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CHRIS SINGLETON, LA CLASSE AMÉRICAINE

Chris Singleton beIN
Crédit photo : beIN

Les plus jeunes le connaissent comme l’un des consultants d’NBA Extra sur beIN SPORTS. Les moins jeunes le connaissent comme un joueur et un coach qui a arpenté les parquets professionnels pendant plus de 20 ans. Portrait de l’un des personnages importants du basket français, Chris Singleton.

L’apparence est soignée. De la coiffure aux vêtements, Christopher, dit Chris Singleton, entretient l’image d’un homme élégant. Malgré ses 60 ans, le natif de Brooklyn (New York) reste un homme distingué, facilement remarquable grâce à son accent si caractéristique de sa personnalité. Né d’une mère française et d’un père américain militaire, l’actuel coach de Sceaux en Nationale Féminine 1 est resté en Europe jusqu’à l’âge de 5 ans. Il a ensuite déménagé aux États-Unis quand les bases militaires ont été fermées en France. « C’est vraiment aux États-Unis que j’ai commencé à jouer au basket. Au début, je n’étais pas très bon. Je me suis beaucoup entraîné tout seul et c’est ainsi que j’ai réussi à obtenir une bourse universitaire pour jouer à Montana State (en NCAA I). » Ailier de métier, celui qui aimait la course, le jeu rapide et le tir est ensuite repéré par un entraîneur pour un stage en Europe. À 22 ans, il quitte donc la Californie pour atterrir à Challans, en 1979, alors en N2, la Pro B actuelle. « L’arrivée en France a été brutale », explique dans un grand sourire le vainqueur de la Coupe de France 1983 avec Challans (victoire 114-98 face à CRO Lyon). « Je débarquais des États-Unis et je suis arrivé dans un gymnase où il faisait super froid, avec de la moquette par terre. Malgré tout, j’ai eu la chance d’atterrir dans une ville alors peuplée de 15 000 habitants. Quand je suis arrivé en août, il y avait 100 000 personnes avec la météo et la plage. Sauf qu’à partir de mi-août, il n’y avait plus personne », ajoute-t-il en rigolant. « Vu que je suis une personne sociable, j’ai réussi à me faire des amis et j’ai pu visiter la France. »


Chris Singleton lors de son époque vendéenne

« Je voulais vraiment devenir entraîneur »

Car c’est bien ce qui définit Chris Singleton : la bonne humeur et la persévérance. Même quand il n’est pas gardé par les Blazers en tant qu’agent libre après un camp NBA, Chris Singleton continue de travailler pour réussir. Passé ensuite par Reims (1984-1985) et Saint-Quentin (1985-1988) en tant que joueur, c’est à l’âge de 30 ans qu’il se fait une rupture des ligaments croisés au SQBB. « C’était lors de la saison 1987-1988. Je suis devenu entraîneur-joueur au sein du club. Puis ensuite, j’ai pris carrément les rênes de l’équipe. On a gagné 19 rencontres sur les 20 dernières de la saison. Et à 31 ans, j’ai fait le choix d’arrêter de jouer. » Une décision qui n’a pas affectée l’ancien joueur du Allan Hancock College (Californie). « Quand j’étais jeune, je regardais beaucoup plus les coachs que les joueurs. Je voulais vraiment devenir entraîneur. J’ai été admiratif de Pat Riley avec ses 5 titres NBA. » S’il a ensuite coaché à Mulhouse, au Paris SG, Évreux, Besançon et Bayonne, c’est bien à Dijon qu’il remporte son premier trophée en tant qu’entraîneur : la Coupe de la Ligue 1993. Contrairement à ses caractéristiques de joueur, Chris Singleton est un coach défensif. Parfois trop aux yeux de certains. « J’ai été l’un des premiers à utiliser la défense de match-up zone. À l’époque, on me disait que ce n’était pas une bonne chose pour le jeu, que c’était carrément de l’antijeu. Au final, ça a bien réussi avec notre titre et surtout, aujourd’hui, toutes les équipes utilisent ce type de défense », commente Chris Singleton.

« C’est très compliqué de faire venir les gens dans les gymnases parisiens »

Après ce titre avec la JDA Dijon, il rejoint le Paris SG Racing, version Canal de 1993 à 1997. Dans la capitale, il se retrouve à coacher Stéphane Risacher ou encore Yann Bonato. « Un grand moment de ma carrière car on a retrouvé les jeunes stars françaises et internationales. » Grâce à ses quatre années à Paris, il est l’un des mieux placés pour parler de la situation parisienne. « C’est très compliqué à Paris. Si tu ne joues pas contre Pau ou Villeurbanne, la salle n’est pas pleine. C’est très compliquer de faire venir les gens dans les gymnases parisiens. Il n’y a pas une grosse ambiance. Les gens peuvent et ont autre chose à faire les samedis soirs. » Pourtant, c’est bien en Île-de-France que Chris Singleton a posé ses valises en 2012 après une dernière expérience de coaching difficile à Bayonne, le club ayant déposé le bilan. Il débarque à Sceaux (Hauts-de-Seine) et après avoir coaché la Nationale Masculine 3 du club, il prend les rênes de l’équipe fanion féminine, alors en NF2. « L’année dernière, on avait comme objectif la montée. On a réussi à atteindre notre but et la saison s’est parfaitement bien passée. On avait un groupe solidaire, qui jouait bien au basket. » Et cette saison, le club du 92 est actuellement 4e de la Poule B de NF1 avec 7 victoires pour 5 défaites. « On s’entraîne trois fois par semaine, on ne doit pas oublier que les filles travaillent à côté. C’est vrai que la première partie de saison s’est bien passée, mais on sait que les matchs retours vont être compliqués. Au niveau du management, c’est un mode de fonctionnement totalement différent des garçons. Sauf que si on prouve nos connaissances et notre capacité à emmener le groupe au plus haut-niveau, les filles adhérent beaucoup plus rapidement que les garçons. » Et si sportivement tout se passe bien à Sceaux, c’est également humainement que Chris Singleton trouve son bonheur. « J’ai eu la chance d’atterrir dans un club familial. » C’est ainsi qu’il n’est pas rare de croiser le Franco-Américain derrière la buvette du club ou le dimanche matin au gymnase pour faire la table des catégories jeunes. D’ailleurs, il entraîne également les minimes (U15) filles du club. « C’est vrai qu’au début, le basket professionnel avec son côté de compétition peut manquer, mais c’était une situation parfaite vis-à-vis de mon rôle de consultant chez beIN SPORTS. » Car Chris Singleton est un homme occupé, très occupé. 

Un emploi du temps très chargé

« Je commente 4 à 5 matchs NBA par semaine. Je fais également NBA Extra. C’est beaucoup d’organisation. On va dire que c’est un rythme de vie différent et plus compliqué. Surtout à mon âge », préfère en rigoler le principal intéressé. « À côté de ce rôle de consultant, il faut préparer la vidéo, les entraînements pour les deux équipes que j’entraîne. Je travaille 7 jours sur 7, mais c’est ma passion, ça me fait vivre et j’ai l’impression d’être utile. C’est l’une des choses les plus importantes dans ce qu’on fait. » Car c’est en 2012 qu’il est contacté par Charles Biétry, l’homme qui est à l’origine du service des sports de la chaîne beIN SPORTS. Chris Singleton a donc commencé à commenter des matchs NBA en 2012. Et aujourd’hui, il est l’un des consultants phares de la chaîne, au même titre que Jacques Monclar ou Éric Micoud. « Oui, on peut parler de famille NBA Extra. Chacun a sa personnalité. Xavier Vaution veut que tout le monde reste naturel. Le groupe a compris la manière de voir le basket. Il ne faut pas oublier que la NBA, c’est fun, c’est un évènement. » Pour faire vivre au mieux ce spectacle américain, Chris Singleton n’hésite pas à faire des blagues. « À l’heure à laquelle sont diffusés les matchs, les gens doivent avoir des raisons d’écouter et de rester pour regarder le match. On est obligés de mettre de la bonne humeur. Donc oui, mon rôle dans ce groupe, dans cette famille, c’est ce côté ambianceur. » Avec plus de 15 000 abonnés sur Twitter, les retours sont très positifs le concernant. « Aujourd’hui, je suis beaucoup plus reconnu pour mon rôle de consultant TV que pour ma carrière de coach ou de joueur. Mais ce n’est pas grave, c’est un bonheur de faire plaisir aux personnes en signant des autographes ou en prenant des photos. » L’élégance, à l’Américaine, tel George Abitbol.


Chris Singleton avec son équipe de NF1
(photo : ASA Sceaux Basket)

18 janvier 2018 à 00:00
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