À L'ÉTRANGER
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MVP DE PRO B EN 2016, JOE BURTON NOUS RACONTE SA NOUVELLE VIE AU JAPON

Joe Burton Aomori Wat's
Crédit photo : Aomori Wat's

MVP de Pro B avec Evreux en 2015/16, Joe Burton évolue désormais en deuxième division japonaise, au Aomori Wat's. Entretien.

Sous les maillots d'Evreux (2015/16) et de Roanne (2016/17) ces deux dernières saisons, le pivot Joe Burton (2,01 m, 27 ans) a marqué les esprits de par son immense talent - récompensé par un titre de MVP en 2016 - ainsi que sa bonne humeur et sa générosité en dehors des parquets. Trop fort pour la Pro B, mais considéré comme "trop petit" pour jouer pivot ou bien "trop gros" par les entraîneurs de Jeep ELITE, l'Américain natif (Joe Burton est né à Soboba, une réserve indienne en Californie et appartient à la tribu des Luiseno) est parti exporter son talent de l'autre côté du globe, au Japon. Au pays du Soleil-Levant, l'ancien étudiant d'Oregon State est encore et toujours productif (18,5 points à 52% aux tirs, 9,3 rebonds, 5,5 passes décisives et 2 interceptions pour 24,6 d'évaluation en 27 minutes). Puissant, possédant une vision de jeu rare pour un pur pivot qui fait de lui un passeur hors-pair, doté de doigts de fée, Joe Burton s'exprime sur le basket japonais, ses spécificités ainsi que sa vie au Japon. Capitale de la préfecture éponyme située à l'extrême nord de l'île principale, Honshu, la ville d'Aomori (300 000 habitants) est située entre les montagnes Hakkoda et les rives de la baie de Mutsu, qui en fait de cette ville, un cadre unique où Joe Burton s'épanouit.

 

Tout d'abord, comment est-ce que tu vas Joe ?
 
Eh bien je vais très bien et ma famille aussi. Nous sommes au début d'une nouvelle année et nous vivons dans un nouveau pays, avec une nouvelle culture.
 
L'été dernier, nous apprenions ton départ pour le Japon. Pourquoi cette destination et pourquoi Aomori ?
 
Je voulais jouer en Pro A après ma première saison en France (2015/16 à Evreux) et le coach (Laurent Pluvy) m'a dit "s'ils ne t'appellent pas, vient à Roanne avec moi" et je l'ai fait. Et mon objectif était encore d'être en Pro A l'année suivante. J'ai eu des offres de la part de coaches mais ce n'était pas ce que je recherchais, surtout après l'année que j'avais faite en Pro B (2016/17 à Roanne). Donc j'ai décidé de prendre l'offre du Japon, parce que les entraîneurs disaient encore que je devais faire mes preuves afin de jouer en Pro A. Je suis parti.
 
J'ai choisi Aomori parce que c'était un nouveau pays, une nouvelle culture et c'était la meilleure offre. C'est pourquoi j'ai choisi cette équipe pour cette saison.
 
Le club est très jeune, il a été fondé en 2013.
 
Oui, et c'est vraiment génial. Je veux toujours venir dans un club et essayer de changer l'histoire. Cela fait 5 ans que le club a été créé, donc c'est une opportunité pour moi de prendre part à son histoire.
 
Tu avais déjà eu des contacts avec des clubs japonais lorsque tu évoluais en France ?
 
J'ai effectivement eu cette offre (Aomori) après ma première saison en France et j'ai décidé d'aller à Roanne avec le coach. Et une fois la saison terminée, ils ont à nouveau proposé cette offre.
 
Le basket japonais a des règles d'utilisation bien des joueurs étrangers bien spécifiqus. Peux-tu nous les expliquer ?
 
Eh bien en France, tu as une limite de joueurs américains et de bosmans. Ici, au Japon, c'est à peu près pareil sauf que tu peux avoir trois Américains en tout, mais il y a une limite pour pouvoir jouer en revanche. Au premier et troisième quart-temps, tu ne peux qu'avoir un américain sur le parquet. Dans le deuxième et quatrième quart-temps, tu peux avoir deux Américains.
 
 
"Physiquement, la Pro B c'est un hôtel cinq étoiles par rapport à la B2 League"
 
 
Comment décrirais-tu le style de jeu japonais ?
 
Le jeu est différent par rapport à la France. Beaucoup de joueurs, ici, n'ont pas ce Q.I. basket. C'est difficile de leur demander de faire pas mal de choses sur le terrain, parce qu'ils n'ont pas les bases, les fondamentaux du basket actuel. Il n'y a que du run and gun, beaucoup de contre-attaques, ça va à cent à l'heure.
 
A titre de comparaison, le Q.I. basket est beaucoup plus élevé en France ou n'importe où je suppose. Et physiquement ce n'est pas comparable à la Pro B. La Pro B passe pour un hôtel cinq étoiles de ce côté là...
 
Tu parles de run and gun dans le jeu japonais, c'est ce que tu aimes ? Tu préfères peut-être un jeu construit ?
 
Le run and gun c'est bien, ça signifie que nous sommes une équipe rapide et moi je peux m'adapter à n'importe quel style de jeu car tout au long de ma carrière, du collège jusqu'à maintenant, j'ai joué dans de nombreux systèmes.
 
Vous comptez 9 victoires pour 29 défaites (interview réalisée le vendredi 2 mars). Pourquoi vous ne gagnez pas plus ?
 
Du Q.I. basket tout simplement. Il n'y a pas d'aide de ce côté là de la part de nos joueurs japonais. Nous sommes trois Américains dans cette équipe et nous connaissons le jeu, mais pas eux. Notre équipe n'est pas très forte dans la connaissance du basket.
 
A titre individuel, en revanche, tu conserves tes habituelles statistiques... (6e marqueur, 4e rebondeur, 2e passeur et intercepteur de la ligue)...
 
Au delà de moi, je crois juste que nous, en tant qu'équipe, devons intensifier notre jeu. Parce que les matchs, nous les joueront jusqu'à la fin même si on perd de 1 ou 2 points. Nous avons besoin de mettre de l'intensité, de fermer les matchs et c'est ce qui manque chez les joueurs japonais.
 
Le calendrier du championnat japonais est particulier. Vous jouez très souvent en back-to-back chaque semaine contre la même équipe. Comment trouves-tu ce rythme ?
 
C'est un rythme facile une fois que tu as pris l'habitude et j'aime ça parce que si tu joues mal, que tu perds, tu n'as pas à attendre une semaine pour obtenir la rédemption. Tu attends juste 12 heures pour jouer à nouveau.
 
Comment décrirais-tu l'ambiance dans les salles de basket japonaises ?
 
C'est différent, ce n'est pas comme en France. Je peux te le dire, parce que comme l'année dernière à Roanne, nous n'avons pas beaucoup gagné et les fans ont arrêté de venir aux matchs. Ici, nous perdons et les fans continuent d'applaudir et de venir, mais j'ai le sentiment qu'ils ne comprennent pas le jeu. Ils sont là pour voir un match de basket, supporter et il applaudissent aussi l'équipe adverse, ce qui est bizarre pour moi et je n'aime pas ça du tout.
 
Quelle est le place du basket dans la société japonaise ?
 
C'est un sport qui est en train d'essayer de gagner en importance. Je suppose que la première division (la B League) est grande et obtient beaucoup de publicité. Mais je vois pas mal de basket, ici. Je pense que le baseball est le plus grand sport au Japon (en terme de visibilité).
 
Penses-tu rester au Japon la saison prochaine ? Y jouer en première division est-il un objectif ?
 
Je prends mes décisions en fonction de ce qui est bon pour ma carrière et pour ma famille. Donc, si je reste au Japon, je voudrais évoluer en première division. Ou si je décide de revenir en Europe, je vais devoir trouver une bonne situation. Mais ce que je peux te dire, c'est que c'est plus facile ici qu'en Europe, il y a moins de stress.
 
De tes deux saisons en Pro B (2015/16 et 2016/17), quels souvenirs gardes-tu ?
 
Le titre de MVP de Pro B avec Evreux et la victoire en finale de la Disnyeland Paris Leaders Cup avec Roanne.
 
Ca nous amène à la question de savoir si tu aimerais revenir en France...
 
Je ne connais pas le futur, car tu ne peux jamais savoir, mais ça ne me dérangerait pas.
 
Parlons à présent de ta vie à Aomori, comment se passe-t-elle ?
 
Elle se passe bien ! La neige est la chose principale ici (Aomori est l'une des villes les plus enneigée du monde), la ville est connue pour sa culture de la pomme et de cassis mais aussi ces cerisiers en fleurs au printemps.
 
 
"Tokyo est une ville incroyable"
 
 
 
Comment s'est passée ton intégration au Japon ?
 
Je m'adapte toujours rapidement à de nouveaux endroits et à différentes cultures donc l'intégration au Japon a été vraiment facile aussi bien pour moi que pour ma famille.
 
J'ai un peu visité, et bien sûr nous sommes allés au Parc Disneyland de Tokyo, c'était vraiment génial, le parc est super. Nous avons visité aussi Tokyo. C'est une ville immense, incroyable. Il y a énormément de magasins, de gens... Si quelqu'un veut visiter Tokyo, je lui conseille de rester toute une semaine pour que ce soit une expérience complète ! Il y a tellement de choses à faire...
 
Quant aux Japonais, ils ont constamment le sourire et s'inclinent devant toi par respect.
 
Tu dis être intéressé par la découverte de nouvelles cultures. Commences-tu à apprendre la langue ?
 
J'essaie d'apprendre effectivement mais je ne connais que certaines phrases comme pour commander de la nourriture, demander des directions, ce n'est pas facile !
 
Pour terminer, on sait que tu es très fier d'être Amérindien et que tu as la volonté d'aider ton peuple. Comment arrives-tu à gérer cela malgré la distance ?
 
Oh oui effectivement je suis très fier de mes origines amérindiennes et de sa culture. Quand je retourne aux Etats-Unis pour quelques mois une fois la saison terminée, je travaille beaucoup avec les jeunes au basket. Mais quand j'aurais définitivement arrêté ma carrière, j'aurais plus de temps pour consacrer mon temps à ma communauté. Mais pour l'instant je fais ce que je peux, quand je peux.
 
 
Sous le maillot d'Evreux, en 2015/16, il a régné dans les raquettes de Pro B (photo : Olivier Fusy)
19 mars 2018 à 16:36
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