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ITW KIM TILLIE : "SI JE N'AI QU'UN TIR OUVERT DU MATCH, J'AI INTÉRÊT À LE METTRE"

Crédit photo : Euroleague

Pas le plus connu des Français en Euroleague, Kim Tillie est pourtant un rouage essentiel d'une ambitieuse équipe de Vitoria. Membre de la génération 88 (Batum, Moerman, Ajinça), il poursuit sa progression en Espagne depuis cinq saisons. Son rôle au Baskonia, les performances de son petit frère et l'équipe de France sont au menu de cet entretien. 

Vous avez gagné mardi soir à Bamberg (Allemagne), vous recevez le Panathinaïkos ce jeudi, puis vous jouez dimanche en championnat, contre l'Estudiantes Madrid. Comment gère-t-on un tel calendrier ?

Le nouveau calendrier de l'Euroleague fait qu'il y a plus de matchs et que la saison est plus courte. Chaque semaine on a au moins deux matchs, et quatre ou cinq fois dans l'année on en a trois. C'est épuisant. Les semaines chargées comme celle-ci, on s'entraîne très dur avant, et une fois la semaine arrivée on ne s'entraîne presque plus. On ne fait que les matchs, les voyages, plus des shootings et des entraînements tactiques. Comme on n'a pas beaucoup de temps - un ou deux jours pour préparer les rencontres - on fait aussi beaucoup de vidéo.

En Euroleague justement, Vitoria vient d'enchaîner deux séries : une négative, avec six défaites en sept matchs au coeur de l'hiver, puis une positive avec quatre victoires consécutives (dont le Fenerbahçe et le CSKA), série en cours. Comment expliques-tu ce retournement ?

C'est difficile à expliquer mais c'est vrai qu'on a eu une mauvaise passe en janvier-février. Je pense que le déclic a été la Coupe du roi. On n'a pas réussi à aller en finale, mais on a fait un super match contre le Real Madrid en demi-finale. Et à partir de là on a commencé à gagner plusieurs rencontres de suite. J'ai fait un bon match contre Milan en Euroleague, le premier de la série, et ensuite la confiance était là. On a joué très dur en défense, et quand on maintient une équipe d'Euroleague à 60 ou 70 points alors qu'elle met 90 points en moyenne, on peut battre n'importe qui

Après la mauvaise série du début d'année vous étiez tout proches de sortir des playoffs. Ça vous a mis la pression ?

C'est vrai que ça nous a fait un peu peur, mais là on a fait un bon mois de mars. Et la défaite de Darussafaka contre Moscou (hier) nous qualifie mathématiquement pour les playoffs. Maintenant il nous reste trois matchs, on a moins de pression, et on va tout donner pour les gagner. Mardi Fenerbahçe a perdu contre Tel-Aviv, et du coup on n'est plus qu'à une victoire d'eux, avec le goal average en notre faveur. Donc ça nous motive, on va essayer d'aller chercher cette quatrième place parce que c'est très important d'avoir l'avantage du terrain en quarts de finale. 

"Je dois faire le sale boulot"

Cette saison on a l'impression que tout le monde peut battre tout le monde en Euroleague...

Oui, cette saison c'est incroyable. Je trouve le nouveau format super, il nous permet de jouer contre toutes les meilleures équipes d'Europe. On se rend compte que gagner à l'extérieur est très très dur, donc chaque victoire à l'extérieur compte presque double. Et c'est vrai que tout le monde peut battre tout le monde, sans exception. Il y a une motivation hors norme, à chaque rencontre on est très excité de jouer en Euroleague. Après c'est dur de faire la part des choses avec le championnat espagnol. D'ailleurs on est allé s'écraser à Mandresa (défaite 82-97 le 12 mars) qui est dernier, parce que c'est difficile à gérer. Il y a tellement de matchs.

Tu es dans une équipe qui compte beaucoup de scoreurs. Ton rôle est moins visible si on se contente de lire la feuille de match. Comment définirais-tu ton statut à Vitoria ?

C'es vrai que si tu mets cinq scoreurs sur le terrain ça ne marche pas (sourire). Il y a des joueurs comme moi qui sont là pour motiver les troupes, jouer dur et de ne faire pratiquement aucune erreur en défense. C'est ça mon rôle. D'abord apporter de l'énergie et prendre des rebonds. En attaque je prends les tir ouverts bien sûr, je ne refuse aucun shoot. Je dois aussi mettre des bons écrans, prendre des rebonds offensifs... faire tout le sale boulot quoi.

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Une impression d'application et de propreté se dégage de ton jeu. Tu fais partie des joueurs les plus adroits d'Euroleague  (57,50% aux shoots dont 39,5% à 3-points). Comme tu n'as pas toujours beaucoup de minutes (19 en moyenne), tu dois forcément te montrer plus efficace ?

Oui c'est ça. Si je n'ai qu'un tir à 3-points ouvert, il vaut mieux que je le mette (rires). Cette saison j'ai beaucoup bossé le tir à 3-points. L'année passée, avec Velimir Perasović (l'entraîneur remplacé cette saison par Sito Alonso), on s'entraînait énormément. Là on a plus de repos, donc plus de temps pour travailler en dehors des entraînements : faire du shoot, de la musculation, et c'est ça qui donne de la confiance. Mes tirs ouverts je les mets, je vais continuer à bosser, et je vais continuer à les mettre. J'essaye aussi de ne faire aucune erreur en défense, d'être concentré et discipliné. Comme ça si un coéquipier pas concentré se fait passer, je suis là pour l'aider.

Tu as prouvé que tu étais capable de faire des gros matchs quand la physionomie l'exigeait, comme à Milan où tu signes 31 d'évaluation. Est-ce que tu te dis parfois que tu pourrais avoir un rôle plus important dans une autre équipe, tourner à 15 points de moyenne ?

Je pense que je pourrais le faire. J'ai confiance en moi et je pense que si j'avais plus de temps de jeu je pourrais faire plus de choses. Mais le basket est comme ça, c'est un sport d'équipe, et dans les grands clubs il faut se partager le temps de jeu. En plus, à Vitoria, on a la particularité d'avoir deux postes 4 qui jouent chacun 20 minutes environ (avec le Géorgien Tornike Shengelia). Normalement, dans les grosses équipes, le titulaire joue 30 minutes et le deuxième 10. Ça génère de la frustration mais c'est comme ça, il faut faire avec, et du moment que l'équipe gagne on n'y pense pas.

L'Espagne, le championnat "idéal"

Quelle relation entretiens-tu avec ton coéquipier Rodrigue Beaubois ? En tant que Français, est-ce que tu as joué un rôle particulier dans son intégration ?

Oui, traducteur (rires). On a une bonne entente. On est assis à côté dans le vestiaire, on se charrie tout le temps et c'est vachement sympa. Rodrigue c'est un super mec et il est bosseur. Cette année il a beaucoup travaillé et il a fait de gros matchs. C'est vrai que c'est sympa d'avoir un Français dans l'équipe. Les trois années à Vitoria j'ai d'abord été avec Thomas Heurtel, ensuite Fabien Causeur l'année dernière, cette année c'est Rodrigue.

C'est ta cinquième saison en Espagne : T'es-tu attaché à ce pays, sa culture ?

Oui en cinq ans on commence à prendre ses marques. J'ai pris goût à la vie espagnole, et la ligue ACB est l'un des meilleurs championnats en Europe. J'arrive en fin de contrat, mais je me vois bien continuer ici si possible. Pour moi c'est le championnat idéal. Tous les clubs sont très bien organisés, c'est très professionnel : on mange bien, on est bien logé, on voyage bien. 

Est-ce que tu suis les matchs de Killian, ton petit frère, à la March Madness (tournoi de fin de saison du championnat universitaire américain) ? 

J'ai regardé les deux premiers matchs de la March Madness. Dans le deuxième il a joué pas mal, et dans les minutes où c'était chaud. Donc je pense que le coach commence à lui faire confiance.  Ce soir ils ont un gros challenge contre West Virginia, et justement la rencontre n'est pas trop tard, à minuit et demi chez nous. Donc je vais me connecter et regarder ça. Et c'est vrai qu'avec WhatsApp ou Skype on est toujours en contact, on se parle assez souvent.

Toi qui a aussi connu une carrière en NCAA (aux Utes de l'Utah), est-ce que tu lui donnes des conseils ?

Je lui dit de profiter. Ce sont quatre années extraordinaires qui passent à vitesse lumière donc faut profiter de chaque instant. Et la March Madness on ne se rend pas compte mais c'est énorme. Aux Etats-Unis tout le monde regarde, plus que la NBA. Je lui donne des compliments, c'est ce qui aide pour la confiance. Comme il est très productif, même avec le peu de minutes qu'il a il va prendre 5 rebonds et mettre 8 points en 15 minutes. Donc je lui dis de continuer comme ça et le coach va lui faire confiance. Mais ce n'est que sa première année ! Je suis même étonné qu'il joue autant dans l'équipe numéro un des Etats-Unis.

"Évidemment que je suis disponible pour l'équipe de France"

Tu étais aux Jeux olympiques la saison dernière, est-ce que tu as le prochain Euro (août-septembre 2017) dans un coin de la tête ? Est-ce tu es en contact avec l'encadrement technique des Bleus ?

Patrick Beasley (Directeur Technique National) est venu nous voir Rodrigue et moi la semaine dernière, à l'occasion du match contre le CSKA. Il nous a demandé si on était disponible, et moi évidemment je suis disponible pour l'équipe de France, il n'y a pas de raison. Donc si je suis appelé j'irai faire la prépa, et mon objectif c'est de faire le championnat d'Europe. L'été dernier j'ai fait quatre mois d'équipe de France. Un mois de préparation, le TQO, un autre mois de prépa, puis Rio. Bien sûr on a mal géré le quart de finale perdu contre l'Espagne, mais ça a été une bonne expérience. On a tous appris, grandi, et l'été prochain on va s'améliorer.

Et en tant que Français dans le championnat d'Espagne, on se fait charrier à cause des défaites des Bleus ?

(Rires) C'est vrai qu'ils ne nous aiment pas trop les Espagnols (rires). C'est vrai qu'on se charrie, moi je les charrie, mais je n'ai pas d'Espagnol dans mon équipe cette année. Dans notre groupe on a un Slovène, un Géorgien, un Allemand, un Hongrois... Ils seront pratiquemment tous à l'Euro donc j'espère bien les croiser cet été.

 

23 mars 2017 à 15:23
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