ESPOIRS
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MAXIME ABAH, INTERNATIONAL FRANÇAIS, ESPOIR STRASBOURGEOIS ET ÉTUDIANT EN MÉDECINE

Maxime Abah SIG Strasbourg
Crédit photo : GPJ

Habitué des équipes de France jeunes, Espoir à la SIG Strasbourg, Maxime Abah est également étudiant en médecine. Découverte.

Il y a des jeunes comme ça à qui tout réussit. Maxime Abah est de cette veine là. Depuis ses débuts en deuxième année poussin à Valentigney dans la banlieue de Montbéliard, le Franc-Comtois a gravi la pyramide fédérale sans faire de bruit, passant par les sélections locales (départementales puis régionales), le Pôle Espoirs de Besançon avant d'intégrer le centre de formation de Strasbourg en 2014. Sans toutefois que ça ne l'empêche de réussir sa scolarité. En témoigne son 18,13 de moyenne au baccalauréat 2017.

S'il était encore U18 jusqu'à la saison passée, Maxime Abah jouait déjà en Espoirs. Fort logiquement très peu en U16, en 2014/15 (2 matchs), mais déjà beaucoup plus en U17 (22 matchs) et enfin tel un cadre en U18 (25 minutes en moyenne sur 31 matchs) la saison passée.

Trois entraînements par semaine

Désormais Espoirs à 100%, ce poste 3 réputé pour ses qualités défensives ne peut se consacrer à fond à son passage chez les professionnels de la balle orange. Car il vit actuellement sa PACES, la Première année commune aux études de santé, afin de devenir médecin plus tard.

"On a cours que le matin. L'après-midi je travaille. On s'est mis d'accord avec la SIG pour que je fasse trois entraînements par semaine plus le match. Après, c'est en fonction de mon emploi du temps. Si j'ai beaucoup de travail ou pas, je m'adapte. On est quand même sur un bon accord entre nous, on arrive à gérer ensemble."

"On a accepté de l'accompagner dans cet objectif là, commente le directeur du centre de formation de la SIG Olivier Weissler. A l'issue de cette première année, on fera un topo. Le plus dur est son adaptation à lui."

S'il réussit cette première année, ce cadre de la génération 1999 française pourrait pouvoir reprendre un rythme d'entraînement plus "normal" pour un Espoirs à partir de la saison prochaine.

"Pour l'instant, il faut que je réussisse ma première année. C'est ça le plus dur. Après il y a encore autant de travail mais il n'y a pas de concours à la fin de l'année. Il y a moins de pression, du coup cela me permettrait d'avoir plus d'entraînements parce que je ne serai pas obligé d'être à fond pour réussir le concours."

Entre basket et études, Abah met les choses sur un même pied d'égalité.

"Il n'y a pas de priorité parce que si j'avais une priorité, je n'aurais pas fait d'études ou quitter le centre de formation pour aller jouer dans un club à moins bon niveau pour avoir moins d'entraînements et moins d'intensité. Je ne me voyais pas arrêter ni les études ni le basket directement comme ça. J'ai besoin de faire du basket mais après je me dis qu'on n'est jamais sûr de ce qui peut se passer donc je préfère quand même faire des études pour être sûr d'avoir quelque chose."

Et si Strasbourg savait depuis un moment que son jeune ailier se dirigeait dans cette voie là, la SIG ne l'a pas lâché, bien au contraire.

"Il nous l'avait annoncé après sa première année (au centre). Son choix était déjà très orienté", relate Olivier Weissler.

Trois étés de suite en équipe de France

La SIG est d'ailleurs allée le chercher dans un Pôle Espoirs méconnu alors que personne ne l'avait repéré.

"On n'a jamais attendu Maxime Abah nulle part. C'était loin d'être un potentiel, se souvient l'ancien joueur du Mans. Il n'y a pas un centre de formation qui le voulait à la sortie du CIZ (Comité Inter-Zones) quand il avait 15 ans. On est allé un peu plu loin dans notre évaluation. On a eu des échos sur la personne. Et quand on l'a découvert chez nous, le fait qu'il soit très posé, qu'il ait des qualités physiques/athlétiques hors normes, on s'est dit que quoi qu'il arrive un garçon comme lui ne pouvait être que positif pour un centre de formation. Sans y détecter une potentialité énorme pour le haut niveau, parce qu'il y a toujours ses lacunes techniques, on ne savait pas comment son gabarit aller évoluer sur le plan athlétique. Il avait des habilités physiques. Ce qu'on avait détecté chez lui, on savait que c'était quelqu'un de très réceptif. On était certain de ce qu'on avait sur une base."

Et les techniciens alsaciens ne se sont pas trompés au vue de ses résultats individuels et collectifs. En 2015, la SIG a ainsi remporté la Coupe de France U17. Puis, dans la foulée, Maxime Abah a été sélectionné en équipe de France U16 où il a assuré un rôle important.

"Après un an au centre de formation, être appelé en équipe de France U16 avec une efficacité en plus, c'est le fruit de son travail en première année. Maxime a rempli son rôle de soldat."

Pour une génération 99 qui a souvent du faire avec des absents, Maxime Abah a pris une place importante. Très dur, capable de stopper des postes 2, 3 et 4, opportuniste de l'autre côté du terrain, il est ainsi revenu avec les U17 pour le Mondial à Saragosse (sixième) et pour l'Euro U18 en Slovaquie cet été (sixième).

Cette saison, en tant que U19 en U21, il est encore impactant chez un gros du championnat malgré son manque d'entraînement. A l'image de sa sortie dans le choc contre l'ASVEL dimanche dernier (12 points à 5/10 aux tirs et 5 rebonds pour 12 d'évaluation en 27 minutes).

"C'est un garçon sobre et efficace, détaille Olivier Weissler. Il a toujours été comme ça. Il n'a pas spécialement besoin d'avoir beaucoup d'entraînement pour avoir de l'efficacité. Il a un sens tactique aigu. Il a une adaptabilité à l'environnement. Il comprend les choses très rapidement, savoir ce qu'il a le droit de faire et de ne pas faire. Sur un match il est forcément optimisant à plusieurs niveaux, que se soit en attaque ou en défense. Avec Maxime, on sait ce qu'on a. On ne lance pas de pièce en l'air. Il a la juste intelligence d'utiliser ses qualités."

Dans son évoluation en revanche, ce manque d'entraînement est problématique pour qu'il puisse un jour intégrer un effectif LNB.

"La problématique de Maxime, c'est son développement technique où ce n'est pas là qu'il est le meilleur. On sait très bien que la technique, ça se travaille quand on est petit mais ça se peaufine durant des heures. C'est un objectif de travail qui n'est pas réalisable cette année."

Basket à un bon niveau national et médecin, tel pourrait être l'avenir de Maxime Abah.

"Ceux qui ont fait des BTS, IUT, des grandes écoles de commerce ou Math spé', derrière ils ont joué à un niveau fédéral, avoue Olivier Weissler. C'est un peu logique. Si Maxime continue (en médecine), l'imaginer sur un entraînement pro dans les années à venir paraît impossible ne serait-ce qu'au niveau de l'emploi du temps. Mais il ne faut pas en faire trop. On est sur le début d'une première année."

Le futur Ben Owona ?

Gardant le sourire, même lors de ce lundi passé à Nanterre où il n'a pas pu assister à ses cours (en raison d'un match décalé), Maxime Abah avoue que son rythme de vie n'est pas toujours évident. Malgré le soutien de ses coéquipiers, dont très peu font des études supérieures (seulement un en STAPS).

"Les gars sont vraiment supers sympas avec moi. Ils savent que j'ai beaucoup de travail, que je fais ce que je peux et que je donne le maximum. Du coup, ils sont vraiment cool là-dessus. Personnellement, c'est quand même dur. Je trouve que je manque de rythme par rapport aux autres en m'entraînant trois fois par semaine. D'être un peu en dessous parfois, c'est dur à vivre quand même. Après ça fait partie des choix que j'ai fait, il faut que je m'accroche."

Plus tard, Maxime Abah s'imagine comme Ben Owona, ce médecin qui jouait parallèlement aux JSA Bordeaux au niveau professionnel (voir le documentaire à son sujet de Nicolas De Virieu en cliquant ici).

"Il y a plusieurs personnes qui m'ont dit que c'était possible, même si beaucoup me disent le contraire. Pourquoi n'arriverai-je pas à le faire ? C'est ce que je voulais faire, ce qui me plait. Je vais réussir à tout prix, dans les deux domaines. Mon objectif est d'aller le plus loin possible dans le basket et la médecine. Et voir ce qui se passe. C'est long les études de médecine et on ne sait jamais ce qu'il peut se passer dans une carrière de basketteur."

Et ne lui parlez pas de la trêve hivernale pour se reposer. Car celle-ci sera pour lui le moment de se plonger encore plus longuement dans ses bouquins de médecine. Avant de vivre la première étape de son concours puis une deuxième partie de saison très riche avec la SIG.

"Son parcours est très atypique mais très réaliste aussi par rapport aux capacités qu'il a et à l'objectif qu'il s'est donné. Notre rôle est de l'accompagner dans ce projet là. Pour l'instant, il se focalise sur cette année et après on verra."

Une année qui restera unique dans sa vie, quelque soit la façon dont elle se termine.

24 novembre 2017 à 10:15
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