ESPOIRS
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OLIVIER CORTALE, L'AUTRE PROJET DE LA SIG

Olivier Cortale Strasbourg
Crédit photo : Sébastien Grasset

Dominant en Espoirs, Olivier Cortale travaille désormais pour pouvoir dès l’année prochaine faire parti à part entière de l’effectif de la SIG Strasbourg. Entretien.

Par Théo Quintard

MVP de la 24e journée en Espoirs, Olivier Cortale (2,07 m, 20 ans) explose en championnat Espoirs cette saison. Même si les résultats collectifs ne sont pas ceux attendus, la SIG couve une nouvelle pépite tricolore.

Des débuts prometteurs à Paris

Olivier Cortale a commencé le basket en U11 à l’époque où le Paris Racing Basket (PBR) existait encore. Après une année U12 en benjamin région, il a suivi son club dans la fusion avec Levallois. Là-bas, il a joué en U15 élite en parallèle de ses années au Pôle d'Île-de-France.

“Ma coach Isabelle le Flahec m'a énormément fait progresser en me faisant beaucoup travailler et en étant très dure avec moi.”

Après ses années U15, c'est au Centre Fédéral à l'INSEP qu'il a poursuivi son parcours. Au sortir du Pôle France, il a choisi la SIG pour continuer son apprentissage. L'été dernier, il y a signé un contrat d’un an, renouvelable deux saisons.

"À la fin de mes années à l’INSEP, j'ai été approché par le BCM (Gravelines-Dunkerque) et la SIG. Je suis allé faire une visite du centre de formation et des infrastructures à Strasbourg et j'ai été très vite emballé. Chacun à une approche différente du basket, moi j'ai besoin de me sentir bien dans l'environnement pour être à l'aise sur le terrain. J'ai vraiment été séduit dans le sens où je sentais que Olivier Weissler (entraîneur au sein du centre de formation, NDLR) et Lauriane Dolt (entraîneur de l’équipe Espoirs) voulaient vraiment m'avoir. Du coup, je n'ai pas vraiment réfléchi et j'ai signé très vite. Tout le monde m’aide à évoluer dans le bon sens."

Sa taille (2,07 m) est à l’image de ses prestations réalisées tous les week-end en lever de rideau des rencontres de Pro A. Il cumule en moyenne 17,9 points, 11,4 rebonds et 1,8 passe décisive.

"Je savais que cette année allait être ma dernière en Espoirs - même s’il me reste encore un an d'éligibilité. Je suis donc arrivé très motivé pour faire une grosse saison. Je bosse dur tous les jours avec l'aide du staff pour pouvoir être performant à chaque match et aider l'équipe à gagner."

Comparé à la saison précédente où l'équipe était toute nouvelle (après une fin de cycle en 2015 suite à un titre de champion de France), Strasbourg se mêle cette fois-ci à la lutte pour la huitième place. Une qualification au Trophée du Futur est espéré.

"C'est sûr que la saison est compliquée dans le sens où nous avons une équipe très jeune comparé à la plupart des effectifs espoirs. Mais on ne baisse pas les bras pour autant, on continue à jouer à fond et de ne rien lâcher. On a un objectif commun qui est de se qualifier pour le Trophée du Futur et nous allons tout faire pour y arriver."

Orienté vers un poste 3 en U18, Olivier Cortale tend dorénavant à jouer à l'intérieur. Un choix qui s’avère aujourd’hui plus judicieux selon lui.

"C'était une volonté de l'INSEP lors de mes deux dernières années de me faire jouer poste 3. Ça a été très dur parce que je n'avais jamais joué à cette position et je n'avais pas le bagage technique nécessaire. Ça a rendu ces deux ans compliqués dans le sens où je n'étais pas performant sur le terrain, ce qui m'a également impacté niveau confiance. Mais je ne me suis pas découragé et j'ai beaucoup bossé. Avec le recul, je pense que c'était un mal pour un bien parce que ça m'a forgé un gros mental et des habitudes de travail que je n'avais pas plus jeune et aussi une grosse progression niveau technique."

Strasbourg, un endroit où il se sent bien. Le coach de l’équipe première, Vincent Collet et son entraîneur en Espoirs, Lauriane Dolt, lui prêtent une attention toute particulière.

"Vincent me parle beaucoup de choses très précises, comme par exemple être à un tel endroit à tel moment dans le système, bouger à ce moment là et pas un autre, réagir de cette façon si la défense s'adapte. C'est quelque chose qui pourrait énerver certains mais moi au contraire je l'écoute et j'essaye de corriger le plus vite possible. Vincent essaye vraiment de m'inculquer la science du jeu, il me dit qu'il faut que je sois un joueur intelligent et que je sache qui je suis. Ce qui me fait énormément évoluer au niveau technique et tactique. Tout est question de détails. Ce sont des aspects qui sont indispensables au haut niveau. Dès que c'est possible, je bosse avec Lauriane en travail individuel, on a une relation très solide. Ellle m’a également appris à canaliser mon énergie sur les choses importantes que ce soit en match ou à l'entraînement, parce que lors de ma première année je me dispersais facilement. Elle me fait confiance et me fait travailler dur. On travaille sur mes mouvements postes bas et mes finitions près du panier - avec ou sans contact, en insistant beaucoup sur ma technique de finition avec le poignet et les doigts. Je pense donc que j'ai bien fait de rester cette année je suis dans de très bonnes conditions de travail que je n'aurais peut être pas ailleurs."

Outre ce travail avec ses deux coachs, le Francilien a un programme personnalisé à la SIG.

"J'ai un programme d'entraînement spécifique de musculation et vivacité que je fais avec le préparateur physique du club, Terrick Nerome. J'ai trois à quatre séances par semaine. On cherche à améliorer mon explosivité, ma vitesse, mes déplacements…"

En plus de ça, Olivier a le privilège de se frotter à des poste 4 d’expérience comme Matt Howard, Romeo Travis et même Jérémy Leloup qui présente un profil semblable, avec 10 ans de plus.

"Étant donné que je m'entraîne tous les jours avec l'effectif professionnel, je progresse. Être en opposition avec Matt (Howard), Mam (Jaiteh), Romeo (Travis) et Erik (Murphy), c'est quelque chose de très intéressant. C'est un gros plus, parce que ce sont tous des joueurs de qualité qui pourraient avoir de gros rôles dans d'autres équipes. J'apprends de tout le monde. Avec ce style d'oppositions, je suis à fond tout le temps pour relever le challenge physique et technique. Jérémy et moi sommes dans la même chambre pendant les déplacements ; on s'entend très bien. On parle souvent du match, des erreurs qui ont été faites… Il me donne aussi beaucoup de conseils parce qu'il était dans une situation similaire à la mienne plus jeune au Mans."

Une relation spéciale avec Frank Ntilikina

Cette année, tout le basket français à les yeux rivés sur Frank Ntilikina. Un joueur qui n'est pas qu'un coéquipier pour Olivier Cortale.

"Frank est mon meilleur pote dans le monde du basket. On est très proche on se pousse vers le haut l'un et l'autre. Je suis hyper content de ce qu'il lui arrive et fier en même temps parce que je sais ce qu'il a fait pour en arriver là où il est aujourd'hui. On a les mêmes délires du coup on parle de plein de choses extérieures au basket."

En sa compagnie, il a d'ailleurs participé au Basketball Without Borders Camp en 2016 à Toronto en marge du All-Star Game NBA.

"C'était vraiment un des meilleurs moments de ma vie. Les matchs et les entraînements avaient lieu le matin de 8h30 à 13h et le soir, nous assistions aux événements (du All-Star Game). Même si on n'en a pas trop parlé en France, le camp s'est très bien passé individuellement puisque j'ai fini dans les 10 meilleurs joueurs (sur 40) avec Frank. C'était aussi une très belle expérience de jouer avec les meilleurs jeunes de chaque pays et le fait d'assister au All-Star Game, c'était fou ! La NBA est un objectif pour tout joueur de basket je pense, après ce n'est pas vraiment l'actualité pour le moment. Mon agent m'avait dit que les scouts avaient beaucoup aimé mon jeu lors du camp. Du coup, je ne sais pas si je suis suivi depuis mais je n'y pense pas vraiment."

Car avant, il y a d'autres étapes. "D'abord la Pro A", rappelle-t-il même s'il ne se fixe "pas de limites" et avoue adorer l'EuroLeague. Et c'est à Strasbourg qu'il espère lancer sa carrière professionnelle. Bien que les discussions avec le club ne sont pas entamées car il est “trop tôt” selon ses dires, il aspire à rester à la SIG l’année prochaine et non pas être prêté ailleurs.

"Tout est envisageable mais mon objectif personnel est d'intégrer pleinement l'équipe, l'année prochaine, comme ont pu faire Léo Cavalière, Élie Okobo et Amine Noua cette saison (avec l’équipe de Élan Béarnais et l'ASVEL, NDLR) après leurs bonnes performances en Espoirs. Je sais que j'en suis capable et que de par mon travail je vais encore beaucoup progresser."

Ca sera la première étape d'une carrière qui peut potentiellement l'amener très loin.

11 avril 2017 à 11:04
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Classement
12ème journée
08 décembre
Châlons-Reims
70
-
64
Hyères-Toulon
Gravelines-Dunkerque
73
-
67
Lyon-Villeurbanne
09 décembre
Bourg-en-Bresse
89
-
91
Boulazac
Chalon-sur-Saône
95
-
81
Antibes
Dijon
71
-
99
Monaco
Limoges
88
-
79
Le Portel
Strasbourg
88
-
54
Cholet
10 décembre
Pau-Lacq-Orthez
93
-
79
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11 décembre
Le Mans
83
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87
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