EUROLEAGUE
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ITW VINCENT POIRIER : "À MOI DE MONTRER QUE JE PEUX JOUER"

Vincent Poirier quitte le ParisLevallois pour Vitoria
Crédit photo : Sébastien Grasset

Tout nouveau joueur de Vitoria, en Espagne, le pivot Vincent Poirier (2,13 m, 23 ans) a connu une progression éclair. Alors qu'il jouait encore en NM1 avec le Centre fédéral il y a 18 mois, le voilà désormais dans un club Euroleague. Nous l'avons rencontré pour évoquer son parcours et ce changement de dimension.

Te voilà donc à Vitoria pour les trois prochaines années. Comment s'est fait le contact et pourquoi avoir choisi ce club ?

Le contact s'est fait par mon agent. Il m'a dit qu'ils suivaient mes matchs, qu'ils me scoutaient. Ils étaient aussi là pendant les playoffs. Mais ça ne m'a pas perturbé plus que ça. Et puis pourquoi Vitoria ? Parce que quand une équipe d'Euroleague te propose trois ans tu ne peux pas trop dire non (sourire) ! Je l'ai fait parce que je pense que c'est la meilleure option pour moi, pour évoluer. J'avais des propositions en France (des contacts avec Chalon, l'ASVEL et Limoges NDLR), mais je pense qu'il faut viser haut.

Est-ce que le fait que ce club a permis à des Tricolores de se montrer au plus haut niveau européen (Fabien Causeur et Thomas Heurtel hier, Kim Tillie et Rodrigue Beaubois aujourd'hui) a pesé dans ta décision ?

Oui ! Déjà, partir pour la première fois à l'étranger et savoir qu'il y a des Français dans l'équipe, ça rassure. Ça fait partie des raisons pour lesquelles j'ai signé là bas. Et puis je n'ai pas encore eu Kim et Rodrigue au téléphone, mais je vais les appeler pour me renseigner, leur demander comment ça se passe. Qu'ils me parlent de l'Espagne, de Vitoria, de l'Euroleague aussi.

Le club t'a-t-il dit dans quel rôle on t'attendait ?

Non, je n'ai pas encore eu écho de ça. Je pense que dans un premier temps, l'idée va être de découvrir un peu, puis de montrer aux entraînements que je peux être sur le terrain. Et une fois que je serais sur le terrain, à moi de prouver que je peux jouer. Comme je l'ai fait la saison dernière avec le Paris-Levallois. Mais je ne m'attends pas à jouer trente minutes.

En Summer League avec Brooklyn

L'été dernier, tu as participé à la Summer League d'Orlando, et tu disais que la NBA était un objectif de carrière. Où est-ce que tu en es aujourd'hui, et est-ce que tu vas retourner faire une Summer League cet été ?

La NBA reste un objectif de carrière car il faut savoir viser haut, et la NBA est l'échelon le plus haut qu'on puisse atteindre. Je reste en contact avec certains scouts, et je vais aller faire la Summer League de Las Vegas (du 7 au 17 juillet). La saison dernière c'était Orlando, la petite, cette fois ce sera la grande, celle qui dure dix jours. J'irai avec les Brooklyn Nets car ce sont eux qui me proposaient le plus de garanties en termes de temps de jeu. Il n'y aura pas de gros intérieur dans l'effectif et j'aurais donc l'opportunité de jouer, de beaucoup jouer. Faire la Summer League pour rester sur le banc, ce n'est pas intéressant.

Les Summer Leagues restent une étape importante pour un joueur comme toi qui vient d'Europe et veut taper à la porte des franchises ?

Ça permet de concrétiser ta saison. On parle de toi, et quand tu vas en Summer League les gens te voient. Tu surfes un peu sur la hype que tu as pu avoir au cours de la saison. Et puis là c'est Vegas, donc il y a presque toutes les équipes. C'est plus facile pour taper dans l'oeil d'un club et pourquoi pas avoir un contrat.

Ce sont des ligues réputées pour leur individualisme. Comment se prépare-t-on pour se faire remarquer dans ce contexte ?

J'ai un jeu basé beaucoup sur le rebond offensif, la course, et je n'ai pas besoin d'avoir tout le temps le ballon en mains. Donc quelque part, tant mieux s'ils commencent à shooter dans tous les sens. Pour moi c'est tout bénef' (rire). J'ai juste à me défoncer pour prendre les rebonds off' et marquer. Et puis une fois que tu montres que tu peux être dominant, marquer des paniers main gauche, main droite, le coach le voit et peut dire aux autres joueurs "donne-lui la balle". C'est toujours le premier match voire le premier entraînement qui est important pour montrer qui tu es.

Freddy Fauthoux, entraîneur et grand frère

Pour revenir sur la saison écoulée, vous êtes allés jusqu'en demi-finale des playoffs avec le PL, alors que personne ne vous attendait à ce niveau-là. Quel sentiment domine aujourd'hui ?

De la fierté. On est passé à côté d'un résultat en demi-finale, et c'était une déception pour tout le monde bien sûr. Mais on en a parlé, et on retient tous le meilleur de la saison. La façon dont on a travaillé et dont on a progressé ensemble. L'entente qu'on a eu tout au long de la saison. On n'avait jamais vraiment vécu ça au Paris-Levallois. Les années précédentes, ce n'était pas aussi familial. Je pense que le fait qu'il y ai moins d'Américains dans le groupe, ça évite d'avoir les Américains d'un côté et les Français de l'autre. Et puis nos Américains étaient en France depuis un moment. Tout le monde partageait son vécu avec tout le monde, c'est pourquoi l'ambiance a si bien pris. En dehors du terrain ça se passait bien, et ça se voyait aussi sur le parquet.

Dans une interview accordée à la LNB en début de saison, ton entraîneur Frédéric Fauthoux disait que tu étais "le joueur idéal à coacher". Quelle relation entretenez-vous et quel rôle a-t-il joué dans ta progression ?

Fred c'est mon gars  (rire) ! Il était assistant coach quand je suis revenu au Paris-Levallois, donc ce n'est pas la même relation qu'avec le coach (à l'époque Antoine Rigaudeau). On a eu une relation amicale dès le début, je le voyais plus comme un grand frère. C'est un peu la relation que j'avais avec Thomas Drouot (ancien entraîneur des Espoirs du PL et assistant de Gregor Beugnot) et je pense que ça permet de tout se dire. Toute l'équipe avait un peu cette relation avec le coach, parce que c'est quelqu'un qui est proche des joueurs et qui s'intéresse à toi, qui veut savoir comment tu vas. Ce n'est pas le vieux coach qui est dans ses idées et qui ne change pas. Et puis c'est lui qui m'a mis sur le terrain, qui m'a fait confiance et m'a donné le poste 5. Donc dans ma progression c'est l'un des plus importants. Il m'a aussi aidé à développer d'autres qualités, comme le jeu dos au panier.

itw-vincent-poirier----a-moi-de-montrer-que-je-peux-jouer-1497517597.jpegCette saison, Vincent Poirier a aussi développé un shoot fiable à 4 mètres (Photo Sébastien Grasset).

Frédéric Fauthoux disait aussi en début de saison que tu étais loin de tes limites. Est-ce que tu penses t'en être rapproché ?

Non, je pense que j'en suis encore loin. D'abord parce que je n'ai pas été assez régulier. Et puis en fin de saison, on a vu qu'il me manquait encore un échelon pour exploser. Contre Chalon (en demi-finale des playoffs), j'ai été un peu en difficulté. Donc il y a encore beaucoup de choses à apprendre. Mais c'est normal qu'il y ait des périodes où tu stagnes un peu. Il faut alors se libérer l'esprit, passer à autre chose et revenir meilleur.

Tu tournais à 11,2 points, 8,1 rebonds de moyenne en saison, mais tu es tombé à 8 points et 4,2 rebonds en playoffs. Contre Chalon c'était encore plus compliqué. Que s'est-il passé ? C'est la défense de Moustapha Fall qui t'as particulièrement gêné ?

C'est la défense de Chalon, c'est l'attaque de Chalon…. Parce que j'ai fait beaucoup de fautes. Et forcément, quand tu as des fautes, tu joues moins. Mon problème, c'est de faire les fautes au bon moment. C'est dans "l'intelligence" de la faute que je dois progresser. Freddy (Fauthoux) et Sacha (Giffa, entraîneur adjoint) m'avaient aussi prévenu que c'est un rôle que je pourrais avoir l'année prochaine. Tu rentres sur le terrain, la consigne c'est "pas de paniers faciles", donc tu fais des fautes. C'était très frustrant, j'en ai fait part au coach, et il m'a expliqué que c'était le basket. Qu'aujourd'hui je faisais ça, mais que demain à Vitoria je ne serais pas titulaire et que je devrais sûrement faire pareil.

La tête haut perchée mais les pieds sur terre

Cette année avec Louis Labeyrie, vous formiez une paire d'intérieurs dominante. Est-ce que le fait d'être deux "grands" talentueux à l'entraînement vous a permis de progresser tous les deux ?

Il faut savoir que Louis c'est un très grand casseur à l'entraînement. Il va faire des fautes et il ne va pas les annoncer. Donc évidemment, au bout d'un moment ça chauffe parce que je fais pareil. Puis il s'énerve (sourire). Forcément ça nous tire vers le haut. A l'entraînement, tu veux prouver que tu es meilleur. Et puis Louis c'est quelqu'un d'hyper actif. Il saute partout, il court. Donc tu progresses en défendant contre lui.

Tu fais partie du Team France, le groupe élargi qui rassemble 37 joueurs sélectionnables pour le Championnat du Monde 2019 en Chine et pour les Jeux olympiques de Tokyo en 2020. Est-ce que tu t'imagines un avenir en Bleu à court terme ?

Déjà, c'est une grande fierté. C'est l'équipe de France quand même ! J'ai joué avec les U20, j'ai fait les A'. Si je suis appelé, je viendrais avec grand plaisir. Mais ce n'est pas quelque chose qui me trotte tous les jours dans la tête. Je n'estime pas avoir fait assez pour y aller dès demain. Il y a deux ans, j'avais déjà fait les Universiades (compétition universitaire internationale) avec les A', et c'était déjà quelque chose. Les JO, et même toutes les compétitions avec l'équipe de France, je les regarde à la télé, et à chaque fois j'ai des frissons, je vibre. C'est quelque chose dont j'aimerais bien faire partie.

Tout est allé très vite pour toi, tu as commencé tard (à 18 ans), et là tu exploses en Pro A depuis un an et demi. Comment fait-on pour ne pas s'emballer, garder le sens des réalités ?

Je le vis bien (rire) ! Je sais d'où je viens, je sais où je suis, alors je ne vais pas prendre la grosse tête parce que je vais jouer en Euroleague. J'ai ma famille et des gens autour de moi qui m'aident aussi à garder les pieds sur terre. Et puis je sais qu'il reste du travail. Je ne suis pas arrivé où que ce soit. Je n'ai pas la grosse tête. 

- La fiche de Vincent Poirier.

Propos recueillis à Paris,

15 juin 2017 à 13:40
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