ÉQUIPE DE FRANCE
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COMPÉTITIONS DE JEUNES : UN ÉTÉ MITIGÉ POUR LES ÉQUIPES DE FRANCE

Compétitions de jeunes : Le bilan de l'équipe de France
Crédit photo : FIBAMiguel Enriquez

Comme chaque été, les équipes de France de jeunes ont arpenté les terrains lors des divers championnats d’Europe et d’un championnat du monde U19 féminin pour un résultat final mitigé.

Si les filles ont assuré au camp français deux médailles estivales, les garçons n’ont pas vraiment brillé et ont même parfois déçu compte tenu des attentes suscitées. Le bilan total est donc moins bon que l'été dernier où les Bleus avaient remporté trois médailles dont deux titres (U16 Masculin et U20 Féminin). Si vous avez décroché du monde du basketball cet été, on vous propose un petit récapitulatif de tout ce qui s'est passé ces deux derniers mois.

 

Euro U16 Masculin (Lituanie) : 5e

  1. Bosnie-Herzégovine
  2. Lituanie
  3. Turquie

MVP : Dzanan Musa (Bosnie-Herzégovine, 23,3 points, 9,0 rebonds et 6,3 passes décisives)

C’est le premier titre continental toutes catégories confondues de la Bosnie-Herzégovine qui a fêté l’événement comme il se doit avec un accueil surréaliste au pays pour des jeunes pousses qui n’en sont qu’au début de leur carrière sportive. Dominant du premier au dernier match, Dzanan Musa a éclaboussé la compétition de toute sa classe et se trouve déjà propulsé au rang de son star dans son pays. Peut-être l’occasion qu’attendait le basket bosnien pour prendre définitivement son envol.

De leur côté, les Bleus avaient un lourd héritage à porter puisque leurs prédécesseurs de la génération 1998 avaient survolé sur leur compétition l’été dernier. De plus, Yves Pons, champion d’Europe 2014 avec un an d’avance, a du faire l’impasse cet été à cause d’une blessure. Les hommes de Bernard Faure ont malgré tout réussi à se hisser jusqu’en quart de finale (défaite logique face à l’Espagne 63-72) avant de gagner leur billet pour le prochain championnat du Monde U17 en battant l’Allemagne sur le fil (57-55).

Attendu comme le leader de l’équipe de par ses performances au Jordan Brand Classic notamment, Jaylen Hoard n’a pas eu l’impact escompté (7,7pts et 4.4rbds) malgré quelques séquences révélant un potentiel évident. Même constat pour Victor Mopsus (4,4 points, 3,6 rebonds et 3,0 passes décisives), dont les premiers pas très médiatiques en Pro A le propulsait parmi les joueurs les plus attendus, mais qui fut souvent brouillon et manqua cruellement de réussite (20% aux tirs). Le meilleur Français aura finalement été l’arrière Yanik Blanc (12.8pts), même s’il est totalement passé à côté de son quart de finale (aucun point) alors qu’Ivan Février (8.1pts/5.2rbds) s’est révélé lors des matchs couperets (20pts/12rbds en quart, 17/9 contre l’Allemagne).

 

Euro U18 Masculin (Grèce) : 6e

  1. Grèce
  2. Turquie
  3. Lituanie

MVP : Vasileios Charalampopoulos (Grèce, 16,6 points, 8,1 rebonds et 5,2 passes décisives)

Devant son public, la Grèce n’a pas manqué l’occasion de retrouver les sommets européens dans l’épreuve-reine des compétitions masculines. Porté par un tandem Charalampopoulos/Papagiannis de feu, les Grecs ont survolé la phase finale après avoir frôlé la correctionnelle lors des matchs de poule. Mais comme en 2008, l'avantage du terrain s'est révélé décisif, propulsant les hommes d'Ilias Papatheodorou vers le sacre, malgré la résistance turque, emmenée par Furkan Korkmaz.

Côté français, on tient la grosse déception de l’été. Avec les meilleurs éléments de la génération 1997 (Stéphane Gombauld, Jonathan Jeanne et Luc Loubaki) associés aux meilleurs champions d’Europe U16 de la génération 1998 (Killian Tillie, Bathiste Tchouaffé et Frank Ntilikina notamment), les Bleus ne visaient rien de moins que le titre suprême. Mais après un début de tournoi convaincant, ils ont du s’incliner dès les quarts de finale face à la Grèce (59-67), sublimée par son public. Privés de Tillie dès le début du second tour mais surtout trop inconstants, les Français obtiennent toutefois le meilleur classement d’une équipe de France dans cette catégorie depuis… 2009. Le symbole des difficultés éprouvées depuis plusieurs années.

Sur le plan individuel, Stéphane Gombauld a globalement tenu son rang (11.4pts et 7.7rbds) sans toutefois peser suffisamment lors des matchs importants. Jonathan Jeanne a lui confirmé toute l’étendue de son potentiel (8.6pts, 6.7rbds et 1.9ctres) par quelques séquences à couper le souffle, même si la patience est de mise à son égard compte tenu de son développement physique. Confirmation également pour la génération 98 qui présente quelques spécimens à surveiller de très près dans les prochaines campagnes. En premier lieu, le meneur de Strasbourg Frank Ntilikina, phénomène physique à l’envergure surnaturelle, doublé d’un basketteur à la maturité étonnante. On regrettera évidemment que Killian Tille n’ait pu pleinement participer à l’Euro afin de mesurer les progrès accomplis depuis son incroyable démonstration à l’Euro U16 l’été dernier. Ce n'est que partie remise.

 

Euro U20 Masculin (Italie) : 4e

  1. Serbie
  2. Espagne
  3. Turquie

MVP : Marko Guduric (Serbie, 13,4 points et 4,1 rebonds)

Dans une compétition désertée par quelques-uns des meilleurs prospects européens (dont le Français Damien Inglis, à peine remis d’une blessure qui l’a privé de l’intégralité de sa première saison NBA), le collectif serbe a prévalu, présentant six joueurs à plus de 8 points en moyenne par match. C'est le premier titre de la Serbie dans la catégorie depuis 2008.

Rapidement privée de son meilleur marqueur Axel Bouteille, l’équipe de France a connu de grosses difficultés sur le plan offensif (13e attaque du tournoi avec 65,6 points par match), mais a réussi à atteindre le dernier carré en dominant la République tchèque (80-58) en quart de finale. La marche était cependant un peu haute face à l’Espagne (61-70) puis la Turquie (74-84) pour la troisième place.

Le trio Timothé Luwawu-Cabarrot (11.6pts et 4.9rbds)-Guerschon Yabusele (9.2pts et 6.6rbds, notre photo)-Petr Cornelie (8.7pts et 5.5rbds) a confirmé les bonnes dispositions entrevues en Pro A et Pro B la saison dernière. Les trois devraient avoir rendez-vous avec la Draft NBA en juin prochain. Parmi les joueurs ayant participé avec un an d’avance, Lucas Dussoulier a débloqué plusieurs situations à 3 points face aux défenses de zone proposées, et l’intérieur Alpha Kaba (4.9pts et 3.8rbds) a montré de belles aptitudes dans le combat intérieur.

 
Photo : FIBA Europe

Euro U16 Féminin (Portugal) : 6e

  1. République tchèque
  2. Portugal
  3. Italie

MVP : Ana Ramos (Portugal, 9,9 points, 5,0 rebonds et 4,6 passes décisives)

Un Euro plein de surprises. France et Russie éliminés dès les quarts de finale après une phase de poules parfaitement maîtrisée, Espagne évincée du podium et pour la première fois seulement depuis 2003, une autre nation que ces trois géants du basket féminin a pu célébrer un titre dans cette catégorie. Organisateur de la compétition, le Portugal a vécu une formidable aventure avec son public mais n’a pas pu parachever l’œuvre face à une République tchèque au jeu collectif plus abouti et qui parvient enfin à décrocher la médaille d’or après deux échecs consécutifs en finale.

Du côté de l’équipe de France, le bilan est mitigé. Après une première partie de compétition de rêve avec six victoires en autant de matchs avant les quarts, les Bleues espéraient se battre une médaille. Et si la plupart de ces victoires ont été acquises dans la douleur, elles pouvaient rêver à un destin façon « Les Braqueuses » à l’Euro 2009. Mais dès les quarts de finale, ce sera la douche froide face au pays hôte dont l’enthousiasme n’aura jamais pu être contenu. Au moins les Françaises ont pu assurer l'essentiel en remportant leur premier match de classement leur permettant de se qualifier pour le prochain championnat du monde U17.

Déjà présente à l’Euro de la catégorie la saison dernière, Tima Pouye (9.4pts et 2.6rbds) fut le plus souvent la meilleure joueuse de Cathy Melain, affichant un gros tempérament pour relancer son équipe dans les moments de doute. Egalement présente l’été dernier, Romane Jeanneaux (5,3 points) s’est légèrement éteinte au fil de la compétition, mais pourrait bénéficier d’une troisième chance l’été prochain, puisqu’elle est née en 2000.

 

Euro U18 Féminin (Slovénie) : 2e

  1. Espagne
  2. France
  3. Russie

MVP : Angela Salvadores (20,0 points, 4,9 rebonds et 2,3 passes décisives)

Tout ce qu’elle touche se transforme en or. Après le titre à l’Euro U16, une médaille d’argent au Mondial U17 et deux trophées de MVP qui vont avec (ainsi qu'une poussée de fièvre à 40 points face à Team USA en finale du Mondial U17), la nouvelle pépite du basket féminin espagnol continue sa moisson d’honneurs en tout genre en portant son équipe vers le titre continental en U18 face des Bleues pourtant victorieuses de la première confrontation entre les deux équipes (58-54). Bien contenue à l’occasion de ce match (16 points à 6/20), Salvadores ne laissera pas passerr l'occasion de se refaire et va livrer un récital en finale avec 27 points, 7 rebonds et 4 passes décisives.

Comme trop d’équipes de France cet été, les Bleues ont rapidement été privées d’un élément majeur en la personne d’Ornella Bankolé, touchée au genou lors du premier match de l’Euro. Mais elles ont su passer outre pour rester invaincues jusqu’à la finale, écrasant au passage les Pays-Bas en quart de finale (89-32) et la Russie en demi (62-59). Mais le phénomène Salvadores a marqué de son empreinte la finale, laissant les Bleues sur la seconde marche du podium. Ce résultat permet toutefois de confirmer une tendance positive pour l'équipe de France qui reste sur sept médailles consécutives dans cette catégorie.

Malgré cette deuxième place, l’équipe de France est la seule à placer deux joueuses dans le cinq idéal de la compétition avec Lisa Berkani (14.8pts et 5.3rbds), et Alexia Chartereau (12.0pts et 10.4rbds), cette dernière évoluant dans la catégorie avec un an d’avance. On n’oubliera pas non plus la maestria d’Alix Duchet (6.9pts, 4.4rbds et 5.1pds) pour diriger son équipe ni les prouesses défensives de Francesca Dorby (6.9pts et 6.1rbds) dans les bons résultats des Bleues.


Photo : FIBA Europe

 

Mondial U19 Féminin (Russie) : 5e

  1. Etats-Unis
  2. Russie
  3. Australie

MVP : A’ja Wilson (Etats-Unis, 18,3 points, 8,3 rebonds, 2,3 passes décisives, 2,0 interceptions et 1,1 contre)

Les championnats du monde restent encore la chasse gardée des Etats-Unis, très sereines en finale même si la Russie a vendu chèrement sa peau devant son public. Porté par Maria Vadeeva (16.9pts et 12.3rbds et 3.7ctres) qui avait fait ses preuves au championnat d’Europe sénior quelques semaines plus tôt, le pays hôte est apparu dominateur durant la majeure partie de la compétition, notamment en quart de finale face à l’équipe de France (68-48).

Une entame de compétition ratée face à la Belgique (64-60) aura privé les Bleues de la première place de leur groupe et d’un quart de finale qui aurait pu être plus favorable. Les joueuses de Julien Egloff n’ont jamais vraiment existé (48-68) en quart, devant ainsi se battre lors des matchs de classement où elles finiront par battre… la Belgique (53-40) pour obtenir une 5e place honorable.

Comme à l’Euro U18 en 2014, Louise Dambach (11.9pts, 5.1rbds et 2.0ints) fut le leader de l’équipe, démontrant une nouvelle fois un volume de jeu impressionnant. Elle fut bien secondée par Marylie Limousin (8.0pts à 36% à 3pts), auteur de quelques tirs à 3 points décisifs et Marie-Michelle Milapie (9,7 points et 7,9 rebonds) dont l'abattage intérieur fut précieux.

 

Euro U20 Féminin (Espagne) : 2e

  1. Espagne
  2. France
  3. Pays-Bas

MVP : Leticia Romero (Espagne, 12,8 points, 5,7 rebonds, 4,0 passes décisives et 2,0 interceptions)

Sur son terrain, l'Espagne ne pouvait pas laisser échapper un titre dans une catégorie qu'elle domine depuis plusieurs années (sept médailles consécutives dont quatre titres). Avec neuf victoires en autant de rencontre par un écart moyen de plus de 21 points par match, c'est peu dire que la sélection de Jose Hernandez n'a jamais été inquiétée, y compris en finale (66-47 face aux Bleues).

Dans cette finale, les Bleues d'Arnaud Guppillotte sont tombées sur un os. Elles avaient pourtant réalisé un tournoi de très bonne facture jusque-là, dominant sans difficulté tous leurs adversaires des deux premiers tours. Malgré quelques frayeurs face à l'Italie en quart de finale (61-55), elles ont sereinement géré leur demi (81-72) pour assurer une deuxième médaille consécutive à l'équipe de France dans cette catégorie.

Les Bleues présentaient quatre championnes d'Europe U20 en 2014 dans leur effectif, dont Aby Gaye (12,2 points et 6,6 rebonds), désormais habituée aux préparations de l'équipe de France sénior. Marine Johannès (10,6 points, 4,3 rebonds et 3,1 passes décisives) fut l'élément le plus en vue dans le secteur extérieur, les deux joueuses étant récompensées par une sélection dans le meilleur cinq de la compétition.


Photo : FIBA Europe

U15 Masculin et Féminin

Moins médiatisés car ne participant pas à un championnat d'Europe, les deux sélections U15 ont toutefois été réunies cet été afin de préparer les prochaines échéances. Les filles se sont particulièrement bien comportées en remportant aisément le tournoi de l'amitié avec un mélange de joueuses nées en 2000 et 2001 (dont Iliana Rupert et Marine Fauthoux), tandis que les garçons ont terminé à la troisième place avec une victoire pour deux défaites.

 

Horizon 2016

Tous les regards seront braqués sur l’Euro U18 masculin l’été prochain. Il y a trop longtemps que l’équipe de France n’y a pas brillé (dernier titre en 2006, dernier podium en 2009) et elle sera pourtant la grande favorite au vu de sa domination à l’Euro U16 en 2014. A minima, l’objectif sera de se qualifier pour le prochain championnat du monde U19 auquel les Français n’ont plus participé depuis 2009.

Comme en 2014, la France sera représentée l'été prochain aux deux championnats du monde U17 (dont l’organisation a été confiée à l‘Espagne). Les deux équipes tenteront de faire au moins aussi bien que leurs prédécesseurs (tous deux 8e).

On suivra également avec attention l’équipe de France U16 féminine, la génération 2000 ayant brillé cet été au tournoi de l’amitié. Un groupe qui devrait pouvoir bénéficier du renfort de quelques 2001 mais aussi de Romane Jeanneaux, dont ce serait le troisième championnat d’Europe de la catégorie.

 
30 aout 2015 à 09:37
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VINCENT THIOLLIÈRE
Tombé sur un ballon orange dès ma naissance, il ne m'a plus jamais quitté. Avec lui, c'est pour la vie.
Vincent Thiollière
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