ÉQUIPE DE FRANCE
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ESPAGNE - FRANCE : COMME ON SE RETROUVE...

Espagne France
Crédit photo : S Meunier

Deux générations dorées dès leurs plus jeunes années.

D'un côté, Pau Gasol, Juan-Carlos Navarro et Felipe Reyes, sacrés champions d'Europe juniors en 1998 et champions du Monde juniors en 1999. De l'autre, Tony Parker, Boris Diaw et Ronny Turiaf, couronnés champions d'Europe juniors en 2000.

Trois joueurs qui ont formé les colonnes vertébrales des équipes d'Espagne et de France pendant de longues campagnes avant de recevoir le renfort des jeunes pousses : Sergio Rodríguez et Sergio Llull, champions d'Europe juniors en 2004, sans oublier le prodige Ricky Rubio - auteur de 51 points, 24 rebonds, 12 passes décisives et 7 interceptions pour 72 d'évaluation en 49 minutes contre la Russie afin d'offrir à l'Espagne le titre de champion d'Europe cadets en 2006 - pour la Roja. Et la génération 88/89 tricolore, championne d'Europe cadets en 2004 et championne d'Europe juniors en 2006, qui prend peu à peu le pouvoir chez les Bleus avec Nicolas Batum, Antoine Diot, Edwin Jackson, Kim Tillie et Alexis Ajinça.

En clair, deux pays appelés à dominer le basket européen et qui ne cessent de se croiser lors de matchs au sommet. Mercredi soir, le quart de finale de Coupe du Monde sera la sixième rencontre décisive entre les deux sélections depuis 2005. Retour sur une histoire bien chargée.

 

2005 : 46 ans après...

Le contexte : Deux équipes traumatisées par leurs revers respectifs en demi-finale. Après un exploit historique contre la Serbie-Monténégro (75 - 71, a.p.) et un quart de finale impérial contre la Lituanie (63 - 47), l'équipe de France était en situation de rejoindre la finale. Inutile de refaire l'histoire. En tête de sept points à quarante secondes du buzzer final, les Bleus dilapident leur avance avec des lancers francs ratés, des balles perdues, des fautes trop rapides et se font crucifier à la sirène par un tir primé de Dimitris Diamantidis, simplement son troisième de la compétition. Une véritable tragédie, l'une des défaites les plus inhumaines de l'histoire du basket français. Un crève-cœur pour cette équipe, destinée à devenir championne d'Europe avec Antoine Rigaudeau à la baguette, Tony Parker en sixième homme de luxe et un Boris Diaw au sommet de son art.

(Vidéo optionnelle, nous tenons à préserver votre moral)

L'Espagne n'est pas en reste. Battue 73 - 74 en demi-finale par l'Allemagne d'un Dirk Nowitzki exceptionnel (27 points, 7 rebonds et 3 passes décisives), la Roja doit se contenter de la petite finale. Ce n'était pas au programme d'une équipe qui visait ouvertement la médaille d'or.

Le match : De match, il n'y en aura pas en ce 25 septembre 2005. Échaudée par son terrible échec de Stockholm en 2003, l'équipe de France ne laisse aucune chance à l'Espagne. "Après avoir passés la nuit à pleurer" selon les propres aveux de Frédéric Weis, les Bleus ne laissent pas filer l'opportunité d'être enfin récompensés. 44 - 36 à la mi-temps, 75 - 54 à la fin du troisième quart-temps, les Tricolores font cavaliers seuls pour finalement écraser la Roja (98 - 68) et décrocher leur premier podium européen depuis 1959. Une médaille de bronze au goût amer qui fait toutefois le bonheur de Tony Parker. « On a fait un grand pas en avant pour le basket français. Maintenant, on va arrêter de dire qu'on perd tout le temps. On a une génération qui est championne d'Europe juniors et médaillée de bronze maintenant. Il faudra compter sur nous, ce n'est pas fini. » Sa prédiction s'est avérée exacte. Mais on ne savait alors pas qu'il faudrait attendre huit ans avant de revivre un tel bonheur face à l'Espagne.

Le héros : Vu épisodiquement sous le maillot bleu jusqu'en 2006 (44 sélections), Mickaël Piétrus fut fondamental dans la médaille de bronze tricolore. En seulement 21 minutes, l'ailier de Golden State a cumulé 23 points (son record en sélection) à 8/12 aux tirs, 5 rebonds, 2 passes décisives et 1 interception. Sûrement son plus beau chef d’œuvre avec l'équipe de France.


Jérôme Schimitt, Frédéric Fauthoux et Tony Parker célèbrent la médaille de bronze (photo : FIBA Europe)

 

2009 : L'équipe de France ne méritait pas cela

Le contexte: Sortie d'une obscure dernière phase de qualifications, bonifiée par un nouveau technicien (Vincent Collet) et par la génération 88/89 d'Antoine Diot et Nicolas Batum, l'équipe de France est revenue de l'enfer en cet été 2009. Surtout que les Bleus arrivent lancés en Pologne pour l'EuroBasket : six matchs, six victoires, un bilan qui devrait permettre de s'offrir un quart de finale abordable. C'était sans compter sur l'Espagne qui, malgré son statut de grandissime favori de la compétition, a papillonné en route avec deux revers contre la Serbie et la Turquie.

Le match : Fort de son bilan immaculé, l'équipe de France aurait pu opposer une résistance à la Roja. Mais quelque chose s'est cassé chez les Bleus depuis cette fameuse victoire dans ce match de dupes contre la Grèce au deuxième tour, comme si ce tir au buzzer sans joie de Nando De Colo avait injecté un venin dans le sang français.


Traumatisé par le fait de retrouver l'Espagne, se sentant maudit, le groupe de Vincent Collet ne fait même pas illusion, dépassé par les évènements dès le premier quart-temps (15 - 25). "Si vous laissez cette équipe prendre de l'avance, elle ne vous laissera jamais revenir" dira Boris Diaw après le match. Porté par un immense Pau Gasol (28 points à 11/13 et 9 rebonds en 28 minutes), l'Espagne s'impose facilement (86 - 66) et sera sacrée championne d'Europe, pour la première fois de son histoire, quelques jours plus tard. La France échoue à la cinquième place avec le meilleur bilan de la compétition : huit victoires et une seule défaite. Cruel, tout simplement...


Le héros : Ses statistiques ne sautent certes pas aux yeux (8 points à 3/4, 4 rebonds, 4 passes décisives et 2 interceptions en 24 minutes) mais la prestation de Ricky Rubio a marqué les esprits en cette soirée du 17 septembre 2009. Âgé de seulement 19 ans à l'époque, disputant son premier EuroBasket, le génie d'El Masnou a fait vivre un véritable calvaire à Tony Parker, l'étouffant totalement pendant l'intégralité de la rencontre. Le meneur star des Spurs n'a pas vu le jour, devant se contenter de 6 points à 1/8 aux tirs et 3 passes décisive. L'attaque française était décapitée, les Bleus n'avaient aucune chance.


Ricky Rubio éteint totalement Parker (photo : FIBA Europe)

 

2011 : La tête haute

Le contexte : Renforcée par Joakim Noah, l'équipe de France était en mission. L'objectif ? Décrocher son billet pour les JO, les deux tickets directs étaient simplement promis aux finalistes. Jusqu'à la dernière marche espagnole, rien ne lui résiste. Les Bleus effacent des années d'affronts. La catastrophe suédoise de 2003 avec la Lituanie et l'Italie ? Oubliée dès le second tour. La tragédie grecque de 2005 ? Vengée en quart de finale. La boulette russe de 2007 ? Rattrapée en demi-finale, en cette soirée où la France est devenue une équipe olympique. Il ne reste plus que l'Espagne, cette Roja surarmée, surpuissante avec une raquette constituée des frères Gasol et du petit nouveau, un certain Serge Ibaka...

Le match : À part les États-Unis, personne n'aurait pu battre cette Espagne-là. S'incliner de seulement treize points (85 - 98) était déjà, en soi, une performance honorable pour l'équipe de France. 56% de réussite aux tirs, 10 contres, la Roja était injouable en ce 18 septembre 2011 avec un jeu collectif de toute beauté. Les Bleus ont longtemps résisté en première mi-temps et auraient même pu bénéficier de dix points supplémentaires sans l'incroyable abattage de Serge Ibaka, l'ancien joueur de Prissé-Mâcon réalisant cinq contres dans le seul deuxième quart-temps.


Déjà ravie d'avoir décrochée sa qualification pour les Jeux Olympiques de Londres, la France s'inclinera logiquement, mais sans regrets, dans cette finale marquée par l'attentat de Rudy Fernandez sur Tony Parker. Les Bleus ont pris rendez-vous avec l'avenir. "L'Espagne a fait un très beau match de basket et nous a montré là où nous avons envie d'être" clame TP.


Le héros : 2011, c'est l'année Juan Carlos Navarro ! MVP de la finale de Liga ACB, élu dans le meilleur cinq de l'Euroleague, l'arrière de Barcelone est irrésistible au cours de l'EuroBasket. L'équipe de France n'échappe pas à la furia de l'ancien joueur de Memphis, déjà auteur de 26 points contre la Slovénie en quart de finale et de 35 points face à la Macédoine en demi-finale. La Bomba fait totalement exploser la défense tricolore avec 27 points à 6/14 aux tirs, 1 rebond, 5 passes décisives et 7 fautes provoquées en 31 minutes. Une démonstration qui sera couronnée après la rencontre par le trophée de MVP de l'EuroBasket.


L'Espagne remporte son deuxième titre de champion d'Europe face à la France (photo : FIBA Europe)

 

2012 : Éternels regrets...

Le contexte : Ils en rêvaient. Depuis ses débuts sous le maillot national, la génération 82 était motivée par la perspective de disputer les Jeux Olympiques et de pouvoir y décrocher une médaille. Malgré la blessure à l’œil de Tony Parker - survenue en boîte de nuit à New York après avoir reçu un éclat de verre au cours d'une bagarre opposant les rappeurs Drake et Chris Brown -, l'équipe de France rentre bien dans ses JO et s'offre l'Argentine, la Lituanie, la Tunisie et le Nigeria dès le premier tour, cédant simplement contre les futurs champions olympiques : les États-Unis.

Comme en 2009, cette deuxième place devrait permettre aux Bleus de croiser un adversaire à leur portée en quart de finale. Sauf que dans le Groupe B, l'Espagne - déjà vaincue par la Russie - lâche intentionnellement son dernier match face au Brésil pour rétrograder à la troisième place et éviter ainsi de croiser Team USA avant la finale. De quoi remonter à bloc l'équipe de France qui ne s'imagine pas en victime collatérale de la farce espagnole.

Le match : "Envie de se cacher" avoue Vincent Collet. "C'est très, très frustrant" renchérit Tony Parker. Terrible journée que ce 8 août 2012 pour le basket français. En quart de finale des Jeux Olympiques, l'équipe de France avait enfin l'occasion de faire chuter son meilleur ennemi. Surtout que les Bleus attaquent cette rencontre sans aucun complexe, les yeux dans les yeux avec les hommes de Sergio Scariolo. Les Tricolores font la course en tête jusqu'à la 34e minute, jusqu'à ce terrible trou noir au cœur du money-time où ils ne parviennent plus à trouver le chemin du cercle pendant les sept dernières minutes, passant de 57 - 54 à 57 - 66.

Une défaite synonyme d'une immense frustration, de nombreuses larmes parmi les joueurs de l'équipe de France. Et une rencontre qui entretiendra le sel de la rivalité franco-espagnole pour de longues années avec le très vilain geste de Nicolas Batum sur Navarro qui vient s'ajouter à la cravate de Rudy Fernandez en 2011.


Toutefois, avec du recul, un gros point positif apparait au grand jour : les Bleus ont trouvé la clé de l'équation espagnole, ne reste plus qu'à déverrouiller la serrure.

Le héros
: Si ce n'est l'un, c'est donc son frère. Pau parfaitement contenu par la défense française (10 points à 3/7), Marc Gasol a pris le relais de son terrible frangin pour porter la Roja sur son dos. L'intérieur de Memphis a terminé meilleur marqueur de son équipe avec 14 points à 4/8 et 8 rebonds en 32 minutes. Surtout, le natif de Barcelone a su se montrer décisif, scorer lorsque ça faisait mal. Son panier intérieur à 45 secondes du buzzer final est resté dans les mémoires, celui qui a rendu l'Espagne hors de portée de l'équipe de France (57 - 62). Rageant...


Marc Gasol a permis à l'Espagne de se sortir du piège français (photo : Sébastien Meunier)

 

2013 : Délivrance !

Le contexte : Cette année ou jamais. Voilà le sentiment qui régnait au cœur du petit monde du basket français avant d’aller se mesurer une énième fois à la Roja. Beaucoup de facteurs plaidaient pour l’équipe de France : le rapport de force avec les absences de Juan Carlos Navarro, Serge Ibaka, Felipe Reyes et Pau Gasol côté espagnol, la dynamique avec une victoire conquérante des Français en quart de finale face à l’hôte slovène et surtout l’impression que la roue allait enfin tourner. Qu’après avoir échouée à un seul petit point en amical à Montpellier un mois auparavant (84 – 85), son tour était enfin arrivé.

« Le vainqueur de France – Espagne sera champion d’Europe » a prévenu Tony Parker avant le match. Autant dire que tout un pays avait les yeux tournés vers Ljubljana : #BeatSpain est devenu le sujet le plus populaire du jour sur Twitter. France Télévisions avait décidé de retransmettre la rencontre. Les guerriers n’avaient plus qu’à rentrer dans l’arène.

Le match : Au même titre que la demi-finale des Jeux Olympiques 2000 contre l’Australie, cette rencontre s’inscrit en lettres d’or dans la légende du basket français. Mais qui aurait pu le penser à la mi-temps lorsque les Bleus regagnaient les vestiaires avec 14 points de retard (20 – 34), sous les regards hautains et moqueurs des Espagnols ?

"Il faut qu'on se réveille les gars. On joue comme si on avait peur. Je ne parle pas de l'attaque, hein, moi, c'est la défense. On dit les trucs qu'il faut faire, on sort pas sur les pick and roll, on les laisse shooter à trois points. On va pas au rebond. Ils nous agressent, on ne peut même pas mettre la balle en jeu. Faut qu'on joue plus physique que ça. La Slovénie, on a joué physique. Là, on ne joue pas physique. Ils nous dominent, parce qu'ils pensent qu'on est de la merde. Ça se voit dans leurs visages, ils nous prennent pour de la merde. Je m'en fous de ce qui arrive en deuxième mi-temps. Même si on perd, au moins, on joue avec notre fierté. Et on joue dur. Après, on perd, c'est pas grave, c'est la vie. Mais moi, je préfère perdre en se battant. Pas comme ça, là, on se fait défoncer. On n'a plus rien à perdre, maintenant, on joue." La rébellion est née de ces quelques mots, signés Tony Parker, dans le vestiaire des Bleus. Trop seul, trop isolé face à la puissance de l'équipe espagnole, le futur MVP de l'EuroBasket s'est effacé au profit de ses coéquipiers. Le délic. "Antoine, t'as un tir, tu le prends. Alexis, t'as un tir, tu le prends. On n'a plus rien à perdre, maintenant. Nando, Antoine, annoncez des trucs pour Nico, pour Bobo. Une fois sur cinq pour moi, oublie-moi."

Et comme par magie, l'adresse est revenue en seconde période. Incapable de rentrer un seul tir lointain en première mi-temps, les Bleus les ont enfilés comme des perles après coup. Antoine Diot d'abord, puis Nando De Colo, Nicolas Batum, Mickaël Gelabale, Tony Parker, Boris Diaw et même Florent Piétrus y sont tous allés de leur(s) shoot(s) derrière la ligne des 6,75 mètres.

Si toute la France a retenu son souffle au moment du tir de José Manuel Calderon dans le corner à la fin du temps règlementaire, c'est l'Espagne qui a été étouffée pendant toute la deuxième mi-temps et la prolongation. À ce titre, la prestation de Florent Piétrus, le ministre de la défense, fut exceptionnelle : "Il a été monumental. C'est mon héros du soir" avouera Vincent Collet. "C'est le match que j'ai vécu dans ma carrière en Bleu" rajoutera l'ailier-fort guadeloupéen. "J'étais prêt à mourir sur le terrain s'il le fallait". Comme un symbole, l'équipe de France scellera sa victoire (75 - 72, a.p.) sur la ligne des lancers francs, là où elle a si souvent pêchée par le passé.


Au buzzer final, une véritable délivrance, une joie énorme caractérisée par les visages possédés des Français. C'est Johan Petro qui résuma le mieux la chose : "On voulait cette victoire, on la voulait tellement. On pensait à ce match depuis longtemps". Historique, c'est tout.


La délivrance (photo : FIBA Europe)


Le héros
:
Toute l’équipe de France aurait pu être citée : Boris Diaw pour avoir réveillé ses coéquipiers avec une faute appuyée sur Sergio Llull, Antoine Diot pour sa défense, ses tirs lointains dans le troisième quart-temps et son sang-froid dans le money-time, Mickaël Gelabale pour son adresse exceptionnelle ou encore Florent Piétrus dont la deuxième mi-temps est directement entrée au patrimoine du basket français. Mais comment passer à côté de l’incroyable performance de Tony Parker (32 points à 11/19 aux tirs, 6 rebonds, 2 interceptions, 1 passe décisive et 11 fautes provoquées en 37 minutes) ?

Lui qui a tenu l’équipe de France à bout de bras en première mi-temps avec 14 points. Lui qui a sonné la révolte à la mi-temps avec un discours passé à la postérité grâce à l’émission Intérieur Sport (ndlr, voir ci-dessous). Lui qui a porté l’estocade en seconde période en alternant lay-ups et tirs à trois points. Lui qui a vaincu ses vieux démons dans le money-time avec un 4/4 sur la ligne des lancers francs.


Bref, en ce vendredi 20 septembre 2013, Tony Parker a réalisé l’un de ses plus beaux matchs sous le maillot bleu. Il ne pouvait en être autrement. Le meilleur joueur de l’histoire du basket français était surmotivé à l’idée de pouvoir enfin venir à bout de la bête espagnole : « C'était un scénario de malade. Mes coéquipiers ont compris qu'il était hors de question qu'on perde contre l'Espagne. J'avais tellement la rage. » Ça s’est vu. Et TP a réussi sa mission : placer le basket français sur le toit du basket européen.

10 septembre 2014 à 10:35
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