ESPOIRS
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WILLIAMS NARACE, UN LION INDOMPTABLE À NANCY

Williams Narace SLUC Nancy
Crédit photo : Sébastien Grasset

Favori pour le titre de MVP du championnat Espoirs, Williams Narace s'est confié à BeBasket. 

Joueur majeur du SLUC Nancy, l'équipe leader du championnat Espoirs, Williams Narace (2,01 m, 19 ans) a un parcours atypique. Né au Cameroun, il est arrivé en France à l'âge de 17 ans. Et c'est à 14 ans, après avoir longtemps joué au football, qu'il a décidé que le basket deviendrait sa passion.

"Je suis né à Douala, au Cameroun. Je n'ai pas trop connu mon père car mes parents se sont séparés alors que j'étais très jeune. Elevé par ma Tante, j'ai eu beaucoup de chance de grandir dans un foyer apaisé aux côtés de mes cousines. Comme tout Camerounais, j'ai commencé à jouer au foot. Il faut savoir que c'est le sport numéro 1 là-bas, donc très vite je m'y suis intéressé, je pensais foot, je respirais foot j'adorais ça. Puis à l'âge de 14 ans j'ai eu une poussée de croissance. J'avais quelques amis qui pratiquaient le basket, donc j'ai voulu aussi essayer. C'est comme ça que je suis tombé fou de la balle orange."

A l'âge de 17 ans, il rejoint sa mère à Bordeaux. C'est à partir de ce moment là qu'il découvre le basket en France. 

"Ma mère vivait déjà en France depuis 8-9 ans, donc j'ai décidé à l'âge de 17 ans de la rejoindre. Au Cameroun, je jouais au basket au lycée, une sorte d'UNSS. Je ne suis pas venu en France pour jouer au basket comme font souvent les jeunes africains. Je voulais juste rejoindre ma mère, vivre avec elle et mes trois sœurs. J'avais quand même le souhait de continuer le basket, mais je n'avais aucune idée de comment ça marchait, donc j'ai pris ma première licence dans un petit club à côté de chez moi (Union Saint Jean). Au Cameroun, je savais qu'en France il y avait la Pro A, je suivais un peu le championnat, je la regardais à la télévision quand je le pouvais, mais je ne connaissais pas tout ce qui était Espoirs, Cadets France etc...  Puis j'ai fait la rencontre de Doc Ben (Joseph Owona), Camerounais comme moi. C'est lui qui m'a expliqué comment ça fonctionnait."

Un parcours semé de rencontres importantes

L’ancien joueur des JSA Bordeaux va l'amener dans une académie privée, chez un certain Vincent Bassi. Le premier entraineur de Boris Diaw permet aux jeunes bordelais de venir s'entrainer quotidiennement dans ses infrastructures. 

"Grâce à Doc Ben, j'ai pu rencontrer Vincent Bassi. Ce n'était pas un club, mais plus une structure privée. Par exemple quand j'y étais il y avait aussi Timothé Bazille aujourd'hui joueur au Centre Fédéral. Je m'y entrainais trois fois par semaine, mais j'ai eu du mal à m'adapter. Je trouvais que l'on me mettait un peu de côté. Mais c'est quand même une étape importante"

C'est une rencontre avec Seidou N'Joya, à l'époque joueur pour Boulazac, qui va lui permettre d'intégrer le centre de formation du SLUC Nancy. 

"Un soir, j'ai eu la chance de manger avec lui. Un repas, qui restera sans doute l'un des plus importants de ma jeune carrière. Je suis allé le voir jouer un match à Boulazac en Pro B, le premier match de basket professionnel que je voyais dans ma vie. Je lui ai donc demandé comment je pouvais moi aussi intégrer une structure professionnelle, je voulais m'évaluer face à des jeunes de mon âge, tenter d'en faire mon métier. Dans un premier temps, j'ai fait les tests à Boulazac mais j'ai aussi tenté ma chance au SLUC Nancy car Seidou, qui était passé par le centre de formation de Nancy, avait des contacts là bas. J'ai donc rencontré Pierre Verdiere (entraîneur des Espoirs, NDLR) et depuis ce jour je suis Nancéien."

Arrivé donc il y a trois ans en Lorraine, il est devenu un membre essentiel de l'équipe de Nancy, aujourd'hui leader invaincu du championnat Espoirs et grand favori pour obtenir le titre de champion de France en fin de saison.

"En vérité cela fait que trois ans que je joue au basket à haut niveau. Au départ ça n'a pas été très simple, mais je n'ai jamais baissé les bras et j'ai vite progressé. Je joue véritablement en Espoirs que depuis deux ans. La saison dernière nous n'avons pas réalisé une grande saison. Cette année c'est différent. L'équipe est pratiquement la même, mais la mentalité est différente. Nous sommes très proches et ça se ressent sur le terrain. Personne ne pense qu'à ses statistiques. On souhaite juste gagner, réaliser de belles choses et ça passe par le meilleur état d'esprit collectif possible. C'est le cas et sans doute la raison pour laquelle nous sommes encore invaincus aujourd'hui."

Réaliser l'exploit de finir invaincu 

A l'opposée de l'équipe professionnelle, les Espoirs sont un véritable rouleau compresseur en Espoirs. Aucune équipe ne résiste aux jeunes Couguars qui, journée après journée, impressionnent tous les observateurs.

"C'est vrai que cette saison nous sommes très forts. Défensivement, nous sommes très forts car on défend tous dans le même sens. Nous ne sommes peut-être pas les meilleurs basketteurs individuellement, mais collectivement nous sommes très solides. C'est super de jouer dans une équipe comme ça. Notre but est de terminer cette saison invaincue. Ça ne sera pas facile, mais on peut le faire. Je ne sais pas si cela a été déja fait dans l'histoire du championnat mais je sais que Gravelines, il n'y a pas si longtemps, avait terminé la saison avec une seule défaite (en 2013/14). Nous souhaitons écrire l'histoire du championnat et notre propre histoire. Mais attention, ce n'est pas non plus une obsession, on veut avant tout finir champion et remporter le trophée du Futur."

En effet, Nancy a l'ambition cette saison d'imiter l'Elan Chalon en 2013 et Gravelines-Dunkerque en 2014, en réalisant le doublé Championnat + Trophée du Futur. 

"C'est notre rêve, mais on sait que ce ne sera pas facile. On l'a vu avec Pau l'an dernier, ils ont balayé tout le monde tout au long de la saison, mais ils ont perdu en finale face au Paris-Levallois. C'est une compétition spéciale. Toute les équipes qualifiées pour le Trophée du Futur sont préparées pour cette compétition et souhaitent le gagner. C'est sur trois jours, il peut y avoir des blessés, où tu peux rater un match et c'est terminé. Mais on a confiance en nous, on fera tout pour le remporter."

En évolution constante sur un plan  personnel (15,8 points et 8,5 rebonds par match cette saison), il est aujourd'hui l'un des favoris pour le trophée du MVP du championnat Espoirs en fin de saison. Un trophée qu'il ne visait pas en début de saison. 

"Honnêtement, je n'y pensais pas et encore à l'heure d'aujourd'hui je n'y pense pas. Ce n’est pas mon objectif numéro 1. Je pense d'abord à gagner des trophées collectifs avant de penser individuel. Je dois continuer à travailler et continuer à faire de mon mieux pour le bien de l'équipe. Après si ça tombe dans mes mains alors tant mieux, je ne vais pas le refuser mais si on donne le trophée à quelqu'un d'autre alors je ne serais pas déçu. Je ne joue pas pour ça."

 Ses premiers pas en Pro A

Membre du groupe professionnel depuis l'an dernier, Williams Narace a déjà eu la chance de jouer en Pro A malgré son statut de joueur étranger (il lui manque encore une saison pour devenir un joueur formé localement). Notamment cette saison lors du derby face à la SIG. 

"La Pro A, c'est un autre monde. Tu joues devant une salle remplie, le jeu va plus vite, ça n'a rien à voir avec les Espoirs. Après je me donne toujours à fond, dans n'importe quel match, donc je n'ai pas ressenti de pression supplémentaire quand le coach (Alain Weiz) a fait appel à moi. Je sais que je peux apporter sur des séquences donc c'est à moi de le prouver quand on m'en donne l'occasion. Mais J'ai adoré jouer en Pro A."

Malheureusement, cette saison le SLUC Nancy occupe la dernière place du classement de la Pro A. En cas de descente, Nancy ne pourra plus aligner une équipe Espoir dans le championnat.

"On y pense, tout le monde y pense, c'est normal. On en parle entre nous. On ne sait pas trop comment sera notre avenir l'an prochain. Moi personnellement je suis bien à Nancy, je veux continuer à m'épanouir ici. Les gens sont sympas. Je veux être le meilleur joueur de basket possible et rester à Nancy peut et doit me permettre de continuer à progresser."

Année après année, le basket Africain ne cesse de se développer. Il aura donc un jour l'occasion de représenter son pays, le Cameroun, dans une compétition internationale. 

"Ce n'est pas un objectif, mais si j'ai la chance alors j'irais représenter mon pays sans problème. Il y a de très bons joueurs camerounais en Pro A ou en NBA. J'ai eu la chance de parler avec Jérémy Nzeulie et Gédeon Pitard qui m'ont parlé en bien de sélection. Mais il y aussi des joueurs comme Joel Embiid ou Pascal Siakam qui ont des responsabilités en NBA, donc oui jouer pour le Cameroun, si j'en ai l'occasion  j'en serai ravi."

En trois ans, Williams Narace a franchi beaucoup de palier. Il lui reste plus qu'à devenir un véritable joueur de Pro A. Il n'attend que ça, mais son heure arrivera et le lion rugira. 

07 février 2017 à 11:21
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