FRANCE


LES DIX ÉVÈNEMENTS BASKET QUI ONT MARQUÉ 2015

Top 10 2015
Crédit photo : Sébastien Grasset

Voilà, nous sommes le 1er janvier 2016 et l'année 2015 appartient désormais au passé.

Douze mois globablement frustrants pour le basket français, marqués par l'échec de ses deux équipes nationales en quête de médailles d'or lors des championnats d'Europe. Mais tout n'est pas à jeter, loin de là. On se rappellera notamment longtemps de cet EuroBasket masculin vécu à domicile, organisé en urgence de main de maître par la FFBB et de ces matchs couperets disputés dans l'incroyable Stade Pierre Mauroy de Lille devant 27 000 spectateurs.

Voici un dernier coup d'oeil dans le rétroviseur sur les dix évènements basket qui ont le plus, selon nous, marqué l'année 2015. Et meilleurs voeux pour 2016 !

Par Benjamin Bonneau, Amaury Boulay, Boris Delagnes, Alexandre Lacoste et Gabriel Pantel-Jouve

10 - Les jeunes Bleues doublement argentées

Si ces dernières années, les performances successives des équipes de France séniors ont permis au basket de s'établir comme l'un des sports actuels les plus fertiles en terme de réussite, les jeunes n'ont pas été en reste. Cet été, ce sont les équipes de France U18 et U20 féminines qui se sont ainsi illustrées en allant chercher à chaque fois la médaille d'argent de leur Euro. Comme un symbole de la marge qui existe encore entre France et Espagne chez les filles, les Ibères ont été dans les deux cas les bourreaux de nos jeunes Françaises.

Pour les U18, cette deuxième place fut rageante tant les protégées de Jérôme Fournier avaient jusque-là maîtrisé leur sujet derrière les performances d'un duo Lisa Berkani (14,8 points à 34,3 %, 5,3 rebonds et 1 passe) - Alexia Chartereau (12 points à 43 %, 10,4 rebonds, 1,6 passe et 1,6 contre) élu dans le meilleur cinq de la compétition. Sur une série de huit succès de rang après leur victoire en demie face à Russie (dont un succès 58-54 face à l'Espagne au deuxième tour), les Bleuettes ont rapidement lâché prise en finale (60-76) face à des Espagnoles supérieures en deuxième mi-temps à l'image de Maria Conde (21 points et 16 rebonds).


Photo : FIBA Europe

Du côté des U20, la dynamique a été exactement la même, puisque les joueuses d'Arnaud Guppillotte sont restées invaincues du premier tour à la finale, corrigeant certaines nations avec la manière (+25 face à la Slovaquie, +30 face à l'Allemagne, +28 face à la Russie). Portées par le phénomène Marine Johannes (10,6 points à 37,8 %, 4,3 rebonds, 3,1 passes et 1,7 interception) et la solide Aby Gaye (12,2 points à 50,6 %, 6,6 rebonds et 1,1 passe), les Françaises ont néanmoins chuté elles aussi en finale face à leurs homologues espagnoles sur le score de 47 à 66. Jamais dans le rythme à l'image d'une Johannes bien bouclée (3/14 aux tirs et 4 ballons perdus), les Bleuettes n'ont jamais semblé pouvoir contrarier les troupes de Leticia Romero (22 points à 9/14, 4 rebonds et 3 passes).

Quoi qu'il en soit, de tels résultats sont plus que prometteurs pour l'avenir, et l'on a pu voir dès la reprise que les Johannes, Duchet et autres Berkani allaient sans doute bientôt devenir certaines des taulières des prochaines saisons.


Photo : FIBA Europe

9 - Le conflit Euroleague / FIBA

Depuis l'an 2000, l'Euroleague (ULEB) a pris la décision de se désolidariser de la FIBA afin d'organiser seule la compétition reine des clubs européens ainsi que l'Eurocup, le deuxième échelon continental. Au cours des années, les relations entre les deux institutions se sont tendues et la FIBA a décidé de contre-attaquer afin de retrouver son pouvoir originel dans l'organisation des compétitions continentales des clubs. A l'image de ce qu'elle avait fait au début du siècle avec la "Suproligue", la FIBA a donc fait le choix d'organiser depuis cette saison la FIBA Europe Cup, concurrente toute désignée à l'Eurocup (provoquant du même coup la disparition de l'Eurochallenge, 3e coupe d'Europe dans la hiérarchie). Soyons honnête, cette nouvelle compétition parallèle n'est pour l'instant pas une franche réussite du fait du niveau modeste des équipes engagées mais la FIBA a promis des investissements conséquents pour la faire grandir rapidement.

Plus récemment, c'est l'Euroleague qui a tiré une nouvelle banderille en déclarant la guerre à l'organisation suprême européenne de manière à peine voilée. Son arme ? un nouveau format plus élitiste et semi-fermé sur le modèle d'un vrai championnat. L'objectif est ainsi de regrouper les 16 équipes du ghota continental afin de multiplier le nombre de rencontres et d'accroître les revenus liés aux droits TV et au marketing. Mais dans cette guerre des institutions, la FIBA Europe a brandi des menaces qui pourraient pousser les fédérations à y réfléchir à deux fois avant de s'engager en Euroleague. Les fédérations envoyant des clubs dans cette compétition pourraient être lourdement sanctionnées, jusqu'à être exclues de la FIBA et donc être absentes des compétitions internationales telles que l'Euro ou la Coupe du Monde. 

Une chose est sûre, cette lutte d'influence est loin d'en être à son terme et de nombreux rebondissements devraient encore avoir lieu lors des mois à venir. 

8 - Nando De Colo, l'explosion

Pour la première fois depuis longtemps, très longtemps, le meilleur joueur français d’une année civile n’a pas joué en NBA mais en Europe. Cette année 2015 fut sans aucun doute l’année de la transformation pour Nando De Colo qui s’est affirmé comme l’un des meilleurs joueurs évoluant sur le Vieux Continent. Arrivé à 28 ans dans son prime, cette expression qui signifie que la courbe de la forme physique croise celle de l’expérience au plus haut, le Nordiste s’est affirmé comme l’arme numéro 1 d’un très grand d’Europe, le CSKA Moscou, et, plus surprenant, de l’équipe de France, à chaque fois aux côtés des meneurs leaders que sont Milos Teodosic et Tony Parker.


Pas de titre majeur pour De Colo mais quelle saison ! (photo : Sébastien Grasset)

Après une année 2014 marquée par un retour des Etats-Unis après une expérience NBA frustrante et une blessure qui l’a empêché de prendre part à la très belle campagne française lors de la Coupe du Monde, NDC a fait plus que rebondir. Champion de Russie, vainqueur et MVP de la VTB League, troisième de l’Euroleague 2014/15 et de l’EuroBasket 2015 – en étant élu respectivement dans le deuxième et premier cinq - au sein de l’équipe favorite des deux compétitions, Nando De Colo a toutefois encore une marge pour faire mieux : et cela passe par les titres internationaux. Et l’arrière est déjà en mission pour aller les chercher.

7 - La LNB change de diffuseur

C'est le coup de l'année en termes de business dans le basket français ! Alain Beral a pris cet été le pari de rompre le contrat liant la LNB au groupe Canal (d'un montant de 6,2 millions par saison) afin d'obtenir une meilleure rétribution des droits TV et une plus grande couverture. La Ligue et la Fédération se sont ainsi engagées avec le groupe Numericable-SFR détenu par le nouvel homme de média Patrick Drahi et son groupe Altice. Un accord record pour le basket français puisque l'on parle d'un contrat de 10 millions par saison pendant trois ans ! 

Un chiffre évidemment ridicule en comparaison du football (748,5 millions) et du rugby (74 millions) mais supérieur au handball (4 millions) et au volley (dont la somme exacte n'est pas connue mais qui était de ... 0 euro avant le nouvel accord avec L'Equipe 21 passé cet été). Par ailleurs, grâce à ce nouvel accord, la LNB fait figure de très bon élève au niveau européen, devançant par exemple l'Espagne et la Liga ACB, fortement touchée par la crise locale.

C'est ainsi Ma Chaîne Sport qui diffuse depuis septembre les rencontres de Pro A deux fois par semaine, ainsi qu'un magazine hebdomadaire sur le même modèle que ce qui se faisait par le passé avec "Lundi Basket". Malheuresement, Ma Chaîne Sport, au-delà d'être une chaîne payante comme l'était Canal, n'est pas accessible à l'ensemble des fans puisque certains opérateurs ne permettent pas de s'y abonner. En guise de consolation, les fans de Pro A ont accès en clair à 12 matchs de championnat ainsi qu'à trois autres évènements (Alain Gilles Show, All-Star Game, finale de Leaders Cup) diffusés sur L'Equipe 21.

Petit hic néanmoins pour de nombreux fans de l'époque Canal, la disparation des commentaires de notre George Eddy national, qui ont bercé un certain nombre d'entre nous. 


MCS, nouveau diffuseur majeur de la Pro A (photo : Olivier Fusy)

6 - Bourges égale le record des Demoiselles de Clermont

Programmée pour gagner, la formation de Bourges a une nouvelle fois tenu son rang lors de la saison 2014/2015. Si l’année précédente (2013/2014) Lattes-Montpellier avait réussi à briser l’hégémonie berruyère, les coéquipières de Céline Dumerc ont rappelé à toute une nation qui domine le championnat ces dernières années. Pourtant, ce sacre ne fût pas de tout repos lors de la phase finale. Impériales d’octobre à avril (25 victoires pour une seule défaite en saison régulière et une première place facilement acquise), les joueuses de Valérie Garnier sont tombées lors du premier match des demi-finales sur le bouillant parquet de Basket Landes. Mais de retour au Prado, elles n'ont fait qu’une bouchée des Landaises pour s’ouvrir la voie de la finale face à une formation récemment titrée sur la scène continentale, Villeneuve d’Ascq. Une nouvelle fois, Endy Miyem and co. ont chuté à l’extérieur (51-61) avant de prendre le dessus lors du match 2 au Prado (63-55). Tout s’est dont joué lors de l’ultime rencontre de la saison. Malmenées durant toute la partie, les Berruyères ont pu compter sur une Céline Dumerc décisive dans les derniers instants pour finalement l’emporter de deux points (51-49).

Avec ce nouveau titre, le 13e, le Tango Bourges Basket entre un peu plus dans la légende du basket féminin français en égalant le record des Demoiselles de Clermont (13 titres entre 1968 et 1981). Ce 13e sacre marque également un tournant dans l’histoire moderne du club avec le départ de l’un de ses emblèmes, Endy Miyem, mais également la rénovation du Prado, l’antre des Berruyères. De quoi repartir pour une nouvelle série de titres ?

L'effectif champion de France : Céline Dumerc, Romane Bernies, Lisa Berkani, Paoline Salagnac, Johannah Leedham, Diandra Tchatchouang, Pauline Lo, Mathilde Combes, Endéné Miyem, Danielle Adams, Laura Hodges, Héléna Ciak, Marianna Tolo.

5 - Villeneuve d'Ascq remporte l'EuroCup

Auteur d’une très bonne saison 2013/2014 (quatrième de saison régulière avec 20 victoires pour 6 défaites et une défaite en demi-finale face à Bourges ; finaliste de la Coupe de France ; demi-finaliste de l’EuroCup), Villeneuve d’Ascq frappe fort durant l’été en recrutant la légende belge Ann Wauters. Avec un effectif très étoffé, la troupe de Frédéric Dusart est bâtie pour jouer sur tous les tableaux. Efficaces en championnat, les Nordistes se sont montrées impériales en EuroCup en dominant tranquillement la phase de poule de l’EuroCup. Les huitièmes (face à Namur) et les quarts de finale (face à Adanas Botas) de la compétition ont également été une promenade de santé pour une Ann Wauters dominatrice bien épaulée par Megan Mahoney et Johanne Gomis-Halilovic. Battues en Israël lors de la demi-finale aller (57-66 sur le parquet du Maccabi Ashdod), les joueuses de l’ESBVA ont sorti un gros match retour (72-56) pour composter leur billet pour la finale face à l’ogre Braine. Ce fût d’ailleurs mal engagé quand les Nordistes perdirent le match aller au Palacium (64-68). Mais, au retour, dans une salle de Charleroi surchauffée (6500 supporters), Villeneuve d’Ascq a brisé le rêve de tout un peuple en réalisant le match parfait (73-53) porté par une exceptionnelle Ann Wauters (13 points à 66%, 10 rebonds).


Le triomphe de l'ESBVA ! (photo : FIBA Europe)

Deuxième meilleure défense de la compétition, 4e aux passes décisives, 7e attaque et 7e aux rebonds, Villeneuve d’Ascq a réalisé une saison exemplaire sur la scène continentale permettant ainsi au club de décrocher le premier titre de son histoire et rejoignant Aix-en-Provence, dernier club français titré (2003) dans la deuxième compétition européenne. Par la même occasion, Ann Wauters décroche là le seul titre majeur en club qu’il manquait à sa carrière. Une légende !

L'effectif champion d'Europe : Virginie Brémont, Katarina Ristic, Megan Mahoney, Johanne Gomis-Halilovic, Laetitia Kamba, Géraldine Robret, Lorraine Lokoka, Fatimatou Sacko, Marielle Amant, Elise Fagnez, Ann Wauters.

4 - Les clubs français en Europe : grands chez les petits, petits chez les grands

Des éliminations dès le premier tour de l'Euroleague, un quart de finale dans le meilleur des cas en Eurocup et un gros parcours en EuroChallenge... Voilà le lot des clubs français dans les compétitions européennes, un refrain malheureusement bien connu depuis de nombreuses années.

Commençons par ce qui donne le sourire. La JSF Nanterre a été sacrée championne d'Europe en 2015 ! Une phrase qui, prononcée il y a cinq ans, aurait relevée d'une profonde utopie. Alors certes, il ne s'agissait que de la plus petite des Coupes d'Europe, l'EuroChallenge - qui a d'ailleurs disparue cet été pour laisser place à la faiblarde FIBA Cup. Mais c'était déjà immense pour le club francilien. Surtout au vu du scénario du Final Four.


Le lay-up au buzzer de Campbell en finale valable ou non ? L'insoutenable attente

Qualifié pour les demi-finales après avoir sorti les Italiens de Brindisi en quart, les hommes de Pascal Donnadieu ont vécu un week-end totalement fou en Turquie entre le 24 et le 26 avril. Une demi-finale longtemps maîtrisée contre Francfort (jusqu'à +14) avant que les Allemands ne reviennent à égalité dans la dernière minute (76-76). Il faudra un gros money-time de Kyle Weems pour que la JSF s'en sorte finalement (84-79). Mais alors, que dire de la finale... Opposés aux locaux de Trabzonspor, soutenus par 7500 supporters en folie, les Nanterriens écriront la légende de leur club en lettres capitales. Sans son meilleur joueur, Mykal Riley, blessé contre Francfort, la JSF s'est imposée au prix d'un final ahurissant. Menés 63-64 à 11 secondes de la fin, les coéquipiers du MVP Jamal Shuler l'ont emporté grâce à un lay-up désespéré de T.J. Campbell au tout dernier dixième de seconde. Un tir rendu possible par un dernier rebond héroïque capté par Johan Passave-Ducteil. Deux petits points mais qui valent tout l'or du monde pour Pascal Donnadieu : "C'est le plus grand succès de l'histoire, nous sommes très fiers. Je ne trouve pas les mots. Ce souvenir restera à jamais gravé dans l'histoire de la JSF." Ce sera notamment le dernier trophée de la carrière de Joseph Gomis, retraité lors de l'été, et la fin d'un cycle à Nanterre avec les départs de cadres français comme Judith et Passave-Ducteil. Mais quelle fin de cycle !

Si cela n'enlève rien au triomphe de la JSF Nanterre, le basket français de club semble être condamné à devoir se contenter de succès lors des compétitions mineures. Déjà à la peine en Eurocup (malgré le statut de quart de finaliste du Paris-Levallois), les équipes tricolores restent tout simplement inoffensives en Euroleague. Rendez-vous en compte, cela fait huit ans qu'un club français n'a plus aperçu le Top 16 ! C'était Pau-Orthez en 2007 avec Frédéric Sarre aux commandes. Et l'année 2015 n'a rien changé. Cela dit, Strasbourg présente quelques circonstances atténuantes. Dès le tirage au sort, les chances de la SIG apparaissent infinitésimales au milieu du Real Madrid, du Fenerbahçe, du Khimki Moscou, de l'Etoile Rouge de Belgrade et du Bayern Munich. Pourtant, les Alsaciens ont pourtant longtemps cru à l'exploit, un espoir né de deux victoires monumentales contre le Fenerbahçe et le Real Madrid au Rhénus. Mais, trop tendres loin des bords de l'Ill (-22,4 en moyenne), les hommes de Vincent Collet ont subi le même sort que tous leurs prédecesseurs français en Euroleague. Tout comme Limoges qui n'a pas su gagner les matchs qu'il fallait, à l'image de cette défaite surprise à Beaublanc contre le Cedevita Zagreb lors de la 7e journée qui a totalement plombé le CSP. Virés de la cour des grands, brillants chez les petits : l'année 2015 n'a pas changé le destin des clubs français en Coupe d'Europe.


Pour la SIG, des exploits retentissants mais pas de Top 16 (photo : Euroleague)

3 - Bis repetita pour Limoges !

Que cela plaise ou non, Limoges est bel et bien la capitale du basket en France ! Déjà sacré champion national en 2014, le CSP a remis la couvercle au printemps dernier. Un doublé inédit en Pro A depuis celui réalisé par le frère ennemi, Pau-Orthez, en 2003 et 2004.


Un doublé historique pour Limoges (photo : Sylvain Vergne)

Pourtant, avant de pouvoir soulever ce lourd trophée si reconnaissable, les Limougeauds ont dû traverser bien des chemins de traverse. Une saison digne d'un feuilleton, qui a aussi confirmé que Limoges, c'est... Dallas ! Entre résultats en dents de scie, erreurs de casting (Ramel Curry, James Southerland, Trent Plaisted...) et un changement de coach début avril (Philippe Hervé en lieu et place de Jean-Marc Dupraz) suite à l'élimination au Portel en Coupe de France, le CSP a connu nombre de zones de turbulence et n'aurait probablement pas terminé troisième sans les extraordinaires performances d'Adrien Moerman, élu MVP du championnat.

Pendant ce temps-là, son principal rival, Strasbourg, vivait une saison de rêve, marquée par deux trophées (la Leaders Cup et la Coupe de France) et seulement quatre défaites lors de la phase régulière. Autant dire qu'au début de la finale, après que le CSP soit parvenu à écarter Le Havre (2-0) et Nancy (3-0) sans encombre, Limoges ne partait pas favori. Mais comme en 2014, le club de Fréderic Forte a entamé la finale en allant s'imposer d'un souffle au Rhénus (70-68). La défaite lors du Match 2 (52-66) n'y changera rien, le CSP était lancé vers son destin. Adrien Moerman blessé en Alsace, Philippe Hervé a trouvé en Ousmane Camara un parfait soldat sous les panneaux. Désigné meilleur joueur de la finale, l'ancien Gravelinois a martyrisé les intérieurs de la SIG pendant que Pooh Jeter refermait le couvercle. Meneur génial arrivé comme le Messie au printemps, l'Américano-Ukrainien a réalisé un money-time de folie lors du Match 4, remporté 82-75. Le match du titre. Un dernier quart-temps exceptionnel (30-21) qui reste encore dans la tête de tous les spectateurs de Beaublanc, déjà bien nostalgiques du mois de juin... Mais au mois de juin, Limoges - deuxième club le plus titré de France derrière l'ASVEL - a encore écrit sa légende.

2 - Les Bleues encore médaillées

Les U18, les U20, mais avant cela, les séniors. Chez les filles, l'année 2015 a été radieuse pour nos équipes de France. Et si certaines retiennent avant tout la médaille de Bronze des Bleus à Lille, ce sont bien les joueuses de Valérie Garnier qui ont ramené le meilleur résultat de l'été. Un peu à la manière de leurs jeunes homologues précitées, les partenaires d'une Sandrine Gruda stratosphérique en début de compétition ont dominé leur premier tour avec quatre victoires en autant de rencontres avant de chuter une première fois face à la Turquie lors du deuxième tour. Malgré cela, les Bleues ont rallié les demies en dominant d'un souffle la Russie en quarts (77-74) et ont, contrairement aux U18 et aux U20, vaincu l'Espagne (63-58), prenant ainsi leur revanche sur la finale de l'Euro 2013.

Pourtant, même si Sandrine Gruda (17,8 points à 55,8 %, 8,2 rebonds, 2,4 passes et 1,1 interception) et Céline Dumerc (8,4 points à 39,7 %, 2,7 rebonds, 5,9 passes et 1,3 interception) ont été élues dans le meilleur cinq de la compétition, elles n'ont pas suffi pour renverser en finale la Serbie, véritable révélation de l'été. Derrière leur MVP Ana Dabovic (25 points à 8/12, 1 rebond et 3 passes en finale), les protégées de Marina Maljkovic étaient trop fortes pour les Françaises, qui n'ont pu tenir la distance et ont lâché prise, 76 à 68.

Malgré ce nouveau revers au sommet de la hiérarchie européenne après la défaite à domicile face à l'Espagne en 2013, les Bleues ont signé leur quatrième médaille continentale de suite après l'argent de 2013, le bronze de 2011 et l'or de 2009. Il s'agit d'ailleurs de leur cinquième médaille en sept ans si l'on y ajoute l'argent olympique de 2012. Une bonne illustration de la constance et du niveau d'excellence de la France chez les filles ces dernières années.


Photo : FIBA Europe

1 - EuroBasket : entre réussite totale de l'organisation et déception sportive

Jamais un EuroBasket n’aura réunie autant de supporters dans l’Histoire. Et cet EuroBasket, il s’est en grande partie déroulé en France. Pour ce qui était le quasi jubilé de Tony Parker en Bleu, la Fédération française de basketball a réussi son pari : organiser une compétition sur son territoire dans de très grandes salles remplies pour venir supporter l’équipe de France.

Après un premier tour de chauffe réussi à Montpellier un peu ennuyeux sportivement (il faut le dire) dans une région où le basket progresse mais reste un sport mineur, les Bleus ont investi le stade de football de Lille qu’ils ont là aussi rempli à plusieurs reprises, au point de battre plusieurs fois le record du nombre de spectateurs pour un match de basketball en Europe.


Les phases finales dans l'immense Stade Pierre Mauroy : pari réussi ! (photo : Sébastien Grasset)

Dans une demi-finale aussi intense qu’asphyxiante, les Bleus ont cependant échoué dans leur quête de Jeux Olympiques et dans la défense de leur médaille d’or contre leurs ennemis intimes espagnols, portés par un Pau Gasol inhumain (40 points). Un crève-cœur qui n’enlèvera cependant rien de la communion entre le public et les Bleus, tout autant attachés aux uns qu’aux autres, comme on l’a vu dans la petite finale contre la Serbie le dimanche en début d’après-midi.

Cette fête, attendue depuis des années en France, aurait pu être la plus belle de toute si les Français avaient décroché l’or. Mais à force d’avoir une équipe nationale qui nous ramène des médailles chaque été, ne sommes-nous pas devenus trop gourmands ? Car, qui aurait cru il y a encore cinq ans qu’au cours d’une même semaine des rencontres de basketball réuniraient plus de 20 000 personnes en France dans une même ville et que l’équipe de France serait favorite d’un Euro ? Pas grand monde. Et pourtant, c’est bien ce qu’il s’est passé.


Pas d'or ni de ticket direct pour Rio mais une vraie histoire d'amour entre les Bleus et leur public (photo : Sébastien Grasset)
01 janvier 2016 à 09:00
DID YOU LIKE IT ?
0 PARTAGE
Facebook share
0 COMMENTAIRE
QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
ALEXANDRE LACOSTE
Je vis pour les France - Espagne
Alexandre Lacoste
VOUS EN PENSEZ QUOI ?
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
TOUTE L'ACTU
<
1
/
5
>
pro a
-
pro b
-
lfb
-
nm1
Résultats
Classement
34ème journée
16 mai
Antibes
79
-
71
Gravelines-Dunkerque
Châlons-Reims
75
-
77
Lyon-Villeurbanne
Chalon-sur-Saône
97
-
94
Le Mans
Cholet
43
-
84
Le Portel
Dijon
85
-
82
Pau-Lacq-Orthez
Limoges
81
-
101
Orléans
Nancy
96
-
91
Hyères-Toulon
Nanterre
90
-
81
Paris-Levallois
Strasbourg
85
-
92
Monaco
Autres journées