JEEP ÉLITE


DIDIER GADOU : LES CONFESSIONS D'UNE FIN DE SAISON RÉUSSIE

Crédit photo : Guillaume Poumarede

Le directeur exécutif de l'Elan Béarnais, Didier Gadou, fait le bilan de la saison 2017/18 et se projette sur la suite.

Son amour pour l'Elan Béarnais est indestructible. Il connait les recoins du Palais des Sports comme sa poche. Didier Gadou nous a accordé une entretien exclusif, sans langue de bois comme à son habitude.

 

Didier, la saison vient de se terminer avec une troisième qualification de suite en playoffs pour l’Élan Béarnais. A tête reposée, est-ce que cette saison a été réussie ?  

Elle est satisfaisante car pour une troisième année de suite, nous avons pu disputer les playoffs. Mais malgré tout, elle a été un peu chaotique avec un grand coup de mou fin automne jusqu’au milieu de l’hiver et le départ de Serge Crevecoeur qui avait très bien commencé le championnat. Puis derrière il y a l’excellent travail de Laurent Vila et de Jimmy Verove. Très positive, mais à la fin il nous manque une ou deux victoires qui auraient pu nous permettre de basculer dans le top 4. Aujourd’hui on voit qu’il est très difficile de continuer loin dans les playoffs sans l’avantage du terrain au moins au premier tour. L’aspect sportif est bon, nous avons conservé le groupe tout au long de la saison sans modification, nous avons donné les clefs de l’équipe à la mène à Elie Okobo, un gamin de 20 ans qui était deuxième arrière et qui a montré qu’il pouvait être l’un des tous meilleurs meneurs de ce championnat. On peut être content de notre saison, maintenant à nous de tout faire pour passer un nouveau cap. 

Justement, que manque-t-il à l’Élan Béarnais pour passer le cap des quarts de finale ?

Cette saison nous avons joué avec 9 pros, dont deux gamins de 20 ans qui sont Elie et Léo (Cavalière). Il ne faut surtout pas l’oublier. Ce qui nous manque ? Peut-être des joueurs cadres avec plus de talent même si je suis très content d’avoir les joueurs que nous avons. Mais ces joueurs cadres, malheureusement ça coute plus cher. Donc il faut être capable de monter un budget plus solide, avec des partenaires plus nombreux, un public plus nombreux, des abonnés plus nombreux. Tous ces facteurs-là peuvent nous permettre de nous consolider, d’avoir une vision plus sur du moyen ou long terme, alors qu’aujourd’hui ce n’est pas le cas. Le jour où nous aurons ces joueurs-là, ce cadre-là, alors on sera en mesure de jouer le top 4 et de s’affirmer dans cette Jeep ELITE. 

En début de saison, vous nous confiez dans une ITW, que vous étiez satisfait d’être allé chercher Serge Crevecoeur. Malheureusement, l’expérience n’a pas eu l’effet escompté. Regrettez-vous votre choix aujourd’hui ? 

Non je n’ai aucun regret je n’ai jamais de regret. C’est comme ça. Dans ce que l’on recherchait, sa venue nous a été bénéfique. Nous nous sommes posés la question de savoir comment faire pour que l’équipe soit meilleure ? Serge nous a amené des réponses. On a intégré un préparateur physique pour améliorer les compétences physiques de nos joueurs. Sur un point de vue médical avec l’investissement dans certains matériaux et certaines machines pour développer et soigner les joueurs. Serge nous a aidé à développer tout ça et Laurent a très bien continué par la suite. Non, mon seul regret c’est de ne pas avoir été au bout de certaines choses, mais il y a des circonstances où les hommes ne peuvent pas travailler ensemble par moment, et là ça été le cas. 

Pourtant à la suite de son départ, il a été plutôt élogieux envers vous ?

Ca fait du bien de voir des gens de l’extérieur, qui ont des idées, des envies de réussite hors de chez eux. Il le prouvera dans le futur, en devenant certainement un très bon coach. Il a partagé beaucoup de choses avec le président, mais aussi avec Laurent et tous les gens du club. Mais la réalité du terrain est dure. Quand on perd la main sur l’équipe et c’est ce qui s’est passé, alors il faut savoir laisser sa place.. C’est comme ça. 

Quand on est directeur exécutif, on doit souffrir énormément et notamment lorsque les défaites s’enchainent et que la crise s’installe. 

La Ccrise, elle existe du moment où les gens ne sont pas satisfaits. La vérité, c’est la vox populi. J’ai été coach, je sais tout ça. Oui, il faut gagner, oui il faut des joueurs cadres et oui il faut une alchimie. Et ça, nous l’avons eu avec l’arrivée de Laurent et Jimmy. Mon seul regret, c’est que l’on ait pas eu plus de victoires. Oui j’ai souffert, comme tous dans le club, mais je suis aussi heureux de voir nos améliorations sur la partie physique, sur la partie Elie Okobo et sur le fait d’avoir réussi à stabiliser le groupe cette saison et on l’espère aussi la saison prochaine. 

"J'aurais aimé une autre fin avec Serge Crevecoeur"

L’arrivée de Laurent Vila a changé la donne. Regrettez-vous de ne pas l’avoir pris quand il a postulé en début de saison ?  

Non il ne faut pas avoir de regret. Parce que  je suis un fervent défenseur de Laurent. Il le sait, j’ai de l’admiration pour lui et pour son travail. On voulait sortir du train train quotidien. Chose que nous avons eu avec Serge. Chose que Laurent avait, on l’a peut-être pas vu tout de suite et je suis content qu’il le prouve aujourd’hui. On se doit pour continuer à grandir d’avoir une vision autre que le parquet. On a refait les vestiaires, alors cela parait neutre mais aujourd’hui avoir des installations cleans, ou des bains froids par exemple pour prendre soin des joueurs permettent à l’Élan Béarnais de grandir. Au même titre que l’accueil du public qui doit te permettre d’avoir plus de personnes au Palais des Sports de Pau. C’est une vision « club » que je me dois d’avoir.  

C’est donc une très bonne chose que Laurent Vila ait prolongé son contrat à l’Élan Béarnais…

Alors attention, nous sommes en train de finaliser sa prolongation. Il est encore sous contrat 1 an et on espère l’avoir avec nous longtemps. Le mot d’ordre c’est la stabilité. Malheureusement, on perd nos meilleurs éléments parfois. On aurait aimé garder Juice Thompson ou D.J. Cooper. Là, garder Okobo serait aussi parfait, mais c’est comme ça on fait des aventures et parfois nous n'avons pas les moyens de continuer dans cette aventure pour diverses raisons. Mais Laurent incarne la stabilité et le futur de l’Elan au même titre que certains joueurs avec qui nous sommes en train de discuter pour continuer notre bout de chemin ensemble et qui vont nous permettre de continuer à être compétitif. C’est déjà le cas car nous sommes en quart de finale, ce qui montre que nous sommes pas très loin d’obtenir des résultats. La prochaine étape ? Plus de victoire, une coupe d’Europe que l’on sera allé chercher sportivement et non par une wild-card.  

Les prolongations d’Alain Koffi ou Yannick Bokolo vont donc dans ce sens ? 

Pareil que pour Laurent Vila, il n’y a rien de signer pour l’instant. C’est en négociation. Je veux et il faut que ces deux garçons restent chez nous. Ils ont du talent, de l’expérience et dans l’accompagnement c’est indispensable d’avoir de tels joueurs. On a signé Yohan Choupas nous sommes en train de finaliser le premier contrat pro de Thibaut Daval-Braquet un poste 5 de grande taille. Ces deux jeunes vont avoir besoin de conseils de grands joueurs que sont Yannick et Alain. J’ai envie que l’Élan Béarnais soit une vraie famille. 

Dans cette famille, Léo Cavalière a une place hyper importante. 

Léo c’est le joueur club. C’est pas méchant ce que je dis. Aux Jeux Olympiques, il y a un porte-drapeau, une personne devant tout le monde et qui guide la délégation. Léo doit être cette personne. Je lui dit souvent, Léo reste toi-même. Il sait ce que je pense de lui, il est très important pour nous. Quand il est lui-même, alors il est très performant. Ce qu’il a et que les gens mesurent, c’est son engagement pour l’Élan Béarnais. Il a grandi chez nous, il aime son club, la ville. Il se bat pour l’Élan Béarnais et non pour lui. A l’image d’un Aaron Craft qui plonge sur les ballons, Léo sait aussi très bien le faire. Il est capable de donner de son corps pour aider l’Élan Béarnais et ça c’est remarquable et indispensable. 

"Léo doit être notre porte drapeau" 

Vous aussi vous avez été un joueur club.

Oui mais les époques sont différentes. Alors, oui on joue le même poste. Il a des atouts que je n’avais pas et vice versa peut être. Ce qui est certain c’est qu’il aime comme moi l’Elan Béarnais. Il est encore jeune et perfectible. Mais c’est un enfant de l’Élan. Qui aurait pu jouer ailleurs, mais c’est ici à Pau, qu’il a pris son envol. C’est pour ça qu’il va rester encore plusieurs saisons avec nous, défendre les couleurs de la maison auprès d’un coach qui l’aime mais aussi d’un club qui l’estime énormément, ça n’a pas de prix à mon sens.

Peut-il être un modèle de réussite pour les jeunes ? 

Bien sûr. Mais attention il n’y a pas que lui. Il y a des jeunes qui rêvent d’aller ailleurs et d’autres comme lui qui rêvent de rester à vie ici. C’est pour ça que c’est un modèle. Il faut pas oublier que Coco Carne et Lucas Dussoulier ont aussi signé un contrat pro, ils ont été prêtés à Charleville Mézières et on espère refaire la même chose cette saison. L’Elan Béarnais aime les jeunes qu'il forme, sachez-le. 

Qu’en est-il de Vitalis Chikoko qui est un joueur important pour l’Élan Béarnais et qui est courtisé par d’autres écuries de la Jeep ELITE ?  

Vitalis c’est un joueur que j’aime beaucoup. Alors on va sans doute me trouver froid, mais quand on a des prétentions salariales que ce soit lui et son agent, j’aimerais que la performance sur le terrain augmente aussi. Il a une option que l’on activera ou pas, mais Chikoko a encore un an de contrat chez nous. Vitalis on le veut chez nous, mais ce que je veux aussi c’est en proportion de ce qu’il demande en salaire il faut que ce soit aussi visible sur le terrain. Il doit nous amener encore plus. Dans sa façon de travailler l’été, de surveiller son poids, de revenir en forme tout simplement. On va mettre un travail spécifique en place, mais Chikoko a tout le potentiel pour être encore plus dominant, a lui de s’en rendre compte. 

Très souvent cette saison, quand Chikoko a été bon, l’Élan Béarnais l’a emporté. 

Oui, mais c’est un ensemble. L’an dernier, nos intérieurs étaient gavés par un meneur extraordinaire qui était D.J. Cooper. Alain Koffi n’avait jamais été aussi bon, Vitalis brillait grâce aux caviars de D.J. Elie était un jeune meneur, moins passeur sans doute, mais qui a su aussi les faire briller. Il est plus porté par le tir extérieur. Donc dans un avenir, il faut trouver un joueur qui sera en mesure de faire briller nos joueurs intérieurs. 

Ce joueur peut-il être D.J.Cooper ? Est-ce qu’aujourd’hui les fans de l'Élan Béarnais peuvent rêver d’un retour du MVP de la saison dernière ? 

A titre personnel je dis oui. Tout d’abord parce qu'on s’est battu pour le garder, on a fait une proposition très tôt, une proposition un peu folle par rapport à ce qu’on pouvait faire. Il avait envie de jouer la coupe d’Europe, donc il avait des perspectives ailleurs. Quand on l’a vu signé à Gravelines on s’est tous demandé : ''pourquoi ?" Aujourd’hui il est à Monaco, j’ai de très bons contacts avec lui, une relation sincère, mais on ne peut l’avoir que sous certaines conditions. Et pour cela, il faut nous aider. Il faut que les gens comprennent que ce genre de joueurs sont des artistes. Et les artistes on ne les séduit pas avec un beau sourire et des gens sympas. Il a un agent, il demande un certain salaire. Il nous faut plus de partenaires. Car D.J. aujourd’hui est dans un environnement qui lui convient. En France, le 1er janvier prochain, on va passer à ce qu’on appelle le prélèvement à la source au niveau des impôts. Et cela va toucher tous les citoyens français mais aussi les sportifs évoluant dans les clubs français. Cela va impacter les joueurs de basket et d’autres sports. Le régime fiscal monégasque ou dans d’autres pays sera plus favorable pour ce genre de joueur. 

"Je rêve de faire revenir D.J. Cooper"

Cette saison, il y a eu des défaites inquiétantes. Très souvent le manque de caractère et le manque d’un leader vocal ont été soulignés par les observateurs. Est-ce aussi une priorité dans votre recrutement ? 

Oui on travaille la dessus. On a parlé de Cooper, mais ça peut être d’autres joueurs. Des leaders capables de nous faire gagner des matchs importants et d'ajouter une valeur ajoutée à ce groupe. 

Il y a le sportif mais il y aussi le financier. Dans quelle situation financière se trouve l’Élan Béarnais ? 

Alors il y a l’avant et l’après draft Elie Okobo. Si Elie est au 1er tour notre exercice sera excellent. Par contre, s’il est au second tour alors il sera bien. Aujourd’hui, à l’heure actuelle, il est moins bien car on a eu moins de monde au Palais des Sports. Il y a un an, on avait un joueur (Cooper) qui faisait venir les gens au Palais, une année avec Eric Bartecheky où nos résultats nous ont permis de rester tout au long de la saison en haut du tableau. Cette saison, on a eu 500 personnes en moins aux guichets, puis on a une concurrence avec le rugby et la Section Paloise. C’est comme ça, c’est à nous d’être performant. Mais on a montré que nous avons un savoir-faire. 5 000 personnes en moyenne c’est très bien, ça prouve que l’Elan Béarnais continue à séduire. 

 Mais à quoi est du cette baisse d’affluence ? 

Déjà nos résultats. On a aussi eu un calendrier, je n’ai pas peur de le dire mais de merde. Du moment où vous avez un palais de 8 000 places mais que vous n’avez pas le match de Noël à domicile ou que le clasico face au Limoges CSP est un mardi à 20h45, alors vous perdez du monde. Deux matchs clés qui nous ont plombé. 

Quand vous voyez l’ambiance à Beaublanc mercredi ou Antares mardi, peut-on espérer qu’un jour le Palais s’enflamme de la même manière ? 

Beaublanc ne me fait pas rêver. Je souhaite le dire. Tout simplement car on vit ici, les mêmes moments à Beaublanc ou à Antares. Pas besoin d’attendre les playoffs. On a un public formidable qui a besoin d’émotion. Il faut des joueurs pour avoir de l’émotion. On a eu ses joueurs là par le passé. On veut en avoir d’autres la saison prochaine. Dans le basket, vivre des émotions, offrir du spectacle à son public sont les choses les plus importantes. 

Le centre de formation et notamment les Espoirs n’ont pas eu de bons résultats cette saison. C’est une déception et l’Élan se doit d’avoir une équipe espoir performante non ? 

On ne peut avoir une équipe Espoirs championne de France chaque année. On verra ce que les jeunes de Cholet feront. Mais en Espoirs on doit avoir une équipe composée de bons jeunes et dans ces jeunes il doit y avoir des projets clubs. On a signé 5 joueurs de notre génération 96-97-98. Notre but c’est pas de former pour les voir jouer en N1, Pro B ou Pro A ailleurs, mais de les emmener au plus haut niveau dans notre club. Il y a des générations qui fonctionnent, d’autres moins. On a réenclenché un processus avec Yohan Choupas en qui on croit beaucoup. Thibaut Daval-Braquet a énormément progressé et il l'a montré quand on a fait appel à lui sur cette fin de saison. Notre équipe espoir a déçu car on a peu de leader dominant dans l’ensemble sur cette génération. Le seul qui sortait du lot a signé un contrat pro. C’est la finalité recherchée. Ce que je vais faire, regarder qui va être champion de France et voir combien de contrats pro vont être signés au sein du club. Un jeune, ce qu’il attend c’est d’être accompagné et un jour jouer en pro. On forme des joueurs, mais aussi des hommes capables d’affronter la vie dans notre société. C’est ça la clef, faire de nos jeunes des hommes. 

'Non Beaublanc ne me fait pas rêver"

5 contrats professionnels signés avec la génération 96-98. Mais par le passé il y a eu de très bonnes générations comme la 93 par exemple.  

On a vécu avec nos moyens. Notre politique aujourd’hui est de faire confiance aux jeunes. Aujourd’hui les meilleurs partent au Centre Fédéral. On avait un vrai projet avec Joel Ayayi. Un vrai projet ! Joel était minime France à l’Élan Béarnais. Il nous appartenait. Il est parti à l’INSEP, mais au lieu de revenir chez nous, il est parti à Gonzaga. C’est un échec. Un jour je lui dirai. A lui, à sa famille et à Valériane (Ayayi). On avait un vrai projet pour lui. On l’aurait fait grandir comme nous avons fait avec Elie. Il a fait une année blanche, c’est dommage. C’est comme ça. On a une politique régionale et locale. On a eu Okobo de Bordeaux, Léo de Toulouse, Coco Carne de Lons, Daval-Braquet de Perpignan ou Dussoulier de Dax. Aujourd’hui on change un peu cette politique en se tournant vers l’extérieur avec Choupas. L’opportunité, on a su la saisir et j’en suis très content. Son arrivée, permet d’avoir un vrai second meneur. Yannick pouvait prendre la mène, mais Yohan va progresser au contact du meneur devant lui et de Yannick. La formation paloise se porte bien, si on regarde tous les joueurs passés par chez nous, il y en a un paquet et je me suis rendu compte que même George Muresan a été drafté en 93 en sortant de l’Élan Béarnais. C’est pas tout de sortir de remporter des titres du Trophée du Futur, il faut une continuité.  

Sortir des joueurs NBA permet au club formateur d’empocher une coquette somme d’argent. Est-ce sortir un joueur NBA tous les 3 ans n’est pas l’objectif que doit se fixer l’Élan Béarnais dans le futur ? 

On se doit de faire la formation et d’avoir une équipe compétitive. En 3 ans, l’Élan a formé Alpha Kaba et l'a vendu. L’Élan relance Bartecheky, l’Élan a encaissé un chèque quand il a signé au Mans. Et dans quelques semaines l’Élan va encaisser un chèque grâce à Elie Okobo. Nous ne sommes pas si mauvais que ça. 

Parlons d’Elie Okobo. On sent chez vous une certaine affection pour lui et surtout une envie de le voir réussir.

J’ai de l’affection pour Elie. Énormément même. C’est un gamin pour qui on s’est engagé. On sortait de deux années fastes avec deux grands meneurs de jeu Juice et D.J. Il fallait prendre une optique et faire le match pour Elie. C’est ce que j’ai dit à l’arrivée de Serge et à tout le monde ici. Il fallait mettre Elie Okobo dans les meilleures dispositions possibles. Hors de question de ne pas donner la chance à Elie. On se devait de lui permettre de réaliser ses rêves et surtout de les vivre avec lui. Bien sûr quand il met 44 points face à Monaco, j’en ai les frisons et je suis ému. Je lui ai dit d’ailleurs. Il est aux États-Unis aujourd’hui donc il ne le ressent pas, mais tout le monde vibre et tout le monde le soutient. Il est peut-être seul là-bas, pendant les workout, mais à Pau on pense fort à lui. Et c’est pour ça que je lui ai demandé devant tous nos partenaires s’il voulait devenir notre ambassadeur. On a échangé un peu, je lui ai demandé de prendre une photo avec quelque chose de Pau et il m’a répondu « Ah oui c’est vrai je suis ambassadeur ». Nous ne sommes pas toujours bons sur tout, mais cette année on s’est engagé. On lui a donné la confiance et il nous la rend. Je ne sais pas jusqu’à où et jusqu’à quand, mais peu importe. On a envie qu’il soit dans ce premier tour car contrat garanti, on a envie de le voir en NBA pour continuer à être fier de lui. S’il sort au premier tour, financièrement c’est une bonne chose pour la société et le club qui a besoin de cet argent pour continuer à grandir. On a fait le match, et ça personne ne pourra nous l’enlever. 

On a l’impression que les gens découvrent à peine maintenant Elie Okobo ? 

C’est tout à fait ça. Mais Elie Okobo a du talent, beaucoup même. Il n’a rien à envier à un Frank Ntilikina. Mais il y a eu plus de hype sur Frank Ntilikina, plus jeune, plus défensif. Mais je peux vous garantir que cette année Elie Okobo m’a fait vibrer. Il faut le savoir. Elie est un joueur de basket un vrai. C’est un joueur qui sait jouer deuxième arrière et maintenant meneur de jeu. Et le joueur de basket moderne aujourd’hui, il se doit d’être polyvalent. Il sera un très fort meneur de jeu. Un joueur capable derrière un pick and roll de te coller un 3-points sur ta tête. Il a du talent, il sait faire beaucoup de choses et il est perfectible et ça il faut le savoir.

Elie a souffert cet hiver comme toute l’équipe. On a souvent répété que l’Élan manquait d’un patron au poste de meneur de jeu. C’était d’ailleurs avant sa démission le souhait de Serge Crevecoeur de prendre un meneur de jeu. Avez-vous à un moment donné remis en question votre choix de lui donner les clefs ?

La difficulté qu’ont eu l’équipe et Serge, c’est l’après D.J. Cooper. Il distillait les ballons à la perfection. Derrière on a un jeune de 20 ans qui avait un style de jeu différent. On a perdu des matchs. Quand on perd, on décortique le jeu. Et on cherche les problèmes. Le ballon tourne moins bien ou nos pivots ne touchent pas le ballon. On a fait le choix de prendre un garçon comme Kyan Anderson justement pour permettre à Elie d’exploser. C’est pas un hasard, on ne pouvait pas prendre un meneur qui allait manger le temps de jeu à Elie. Il fallait résister, malheureusement Serge n’a pas réussi. L’équipe a changé de main, Laurent est arrivé, il a donné la confiance à tout le monde, dont à Elie. Donc oui, on a souffert tout comme lui, mais j’ai adoré sa fin de saison et l’émotion qu’il a donné au Palais. Et aujourd’hui je suis heureux de suivre ses aventures outre-Atlantique. 

"Comme a dit mon fils, il faudra aller voir Elie en NBA"

Souvenez-vous de votre première rencontre avec Elie ? 

Elie est arrivé avec Claude Bergeaud. Un jeune performant sur les catégories cadets avec les JSA Bordeaux, coaché par Arnold Bouazza qui est aujourd’hui le coach des Espoirs. Il avait en lui cette patte gauche et il mettait des paniers, la chose la plus importante au basket. On a toujours dit qu’il avait le talent. Mais parfois ça ne suffit pas. On a déjà vu des joueurs plus besogneux compenser ce manque par une très forte envie de réussir. Mais Elie est un travailleur, un jeune qui sait ce qu’il veut et qui sait ce qu’il doit faire pour arriver à ses objectifs. Il a ajouté de la volonté. Cela n’a pas toujours été facile car il a du caractère, mais tant mieux car c’est ce qui lui a permis d’avancer. Il a été minutieux et très bien entouré par tous les coachs qu’il a eu. Il a participé de sa poche à la rencontre d’un préparateur mental par exemple. C’est un garçon qui a toujours tout fait pour être le meilleur et surtout de se rendre les tâches faciles pour être un grand joueur Et c’est rare de nos jours. Aujourd’hui, les jeunes, par l’intermédiaire de leurs agents, parlent pognon à longueur de temps. Lui pour son futur, il a investi de sa poche, c’est lui qui a dépensé du pognon. Et rien que pour ça on peut lui dire bravo. Il n’a pas attendu que tout lui soit proposé, il est parti le chercher.

Didier Gadou sera-t-il présent le soir de la draft (21 juin) à Brooklyn ? 

Je connais la réponse… Je n’y serais pas. Pourquoi ? J’ai toujours eu cette gêne envers lui. Tout d’abord je l’adore, énormément... Mais je ne sais pas comment lui dire. J’adore sa famille, son entourage autour. Mais il y a du monde. Et ce moment-là, doit être réservé à la famille. Dans le monde de la NBA, l’Élan Béarnais ne pèse pas et moi encore moins. Je pense que ce moment-là, on va peut-être mieux le vivre en étant présent ici, à Pau et pas noyé dans tout le monde qui sera autour pour l’accompagner. J’y suis déjà attention (rires). Je sais comment il va s’habiller, il a déjà son costume. Il va y être. Où je ne sais pas, mais je sais qu’il y sera. Mais on va organiser quelque chose à Pau, pour que tout le monde soit en mesure de vivre ce moment ensemble. Je veux qu’il sache que nous sommes là. Je ne sais pas comment lui témoigner, c’est pour ça que je lui fous la paix. Être présent à Brooklyn aurait été beau, car c’est un moment unique et hyper important. Mais j’ai pas mon passeport à jour (rires). Je ne vais pas le rater pour autant. Mon fils m’a dit il y a pas longtemps quelque chose de très vrai il m’a dit « Papa, c’est mieux quand on ira le voir jouer en NBA ». Et comme tout père, la parole de son enfant est une parole d'évangile. Donc il a raison et je pense que ce sera super quand on ira voir jouer Elie avec le maillot d’une franchise NBA sur le dos. 

On sent une certaine émotion dans votre voix, cela contraste avec ce que peuvent penser les gens à votre sujet et notamment ceux qui disent, «Didier Gadou est très froid », ou « Didier Gadou n’est pas l’homme de la situation ». 

Didier Gadou dirige une société. Aujourd’hui quand on vient me voir c’est pour dire ''il faut payer'' ou ''il me faut de l’argent''. Quand on veut que le club dure, je ne peux pas être copain copain avec tout le monde. Je dois être capable de m’affirmer et de dire non. Je suis quelqu’un de très sensible, mais par obligation je suis parfois obligé d’être froid et dur, comme je l’étais dans mon jeu. Je suis là pour gagner, il faut faire sa place et la garder longtemps. Beaucoup de gens parlent et commentent sans savoir. Je laisse donc les gens parler car moi je ne suis pas là pour ça. Si tu me parles de formation, je te réponds ''Kaba'' que nous avons vendu. Quand je pars chercher Bartecheky après Claude Bergeaud, on me dit Gadou est fou sauf que maintenant il montre au Mans que c’est un grand entraîneur. Elie on a fait de lui l’un des tous meilleurs jeunes passés par la Pro A alors qu’il y 8 mois personne ne le voyait en NBA. Critiqué je le suis, mais je me bats pour l’Élan car j’aime l'Élan Béarnais. 

Sentez-vous par moment que vous avez une cible dans le dos ? 

Oui mais je n’y pense pas. Je le sais, mais c’est comme ça. Cela fait partie du métier et c’est un métier que je commence à connaitre. Il y a des fausses croyances. Sur mes rémunérations, sur des avantages que j’aurais. Mais ça me fait sourire. J’en rigole car je suis propre de A à Z. Ce serait enfreindre la loi. Mais on ne peut pas empêcher les gens dire des choses fausses. Je suis là pour faire avancer le club, je suis là pour rendre heureux mes salariés et je suis là pour mener le projet Élan Béarnais à la perfection. Le reste, c’est du pipeau. C’est la vision que j’ai et la vision du président Didier Rey. D’ailleurs je m’entends très bien avec lui. Il me connait, il sait que je suis droit et que je n’ai aucun avantage. Il sait que j’aime l’adversité. D’ailleurs je n’ai jamais eu peur des critiques. Je ne suis pas talentueux, mais je suis un bosseur. Un fou du travail qui veut faire en sorte que l’Élan Béarnais continue à se développer.

Lisez-vous les critiques envers vous ? Cela peut toucher vos enfants ou votre famille.

Mon fils est trop petit, mais je sais que ma famille est touchée par la critique, mais c’est comme ça. Je ne peux pas m’arrêter à ça. Quand on perd, c’est de ma faute. Quand on gagne c’est les joueurs. Quand quelqu’un part c’est de ma faute, quand il reste c’est parce il aime Pau. Je connais le rôle de dirigeant et je pense que je suis blindé aujourd’hui et c’est pour ça que j’arrive à faire abstraction de tout ça. Les gens qui me connaissent savent qui je suis et ce que je fais. Foncièrement, c’est la chose la plus primordiale. Aujourd’hui, il est plus facile d’avoir de la reconnaissance en externe qu’en interne. C’est comme ça. Je suis fier de dire que j’ai un président qui préside. Fier d’avoir un comité directeur capable de prendre des décisions. Je ne suis pas seul, l’Élan Béarnais ce n’est pas Didier Gadou.

Quand vous jouiez, vous étiez l’idole de l’Élan Béarnais. On a l’impression que ce n’est plus le cas 

On ne peut pas être prophète en son pays. C’est impossible. Pourquoi ? Parce que nous sommes jalousés. Quand tu passes 35 ans dans ta boite tu es jalousé. Pourquoi lui et pas nous ? C’est une chose. Après il faut avoir des résultats. Quand tu passes derrière Pierre Seillant avec tous les résultats que nous avons eu, les gens ne comprennent pas. Aujourd’hui nous n'avons pas 8 ou 9 millions de budget comme à l’époque mais 5 millions. Il faut faire les choses différemment, le modèle économique il faut le bouger, le modifier. Alors oui, j’ai ou plutôt nous avons fait des erreurs. On a eu des moyens et certaines fois nous nous sommes trompés sur des joueurs, on a eu de belles années mais nous n'avons pas pu conserver nos meilleurs joueurs. Mais l’Élan Béarnais s’accroche. On le voit très bien, dès que ça vibre, les gens sont là, ils répondent présents. Ce qui nous manque aujourd’hui c’est de trouver encore plus de gens qui nous soutiennent pour nous emmener à notre projet. Parce que sincèrement nous ne sommes pas très loin de la vérité.

09 juin 2018 à 10:02
TAG
DID YOU LIKE IT ?
0 PARTAGE
Facebook share
0 COMMENTAIRE
QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
ANTHONY OTTOU
Bercé par les Chicago Bulls... de Dennis Rodman, mes journées seraient si tristes sans ce fichu ballon orange.
Anthony Ottou
VOUS EN PENSEZ QUOI ?
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
TOUTE L'ACTU
<
1
/
5
>
jeep élite
-
pro b
-
lfb
-
nm1
Résultats
Classement
34ème journée
15 mai
Monaco
83
-
77
Bourg-en-Bresse
Boulazac
96
-
86
Chalon-sur-Saône
Châlons-Reims
102
-
94
Pau-Lacq-Orthez
Cholet
81
-
80
Le Mans
Gravelines-Dunkerque
79
-
63
Hyères-Toulon
Le Portel
77
-
74
Lyon-Villeurbanne
Limoges
82
-
80
Nanterre
Levallois Metropolitans
78
-
86
Antibes
Strasbourg
93
-
77
Dijon
Autres journées
PROGRAMME TV
25 juin - 10h15
Monaco
Le Mans
25 juin - 16h00
Monaco
Le Mans
25 juin - 20h45
Monaco
Le Mans
29 juin - 10h15
Monaco
Le Mans
30 juin - 19h00
Monaco
Le Mans
Coaching