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LE PRÉSIDENT DE LA LNB, ALAIN BÉRAL, FAIT LE POINT À LA MI-SAISON (PARTIE 1)

Alain Béral LNB
Crédit photo : Sébastien Grasset

Le président de la LNB, Alain Béral, fait le point sur l'actualité du basketball français.

 Entretien réalisé par Geoffrey Charpille

La saison de Pro A et Pro B organisée par la Ligue Nationale de Basket (LNB) arrive à mi-saison. L’année sportive 2016/17 était celle du changement. Entre nouvelles réglementations ou nouveau diffuseur, le basketball français était attendu au tournant.

Le sportif, la médiatisation, les finances : Alain Béral, le président de la Ligue Nationale de Basket, a fait le bilan pour BeBasket. Entretien en deux parties. Voici la première.

« Les clubs ont refusé le passage à 16 équipes pour les fenêtres internationales

 

Il ne reste plus qu’une journée avant la fin des matchs allers en Pro A. Sportivement, quel bilan vous pouvez faire de cette première moitié de saison ?

Comme chaque année dans le championnat de France, tout est serré. Que ce soit en Pro A ou en Pro B d’ailleurs. On peut le voir, car toutes les équipes ne sont pas encore connues pour participer à la Leaders Cup. On enregistre également, une fois de plus, une augmentation d’affluence dans les salles. Cela prouve que les clubs se développent de mieux en mieux.

Vous parlez de la Leaders Cup, le futur gros évènement du basket français (du 17 au 19 février). Quelles sont les retombées pour la billetterie aujourd’hui ?

Pour l’instant, nous sommes au même niveau que l’an dernier au même stade. Donc c’est bien parti pour le remplissage. Il y a encore une incertitude concernant toutes les équipes qualifiées. Mais j’espère que la Leaders Cup sera aussi bien réussie que celle de 2016. Nous sommes très heureux du partenariat avec Disney. Nous n’avons absolument pas envie de divorcer. On travaille d’ailleurs avec Disney pour savoir si ce partenariat peut durer encore plus longtemps. Cette année, c’est la dernière par rapport aux cnq qu’on s’était promis.

Ce partenariat, tout le monde nous l’envie en Europe et je ne vois pas pourquoi on devrait l’arrêter.

Qu’en est-il des autres évènements organisés par la LNB ?

Nous sommes très satisfaits des évènements organisés, que ce soit le Match des Champions ou le All-Star Game. Pour ce dernier évènement, ce fut un véritable succès, car on a refusé 5 000 personnes. Aujourd’hui, l’AccorHotels Arena est devenu trop petit pour ce spectacle. Les Américains considèrent que le All-Star Game français est le meilleur après celui des Etats-Unis. D’ailleurs, ils ont assisté à celui de décembre.

À l’avenir, on peut imaginer que le All-Star ne se dispute pas à l’AccorHotels Arena ?

En France, il n’y a pas grand-chose vu que Bercy est la salle la plus grande pour l’instant. Comme il y a des projets de grands stades couverts et qui peuvent accueillir autre chose que du rugby ou du football, on envisage évidement de délocaliser l’évènement. Je pense que l’on peut imaginer un jour mettre 25 000 personnes dans un stade pour un All-Star Game.

Cette année, il n’y a pas d’équipe en Euroleague, mais 4 en Basketball Champions League (BCL) et 4 en FIBA Europe Cup (FEC). Globalement, le parcours de nos clubs français est très bon, on le voit encore cette semaine. Malheureusement, on l’impression que dans les deux compétitions, les équipes rencontrées sont parfois plus faibles que les équipes de notre Pro A.

Qu’est-ce qu’on doit attendre de ces Coupes d’Europe généralement ?

Je pense qu’il faut regarder les choses de façon neutre. Si on prend la FIBA Europe Cup, c’est le même niveau que l’an dernier. Mais cela reste une compétition qui ne satisfait pas tout le monde, en tout cas dans le premier tour. Dans le deuxième tour, il y a les meilleures formations qui restent plus celles qui descendent de BCL. Là, les matchs deviennent beaucoup plus tendus avec des équipes plus fortes. Il faut se souvenir que Nanterre avait gagné la compétition (NDLR : à l’époque, cela s’appelait l’EuroChallenge) et que la JSF avait dû éliminer de fortes équipes.

Et pour la BCL ?

Pour la BCL, c’est vrai qu’il y a un débat sur le sujet. Les quatre clubs qui la jouent, après avoir eu un doute, sont bien contents du niveau. Malheureusement, ce niveau a été un peu tiré vers le bas par l’agrandissement du format. L’an prochain, il sera resserré. On a dû agrandir le format car il y avait beaucoup plus d’équipes qui voulaient aller en BCL plutôt qu’en FEC. Mais comme pour la FEC, le deuxième tour sera plus intéressant, car les champions de chaque pays vont presque tous être qualifiés.

Mais le format de la compétition est-il adapté au niveau des équipes de Pro A ?

Il faut savoir ce qu’on veut (rires). Quand on ne se qualifie pas, c’est parce que on n’est pas bon et quand on se qualifie, c’est que la compétition n’est pas bonne. Évidemment, il faut aller le plus loin possible pour bien compléter une saison. En tout cas, je pense que la BCL est une bonne compétition.

D’un point de vue de la fréquentation et du modèle économique, est-ce que les compétitions sont sur le bon format ?

Par rapport au modèle de la FEC de l’an dernier, la fréquentation est identique. Le modèle économique est bon. Chaque club qui s’est inscrit a touché 100 000€ de la FIBA. S’ils passent les différents tours, ils améliorent ce chiffre. Ils ont juste à payer les frais d’arbitrage qui s’élèvent à 22 000€ par an.

Par contre, le conflit entre la FIBA et l’EuroLeague se poursuit...

Bien sûr, le débat continue au niveau européen. Ce n’est pas normal de voir ce qui se passe en ce moment avec les trop nombreuses compétitions européennes.

Tout le monde est bien d’accord pour dire que l’EuroLeague est la meilleure compétition en Europe. On l’a toujours dit. Par contre, depuis la privatisation de la formule sous la forme d’un championnat national, cela pose des problèmes de calendrier à toutes les équipes pour jouer leurs championnats et l’EuroLeague. En plus, vu que la compétition se fait sur invitation, il y a des clubs qui sont assurés d’y participer… 11 clubs sur 16, je trouve que ça fait beaucoup.

Le danger, c’est que la formule passe à 18, car là, la plupart des clubs engagés auront dû mal à jouer leur championnat national.

Le deuxième danger, c’est que l’EuroLeague ne souhaite pas arrêter la compétition pendant les fenêtres internationales. En plus du problème d’éthique, cela pose un problème d’importance concernant la qualité des championnats avec les équipes nationales, Euro, Mondial ou Jeux olympiques. Ce n’est pas normal, car contrairement à ce qu’on peut dire, les joueurs sont fiers de jouer pour leur maillot national.

D’ailleurs, en 2017, vous l’avez dit, il y a le retour des fenêtres internationales… En 2014/15, la LNB passait à 18 clubs. N’est-ce pas le bon moment pour repasser à 16 club afin d’alléger les calendriers des équipes ?

Pendant les fenêtres internationales, les championnats vont s’arrêter. Donc les joueurs qui ne jouent pas en équipe nationale pourront se reposer. C’est ce que les coachs et les équipes souhaitent.

Deuxièmement, on a déjà posé la question aux clubs pour changer le format de la Ligue et ainsi l’alléger. Si on passe de 18 à 16, on allège de 4 matchs, c’est presque marginal. Mais les clubs ont refusé, presque à l’unanimité. De mémoire, c’est plus de 80%. Rester à 18, ça implique une tension sur le calendrier à cause des fenêtres qui sont une aberration, on l’a toujours dit. On a toujours été contre, tout comme la Fédération. Maintenant, il faut respecter car on a besoin de nos équipes nationales.

« Aucun club Français ne peut se payer un joueur comme Nando De Colo »

 

L’une des grandes nouveautés de cette année, c’est l’instauration du quota maximum de 6 joueurs non formés localement (JNFL) en Pro A et 4 en Pro B (dont 2 Bosmans et ou Cotonous). Faites-vous quelque chose pour changer les quotas à court terme ou avez-vous accepté la situation du fait de la réglementation européenne ?

On n’a pas le choix. Il y a eu une plainte qui a été déposée contre ce que l’on faisait. Pour la commission européenne, il fallait donner une liberté totale de circulation aux joueurs et donc enlever les quotas. Avec le gouvernement, nous nous sommes battus deux ans contre ça. Au bout de deux ans, on a fait valoir la qualité de notre projet pour la formation et le développement des jeunes joueurs. Il a donc fallu que nous fassions une proposition pour éviter le pire. Notre proposition, ça a été de diminuer d’un joueur dans chaque catégorie A et B le nombre de joueurs JFL. On ne peut plus rien changer, car sinon, on revient à la case zéro et la commission européenne voudra qu’on rechange la réglementation. Nous, au contraire, on s‘est battus pour éviter ça.

Est-ce que cela ne décourage pas les jeunes joueurs français à tenter l’aventure en LNB ? D’ailleurs, avec l’augmentation des salaires en D-League, la LNB risque de perdre encore de son attractivité…

Déjà, les budgets des clubs ont été augmentés. On ne peut pas faire grand-chose contre la D-League ou la NBA. Au contraire, pour la NBA, c’est une fierté de voir des joueurs français y jouer. Pour la D-League, c’est plus compliqué, car la seule chose qu’on peut expliquer, c’est que ce n’est pas une passerelle pour la NBA. Alors, oui, ils vont peut-être gagner plus d’argent que chez nous, mais ça ne va pas durer très longtemps. Je n’ai pas l’impression qu’on manque de joueurs en France, pas plus qu’en Belgique ou chez les autres. Le problème, il est avant tout économique. Évidemment, on veut qu’une équipe française joue l’EuroLeague. Ce serait encore mieux avec des joueurs français. Mais aucun club français ou proche de nous peut se payer Nando De Colo. C’est une réalité.

À la Ligue, quelles sont les pistes de réflexion pour empêcher la fuite des jeunes talents français ? On parle souvent de faire de la Pro B une ligue de développement… C’est une idée envisageable ?

Je trouve qu’elle est déjà en développement. En plus, ils ont du temps de jeu, ce qui est le but. Je suis certain que ce sont des joueurs, pour la majorité, qui iront en Pro A par la suite. Si on prend les deuxièmes divisions européennes, la Pro B et le championnat turc sont les meilleures ligues d’Europe. C’est très valorisant en termes de formation car ils peuvent s’exprimer avec du temps de jeu et faire des bêtises sans que ce ne soit trop grave. Ils peuvent s’aguerrir et apprendre le métier en Pro B car c’est un championnat très dur. Il devrait avoir beaucoup plus de joueurs français qui jouent en Pro B pour se faire la main. On travaille avec la FFBB pour remettre à plat le système de formation. À l’avenir, il faut que la Pro B puisse donner encore plus de temps de jeu aux futurs joueurs de l’Équipe de France.

Il y a quelques jours, l’ASVEL a signé un partenariat avec le club de Saint-Chamond pour y prêter les jeunes Espoirs afin de les développer et de les faire jouer en professionnel. La LNB n’aurait-elle pas intérêt à pousser les clubs de Pro A à faire pareil ? (HTV - SAP Vaucluse, Strasbourg - Souffel, Nancy – GET Vosges…)

Il y a de plus en plus de clubs de Pro A qui ont des accords avec des équipes de Pro B. On encourage totalement ce genre de partenariats. Ça nous semble intéressant pour les joueurs et pour les clubs. Par exemple, côtoyer un club comme l’ASVEL, c’est très professionnalisant pour les clubs de Pro B, notamment dans l’approche de l’économie autour du basket (marketing, billetterie, sponsors etc…). Il y a de plus en plus d’équipes de Pro B qui déposent des dossiers auprès de la Ligue pour avoir des labels et réussissent à en obtenir. Ce phénomène de rapprochement ne peut être que positif pour tous les acteurs.

 

Deuxième partie sur la médiatisation de la Pro A et la Pro B ainsi que les finances à suivre ce vendredi 20 janvier.

19 janvier 2017 à 15:56
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