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ITW VINCENT POIRIER : "JOUER L'EUROLEAGUE T'OBLIGE À ÊTRE MEILLEUR"

Crédit photo : Euroleague

Gros potentiel, le pivot français poursuit sa progression au plus haut niveau européen, avec Vitoria. Excellent et décisif vendredi, il revient sur ce moment particulier et nous confie les clefs de sa spectaculaire évolution.

De la NM1, avec le Centre Fédéral, au titre de MVP de la semaine en Euroleague, en passant par l'équipe de France cet été, le tout en moins de deux ans. Cette progression éclaire, c'est celle de Vincent Poirier (2,13m, 24 ans), pivot de Vitoria (Espagne). Auteur vendredi d'un match référence sur la scène européenne, l'ex joueur du Paris-Levallois est revenu pour nous sur cette belle trajectoire. Joint par téléphone au moment de la promenade, à quelques heures d'un match de championnat contre Andorre, il s'est confié avec simplicité et sincérité. Celui dont Sacha Giffa, adjoint à Levallois, nous confiait cet été qu'il arriverait à maturité 'd'ici trois ans", n'a pas fini de progresser.

Vendredi, contre l'Anadolu Efes, vous vous retrouvez sur la ligne des lancers francs avec trois secondes à jouer. Si vous marquez les deux, Vitoria gagne. À quoi avez-vous pensé à ce moment-là ?

J'avais fait 0/2 lors de mon premier passage, donc quand j'arrive sur la ligne je me dis "te prends pas la tête. Tu en as déjà shooté, tu peux les mettre, ne réfléchis pas". Le premier rentre parfaitement. Le second part un peu à droite je me dit "oh p***** !" mais finalement il tombe dedans. Ce qui est drôle, c'est que j'y pensais le matin du match ! J'imaginais cette situation où je dois shooter des lancers francs pour la gagne.... et le soir ça arrive ! Donc j'étais prêt (rire) ! J'avais la pression, les genoux qui tremblaient un peu, des petits frissons. 

Le changement de coach fin octobre, de Pablo Prigioni à Pedro Martinez, a complètement changé votre rôle au sein de l'équipe. Vous êtes passés de miettes de temps de jeu à un rôle important. Que s'est-il passé ?

Avec Pablo Prigioni (ancien joueur de Vitoria), il y avait une relation de coéquipier à coéquipier, davantage que de joueur à coach. Pedro Martinez, c'est un coach à part entière, il n'est pas là pour être ton pote. Il est arrivé avec son plan de jeu et sa discipline. Ça qui nous a fait du bien parce qu'on a une équipe relativement jeune, et je pense que le plan de jeu de Pablo ne nous convenait pas. En tout cas, moi, je n'étais pas très à l'aise dans son système de jeu. Et  après, quand tu perds la confiance en toi c'est un cercle vicieux, tu t'enfonces. À la fin avec Pablo, je rentrais, je faisais une erreur, je ressortais tout de suite, et je restais  dans une spirale négative. Quand Pedro Martinez est arrivé, ça a tout remis à zéro. J'ai pu ressaisir ma chance comme si c'était la première fois que je jouais avec Vitoria.

Dans quel secteur de jeu avez-vous le plus progressé par rapport à votre dernière saison en Pro A ?

(Sans hésiter) Dans l'expérience du jeu. Parce qu'en Euroleague tu joues beaucoup, le rythme des matchs est élevé, les entraînements intenses, et du coup tu t'entraînes assez peu individuellement. Mais à force de jouer tu deviens plus intelligent, plus précis. Tu apprends à lire le jeu, lire les mouvements. C'est dans l'intelligence, le placement, toutes ces petites choses sans ballon, que j'ai le plus progressé.

Votre carrière suit une logique de progression linéaire. Cette nouvelle étape, l'Euroleague, correspond-elle à ce que vous attendiez pour votre évolution ? 

Le fait de jouer en Euroleague, tu sens tout de suite que c'est une autre dimension. Ça t'oblige à augmenter ton niveau. Quand tu joues chaque semaine contre les meilleurs joueurs d'Europe, tu ne peux pas ne pas être à 100%, comme j'ai parfois pu le faire la saison dernière. Ici il faut que tu sois plus lucide, plus juste, plus intense. Tu dois être tout le temps prêt et ça te force à être meilleur.

itw-vincent-poirier--1513514661.jpegVincent Poirier dunke sur le prodige Lika Doncic (Real Madrid). Semaine après semaine, il se confronte aux meilleurs joueurs et progresse naturellement. Photo : Euroleague.

Est-ce qu'au sein de l'équipe il y a des joueurs qui vous conseillent et vous aident dans cette progression ?

Marcelinho Huertas (34 ans, ex Barcelone et Lakers). Il essaie de me donner des conseils aux entraînements, par exemple sur certaines consignes avec lesquelles je ne suis pas forcément très à l'aise. Mais on se donne un peu tous des conseils. Je pense qu'on apprend tous au quotidien, ensemble. À part Marcelinho, personne ne  peut dire "ça fait 15 ans que je joue en Euroligue, je vais vous expliquer comment ça se passe". On se tire tous vers le haut les uns les autres, pour devenir meilleurs ensemble.

En quoi le passage en équipe de France cet été vous a permis de progresser ?

Avec l'équipe de France, tu joues avec les meilleurs joueurs français. Tu deviens forcément meilleur dans ton approche du jeu. À l'entraînement, je savais que quand j'allais rouler sur le pick and roll, Kevin (Séraphin) allait m'attendre, et je ne pouvais pas me permettre de faire un petit lay-up où je tombe. Il fallait que je sois plus dur. De la même manière, quand tu as un Nando De Colo qui va au panier, tu sais qu'il va falloir l'empêcher de marquer même si c'est presque impossible. Cette exigence que j'ai eue avec l'équipe de France, j'essaie de la retranscrire ici au quotidien. 

On imagine que ça vous a donné envie de retourner en Bleu.

Cet été, je savais que je n'aurais pas un rôle important, que je serais le 12e joueur. J'ai essayé d'apporter mon état d'esprit, ma joie, mon côté positif. J'ai envie d'y retourner en étant un joueur plus important, pas en étant juste sur le banc. J'ai envie de montrer que je suis là et que je peux apporter. Ça fait partie de ma progression : d'abord il faut prouver en Euroligue et ensuite ça viendra tout seul.

Est-ce qu'il y a des pivots que vous observez, dont vous vous inspirez pour progresser ?

Quand je ne connaissais pas grand-chose au basket, je regardais un peu Ante Tomic (Barcelone) parce que c'est le seul que je connaissais et que j'aimais bien sa façon de jouer, un peu nonchalant mais très efficace. Mais après je n'ai pas forcément son jeu. Maintenant, je regarde plutôt des vidéos de moi-même. Quand il y a des highlights qui sortent, je regarde ce qui a été, comment je peux améliorer certains moves, certains déplacements. Je me concentre davantage sur mon jeu à moi que sur celui des autres. 

17 décembre 2017 à 20:01
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