ESPOIRS


MALCOLM CAZALON, L'ANIMAL QUE L'ASVEL VEUT DOMPTER

Malcolm Cazalon ASVEL
Crédit photo : ASVEL

L'ASVEL mise gros sur Malcolm Cazalon, un arrière gaucher qui joue déjà en Espoirs à 15 ans. 

La Tony Parker Academy Adéquat n'est pas encore en place mais l'ASVEL est de plus en plus active sur le "marché" des prospects français. Outre les conventions signées avec Sofiane Briki, arrière né en 1999, et Théo Malédon, le leader de la génération 2001, le club rhodanien a réussi à faire venir dans ses rangs un des joueurs à suivre du basketball français : Malcolm Cazalon.

Cazalon, ce nom vous dit certainement quelque chose. Champion de France 2007 avec la Chorale, Laurent Cazalon est le père de ce jeune arrière scoreur. Avant de rejoindre la maison verte, Malcolm a d'ailleurs fait toutes ses gammes dans la Loire au sein du club double champion de France (1959 et 2007).

Déjà 22 points sur un match Espoirs

Mais cet été, il a du faire face au premier grand choix de sa "carrière". Champion de France Inter-Ligues avec la Ligue du Lyonnais, Cazalon a réussi ses tests d'entrée pour le Pôle France à l'INSEP. De l'aveu même de son entraîneur actuel, Anthony Brossard, l'institution du bois de Vincennes avait les faveurs de son nouveau poulain. Mais finalement, Cazalon a fait le choix de rejoindre l'ASVEL. Pourquoi ? "Déjà, sa mère n'était pas très motivée à l'idée de le voir s'éloigner de la région", confesse Anthony Brossard, coach des Espoirs de l'ASVEL. "Notre projet l'a également intéressé". Celui-ci plainifiait son intégration rapide à l'effectif Espoirs (U21), lui qui n'est encore qu'un U16, dans un premier temps à l'entraînement puis en compétition. "En deuxième année (U17), il pourra s'entraîner avec les professionnels. Enfin, en U18, il jouera avec eux."

Un modèle qui a fonctionné récemment pour Amine Noua à l'ASVEL ou, pour Elie Okobo, un arrière gaucher scoreur comme Malcolm Cazalon, du côté de l'Elan Béarnais. Ce dernier, passé plutôt inaperçu dans le système pyramidal des sélections fédérales, a d'abord joué en Nationale 1 en U17 avec Bordeaux avant d'évoluer en Espoirs en U18 puis avec les professionnels dès les U19. Avec le résultat actuel que l'on connaît par rapport à d'autres joueurs de sa classe d'âge vus au Centre Fédéral jusqu'en U18.

"Surtout, ici, il est au coeur du projet. Sur son poste, on lui a garanti qu'on lui ferait de la place". Dès le tournoi de Villeret, un tournoi Espoirs de pré-saison, Cazalon a montré qu'il avait le niveau pour jouer dans cette catégorie. Début novembre, il a intégré le cinq majeur dans un match contre Nanterre. En 28 minutes, dans un match qui a connu une issue rocambolesque, il a marqué 22 points, terminant meilleur marqueur de son équipe à seulement 15 ans. Depuis, il n'a cependant pas réalisé d'autres sorties de gros calibres et a finalement été arrêté après le déplacement à Toulon, match comptant pour la 15e journée. Encore en pleine croissance (il mesure 1,95 m et devrait s'approcher à l'âge adulte des 2,00 m avec une envergure de 2,10 m), il souffre des genoux et ne peut plus fléchir. C'est ceci qui l'a empêché de prendre part au stage de Temple-sur-Lot avec l'équipe de France U16 et l'a obligé de décliner une invitation au Jordan Brand Classic.

Un programme très individualisé pour un travailleur forcené

"Il est déjà très athlétique, comme son père (ex-membre de la Slam Nation notamment, NDLR), souligne Anthony Brossard, mais son corps n'est pas du tout apte pour le haut niveau." Sa masse musculaire reste encore faible au niveau des ischios-jambiers et des quadriceps et ses genoux trop rentrés. "On travaille beaucoup sur ça mais ça va prendre du temps." L'avantage, c'est que Malcolm Cazalon ne rechigne pas devant le travail. "Il peut passer 8 heures à la salle, avoue son coach. Il ne manquera jamais un rendez-vous médical, chez le kiné... A son âge, il n'y en a pas beaucoup qui sont comme lui." Il faut dire que l'ASVEL a misé gros sur lui et le fait suivre par tout un tas d'expert. "Il a un accompagnement individualisé dans tout : le scolaire, le mental et le physique." De mémoire d'hommes, seul le local Amine Noua et Arthur Rozenfeld ont connu un pareil investissement de la part du centre de formation villeurbannais, toujours lié à l'association et disposant d'un budget conséquent (environ 800 000 euros).

Cette force de travail, Cazalon la doit à ses ambitions. Ou plutôt, ce jeune homme bon vivant et décrit comme "très mature" par son entraîneur, a conscience de la charge de travail pour atteindre ses objectifs très élevés. "Tout ce qui peut lui permettre d'être plus fort, il le fera." Avec la chance d'être entouré par une famille connaissant le haut niveau, comme son père Laurent Cazalon en tête - dont Jean-Denys Choulet disait à l'époque qu'il était le homme le plus intelligent qu'il ait coaché -, mais aussi comme beau-père Stéphane Dondon, un ancien professionnel, et comme grand frère Marvin Sarkis (Châteauroux, NM2).

Un scoreur avant tout

Sur le terrain, le jeune Malcolm est la définition même du scoreur. "C'est notre meilleur shooteur en Espoirs", reconnaît Anthony Brossard. "Je me rappelle d'Edwin Jackson qui disait : ''je suis un scoreur et les tirs à 3-points valent 3-points.'' Mais il est autant attiré par le drive que le tir extérieur. Il veut mettre des paniers. Il a un instinct au-dessus de la moyenne, il sent les choses, il est animal, avec le mauvais côté. Des fois ça manque un peu de discipline." Car vous croiserez quelques observateurs qui ne se priveront pas de critiquer le joueur, capable de réaliser des sorties à plus de 50 points en championnat de France jeunes avec un excès d'individualisme. "Il faut qu'il arrive à être discipliné dans le jeu tout en gardant sa force première, c'est à dire ce côté instinctif. C'est un animal qui a un peu besoin d'être domestiqué. Mais on ne veut surtout pas en faire un joueur robot !"

Son absence, depuis le mois de décembre, est non négligeable dans les résultats plus difficiles de l'ASVEL en Espoirs des dernières semaines (2 victoires sur les 11 dernières journées). "C'est le joueur le plus adroit de l'équipe et on commençait à construire autour de lui", explique Anthony Brossard dont l'équipe a encore été battue samedi par l'Elan Chalon (53-55).

Mais Cazalon et l'ASVEL entrevoient enfin le bout du tunnel. D'ici la fin mars, l'ancien pensionnaire du Pôle Espoirs du Lyonnais (qu'il a intégré avec un an d'avance) et du centre de formation de la Chorale de Roanne (intégré également avec un an d'avance) devrait reprendre la compétition. "L'objectif qu'on s'est fixé avec lui, c'est d'être présent au tournoi de Bellegarde avec l'équipe de France le 10 avril." Un projet individualisé donc. "On ne le fera pas reprendre plus tôt pour qu'on (les Espoirs de l'ASVEL) gagne des matchs et qu'on se qualifie pour le Trophée du Futur."

Ce contre-temps ne semble pas problématique dans son parcours. Non Malcolm Cazalon n'a pas encore prouvé grand chose en compétition de haut niveau. Non, cette fin de saison ne lui permettra sans doute pas encore de le faire, même si l'objectif de l'équipe de France U16 est élevée cet été s'il est sélectionné. Mais s'il arrive à ne plus être gêné par ses genoux, la saison prochaine risque d'être intéressante. Déjà parce qu'il sera au lycée, lui qui a un an de retard dans son parcours scolaire, et que son emploi du temps sera plus facilement adaptable. Ensuite parce qu'il ne sera plus novice au niveau Espoirs et bénéficiera du rythme de compétition depuis plusieurs mois. "On a pris le pari de perdre du temps pour en gagner après", conclut Anthony Brossard, sûr de la capacité de son joueur à un jour revêtir le maillot professionnel de l'ASVEL.

Un pari pas vraiment risqué. 

14 mars 2017 à 09:30
TAG
DID YOU LIKE IT ?
0 PARTAGE
Facebook share
0 COMMENTAIRE
QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
GABRIEL PANTEL-JOUVE
Tout ça pour mettre une balle dans un cercle.
Gabriel Pantel-jouve
VOUS EN PENSEZ QUOI ?
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
TOUTE L'ACTU
<
1
/
5
>
pro a
-
pro b
-
lfb
-
nm1
Résultats
Classement
13ème journée
15 décembre
Hyères-Toulon
20h30
Dijon
Le Portel
75
-
80
Strasbourg
16 décembre
Monaco
84
-
76
Antibes
Cholet
77
-
74
Gravelines-Dunkerque
Limoges
74
-
70
Le Mans
Nanterre
93
-
82
Chalon-sur-Saône
Levallois Metropolitans
94
-
84
Châlons-Reims
17 décembre
Lyon-Villeurbanne
83
-
87
Bourg-en-Bresse
18 décembre
Boulazac
20h45
Pau-Lacq-Orthez
Autres journées
PROGRAMME TV
18 décembre - 00h10
Brooklyn Nets
Indiana Pacers
18 décembre - 02h45
Real Madrid
Barcelone
18 décembre - 05h30
Real Madrid
Barcelone
18 décembre - 09h30
Brooklyn Nets
Indiana Pacers
18 décembre - 11h00
Toronto Raptors
Sacramento Kings