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ITW MAXIME BOUBERT, LA FOLLE ASCENSION DU PLUS JEUNE ARBITRE DE PRO A

Crédit photo : DR

Grand espoir de l'arbitrage français, Maxime Boubert revient sur sa rapide accension au plus haut niveau français. Entretien avec le plus jeune sifflet de Pro A.

Il a commencé l'arbitrage à 16 ans pour tutoyer la Pro A dès ses 22 ans, Maxime Boubert (deuxième en partant de la droite sur la photo) nous raconte son parcours des plus express.

Comment avez-vous commencé à arbitrer ?

Je n'ai pas commencé l'arbitrage par volonté mais parce que l'on me l'a imposé. Quand je jouais, j'étais assez contestataire envers les arbitres et souvent, je réfutais les décisions de l'entraîneur. Et j'ai aussi pris quelques fautes techniques, j'étais sous le coup d'une suspension puis on m'a proposé de passer cette formation d'arbitre afin de réduire cette sanction. L'histoire a commencé comme ça et j'ai passé mon diplôme à 15 ans pour officier en département l'année suivante.

Qu'affectionnez-vous dans cette activité ?

J'aime surtout les relations humaines, c'est une activité où l'on est systématiquement en contact avec différents publics. On doit gérer la rencontre en fonction de plusieurs aspects et ça demande une grande, grande, maîtrise et connaissance de soi pour bien appréhender chaque situation et quelque fois prendre sur nous et donner une bonne décision et avoir le comportement approprié. C'est vraiment ce côté partage, humain, qui m'a plut et plus particulièrement dans mon cas de jeune arbitre où je peux être en contact avec différentes personnes issus de milieux variés, mes collègues peuvent être comptables, banquier... et de tout âge. C'est source d'enrichissement pour moi. Lors de chaque rencontre, j'apprends de chacun d'entre eux. Ça a été pour moi "une école de la vie", j'ai pu m'enrichir et mûrir un peu plus vite.

"Quand les coachs ou les joueurs nous voient arriver avec des têtes de gamins, ils essayent de nous tester mais il faut d'abord les respecter."

Le fait que vous soyez jeune, est-ce un atout ou un inconvénient ?

J'ai eu beaucoup de discussions sur ce sujet. Pour moi, c'est ni l'un, ni l'autre. Je me suis vite sorti de cette image là ; à savoir, je suis jeune donc j'ai le temps et je suis protégé. J'ai toujours eu cette exigence envers moi de vouloir être jugé -quel que soit mon âge - de la même manière qu'une personne de 30 ans. D'une part, c'est très important d'être observé de la même manière que mes équipiers vis-à-vis d'eux et cela me permet de ne pas me reposer sur mes acquis.

J'ai eu la chance de gravir les échelons très tôt à chaque niveau mais avant tout, je devais être aussi performant qu'un de mes collègues qui est là depuis 10 ans mais bien-sûr, je n'avais pas la même expérience que lui. Je ne me cachais pas pour autant derrière ma jeunesse en me disant, "j'ai le temps, ça va le faire." Non, je voulais être performant tout de suite. Ce n'est pas un avantage, ni un inconvénient. On en apprend chaque jour. Forcément, quand les coachs et les joueurs nous voient arriver avec des têtes de gamins, ils essayent de nous tester mais il faut d'abord les respecter et ne pas essayer de jouer un rôle de quelqu'un de plus fort ou de tomber dans l'autoritarisme. Il faut être soi-même. [...]

Vous êtes le plus jeune arbitre à officier en Pro A et faites même partie du programme "On the road to FIBA". C'est une superbe ascension pour vous ?

C'est la première année que je reste aussi longtemps dans une division. J'en rigole mais c'est vrai. J'ai commencé à 16 ans en départemental où j'y ai passé deux saisons. À 17 ans, je suis passé en région puis NM3 à 18 ans mais je n'ai arbitré que quatre matchs de la saison car je me suis blessé à la cheville. Malgré ça, je suis arrivé en NM2 l'année d'après pour au final y rester deux ans avant d'accéder au Haut-Niveau.  Quatre mois après mon ascension, j'ai intégré la passerelle NM1/Pro B puis je suis arrivé en Pro A. Je l'ai toujours vécu comme du bonus car je n'ai jamais eu le temps de m'installer quelque part. J'ai toujours essayé de me donner les moyens de réussir. Les instances de la Fédération Française de Basketball et le HNO (Haut-Niveau des Officiel, NDLR) m'ont donné la chance d'arbitrer à un niveau plus qu'intéressant, qui est même extraordinaire pour travailler. Je ne me suis jamais mis de pression particulière. Je ne me suis jamais dit que "ça va être dur". J'ai juste pris mes matchs les uns après les autres tout en acceptant mes erreurs commises sur chaque rencontre.

Cette année, j'ai eu quelques matchs compliqués, la faute à un manque d'expérience. Il faut assumer, on ne peut pas être parfait. Ça fait maintenant deux ans que je suis en Pro A, c'est juste un plaisir.

Vous faites partie de la deuxième promotion du programme "On the Road to FIBA" (Thomas Bissuel nous en avait parlé fin avril).

Aujourd'hui avec "On the Road to FIBA", on a énormément de chance en tant qu'arbitres potentiels d'être dans ce programme-là. On est vraiment suivi toute l'année. On a un coach qui est présent quand on le souhaite, le mien c'est Philippe Mailhabiau (son interview est à relire ici, NDLR) qui est un ex-arbitre international qui a arbitré les J.O. Il donne beaucoup de son temps et de sa personne, en plus de partager son expérience. Donc c'est vraiment une chance pour moi de l'avoir. J'arbitre aussi souvent avec Nicolas Maestre qui est mon tuteur. Après, on a un travail régulier avec des QCM, des réunions et des stages à l'étranger. On n'est pas lâché dans la nature, on est vraiment encadre, dans un fauteuil. Outre cela, j'essaye de m'enrichir de tout le monde comme je l'ai dit précédemment. Je pense que c'est important d'avoir plusieurs visions. Il y a plein de collègues que ce soit en Pro A ou en Pro B qui ont beaucoup d'expériences avec des anecdotes qui peuvent, nous jeunes, nous permettre d'éviter certaines erreurs ou échecs.

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© - Sébastien Grasset

Qu'est ce qui vous a permis de monter aussi vite ?

Je pense que c'est une question d'opportunités. J'ai eu pas mal de chance.  Mais aussi être performant de manière régulière et sur les moments clefs. Sincèrement, avant le MN2, je n'étais pas forcément saignant, je ne m'investissais pas tant que ça car je jouais au basket jusqu'en championnat de France jeunes. J'étais plus porté sur le jeu. Je me remets tout le temps en question. Je ne me satisfais jamais de ce que j'ai. J'ai toujours envie d'avoir plus. À chaque match, quand je ne suis pas satisfais de moi c'est, quelque part une bonne chose, ça me permet de me concentrer davantage sur le match d'après tout en tirant des conclusions sur la rencontre précédente. A contrario, quand je fais une très bonne performance, ça ne me suffit pas. Je ne suis jamais content. [...] À la fin du match, tout le monde me dit du positif, j'ai toujours quelque chose qui ne m'a pas satisfait sur la rencontre. Toujours repousser ses limites, c'est quelque chose que j'essayerai de m'imposer chaque jour. C'est ma philosophie de vie. J'essaye en permanence d'avancer et d'apprendre quelque chose. C'est ce qui m'a permis d'être là, y compris grâce à des travaux et échanges réguliers, même avec des spectateurs. [...]

Parlez-nous de la filière d'accession au haut-niveau.

Aujourd'hui, il y a des stages de perfectionnement nationaux qui sont sous la tutelle d'Abdel Hamzaoui qui est l'un des cinq RTZ (Responsable Technique de Zone, ndlr). Il y a trois années de formation. Au départ, ce sont les ligues régionales qui envoient deux-trois arbitres et certains postulent en candidat libre pour intégrer ses filières. Dans ce cursus, il y a un stage de mécanique (perfectionner ses placements selon les situations de jeu, NDLR) sur le Tournoi Inter-Ligues U15. Il y a, lors de la deuxième année, un stage à Bourges et à Seix où la technique d'arbitrage est abordée puis un autre de gestion à Cholet et à Tourcoing lors du week-end de Pâques. [...] L'équipe technique en charge de ces détections se réunit et estime si certaines personnes ou non peuvent aller sur le dernier stage. Ce dernier a lieu à l'INSEP lors du camp LNB, il comprend les arbitres issus de cette filière mais aussi les premiers de chaque zone, la première arbitre féminine, et le premier officiel national. En fonction du besoin du HNO (Haut-Niveau des Officiels, Pro A, Pro B, NM1 et LFB), ils prennent un certains nombre de candidats.

"L'arbitrage n'est pas un métier."

On a parlé de votre parcours, et dans l'avenir que visez-vous ?

Sur le court terme, mon objectif est d'être validé en Pro A pour la saison prochaine. Ensuite, devenir international. La prochaine échéance est en 2019. Je ne me mets pas de pression particulière, j'essaye juste de devenir meilleur chaque jour et d'arriver dans une forme optimale pour ce rendez-vous. Je souhaite simplement arbitrer la meilleure compétition possible. Mon objectif est d'aller aux Jeux Olympiques si j'en ai la possibilité et d'officier sur des compétitions européennes et mondiales mais avant ce but, il y a beaucoup de travail à faire, de montages à franchir (sourire). J'ai à peine mis le pied sur le premier col, il en reste plusieurs à franchir avant d'aller tout là-haut. [...]

Quels conseils donneriez-vous à un jeune arbitre qui souhaiterait monter comme vous ?

Le premier conseil que je donnerais, c'est d'avoir de l'ambition mais sans que ce soit une priorité. C'est-à-dire que beaucoup de personnes espèrent aller au haut niveau mais il n'y a peu de place. Ce n'est pas donné à tout le monde malheureusement. Ça demande des qualités et de la chance, du travail et énormément de sacrifices. Il faut se fixer des objectifs mais il est primordial d'être en phase avec soi-même. Il faut s'enrichir des autres et arrêter d’être arrêter sur des idées.. Dernière chose, il faut faire des sacrifices mais ne pas faire n'importe quoi dans le sens où il y a un équilibre à tenir entre la vie personnelle le travail et l’arbitrage. Certains voulaient faire des sacrifices par rapport à leur étude mais l'arbitrage n'est pas un métier. Seulement cinq arbitres en France le font à plein temps. Quand on est équilibré dans sa tête, on l'est sur le terrain. C'est super important et il ne faut pas l'oublier.

L'arbitrage pour vous, en un mot, c'est..?   

C'est une colle, là ! (Il hésite longuement) Partage ? Je ne sais pas si c'est le bon mot. Non, respect. Respecter les acteurs. Le respect qu'on doit avoir entre nous, vis-à-vis des personnes, des spectateurs et des instances. 

Pour conclure, je tiens à dire bon courage à tous les collègues qui officient encore. Il n'y a pas de petit arbitre, il faut continuer à se faire plaisir et vivre notre passion. Ceux qui souhaitent franchir le pas, n'hésitez pas, les comités départementaux cherchent des arbitres.

* De gauche à droite sur la photo : Freddy Lepercq (arbitre de Pro A), Marion Ortis (nouvelle arbitre internationale), Philippe Mailhabiau (commissaire de la LNB), Maxime Boubert et Nicolas Maestre (arbitre international et salarié à la FFBB).

 

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11 juin 2017 à 14:00
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