ÉQUIPE DE FRANCE
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EDITO : VINCENT COLLET OU PAS, LE PROBLÈME EST PLUS LARGE QUE ÇA

Vincent Collet avec Pascal Donnadieu équipe de France 2017
Crédit photo : Guillaume Poumarede

Non, le sélectionneur Vincent Collet n'est pas le seul responsable de l'échec des Bleus à l'Euro.

Pas un de nos articles mentionnant Vincent Collet en cette période d'Euro n'aura échappé à un commentaire critique à son égard. Est-il vraiment l'origine de tous les maux de l'équipe de France masculine ?

Piqûre de rappel

A la suite de l'échec de l'Euro 2003 en Suède, Alain Weisz a quitté son poste, le laissant à Claude Bergeaud, alors au sommet avec Pau-Orthez. Ce dernier a continué d'accompagner la génération 81/82 vers les sommets européens jusqu'au coup d'arrêt de 2007 en Espagne, où la France s'est écroulée dans le money time du quart de finale contre le futur champion d'Europe russe.

Tous les yeux se sont alors tournés vers l'étoile montante du coaching français, Vincent Collet. Mais la Fédération française de basketball (FFBB) a fait le choix maladroit d'appeler un ancien technicien référencé, Michel Gomez. Après s'être cassé la gueule, celui-ci a finalement été remplacé par "VC" qui a réalisé un premier été brillant avec les Bleus malgré un quart de finale raté contre l'Espagne en Pologne.

Vincent Collet a été le coach tacticien qu'il fallait pour la génération de Parker, Diaw et Piétrus, dotée d'un leadership naturel et d'une expérience très forte avec le maillot Bleu. Vincent Collet n'a été que rarement sous le feu des critiques jusqu'en 2015 et la demi-finale d'Euro perdue après prolongation contre l'Espagne. Puis, surtout, après des Jeux olympiques 2016 très décevants en bien des points, l'hypothèse d'un départ de Vincent Collet du poste de "head coach" des Bleus semblait plus que réaliste.

Fatigué après un énième finale perdue de Pro A avec Strasbourg, il semblait qu'il était temps pour la France de mettre un peu de fraîcheur avec du renouveau à la tête de la sélection.

L'absence de successeur légitime

Mais changer pour changer était-il raisonnable alors qu'aucun successeur ne faisait l'unanimité. Dans les années 2000, le renouveau des coachs s'est fait attendre partout en France. Les "anciens", parfois appelés "dinosaures", ont tourné de poste en poste en Pro A sans jamais laisser de place aux nouveaux. Si de nouvelles têtes (Fauthoux, Bartecheky, Legname, Milling, Espinosa, Mahé etc.) émergent enfin aujourd'hui, ils n'ont pas eu le temps de devenir "légitimes" en gagnant de manière régulière. Par ailleurs, l'absence de résultats en EuroLeague et le changement constant de clubs français dans cette compétition (une fois Philippe Hervé avec Orléans, une autre J.D. Jackson avec Le Mans ou Gregor Beugnot avec Chalon, etc.) n'a permis à aucun d'entre eux de faire l'unanimité en réussissant sur la scène européenne. L'obligation d'une "culture tactique" de très haut niveau imposé par l'EuroLeague fait aujourd'hui défaut au basketball français.

Seul le nom de Pascal Donnadieu, symbole de réussite à Nanterre et testé par la Direction Technique Nationale (DTN) sur l'équipe de France A', est revenu avec insistance. Son basket champagne en a cependant refroidi plus d'un. La FFBB a ainsi décidé de reconduire Vincent Collet en y ajoutant Pascal Donnadieu et Laurent Foirest au staff.

Appliquant ses principes, défensifs tout d'abord, par l'effort, la détermination, le combat, Vincent Collet a semblé être entendu lors de la préparation de l'Euro 2017 après un premier match inquiétant dans ce secteur contre la Tunisie. Offensivement, l'équipe a partagé le ballon, avec une "motion" (une continuité dans le jeu offensif, avec peu de joueurs arrêtés, beaucoup de mouvement sans ballon) efficace pour les grands attaquants qui formaient le groupe France.

Mais arrivé à l'Euro, tout ceci s'est délité. Les joueurs ont, par moments de réaction, réalisé de belles séquences défensives. Mais trop rarement ils ont été dans l'action. Et ces séquences intéressantes ont été trop courtes, trop peu nombreuses pour que le résultat des Bleus soit différent aujourd'hui.

Alors pourquoi les Bleus n'ont pas réussi à se faire violence en défense ? Etait-ce à cause de la communication du staff, Vincent Collet en tête ? Ou bien parce que l'ADN des Français présents sur ce tournoi ne font pas d'eux de potentiels bons défenseurs ? La réponse se situe sans doute entre les deux...

Trop de manque au sein de l'équipe

Quoi qu'il en soit, nous (les médias en tête) avons certainement vu le groupe trop beau. A l'image du trio de meneurs, trois joueurs titulaires dans de grosses équipes européennes. Thomas Heurtel, par son audace, son talent, sa vivacité, a bien des qualités. Mais quand il s'agit de défendre sur un porteur de balle de très haut niveau, il souffre. Un domaine dans lequel Antoine Diot lui est nettement supérieur. Mais le Bressan est arrivé blessé au genou et n'a jamais pesé dans cet Euro. Quant à Léo Westermann, il présente un état d'esprit particulièrement louable, une volonté de bien faire (des deux côtés du terrain) et une capacité à mettre de la dureté. Mais grand et en difficulté face à la vitesse de petits meneurs, il souffre dans ce type de duel, comme contre Jamar Wilson lors du premier match où il a beaucoup été utilisé à cause des difficultés, plus grandes encore, d'Heurtel. Au final, les trois auront apporté. Mais dans leur registre à eux, sur quelques moments, jamais avec régularité. Et aucun ne se sera imposé.

Par rapport aux campagnes précédentes (2014 et 2016), les difficultés de Thomas Heurtel ont été beaucoup plus visibles dès lors qu'il n'avait pas Rudy Gobert dans son dos pour défendre la raquette, notamment en "protect" sur pick & roll. Lors du huitième de finale contre l'Allemagne, la France a du faire venir l'aide de l'opposé afin d'utiliser un intérieur sur "step-out" pour ralentir Shröeder. Résultat, les Bleus se sont fait punir à 3-points dans le dernier quart-temps. Avec Gobert dans la raquette, l'équation aurait été plus simple.

Un Euro dont tout le monde se fout

Dès lors, fustiger le seul Vincent Collet quand les meilleurs défenseurs français (Gobert, Batum voire Mahinmi) étaient absents semble être une erreur. Oui l'équipe de France présente à Helsinki puis Istanbul avait des qualités. Mais elle avait aussi des manques évidents que le seul sélectionneur n'a pu corriger en un mois. Et parmi les joueurs "non appelés" (Ouattara, Tillie), aucun d'entre eux n'avaient l'envergure pour combler ces déficits.

Quant à savoir si c'est la faute de la FFBB de ne pas avoir su convaincre tous les joueurs de participer, il convient d'ajouter la liste des forfaits des autres sélections. Cet Euro post-JO et qualificatif pour aucun autre tournoi restera célèbre comme celui qui a été le plus snobé par les stars NBA.

La France étant la nation européenne la plus représentée en NBA, il est logique qu'elle soit le plus touchée. La FIBA n'arrive pas à lutter contre la NBA qui dicte tout le (trop chargé) calendrier basketball international et affecte les compétitions internationales dès le plus jeune âge.

Les temps ont changé, on l'a vu cet été avec le nombre incalculable de forfaits en équipe de France jeune pour ce qui s'apparentait souvent à un "choix de carrière". Les projets individuels prennent une place débordante sur la vie des sélections et beaucoup de fédérations ont du mal à s'adapter.

Conclusion : un calendrier nouveau pour une dynamique nouvelle ?

Loin de nous l'idée de tout expliquer sans remettre en cause le staff et la FFBB. Mais avec l'instauration des "fenêtres internationales", une nouvelle équipe de France va éclôre. Des joueurs jusqu'ici peu concernés par l'équipe de France A (Fall, Albicy, Lacombe, Labeyrie, Boungou-colo, Rousselle, Yeguete etc.) vont pouvoir saisir l'opportunité et montrer une détermination nouvelle. Car l'enjeu est simple : se qualifier pour la Coupe du Monde 2019 qui donnera elle même accès aux Jeux olympiques 2020. Difficile de lancer la démarche d'engager un nouveau sélectionneur (candidatures, entretiens etc.) alors qu'une première fenêtre internationale a lieu en novembre. Changer maintenant serait placé le futur sélectionneur (et donc l'équipe de France dans son ensemble) en position d'échec.

D'ici 2020, un, deux ou trois coachs auront le temps de s'affirmer comme de "potentiels sélectionneurs" pour succéder à Collet. En espérant que les techniciens français puissent également hausser leur niveau d'exigence en ayant la possibilité de coacher en EuroLeague (ASVEL ? Limoges ? Strasbourg ?) sur toute une saison. Et que la FIBA soit à même de proposer des formules incontournables pour les joueurs.

12 septembre 2017 à 11:24
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