ÉQUIPE DE FRANCE
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EDWIN JACKSON, L'HEURE DE LA MATURITÉ

Crédit photo : Sébastien Meunier

Deux ans après avoir annoncé précipitamment sa retraite internationale, Edwin Jackson s'impose, à l'issue d'une saison exceptionnelle en Espagne, comme l'un des joueurs cadres de l'équipe de France.

"Je prends, à partir d'aujourd'hui, ma retraite internationale." Le 25 juin 2015, l'incompréhension entre Edwin Jackson (1,90 m, 27 ans) et l'équipe de France atteignait son point culminant. La fin, croyait-on alors, d'une histoire tumultueuse entre le scoreur originaire de Pau et la sélection nationale.

Pourtant, Edwin était destiné à briller sous le maillot tricolore : fils d'un ancien international (Skeeter Jackson, 41 sélections entre 1987 et 1989), multi-médaillé avec les équipes de France jeune, son destin semblait écrit d'avance. D'autant plus quand il est appelé pour la toute première fois par Vincent Collet à seulement 19 ans, lors de l'été 2009. Mais depuis, rien ne s'est passé comme prévu...

Entre rôle minime et incompréhension, Edwin Jackson a longtemps été frustré par sa situation en équipe de France. À tel point qu'il déclare en septembre 2013, au Progrès, après le titre européen des Bleus "que la prolongation de Vincent Collet n'est pas une bonne nouvelle pour [lui]". Frustré d'avoir été coupé sans même avoir pu disputer un match amical, il ajoute que lui et le sélectionneur "ne sont pas les meilleurs amis du monde" et que "cela ne va pas aller en s'améliorant".

Présent au Mondial 2010, à l'âge de 20 ans, dans un rôle de douzième homme (0,8 point en 4 minutes par match), l'ancien Villeurbannais connait cependant une éclaircie dans sa carrière internationale lors de la Coupe du Monde 2014. Au sortir d'une saison où il vient d'être couronné meilleur marqueur de Pro A, il joue toujours un rôle de complément (4,1 points en 9 minutes de moyenne) mais brille par séquences (12 points contre la Serbie à Grenade) et, surtout, s'adjuge une médaille de bronze. Mais neuf mois plus tard, tout est oublié. Vexé de ne pas avoir été séletctionné pour l'EuroBasket 2015, le joueur annonce sa retraite internationale.

Manille, le tournant

Une décision, sûrement prise sous le coup de l'émotion, sur laquelle Jackson ne tarde pas à revenir. Le 10 juin 2016, afin de renforcer temporairement un groupe France amoindri en vue du TQO, la FFBB convoque Benjamin Sene, Hugo Invernizzi, Axel Julien et... Edwin Jackson comme sparring-partners. L'ancien Barcelonais accepte immédiatiquement la proposition et affiche un excellent état d'esprit, allant même jusqu'à accompagner l'équipe à Manille pour le TQO, alors qu'il ne faisait pas partie des joueurs retenus.

"L'évolution a commencé l'année dernière, explique Vincent Collet. Alors que je ne l'avais pas retenu pour le TQO, il a fait la demande et la démarche de nous accompagner à Manille. Il a un état d'esprit exceptionnel, celui de soutenir l'équipe, parfaitement dans l'esprit du Team France. Il a fait la préparation avec nous et voulait qu'on se qualifie pour les Jeux olympiques. Il continue sur les mêmes bases cette année : contre la Grèce, je l'ai fait entrer quatre fois pour défendre et protéger un joueur des fautes puis j'en remettais un autre pour attaquer. Il l'a fait avec le sourire. Il fait tout ce qu'on lui demande de faire."

Après deux années moindres en responsabilité à Barcelone puis Malaga, Edwin Jackson a pu démontrer cette saison qu'il était toujours l'une des références en Europe dans son domaine de prédilection : le scoring. L'enfant de l'ASVEL domine le championnat espagnol et boucle son troisième exercice en Liga Endesa avec 21,4 points à 49,5% aux tirs, 3,5 rebonds et 3,4 passes décisives de moyenne. De quoi lui permettre d'écarter la concurrence parmi la riche ligne extérieure de l'équipe de France et de s'offrir une place pour l'EuroBasket 2017, le premier de sa carrière. Promis à un rôle de joker offensif en sortie de banc, le Franco-Américain a endossé son nouveau costume avec enthousiasme.

"Des points, je sais que je peux en mettre. Ce sur quoi je m'évalue, c'est mon +/- à la fin de chaque match. Comme je sors du banc, je sais que je ne vais pas forcément avoir cinq ou dix tirs. Mais si je peux apporter pour l'équipe, faire deux bonnes défenses, voler un ballon, redonner une possession en attaque, c'est ça qui est important et qui est mon rôle. Et les jours où j'ai la main chaude comme contre la Finlande ou contre l'Islande, on va me rechercher plus. Mais je ne rentre pas dans les matchs avec cette mentalité, je sors du banc pour apporter de l'intensité. C'est bien d'avoir un fort banc pour reposer nos joueurs. Par rapport à 2014, j'ai peut-être un peu plus la confiance du coach car je suis un peu meilleur dans les domaines qui l'importent. Maintenant, je suis plus constant, je suis capable de répéter de bonnes séquences. Donc la confiance du coach se renforce, celle du staff aussi. C'est plus facile pour lui de me mettre sur le terrain."

"Il est parfait sur ce début de tournoi"

Après être monté en puissance durant la préparation (10 points contre la Lituanie, 12 face au Monténégro), Edwin Jackson a réalisé son meilleur match en équipe de France dimanche, contre la faible Islande (115-79), en cumulant 14 points à 5/7, 4 rebonds et 2 passes décisives pour 19 d'évaluation. Preuve de la nouvelle confiance de Vincent Collet à l'égard du futur arrière des Guangdong Southern Tigers (Chine), il lui a accordé dimanche le plus gros temps parmi tous les Bleus (21 minutes).

"Pour l'instant, je dirais qu'il est parfait sur ce début du tournoi, n'hésite pas à dire le sélectionneur. J'ai la conviction, et mon staff la partage, qu'Edwin va nous sortir une salve de 10-15 points dans un court laps de temps lors d'un match qui comptera. Je pense que c'est la maturité. Il est à haut niveau, dans la continuité de son excellente saison avec Estudiantes. C'est devenu un autre joueur. Il fait beaucoup d'efforts défensifs. Lors des derniers matchs, je lui ai fait prendre le meilleur joueur adverse, comme (Dennis) Schröder en Allemagne. Je lui donne ce type de challenge, c'est intéressant. Notre équipe n'a pas une grande identité défensive, il faut aller chercher les ressources là où elles sont. Je pense qu'il peut nous aider de ce point de vue là."

Non, vraiment, 25 ans n'était pas l'âge adéquat pour se retirer des parquets internationaux. À bientôt 28 ans, Edwin Jackson a vraisemblablement encore ses plus belles heures en sélection devant lui. Vivement la suite !


Edwin Jackson, avec Vincent Collet (photo : Guillaume Poumarede)

À Helsinki,

04 septembre 2017 à 07:30
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