ÉQUIPE DE FRANCE
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ITW LÉO WESTERMANN (PARTIE 2), OBJECTIF EURO

Crédit photo : Sébastien Grasset

Après une première partie relative à sa réussite lituanienne et sa signature avec le CSKA Moscou, place au deuxième volet de l'entretien avec Léo Westermann. Avec un focus sur le prochain objectif immédiat du meneur alsacien : l'EuroBasket 2017.

L'histoire entre Léo Westermann (1,92 m, 24 ans) a souvent été capricieuse. Sélectionné pour la première fois en équipe de France A en 2012, quelques semaines avant d'être vice-champion d'Europe U20 aux côtés notamment de Rudy Gobert, l'ancien Villeurbannais était considéré comme l'un des successeurs potentiels de Tony Parker à la tête des Bleus.

Mais, la féroce concurrence au poste 1 et les graves blessures qui ont jalonné son parcours, ont retardé l'avènement du néo-moscovite. S'il savait que sa première cape en 2012 contre la Grande-Bretagne n'était qu'une pige sans suite immédiate, Léo Westermann espérait tellement disputer l'EuroBasket 2013 au sortir d'une saison épatante avec le Partizan Belgrade. À tel point qu'il s'est mis trop de pression lors de la préparation et a dû laisser sa place dans les 12 à Thomas Heurtel pour le premier sacre européen de l'histoire des Bleus. Un véritable crève-cœur pour l'enfant d'Haguenau.

Victime d'une nouvelle rupture des ligaments croisés du genou droit en 2014, il a dû attendre 2015  pour revenir en sélection par la petite porte. Appelé à la rescousse à l'avant-veille de l'EuroBasket suite à la blessure d'Antoine Diot et à l'imbroglio Thomas Heurtel, il a disputé le championnat d'Europe sans avoir effectué la préparation et a pu glaner une médaille de bronze à Villeneuve d'Ascq.

Non retenu l'année dernière suite à sa saison limougeaude délicate, Léo Westermann ne se cache plus. L'homme aux 14 sélections veut désormais durablement s'implanter en équipe de France. Avec la première étape cet été où il participera à la préparation pour l'EuroBasket 2017. Mais cette fois-ci, le champion de France 2015 veut gagner sa place à la régulière. Mais ce ne sera pas chose aisée. Il devra bousculer la hiérarchie au poste 1 pendant la préparation, lui qui part sûrement avec une petite longueur de retard sur le duo Thomas Heurtel - Antoine Diot. Et si Vincent Collet avait l'habitude d'emmener trois meneurs lors de ses campagnes, le sélectionneur pourrait revoir ses principes cet été face à l'impressionnante densité sur le poste 2 (Nando De Colo, Evan Fournier, Fabien Causeur, Edwin Jackson, Rodrigue Beaubois...). Et ainsi devoir sacrifier un meneur. Mais Westermann ne le sait que trop bien. De toute façon, il le dit lui-même : il a des choses à prouver, sans pour autant se mettre cette pression excessive qui lui avait joué des tours en 2013, lors de sa seule préparation jusque-là avec les Bleus. Alors rendez-vous en août.

Léo, j'imagine, qu'après ta saison réussie en Lituanie, tu t'attendais à te retrouver dans la présélection de Vincent Collet pour le prochain championnat d'Europe ?

Oui, je le pensais bien, du moins je l'espérais. Maintenant, j'ai aussi toutes mes chances pour participer à l'Euro.

Dans quel état d'esprit vas-tu aborder la préparation ?

Quand je suis venu pour faire la préparation en 2013, j'ai été vraiment très déçu de quitter l'équipe de France car je pense ne pas avoir montré tout ce que je savais faire. Cela fut extrêmement difficile, d'autant plus qu'ils ont été champions d'Europe derrière. Donc cette année, je vais tout relâcher. Si je vais à l'Euro, c'est très bien. Et si je n'y vais pas, j'ai un gros objectif avec le CSKA Moscou. Mais bien sûr, je vais tout faire pour y être. L'équipe de France a toujours été un objectif majeur. Je ne me mets pas plus de pression que ça, je vais montrer ce que je sais faire et essayer de gagner ma place, pas comme en 2015 où il y a eu une cascade de forfaits. Là, je veux gagner ma place sur le terrain et que le coach décide vraiment, en première instance, que c'est moi qu'il veut.

Mais encore une fois, et ce même avec la retraite internationale de Tony Parker, cela sera très difficile. Si l'on regarde le groupe France actuel, on se rend compte qu'il y a une énorme densité au poste 2 qui pourrait desservir les meneurs et pousser Vincent Collet à n'en emmener que deux ?

Exactement ! Après, cette année, j'ai plus joué sur le poste 2, qui peut aussi se décaler à la mène. Mais Nando (De Colo) Fabien (Causeur), Antoine (Diot) peuvent le faire aussi... Il y a une ribambelle de players. C'est un choix de riche pour le sélectionneur. On est fournis à ce poste-là et on ne va pas s'en plaindre. On a vu l'intersaison : Fabien qui va au Real Madrid, Thomas (Heurtel) à Barcelone, moi au CSKA... Cela témoigne de la bonne forme du basket français, non seulement en NBA mais aussi beaucoup en EuroLeague. C'est bien pour l'équipe de France.

« Comme d'habitude, l'Espagne sera l'équipe à battre »

Tu as recommencé à t'entraîner déjà ?

Oui, je suis parti un peu en vacances puis j'ai repris dimanche (le 9 juillet, ndlr).

Pour l'équipe de France, même si la génération Parker est partie et même avec le nombre important de forfaits, l'objectif reste le même à l'Euro ? Vous y allez pour une médaille ?

Bien sûr, oui. Après, c'est un peu difficile pour moi de parler d'objectif car mon premier but est de faire partie des 12 et on verra ensuite. Pour cela, il faudrait en parler à Babac ou à des mecs qui sont là depuis cinq ou six ans, sûrs de faire partie de l'équipe. Déjà, je vais me concentrer sur le fait de montrer ce que je sais faire pour pouvoir aller à l'Euro et ensuite, on pourra en parler plus sérieusement.

En revanche, toi qui connais le basket européen, qui vois-tu comme favori à l'EuroBasket ?

Comme d'habitude, l'Espagne sera l'équipe à battre, surtout qu'ils vont encore venir avec les frères Gasol. La Serbie, même sans Nikola Jokic, sera aussi très forte. Toutes les équipes ont leur chance mais je pense que comme à l'accoutumée, on retrouvera en haut l'Espagne, la Serbie, la France, la Lituanie et la Grèce.

Pour toi qui es concerné à la fois par l'EuroLeague et par l'équipe de France, qu'est ce que tu penses de la guéguerre entre l'EuroLeague et la FIBA ? Cela implique, par exemple, que tu ne pourras pas disputer les matchs de qualification pour le Mondial 2019, prévus au cœur de la saison prochaine.

C'est dommage, pour la Fédération et l'équipe de France car maintenant, il y a beaucoup de joueurs français qui sont dans les meilleurs clubs d'EuroLeague. Franchement, je ne sais pas... C'est difficile de se positionner là-dessus, de savoir qui a tort ou qui a raison. Je trouve juste dommage que l'équipe de France ne puisse pas jouer avec ses meilleurs joueurs. C'est tout ce que je peux dire à ce sujet.

« Dule Vujosevic n'a pas bénéficié de tous les moyens que le CSP pouvait lui offrir »

Comment as-tu réagi à l'annonce de la signature de ton ami Joffrey Lauvergne avec les San Antonio Spurs ?

Je suis très content pour lui, il va évoluer dans un style qui lui correspond. Il va être avec un grand coach, des grands joueurs, de bons gars. Je pense que c'est la meilleure situation pour lui pour bien jouer au basket. La meilleure, et de loin. Tony va l'aider, Popovich aussi. Le système des Spurs ne peut qu'être bénéfique pour lui.

En plus, Gregg Popovich, cela pourra lui rappeler Dusko Vujosevic et le Partizan un peu...

C'est ça, plus ou moins, oui. Popovich, c'est le meilleur coach du monde des dix - quinze dernières années. Il y a un respect énorme, c'est un peu le Zeljko Obradovic de la NBA. Je pense que ça lui rappelera au bon souvenir de Dule (il rit).

D'ailleurs, comment expliques-tu l'échec de Dusko Vujosevic à Limoges ?

Alors là, il y a énormément de facteurs. Déjà, le style de basket de la Pro A ne lui correspond pas. Ensuite, je ne pense pas qu'il a disposé de toutes les possibilités que le club et le président pouvaient lui fournir. Aussi, Dule est affaibli par une maladie, ça le rend plus faible entre guillemets, c'est moins évident pour lui de coacher. Il y a aussi la barrière de la langue, évidemment, qui est compliquée en France. Il y a beaucoup de raisons qui font que... Mais bon, c'est le basket, c'est comme ça. Cela ressemble un peu à ma situation : je n'ai pas changé d'un an à l'autre, je suis toujours le même joueur. L'année dernière, personne ne me voulait et cet été, j'ai eu une plénitude d'offres. C'est juste qu'à Kaunas, j'étais dans un bon système, comme chaque coach doit l'être s'il veut performer. C'est pareil pour tout le monde : d'une année à l'autre, tout peut changer.

 
Retrouvez la première partie de l'interview de Léo Westermann : "Rejoindre le CSKA Moscou, c'est quelque chose d'énorme".


Orléans, 7 juillet 2012 : à 19 ans, Léo Westermann effectue ses premiers pas avec les Bleus
(photo : Sébastien Léger)

16 juillet 2017 à 09:52
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