EUROLEAGUE
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ITW LÉO WESTERMANN (PARTIE 1) : "REJOINDRE LE CSKA MOSCOU, C'EST ÉNORME"

Crédit photo : CSKA Moscou

Après une saison riche en émotions avec le Zalgiris Kaunas, Léo Westermann (1,92 m, 24 ans) a pu prendre son envol vers l'un des plus grands clubs d'Europe : le CSKA Moscou. De retour auprès de sa famille pour les vacances d'été, l'Alsacien nous a accordés quelques minutes pour revenir sur cet épisode majeur de sa (jeune) carrière.

Léo, pour te relancer sur la scène européenne, tu ne pouvais pas trouver meilleure situation que le Zalgiris Kaunas ?

C'est sûr qu'il y avait vraiment tous les ingrédients réunis pour me relancer et me montrer à l'Europe. C'était une aubaine que Kaunas vienne me chercher après deux saisons très difficiles à Limoges, la première d'un point de vue individuel, la seconde d'un point de vue collectif. 

Comment as-tu vécu cette saison, entre la longue campagne d'Euroleague et le titre de champion de Lituanie au bout ?

Super ! J'étais vraiment dans mon élément, tant au niveau de mes responsabilités que le style de jeu de l'équipe. C'était tout ce que j'aime. Encore plus avec un coach, que l'on connaît, qui m'a énormément apporté. Il y avait des supers joueurs autour de moi et une équipe d'abord construite sur l'entente et la personnalité des gars, avant le talent pur. J'ai rarement joué dans une équipe avec une telle cohésion. Cette année a été formidable pour moi à tous les niveaux, il n'y a pas eu un accroc.

Tu en as rapidement parlé : être entraîné au quotidien par une légende européenne comme Sarunas Jasikevicius, qu'est ce que cela fait ?

Forcément, quand on m'a parlé de Kaunas l'été dernier, sa présence a été l'une des raisons majeures de ma venue. C'était vraiment comme je l'attendais, il m'a beaucoup appris sur mon poste. Petit, il était l'un de mes joueurs préférés. En plus, c'est un excellent coach, il sait faire passer ses messages. Cette année a été vraiment très positive pour moi.

Est-ce que vous aviez une relation privilégiée ?

Un peu, oui. Du moins je l'ai ressenti comme cela. On parlait beaucoup, il me faisait énormément confiance. Je sais qu'il m'aime beaucoup et c'est réciproque. Donc forcément, en peu de temps, on a pu créer quelque chose de bien entre nous.

Le basket, c'est vraiment le sport roi en Lituanie ?

Oui, et de très, très loin. Il n'y a pas photo. Il y a une incroyable ferveur autour et c'est un super endroit pour jouer au basket.


Le doublé Coupe - Championnat cette saison en Lituanie pour Léo Westermann !

 

Avant l'appel du CSKA Moscou, quelles ont été tes options cet été ? On a parlé de la possibilité de rester au Zalgiris, d'un intérêt de Malaga...

Il y a plusieurs équipes intéressées mais si le CSKA n'était pas venu, je pense que je serais resté à Kaunas tellement j'étais bien. Ce n'était pas du tout une question d'argent, le Zalgiris avait aussi fait d'énormes efforts financiers pour essayer de me garder et je leur en suis très reconnaissant. Mais après, le CSKA, ça ne se refuse pas. Donc je suis parti (il rit).

Justement, quand le CSKA a commencé à s'intéresser à toi, qu'est ce qui s'est passé dans ta tête ? Tu y as cru ?

Oui, bien sûr. J'ai eu plusieurs fois le coach au téléphone. Ça s'est fait assez naturellement. Bien sûr, au début, comme c'est le CSKA, tu es en balance avec beaucoup d'autres joueurs mais tu n'y penses pas forcément. Mais quand le contrat est sur la table, c'est vraiment un énorme plaisir. Le CSKA Moscou, ce n'est pas un club comme le Real Madrid ou le Barça qui compte sur des jeunes et qui tente de les faire progresser. Si tu vas au CSKA, ça veut dire que tu es déjà très performant, que tu es un joueur déjà référencé.

Pour toi qui es un véritable produit du basket européen, qu'est ce que cela représente de rejoindre une puissance comme le CSKA Moscou ?

C'est un club qui appartient au Top 3 ou 4 européen, si ce n'est plus sur les vingt dernières années. Donc forcément, c'est quelque chose d'énorme. Je suis vraiment très content de faire partie d'un club comme ça. Il n'y a pas beaucoup de grands clubs comme cela en Europe et, par conséquent, il n'y a pas beaucoup de places. C'est vraiment très gratifiant de pouvoir en avoir une.

« J'ai posé plein de questions à Nando »

Tu disais que tu as déjà pu discuter avec ton nouvel entraîneur, Dimitris Itoudis...

Oui, outre le téléphone, nous avons aussi dîné ensemble lorsque je suis allé à Moscou. Il possède à peu près la même méthode, en terme d'entraînement et de coaching, que Saras. Ils ont été formaté par Obradovic. Je pense que c'est vraiment quelque chose qui me correspond et que j'aurai moins de problèmes à m'intégrer par rapport à cela.

Concernant ton rôle individuel, autant le départ de Milos Teodosic pour les Clippers est une mauvaise nouvelle pour le CSKA, autant cela peut être une formidable opportunité pour toi non ?

Oui, bien sûr, même si mon arrivée n'était aucunement liée à son départ ou non. Un joueur comme Teodosic est bien sûr impossible à remplacer donc il y aura forcément plus de responsabilités pour les autres joueurs. Il faudra être prêt et moi principalement. Encore une fois, c'est quelque chose qui peut, entre guillemets, être favorable pour moi.

Tu as pu discuter un peu avec Nando De Colo, avant ou après ta signature ?

Pas trop avant, non, car il fallait garder l'information secrète. Bien sûr que je mourrais d'envie de lui poser des questions mais j'avais un président et le coach Itoudis pour ne pas ébruiter l'information. Mais une fois que j'ai signé, je me suis rattrapé et je lui ai posé plein de questions.

Quand on rejoint le CSKA Moscou, l'objectif est forcément de gagner l'EuroLeague ?

Bien sûr ! C'est simple : là-bas, tu dois tout gagner. La pression sera beaucoup plus forte que dans tous mes autres clubs. Quand tu es en EuroLeague avec le Partizan, Limoges ou Kaunas, tu es un underdog, un chasseur. Et quand tu es avec le CSKA, tu deviens le chassé. Tout le monde veut ta peau et ce sera quelque chose de différent pour moi. Que ce soit contre Barcelone, Madrid ou une équipe plus faible, tous les matchs doivent être gagnés au CSKA.

Est-ce que tu réalises qu'il y a à peine quatorze mois, tu étais dans le ventre mou de la Pro A et maintenant dans le plus grand club européen ?

Oui mais je n'ai pas changé. C'est juste qu'entre-temps, je me suis retrouvé dans un système où l'équipe me convenait, le championnat aussi, où le coach avait énormément confiance en moi et où les joueurs avaient un très bon niveau baskettement parlant. Il est évident que j'ai progressé cette année mais lorsque je commence la saison en octobre en faisant de très bons matchs en EuroLeague, je suis le même joueur que l'année précédente à Limoges. Je n'ai pas changé fondamentalement, c'est tout ce qui est autour de moi et c'est le cas pour beaucoup de joueurs. Pour moi, il est extrêmement d'avoir une équipe stable, de jouer dans un club où je me sens vraiment bien.

Après les ambiances réputées de Belgrade, Limoges et Kaunas, ça risque de te faire un peu bizarre en revanche de ce point de vue là à Moscou ?

C'est sûr que ça va me faire bizarre, j'ai toujours adoré ce genre d'ambiance. Mais on les aura plus contre nous car le CSKA est l'équipe à battre. Mais je verrai d'autres choses à Moscou, comme je l'ai dit : la pression sera différente, tous les matchs doivent être gagnés. Je vais me concentrer uniquement sur ce qui se passe sur le terrain. Parfois, l'ambiance ne pourra que me manquer à certains moments mais être au CSKA, ça reste quelque chose d'exceptionnel.


La deuxième partie de l'interview de Léo Westermann, consacrée à l'équipe de France, sera en ligne dimanche sur BeBasket.

 
@KSamargedon

15 juillet 2017 à 09:53
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