EUROBASKET 2017
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ANTHONY RANDOLPH, SI CONTROVERSÉ MAIS SI PRÉCIEUX

Crédit photo : Sébastien Meunier

Peu populaire à travers le continent européen en raison de son statut de naturalisé, l'intérieur d'origine américaine n'en reste pas moins l'un des acteurs majeurs du formidable parcours de la Slovénie, toujours invaincue et parvenue en finale de l'EuroBasket.

Peu de joueurs auront autant cristallisé les tensions qu'Anthony Randolph (2,11 m, 28 ans) au cours de cet EuroBasket. Son passeport slovène douteux, son attitude face à Porzingis et la Lettonie, son détachement apparent dans le vestiaire, téléphone à la main, après la qualification pour la finale... Avec lui, tout devient sujet à reproche. Des commentaires désobligeants prenant parfois le pas sur la mise en valeur de son importance dans le superbe parcours de la Slovénie.

Préféré à Kevin Love par les supporters de Golden State en 2010 !

Pourtant, malgré sa nonchalence affichée, cette finale européenne est le sommet de sa carrière pour l'instant. Né sur une base militaire allemande, rapidement parti vivre en Californie, Anthony Randolph avait le potentiel pour devenir un bien meilleur joueur qu'il ne l'a jamais été. Fut un temps où il était considéré comme une future étoile de la NBA. À tel point que le très sérieux site Bleacher Report titrait « Superstar en formation » à son égard en 2009 et que les supporters des Warriors étaient hostiles aux rumeurs évoquant un échange contre Kevin Love en 2010. Mais il n’a jamais su répondre aux attentes, ne parvenant pas à accorder son talent avec ses dons athlétiques. Baladé d’équipe en équipe entre Golden State, New York, Minnesota et Denver, le 14e choix de la Draft 2008 n’a pu bénéficier de la stabilité dont il aurait pourtant grandement eu besoin. Fantasque hors des parquets (son ancien coéquipier Evan Fournier a notamment raconté au Hoopcast qu’il avait perdu 80 000 dollars aux cartes lors d’un vol de 90 minutes lorsqu’il évoluait aux Nuggets), souvent en mésentente avec ses coachs, Anthony Randolph a laissé derrière lui un sentiment d’inachevé dans l’Association.

Contraint de s'exiler en Europe en 2014, l'Américano-Slovène véhicule une image bien différente de ce côté de l'Atlantique : celle d'un joueur dominant, celle d'un winner. Passé par le Lokomotiv Kuban Krasnodar pendant deux saisons, il a contribué à la formidable ascension du club russe jusqu'au Final Four de l'Euroleague en 2015, s'offrant par la même occasion une place dans le second meilleur cinq de la compétition. Puis, recruté par le Real Madrid, il a remporté la Copa del Rey et disputé un nouvel Final Four, avant d'échouer en finale du championnat contre Antoine Diot et Valence.

La pièce manquante

Cette saison madrilène lui aura aussi permis de tisser ses premiers liens avec la Slovénie en côtoyant le phénomène Luka Doncic. Leur arrivée combinée en équipe nationale a indubitalement permis à la sélection slovène de franchir le palier qui lui manquait. Souvent placée, jamais médaillée, la Slovénie manquait d'un vrai big man depuis les retraites internationales d'Erazem Lorbek, Matjaz Smodis, Primos Brezec et Radoslav Nesterovic. De fait, la naturalisation d'un intérieur américain était envisagé depuis longtemps. Une pratique déjà expérimentée au début des années 2000 par la Slovénie avec le meneur Arriel McDonald. Après avoir pensé à Bryant Dunston pour l'EuroBasket 2015, finalement "embauché" par l'Arménie, la sélection d'Igor Kokoskov a finalement jeté son dévolu sur l'ailier-fort du Real Madrid.

"Cela faisait un moment que nous pensions à naturaliser un joueur", nous confiait, laconiquement, Radoslav Nesterovic, le GM de la sélection slovène, lors de notre dossier sur les passeports FIBA plus tôt dans l'été. "Mais nous avions un problème avec notre loi qui ne l'autorisait pas. Nous étions court sur les deux postes intérieurs. Anthony Randolph était notre premier et seul choix. C'est un grand joueur et une bonne personne, il s'est rapidement intégré auprès de l'équipe et du staff."

Force est de constater que, sportivement parlant, la fédération slovène avait vu juste. Polyvalent, athlétique, rapide, bien coordonné, capable de shooter de loin comme d'attaquer de loin, Anthony Randolph était bel et bien la pièce manquante pour la sélection de Slovénie. Après la qualification pour la finale, Goran Dragic ne s'en est pas caché.

"Anthony Randolph nous permet d'étendre les possibilités de notre jeu. Il saute haut, tu peux l'envoyer au alley-oop, il peut shooter de loin, il peut défendre, c'est un bon contreur. Nous n'avions encore jamais eu ce type de joueur dans notre équipe nationale. C'est évidemment l'une des clés pour nous."

Si Anthony Randolph fait une telle unanimité autour de lui, c'est évidemment car il a su hausser son niveau avec le début des phases finales. Certes précieux en défense à Helsinki, en témoigne son interception décisive sur Lauri Markkanen lors du deuxième match, l'ancien étudiant de Louisiana State était surtout en manque de confiance, fâché avec son shoot (8,4 points à 31% et 5,6 rebonds pour 9,8 d'évaluation). Depuis l'arrivée à Istanbul, Randolph est transfiguré. L'Ukraine (21 points à 8/10 et 3 rebonds pour 25 d'évaluation), la Lettonie (16 points à 6/11 et 9 rebonds pour 18 d'évaluation) et l'Espagne (15 points à 6/9 et 3 rebonds pour 20 d'évaluation) en ont fait les frais. Son association avec le besogneux Gasper Vidmar fait des merveilles dans la raquette et permet à la Slovénie de disposer de multiples options offensives. Les deux gaillards se réjouissent des passes décisives signées Goran Dragic ou Luka Doncic, tout en profitant des espaces libérés par la formidable propulsion arrière slovène.

Cependant, malgré cette image de carte postale idéale, difficile de savoir ce que pense véritablement Anthony Randolph. En zone mixte, l'homme est souvent froid avec la presse, agacé par les questions, se contentant de réponses expresses et convenues. Mais il a su tenir sa parole. Dès le premier jour de compétition, en Finlande, il nous avait annoncé qu'il voulait repartir d'Istanbul avec une médaille. Si le mystère plane encore quant à la couleur du métal, une certitude toutefois : la Slovénie aurait eu beaucoup plus de mal à monter sur le podium sans Anthony Randolph.

À Istanbul,

16 septembre 2017 à 14:05
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