur ma capacité à courir plus vite et ’enchaîner les écrans tout en gardant une vision du jeu. C’est plein de petits détails qui font souvent la différence. En résumé, j’espère devenir meilleur un peu partout . 

Quelles-sont pour toi les principales différences  entre la Pro A et le championnat espagnol ?

Je dirais déjà la vitesse du jeu et d’exécution des mouvements, cela va clairement beaucoup plus vite ici. Les isolations et le jeu statique que l’on peu voir en France, ça n’existe pas ici. Après, quand vous comptez déjà cinq équipes d’Euroleague, cela augmente forcément le niveau global. Pour  vous donner une idée, si l’on prend la dernière équipe du classement (Séville), vous avez des joueurs comme Blake Schilb , Nobel Boungou-Colo (coupé depuis), Vladimir Golubovic… C’est dire la densité de ce championnat." 

"La Pro A s'est américanisée"

Avec du recul, quel regard portes-tu sur le championnat français ?

Je pense que la Pro A est un bon championnat, avec beaucoup de bons joueurs, mais personnellement je trouve que  la culture du jeu s'est américanisée avec les quotas favorables aux joueurs américains. Et ça nous fait mal. On voit trop de 1 contre 1 sans aide défensive, trop de « passe le ballon au ricain et laisse-le créer quelque chose tout seul ». Trop d’égoïsme aussi ou d’attitudes dilettantes du genre, «  je ne fais pas de fautes comme ça je reste sur le terrain ». Tout cela est dommage, je pense que l’on aurait plus à gagner en s’inspirant du mode de jeu européen. En Espagne, c’est deux Américains et quatre étrangers. Ça change la façon de jouer, c’est beaucoup plus collectif.

Quels sont tes objectifs collectifs et individuels pour le futur ?

Comme on évolua dans un championnat très relevé, l'objectif premier c’est d’abord le maintien (actuellement Saragosse est 10e de l'ACB), puis peut-être accrocher le huitième spot pour les playoffs, comme Andorre a pu le faire l’année dernière.  Individuellement c’est de me faire connaitre  dans ce championnat, et d’y rester dans les années futures si possible.

Tu possèdes le double passeport franco-hollandais et tu as défendu les couleurs des Pays-Bas lors de l'Euro 2015, qu’est ce que cela représente pour toi ?

Malheureusement , je dois en parler au passé, parce que le sélectionneur des ne m'a pas retenu pour la première fenêtre internationale. Ça n’a pas été un choix d’un point de vu sportif, mais plutôt interne, impliquant des promesses de places faites à certains et pas d’autres. C'est assez incompréhensible pour moi et donc ma période équipe nationale risque d’être mise entre parenthèses. Moi-même je n’ai pas tous les détails de cette décision encore aujourd’hui. Bien entendu je prendrais une décision finale quant à la suite à donner, mais pour l’instant c’est trop tôt. Concernant ma fierté de jouer pour ce maillot, c’était un moment marquant de ma carrière, l’EuroBasket 2015 va rester un souvenir inoubliable pour moi.  

25 novembre 2017 à 15:40
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