À L'ÉTRANGER


UC RIVERSIDE, LA CALIFORNIE À L'ACCENT FRANÇAIS

UC Riverside française
Crédit photo : UC Riverside

En NCAA féminine, les matchs de conférence reprennent leurs droits ce week-end. Dans la Big West, UC Riverside vise le titre. Pour y arriver, l'université californienne va pouvoir compter sur quatre Françaises. Présentation.

Par Nicolas Kohlhuber

UC Riverside ressemble à de nombreuses universités américaines. Des étudiants par milliers, son campus et ses équipes de sport. A un détail prêt. Dans le vestiaire de l'équipe féminine de basket, une des principales langues est le... français. Elles sont quatre à porter le maillot des Highlanders. Et elles le font avec complicité et réussite. « C'est à la fois un hasard, mais également une volonté. Recruter des joueuses à l'international est un avantage qui fait la différence sur un marché très concurrentiel » analyse Fabrice Sene, le coach-adjoint français d'UCR. La première à avoir posé ses valises à 90 km de Los Angeles est Réjane Verin. Depuis, Clémence Lefebvre, Malou de Kergret et Marina Ewodo ont rejoint la Guadeloupéenne. Sans se connaître. Ou très peu. Ces quatre joueuses se retrouvent au sein d'une même équipe grâce à un dénominateur commun : la chance unique d'allier basket de haut-niveau et études supérieures. « C'est une excellente expérience que je recommande » avoue Marina Ewodo. Des propos que Malou de Kergret nuance « tout le monde n'est pas fait pour ça. »

« Un apprentissage de la préparation physique »

Nouveau pays, nouvelle culture, décalage horaire et nouvelles attentes, c'est un changement radical dans les vies de ces jeunes filles. « Après des entraînements très durs, on ne peut se confier à personne. Il est trois heures du matin en France, toute la famille dort déjà. » poursuit l'ancienne pensionnaire du Centre Fédéral. Il y a surtout un rythme à tenir. Des avions parfois en pleine nuit, des chocs thermiques en passant de la neige au soleil californien et un travail physique intense. « Les premières séances de muscu étaient très dures. J'avais des courbatures pendant plusieurs jours » rigole Marina Ewodo. « Certaines filles étaient en souffrance, comme si elles apprenaient ce qu'était la préparation physique » s'amuse le membre du staff passé par Orléans. Avant les Etats-Unis, les quatre joueuses ont eu des parcours bien différents. Réjane Verin, la senior, a quitté la Guadeloupe pour les Etats-Unis dès ses 14 ans. « J'ai toujours voulu être américaine, avant même de me concentrer sur le basket. » Mais ses performances en sport n'ont pas laissé les observateurs indifférents. L'intérieure progresse à vitesse grand V à l'UNLV. Suffisant pour taper dans l'œil de Riverside qui la recrute. « La meilleure décision de ma vie. » Après une saison redshirt, sans jouer, en 2014-2015, l'ailière poursuit sur sa lancée en Californie. Poste 3, 4 ou 5, son talent et son travail seront récompensés par quatre nominations dans l'équipe de la semaine et surtout un titre en saison régulière de la Big West. La réussite de l'étudiante en communication a rassuré les nouvelles venues et facilité leur intégration. Un bouche-à-oreille qui marche.

Mondeville, Lattes-Montpellier et la NJCAA

Clémence Lefebvre a également été du titre acquis l'an passé. « On prenait les matchs un par un, jusqu'à gagner les 16 rencontres de saison régulière. C'était dans la tête de personne en début de saison » savoure encore l'ancienne joueuse de Mondeville. Celle qui étudie la biologie pour devenir kiné a découvert un nouveau poste en plus qu'un nouveau cadre : meneuse de jeu. Marina Ewodo fréquentait aussi le centre de formation d'une équipe de LFB avant de traverser l'Atlantique : Lattes-Montpellier. « Ici, le jeu est plus dur, plus physique. C'est également moins structuré qu'en France : les Américains ont tendance à laisser les individualités faire la différence » analyse la Freshmen (première année). L'ancienne internationale U17, fille de l'ancien professionnel Narcisse Ewodo et grande soeur de Yohanna Ewodo (pensionnaire du Centre Fédéral), découvre encore ce nouveau milieu. Un éloignement avec ses proches inédit dont elle tire sa force. Malou de Kergret, elle, est passée par la case Junior College. « C'était intéressant d'avoir une année d'adaptation scolaire et linguistique. Au niveau sportif, il y a encore un cap entre le niveau de NJCAA et de NCAA. » Oui, avec ces joueuses bilingues, un mot anglais peut se glisser dans une phrase en anglais. Ou inversement. Et elles s'en amusent au quotidien. Sauf quand cela provoque des incompréhensions sur le parquet.

Une équipe taillée pour le titre

« On a notre salle de basket, notre salle de muscu... Ce n'est pas les arènes géantes qu'il peut y avoir au Texas, mais ça reste au-dessus des infrastructures françaises », avoue l'étudiante en business. Cette salle accueillera UC Irvine ce samedi pour le premier match de conférence. Le début d'une saison régulière de 16 matchs, puis de playoffs. A la clé ? Une place en March Madness. « On veut conserver notre titre en saison régulière, sans avoir le relâchement en playoffs qui nous a coûté la qualification l'an passé. Ca va être très serré. Sur les matchs à élimination directe, ça va se jouer sur deux ou trois possessions. On a des objectifs et on se donne les capacités pour les atteindre. On croise les doigts maintenant », déclare Fabrice Sene. Un entraîneur-adjoint qui peut compter sur les qualités de ses Françaises, même si c'est à elles de se fondre dans le collectif et la stratégie, et non l'inverse. « L'arrivée de joueuses française n'a pas bousculé la philosophie de jeu. Avec le coach, on fait tout pour tirer le maximum d'elles. Ces joueuses sont polyvalentes, ont des qualités techniques certaines et un très bon QI basket. Ces excellentes aptitudes acquises en France profitent aujourd'hui à tout le collectif. Chacune apporte sa pierre à l'édifice.»

Les pieds sur terre

Une grande satisfaction, donc. Mais pas question de s'enflammer. Sportivement, c'est un pari risqué qu'elles ont pris. Notamment en tirant un trait sur les équipes de France de jeunes ? Pour Fabrice Sene, « c'est aux filles d'être fortes. Si elles sont bonnes, les sélectionneurs les suivront ». Réjane Vérin a notamment surfé sur ses performances américaines pour connaître les honneurs de la sélection à l'été 2012. Mais plus que le présent, c'est l'avenir qui est sujet à des interrogations. Pas encore question de Draft ou de WNBA. Si Marina a « le basket pro dans un coin de sa tête, c'est pour un avenir lointain », le son de cloche est bien différent chez Malou. « Jouer un peu au haut-niveau ? Pourquoi pas, mais à long terme, mon objectif est de m'installer aux Etats-Unis pour travailler dans le business. » Plus que le sport, c'est une culture et une expérience humaine que ces basketteuses sont venues chercher. Et à Riverside, on se demande déjà qui sera la prochaine recrue française.

De gauche à droite : Malou de Kergret, Clémence Lefebvre, Fabrice Sene, Marina Ewodo et Réjane Vérin

07 janvier 2017 à 11:48
TAG
DID YOU LIKE IT ?
0 PARTAGE
Facebook share
0 COMMENTAIRE
QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
RÉDACTION BEBASKET
Rédaction Bebasket
VOUS EN PENSEZ QUOI ?
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
TOUTE L'ACTU
<
1
/
5
>
pro a
-
pro b
-
lfb
-
nm1
Résultats
Classement
13ème journée
15 décembre
Hyères-Toulon
20h30
Dijon
Le Portel
75
-
80
Strasbourg
16 décembre
Monaco
19h00
Antibes
Cholet
20h00
Gravelines-Dunkerque
Limoges
20h00
Le Mans
Nanterre
20h00
Chalon-sur-Saône
Levallois Metropolitans
20h00
Châlons-Reims
17 décembre
Lyon-Villeurbanne
18h30
Bourg-en-Bresse
18 décembre
Boulazac
20h45
Pau-Lacq-Orthez
Autres journées
bebasket tv
Aucune vidéo trouvée
PROGRAMME TV
16 décembre - 05h30
Berlin
Limoges
16 décembre - 07h30
Real Madrid
Barcelone
16 décembre - 09h15
Moscou
Maccabi Tel-Aviv
16 décembre - 18h30
Limoges
Le Mans
17 décembre - 02h30
Limoges
Le Mans