ÉQUIPE DE FRANCE
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QUELLE ÉQUIPE DE FRANCE EN 2017 ?

Evan Fournier France
Crédit photo : Sébastien Grasset

L'équipe de France masculine vient de terminer un cycle. Quel visage aura-t-elle dans un an ?

La défaite contre l'équipe nationale espagnole mercredi en quart de finale du tournoi olympique masculin a marqué la fin d'une époque pour l'équipe de France. Tony Parker, Florent Piétrus et Mickaël Gelabale, plus que bien installés chez les Bleus depuis plus de dix ans, ont joué leur dernier match international.

Si la question du sélectionneur - Vincent Collet est en fin de contrat mais il reste la priorité de la Fédération française de basketball (FFBB) - est à l'étude, celle des joueurs l'est également.

A quoi ressemblera l'équipe de France masculine lors de l'EuroBasket 2017 ?

Boris Diaw essentiel pour assurer la transition

Outre les trois néo-retraités, un joueur trentenaire a déclaré qu'il comptait encore porter le maillot bleu. Il s'agit du capitaine Boris Diaw. Véritable âme de l'équipe, il n'a manqué qu'une campagne internationale depuis 2003 : lorsqu'il n'a pas pu jouer en 2008 à cause d'une histoire d'assurance. Leader de vestiaire, encore le meilleur joueur français sur le poste 4, il semble essentiel qu'il soit toujours là pour assurer la transition.

Derrière, l'équipe de France ne devrait pas être complètement renouvelée, loin de là. En fait, sans Tony Parker, les Bleus ont déjà réussi à être compétitifs. Ils l'ont montré en décrochant le bronze lors de la Coupe du monde 2014. Une compétition manquée par Nando De Colo.

Nicolas Batum peut-il cesser de décevoir ?

L'an prochain, le MVP de la saison 2015/16 d'Euroleague aura 30 ans et sera toujours dans la force de l'âge. Il partagera les postes extérieurs avec Nicolas Batum.

Ce dernier, présent en équipe de France depuis 2009, aura certainement le rôle qu'il quémande. Moins de jeu sans ballon mais plus de création balle en main. Depuis trois ans, le Normand nous a habitué à nous décevoir. Mais à chaque fois, il a su sortir le grand jeu pour nous rappeler à quel point il peut être bon. En témoigne sa finale en 2013 contre la Lituanie ou encore ses deux derniers matchs du Mondial 2014. Capable de fulgurance, il devra prouver qu'à 28 ans (à l'été 2017), il peut être régulier et tout simplement l'un des meilleurs joueurs d'Europe.

La génération 88/89 plus responsabilisée

Avec lui, c'est toute la génération 88/89 qui prendra les commandes. Habitués aux rôles plus mineurs pour entourer les 81/82, les champions d'Europe U16 et U18 auront cette fois de grandes responsabilités. C'est ainsi qu'Edwin Jackson, Antoine Diot, Kim Tillie, Adrien Moerman, dans la force de l'âge, devront assumer plus encore. A cette génération s'ajoute Thomas Heurtel, dont les performances de titulaire ont parfois fait dire que les Bleus étaient devenus meilleurs avec lui qu'avec Tony Parker. Enfin, le gros inconnu de la génération 88, c'est Rodrigue Beaubois. Ce dernier n'a jamais porté le maillot Bleu en sénior. S'il confirme à Vitoria en Euroleague, cela devra être corrigé. Autre joueur qui reste une énigme à ce niveau : Fabien Causeur. En 2017, il aura 30 ans. Vu avec les Bleus en 2010 puis en 2012, le Breton possède une solide expérience du jeu européen mais son profil est peut-être trop proche de Nando De Colo qui reste un niveau au-dessus. En troisième arrière (derrière De Colo et Fournier), le sélectionneur aura peut-être plus tendance à choisir un 2 capable d'évoluer à la mène et surtout de prendre feu à l'image de Beaubois ou Jackson.

Evan Fournier enfin lâché

Facteur X des Bleus sur les campagnes de 2014 et 2015, Evan Fournier a souvent mal vécu ses expériences en équipe de France sénior. Habitué à jouer les premiers rôles depuis le début de sa carrière professionnelle, le Francilien n'a pas été à son aise dans un rôle de quatrième extérieur. Avec la retraite de Mickaël Gelabale, il devrait devenir le sixième homme du groupe. En sortie de banc mais avec un rôle extrêmement important, cet attaquant né risque d'être redoutable. Capable d'évoluer en 2 aux côtés de Nicolas Batum ou Charles Kahudi et en 3 avec Nando De Colo, il présente de nombreux atouts. A 25 ans et après déjà huit ans de carrière professionnelle, il sera temps pour lui de s'imposer en Bleu.

Au poste 3, Charles Kahudi reste un joueur intéressant dans un groupe de douze, autant sur le plan humain que grâce à son impact physique et ses capacités défensives reconnues. Avec trois arrières scoreurs (De Colo, Fournier et Jackson ou Beaubois) et un Nicolas Batum qui tant à faire plus en attaque, il semble essentiel.

Reste à voir si les jeunes Damien Inglis et Timothé Luwawu-Cabarrot peuvent percer au point d'êtres sélectionnés en équipe de France. Le premier connaît un début de carrière chaotique. Timothé Luwawu-Cabarrot est quant à lui quasiment inconnu à ce niveau puisqu'il a joué en Ligue adriatique sur la saison dernière. Sa saison NBA nous en dira plus.

Moerman aura une vraie chance

La retraite de Florent Piétrus laisse enfin de la place au poste 4 pour Adrien Moerman. Encore tendre sur le Tournoi de qualification olympique (TQO) où il a peu joué, le MVP de la saison 2014/15 de Pro A devra prouver qu'il peut s'exprimer à ce niveau. Sa saison en Euroleague avec le Darussafaka Dogus Istanbul devrait l'aider à franchir ce cap. Surtout, Boris Diaw n'est pas éternel. Et s'il va réellement démarrer sa carrière internationale à 29 ans, le triple champion de France devra vite prouver qu'il peut devenir le poste 4 numéro 1 des Bleus.

Car derrière, c'est bien plus flou. Mais le potentiel est là. Joueur dominateur de la génération 1993, Livio Jean-Charles n'a jamais réussi à se rapprocher du niveau international sénior. Mais ses capacités sont bien là et sa première saison NBA pourrait le montrer. En plus long, Petr Cornelie a un profil très intéressant. Mais il est encore loin de ce niveau. Enfin, le très actif Guerschon Yabusele plaît partout où il passe. Mais le choix sportif d'évoluer en Chine ne joue pas en sa faveur.

A moins que les 4/5 Kim Tillie et Joffrey Lauvergne, sélectionnés en tant que pivot en équipe de France, ne descendent d'une position. Le premier aura déjà 29 ans l'an prochain. Le deuxième, moins mobile et meilleur dos au panier, est peut-être moins à l'aise en 4. Surtout, il peut être sélectionné en 4 s'il n'y a assez de pivots. Ce qui est loin d'être le cas chaque été.

Aura-t-on enfin un jour tous nos choix disponibles au poste 5 ?

Jusqu'à la fin des années 2000, le vrai casse tête du basketball français était de détenir de vrais postes 5 de qualité, grands, intimidateurs et en avoir plusieurs. Depuis, il en sort chaque année. Mais jamais la France n'a jamais réussi à les aligner ensemble, hormis peut-être en 2011 (Noah, Traoré et Séraphin) où les Bleus ont réalisé une campagne exceptionnelle.

En 2012, Joakim Noah a grandement manqué contre l'Espagne en quart de finale où l'on était bien plus proche de passer qu'en 2016. En 2015, il en a manqué un troisième contre Pau Gasol. Sur les deux dernières campagnes, Mouhammadou Jaiteh et Kim Tillie n'ont ainsi que très peu goûté à la compétition sur les matchs serrés. Parviendra-t-on un jour à avoir trois postes 5 capables de compter sur les matchs couperets ? Nous n'en perdons pas espoir, car nous ne manquons plus de postes 5.

Depuis qu'il s'est révélé lors de la Coupe du Monde 2014, Rudy Gobert nous a promis de grandes choses. Mais si son impact défensif reste certain (il pourrait néanmoins être le meilleur défenseur à son poste au monde), ses progrès de l'autre côté du parquet se font attendre. Et l'équipe de France manque cruellement d'un finisseur dans la peinture.

Quel poste 5 avec un profil offensif ?

Ce rôle était dévolu à Alexis Ajinça. Mais depuis un Euro 2013 aussi surprenant que prometteur, le Stéphanois a manqué tous ses rendez-vous en équipe de France. Dommage quand on sait que sa carrière en club ne décolle pas et qu'il pourrait vivre grâce aux Bleus de vraies émotions sportives, lui qui végète sur le banc d'une franchise NBA rarement invitée en playoffs. Reste à savoir si le divorce n'est pas prononcé par l'équipe de France.

Kévin Séraphin présente aussi un profil offensif. Plus petit mais plus puissant et très agressif, il semble être une alternative intéressante sur le banc français derrière des pivots plus longilignes. Mais comme Ajinça, il passe beaucoup de temps sur les bancs NBA en saison et ses choix vis à vis de l'équipe de France l'ont écarté de celle-ci. S'il venait à rejoindre le FC Barcelone et retrouver un rôle intéressant en Euroleague, il pourrait néanmoins revenir au sein du groupe France avec enthousiasme. On se souvient de son brillant Euro 2011 suivi d'une pige de qualité à Vitoria ainsi que de son meilleur exercice NBA. Sans oublier qu'à l'été 2017, le Guyanais n'aura que 27 ans. Mais d'ici là, il doit faire (enfin) les bons choix.

Comme ces deux derniers, Ian Mahinmi n'a pas la carrière internationale aussi importante que prévue. Lui possède un profil plus défensif. Doté d'un état d'esprit irréprochable, il sort de sa meilleure saison NBA. Imaginez la densité physique des Bleus avec lui, Gobert, un Séraphin performant (comme il en est capable) au poste 5 et Lauvergne en 4 ? Reste à savoir désormais si le Normand va confirmer du côté de Washington D.C.

Derrière, Mouhammadou Jaiteh, présent à l'EuroBasket 2015, reste un choix d'avenir. Mais il doit prouver qu'il peut peser à ce niveau et doit donc réellement progresser. Plus loin, le très long Moustapha Fall (25 ans en 2017) reste un joueur d'avenir mais n'a encore rien montré hors des frontières françaises.

Une équipe de France qui joue toujours la médaille

Si c'est la fin d'un cycle en équipe de France, celle-ci reste des plus compétitive. Nando De Colo, Nicolas Batum et Thomas Heurtel sont en plein "prime", Evan Fournier et Rudy Gobert arrivent à maturité. En 2017, hormis Boris Diaw, les plus vieux auront 30 ans. Et la génération 91/92 (Lauvergne, Fournier, Gobert) aura encore de belles années devant elle.

Les Bleus risquent ainsi d'être compétitifs (au point de jouer la médaille) pour les cinq années à venir. Le temps que les autres générations de qualité (1998 surtout) s'installent au plus haut niveau.

La liste des joueurs sélectionnables pour l'EuroBasket 2017 :

Meneurs : Thomas Heurtel, Antoine Diot, Léo Westermann, Benjamin Sene et Andrew Albicy

Arrières : Nando De Colo, Evan Fournier, Rodrigue Beaubois, Edwin Jackson, Fabien Causeur, Yakuba Ouattara, Pape Sy et Paul Lacombe

Ailiers : Nicolas Batum, Charles Kahudi, Timothé Luwawu-Cabarrot, Damien Inglis, Nobel Boungou-colo, Jérémy Leloup et Hugo Invernizzi

Ailier-forts : Boris Diaw, Adrien Moerman, Livio Jean-Charles, Petr Cornelie, Guerschon Yabusele, Louis Labeyrie et Wilfried Yeguete

Pivots : Rudy Gobert, Joffrey Lauvergne, Alexis Ajinça, Ian Mahinmi, Kévin Séraphin, Kim Tillie, Mouhamadou Jaiteh, Moustapha Fall, Vincent Poirier, Ali Traoré et Bangaly Fofana

Et après ?

Nous avons dressé ci-dessus la liste des joueurs sélectionnables en 2017. Mais derrière, des joueurs qui n'ont pas encore éclos au plus haut niveau pourront venir s'y ajouter. Problème, entre la génération 92 et 98, seuls les 96 ont eu une médaille en compétition jeune (à l'EuroBasket U16 2012, mais ils n'ont pas confirmé depuis).

De la génération 93, Livio Jean-Charles et Hugo Invernizzi sont devenus des joueurs confirmés de Pro A. Pas plus pour le moment. Chez les 94, Jaiteh a vite explosé mais tarde à franchir de nouveaux caps. Benjamin Sene et Boris Dallo ont eux une belle marge de progression. En 95, c'est plus prometteur. Luwawu-Cabarrot semble énorme et Bouteille a aussi un gros potentiel, sans oublier Yabusele et Cornelie. Les 96 sont bien plus discrets, hormis Isaïa Cordinier. Chez les 97, c'est intéressant (Jeanne, Gombauld, Noua, Loubaki). Enfin en 98, Ntilikina, Tchouaffé, Tillie, Ona Embo... ils nous font saliver mais ont encore tout à prouver, comme Jaylen Hoard, Yves Pons, Ivan Février et Olivier Sarr chez les 99.

21 aout 2016 à 15:51
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