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L'ARBITRE THOMAS BISSUEL NOUS EXPLIQUE LE PROGRAMME "ON THE ROAD TO FIBA"

Thomas Bissuel
Crédit photo : Team Photo CMB

Promu récemment dans l’élite du basketball français, Thomas Bissuel vient de franchir un nouveau cap en étant retenu sur la liste internationale. Une étape accomplie grâce à la mise en place d’un programme de formation unique en Europe, « On The Road To FIBA ». Entretien.

Sportive. La saison l’est aussi pour les hommes en gris puisqu’en plus de la performance sur le terrain, ils sont soumis à une exigence du haut-niveau, sans pour autant en faire leur métier. Seul cinq d’entre eux sont employés par la Fédération française de basketball (FFBB).

Les résultats de l’examen international sont tombés et Thomas Bissuel (au centre sur la photo) répond favorablement aux exigences de la FIBA, au même titre que sept autres de ses collègues.

Lors du Cholet Mondial Basketball, ce dernier a répondu à nos questions.

Vous avez bénéficier du programme « On The Road To FIBA » mis en place par la FFBB. Pouvez-vos nous expliquer ce qu'est ce programme ?

« On the Road to FIBA » est un programme qui a été mis en place en place, il y a deux ans, par la fédération et le HNO (Haut-Niveau Officiel, NDLR) pour permettre à de jeunes arbitres de se perfectionner et de répondre aux exigences de la FIBA. C’est un vivier d’arbitres potentiels qui sont amenés à devenir arbitres internationaux Celui-ci est fait pour les accompagner à l’aide d’un coach – souvent un ancien arbitre ou un dirigeant du HNO -, et d’un tuteur - un arbitre en activité. Ils vont aider l’arbitre au maximum en l’aidant à développer ses compétences pour répondre à la volonté du plus haut niveau en Europe et dans le monde. Christian Altmeyer est en charge de ce projet pour le HNO (Haut-Niveau Officiel, NDLR). Goran Radonjic – en charge des relations internationales à la FFBB – nous accompagne également et nous apporte son éclairage notamment dans la préparation des échéances que ce soit des camps ou des stages au niveau international.

Comme à tout niveau, les arbitres doivent réussir une série de tests afin d’être éligibles ?

C’est un contenu très riche, on a beaucoup de tests théoriques – tant sur le règlement que sur la langue anglaise - et physiques. On travaille un maximum notre aisance en anglais que ce soit sur le terrain ou en dehors. La France a les mêmes exigences au niveau de la condition physique avec le Luc Léger. On fait des camps et des stages internationaux. On accompagne également les équipes de France sur leur préparation ou lors des matchs amicaux.

Ce programme s'adresse-t-il à tous les arbitres à potentiel ou seulement ceux qui évoluent au haut-niveau ?

Il faut avoir été arbitre international avant 35 ans. A partir de cet âge, on ne peut plus intégrer ce programme. Il faut aussi être arbitre de haut-niveau actif, dans ces divisions-là, à partir de la Nationale 1.

Tous, ne décrocheront pas le droit d’officier à l’international mais ils en sortent, néanmoins, grandis.

Quel que soit l’issue qu’on devienne arbitre international ou non, on aura quand même développé nos compétences et progresser que ce soit en Nationale 1, Pro B ou Pro A (et en Ligue Féminine de Basket, la catégorie du Haut-Niveau).

Des efforts qui se sont avérés payant puisque la France compte désormais huit nouveaux arbitres internationaux, soit 13 qui officieront hors de l’Hexagone...

Les résultats sont tombés (sourire) et pas seulement pour moi ; on est nombreux à intégrer la nouvelle liste des arbitres internationaux à compter du 1er septembre 2017 et pour 2 ans. Cette réussite est une grande fierté pour le programme, pour tous les gens qui nous ont aidé et soutenus : les coachs, les tuteurs et les dirigeants. On est nombreux à avoir évolué, fait de gros progrès et avoir la chance d’être sur cette liste.

Être arbitre à l'international, c'est tout aussi bien siffler en EuroLeague que sur un EuroBasket U16 division B. A quel niveau siffleront ces arbitres ?

Quand on a une licence FIBA maintenant, il y a trois couleurs : la liste blanche – ce sont des arbitres qui seront uniquement désignés sur les compétitions internationales de jeunes pendant la période estivale. Il y a la couleur verte, cette pastille s’adresse uniquement aux femmes pour arbitrer des compétitions féminines, tant en jeunes qu’en séniors. La licence noire permet d’arbitrer toutes les compétitions européennes.

Comment et par quel arbitre avez-vous été accompagné pendant le programme ?

Mon tuteur était Eddie Viator (référencé sur le plan national et mondial et récemment arbitre lors de la finale des JO féminin de Rio, NDLR), un arbitre que l’on ne présente plus et mon coach Bruno Vauthier – un ancien arbitre international et membre actif de la FFBB - qui est responsable de la formation des arbitres au niveau national. C’est un programme enrichissant pour nous mais aussi pour les coachs et les tuteurs qui nous accompagnent, nous découvrent et partagent leur expérience avec de jeunes arbitres. Le travail avec le coach est quotidien, on doit le solliciter au maximum pour analyser nos matchs et s’enrichir de leur expérience. Un programme très dense.

Que faites-vous au Cholet Mondial Basket ? Vous servez-vous de cet événement ? On peut voir qu'Edgar Ceccarelli, passé par le tournoi l’année dernière, siffle actuellement en NM1 et fait partie de la deuxième promotion de « On The Road To FIBA ».

Ce qui relie « On The Road to FIBA » et ce tournoi, c’est la notion de potentiels. On est sur un tournoi international de très haut niveau où 12 arbitres ont été sélectionnés. Ils ont suivi un cursus de formation initiale pendant 3 ans et une partie est ici, à Cholet, et les autres sont à Tourcoing. Ces arbitres sont là pour être formés - c’est un stage de perfectionnement avant tout – mais aussi pour être détectés. On va déterminer ceux qui ont le plus fort potentiel pour arbitrer à haut-niveau. Les meilleurs arbitres dont 5 issus de ces 2 stages, seront évalués et feront un stage à l’INSEP, lors du camp LNB, pour accéder au HN.

« Accéder à la NBA et aux plus grandes compétitions internationales. »

Mathieu Hosselet, Régis Bardera, David Chambon, Johann Jeanneau et Jean-Charles Collin stoppent leur carrière internationale. C'est une opportunité pour les plus jeunes d’accéder à ce niveau ?

La Fédération Internationale a modifié son organisation au niveau de l’arbitrage. Avant, chaque fédération pouvait envoyer un ou deux candidats à l’examen international et on le devenait à vie. Maintenant, la formule a changé, chaque fédération à un nombre de places limitées ; la France peut en envoyer 13. C’est la FFBB qui a transmis la liste à la FIBA. A présent, cette licence est valable deux ans. Tous ces changements d’organisation ont poussé les arbitres reconnus sur la scène internationale depuis de nombreuses années à revoir leur objectif, leur attente ou leur investissement. Cinq d’entre eux ont décidé de mettre un terme à leur carrière sur la scène internationale. Ça donne l’opportunité à des jeunes d‘intégrer la liste des arbitres internationaux. Il faut qu’on fasse nos preuves pour atteindre au minimum le niveau du groupe qui était constitué avant.

Comme les joueurs, les arbitres rêvent de NBA. Jusqu’à présent, aucun représentant tricolore n’est parvenu à se hisser dans la grande ligue. Eddie Viator et Joseph Bissang ont, néanmoins, officié lors des Summer Leagues aux États-Unis. Y songez-vous ?

Oui ! C’est une chance extraordinaire, d’avoir bénéficié de ce processus, d’être accompagné et de l’être encore aujourd’hui et demain, par des gens qui ont autant d’expertise que de bienveillance à mon égard. Je suis fier d’avoir travaillé avec eux. J’avais vraiment à cœur de réussir pour répondre à tout leur investissement à mes côtés. Si j’avais un rêve – je sais que ça ne plait pas à tout le monde -, ça serait d’accéder à ça, la NBA, et aux plus grandes compétitions internationales. Mais avant, il va falloir être performant au niveau européen avant toute chose.

l-arbitre-thomas-bissuel-nous-explique-le-programme--on-the-road-to-fiba-1493310179.jpegLes arbitres français lors d’un clinic FIBA à Charenton (Ile-de-France), fin mars 2017. (De gauche à droite, Thomas Kerisit, Alexandre Deman, Yann Vézo Davin (arbitre pour Madagascar), Valentin Oliot, Marion Ortis, Thomas Bissuel, Christina Manoli, Abigail Catrix, Sarty Nghixulifwa (arbitre pour Namibie), Hugues Thepenier et Chantal Julien, responsable des arbitres de Haut-Niveau).

par @
27 avril 2017 à 16:31
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