ÉQUIPE DE FRANCE
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ITW GEORGE EDDY : "JE NE SUIS PAS DU TOUT PESSIMISTE POUR L'AVENIR DE L'ÉQUIPE DE FRANCE"

Crédit photo : Sébastien Meunier

Véritable amoureux de l'équipe de France, George Eddy considère que l'échec des Bleus lors de l'EuroBasket de cet été ne remet pas en cause l'avenir prometteur de l'équipe de France.

Resté la voix la plus identifiable du basket français à la télévision, George Eddy (61 ans) vient de boucler un nouvel EuroBasket aux commentaires sur Canal+ Sport, en compagnie de Joris Sabi. Avant la finale entre la Slovénie et la Serbie dimanche à Istanbul, le Franco-Américain - qui conserve son shoot légendaire comme témoin principal de ses années de joueur professionnel - nous a confié ses impressions sur de multiples sujets.

Cet interview est en deux parties. La première concerne l'été décevant de l'équipe de France, le niveau global de l'EuroBasket 2017 et la situation du basket européen.

George, peut-on dire que c'est un EuroBasket raté pour l'équipe de France ?

Tout à fait, oui. Vincent Collet disait qu'il fallait atteindre les quarts de finale au minimum. Personnellement, je rêvais de voir l'équipe de France faire comme la Serbie, c'est à dire jouer une médaille malgré tous les absents. Je considère notre réservoir comme aussi profond que celui des Serbes. On n'est pas passé loin. Un panier à trois points de De Colo nous aurait envoyé en prolongation contre l'Allemagne, et après, tout peut arriver... Si la Slovénie peut battre l'Espagne de vingt points, un exploit de notre part aurait aussi été possible. Bon, on a manqué de défense, de constance, de vécu collectif. Cet EuroBasket est forcément une déception vu le talent qu'on avait mais cette équipe était trop déséquilibrée vers l'arrière et vers l'attaque. Il n'y avait pas de défense intérieure, pas de défense globale. Les arrières se faisaient perforer trop rapidement et comme on n'avait pas de contreurs derrière. Vincent Collet a eu beau répéter sans arrêt qu'il fallait mieux défendre, c'est devenu mission impossible. Il y avait aussi des passages à vide un peu difficiles à comprendre. Dans chaque match, c'est devenu un running-gag aux commentaires : on attend le passage à vide des Français qui va forcément arriver. On ne le souhaitait pas mais ça s'est souvent produit.

Ce problème de défense, c'est parce que le staff n'a pas réussi à transmettre une envie défensive à l'équipe ?

C'est surtout parce qu'on n'avait pas les joueurs pour défendre. Tu ne peux pas prendre que des joueurs payés pour attaquer dans leur club et en faire une équipe défensive. C'était trop déséquilibré. Si on avait eu Rudy Gobert, cela aurait tout changé. Avec lui, les extérieurs peuvent prendre des risques et chercher les interceptions car ils savent que le panier est protégé. Là, Boris Diaw, Kévin Séraphin et Joffrey Lauvergne ne sont pas connus pour leur défense ou leur facilité aux contres. Après, il manque aussi des athlètes sur les ailes comme Nicolas Batum, Timothé Luwawu-Cabarrot et Charles Kahudi. Si on avait quelques uns de ces joueurs-là, on aurait pu aller beaucoup plus loin. En plus, il ne faut pas oublier que l'on mène de huit points contre la Finlande à deux minutes de la fin. Si on gagne ce premier match, on termine probable à la deuxième place et cela nous envoie vers un parcours peut-être moins compliqué que celui qu'on a eu. Ça s'est joué à quelques paniers, mais c'est le basket... C'est clair que l'image globale est décevante.

Selon vous, est-ce un EuroBasket de transition ou alors le début de déclin après une génération dorée, symbolisée par Tony Parker ?

Non, ce n'est pas le début du déclin. Je pense que c'est juste une transition un peu plus compliquée que prévu. Après, il y a cette histoire de calendrier qui chamboule tout. Il va falloir une équipe suffisament forte pour se qualifier pour la Coupe du Monde. Mais déjà, je pense qu'on aura rendez-vous avec l'équipe de France au complet lors des fenêtres de juin et de septembre. Je crois que Batum, Gobert et les autres absents seront là. Si on gagne les quatre matchs, cela aiderait à assurer une place à la Coupe du Monde puisque ces deux fenêtres sont à cheval sur les deux phases. On peut finir par deux victoires et commencer par deux victoires. C'est un peu la panique chez nous car nous n'aurons pas nos joueurs NBA. Mais à la place, il y aura douze joueurs qui peuvent se faire connaître à ce niveau comme Moustapha Fall, Jérémy Leloup, Paul Lacombe. En plus, il y aura le retour de Charles Kahudi. Je ne suis pas du tout pessimiste pour l'avenir de l'équipe de France. Même si le résultat de cet été est décevant, je persiste à penser que les Bleus penvent encore gagner des médailles à la Coupe du Monde, aux Jeux Olympiques. À condition que l'équipe soit au complet et plus équilibrée que cette année.

"La faible affluence d'Istanbul souligne l'énorme succès de l'EuroBasket 2015 en France"

Vous qui avez commenté votre premier championnat d'Europe en 1993, qu'avez-vous pensé du niveau global de celui-ci ?

Beaucoup de gens l'ont critiqué en amont en disant qu'il y avait trop d'absents, pas de possibilité de se qualifier pour une compétition majeure et qu'il y avait donc moins de motivation chez les joueurs. Mais tout cela est archi-faux ! Tous les joueurs motivés par l'équipe nationale et en bonne santé sont là. Gobert a eu deux blessures en fin de saison, Batum voulait rester avec son fils qui est très jeune et a dit non pour des raisons familiales. Cela peut se comprendre. Mais globalement, les absents ont déclaré forfait pour des pépins physiques. Ce qui est fabuleux, c'est que l'on a vu des très grandes stars comme Dragic, Bogdanovic, Porzingis porter leur équipe à bout de bras. Mais il y a eu aussi la nouvelle génération comme Markkanen, Doncic ou Korkmaz. C'était peut-être l'éclosion de cette nouvelle génération bourrée de talent la chose la plus intéressante à observer.

Ce qui contraste avec la fin de l'ère Parker, Nowitzki, Gasol...

Complètement ! Parker va revenir à 35 ans d'une grave blessure, j'espère qu'il pourra encore faire de belles choses, comme lors des derniers playoffs. Cette génération de superstars était le produit de la Dream Team. Les Américains de 1992 ont poussé l'internationalisation du basket et toutes ces stars européennes se sont engouffrées dedans. Ils ont été des porte-étendards magnifiques pour le basket européen, Pau Gasol notamment. Mais maintenant, place aux prochains !

A contrario, le point noir de cet EuroBasket est le faible taux de remplissage des salles, notamment lors de la phase finale à Istanbul.

C'est dommage. Il n'y a pas eu assez d'efforts pour remplir la salle avec des scolaires qui auraient été ravis de venir du beau basket pendant une demi-journée. Mais surtout, pour moi, cela souligne l'énorme succès de l'EuroBasket 2015 en France. À Montpellier puis à Lille, les salles étaient souvent remplies à ras-bord, sinon aux deux tiers. On n'a jamais eu ce sentiment de vide que l'on a connu ici, à Istanbul, depuis l'élimination de la Turquie. Il faut souligner que la France a réussi une organisation record, c'est ça le modèle. Des Finlandais sont venus par milliers, beaucoup de Français aiment aussi le basket d'autres pays et regardaient d'autres matchs que ceux des Bleus. Ce championnat d'Europe 2015 restera comme un énorme succès. Ici, on n'a pas senti une motivation à voir la salle pleine, en dehors des matchs de la Turquie. Il n'y a que la Turquie qui les intéressait.

Vous parliez tout à l'heure du problème du calendrier international. Que pensez-vous du conflit actuel entre la FIBA et l'Euroleague ?

C'est totalement destructeur. Les deux instances auraient pu trouver un terrain d'entente. Je ne sais pas qui est le plus fautif mais dans un divorce, il faut surtout éviter de détruite l'enfant. Et c'est ce qui est en train d'arriver. C'est un vrai problème. Il aurait suffi que l'Euroleague protège les fenêtres de la FIBA et on aurait pu arriver à un compromis. Sans parler de l'existence de l'Eurocup. La FIBA aurait pu gérer la deuxième compétition derrière l'Euroleague, tout le monde aurait eu sa part du gâteau. Si on continue avec cette guerre absolue devant les tribunaux, c'est l'image générale du basket européen qui en pâtit et cela fait le plus grand mal aux championnats nationaux.

Rendez-vous demain, jeudi, sur BeBasket pour la deuxième partie de l'interview de George Eddy, consacrée au paysage télévisuel du basket-ball en France.

Par Gaëtan Delafolie et Alexandre Lacoste, à Istanbul.

20 septembre 2017 à 13:30
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