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DOSSIER : LE CENTRE FÉDÉRAL FACE AUX "AUTRES VOIES"

Théo Malédon CFBB ASVEL
Crédit photo : BellengerISFFBB

Pourquoi le Centre Fédéral n'arrive-t-il plus à réunir les meilleurs joueurs français masculins d'une même génération ?

Photo de Une : Théo Malédon lors de la soirée célébrant les "sortants" du Centre Fédéral 

Depuis quelques années, le Centre Fédéral (CFBB) ne réunit plus l'ensemble des tous meilleurs prospects français masculins. De plus en plus de gros potentiels français déclinent l'invitation à intégrer cette prestigieuse institution pour poursuivre leur formation dans un club où ils pourront vite gravir les échelons. Ainsi, les huit derniers Français draftés en NBA (Luwawu-Cabarrot, Yabusele, Michineau, Cordinier, Cornélie, Ntilikina, Lessort et Kaba) ne sont pas passés par le Centre Fédéral.

Pourquoi le CFBB, qui a vu passer nombre des plus grands noms du basketball masculin français au 21e siècle (Tony Parker, Boris Diaw, Antoine Diot, Edwin Jackson, Ludovic Vaty, Evan Fournier, Léo Westermann...), est-il moins prisé que dans les années 2000 ?

Est-ce du à ce qu'il est, comment il travaille ou parce qu'il est opposé à une concurrence plus compétitive de la part des centres de formation affiliés aux clubs professionnels ? Est-ce du à l'évolution des projets individuels des joueurs ?

Pour mieux comprendre ce phénomène, nous avons interrogé trois hommes de terrain : Tahar Assed-Liégeon, figure emblématique du Centre Fédéral dont il est devenu le directeur en janvier, Anthony Brossard, coach des Espoirs de l'ASVEL (qui va bientôt lancer son Académie) depuis 2016 et Jean-Luc Tissot, coach de l'équipe Espoir de la JL Bourg en 2016/17 qui évoluait en Nationale 2. 

Le Centre Fédéral, la dernière étape d'un long chemin de croix

Le système pyramidal de la formation française permet un maillage territorial très précis. Les détections commencent en U11, les sélections départementales en U13 et les sélections régionales s'affrontent lors des "TIL" en U15. Les meilleurs potentiels (à ne pas confondre avec les meilleurs joueurs) sont réunis en U15 dans les Pôles régionaux de chaque (ancienne) région.

En U15, il y a également les camps inter-zones (CIZ) à la Toussaint qui regroupent les 64 plus gros potentiels filles et garçons de Métropole et d'outre mer. Ensuite, à Bourges juste avant Noël, se déroule le camp national avec les 30 plus gros potentiels.

Enfin, 20 joueurs de chaque sexe sont retenus pour passer cinq jours à l'INSEP en mars afin de passer les tests d'entrée pour le CFBB.

Combien de joueurs passent-ils par le Centre Fédéral ?

Depuis 2004, et la génération 89, chaque année le Centre Fédéral fait entrer huit à douze joueurs par sexe. A l'issue de leur saison U16, quatre à six éléments de cette génération restent au CFBB pour évoluer avec l'équipe U18 en Nationale 1. Entre les U16, U17 et U18, il y a donc 25 joueurs et 25 joueuses pensionnaires du CFBB.

A de rares exceptions près, il n'y a pas de joueurs qui intègrent le CFBB au milieu du parcours. En 2015, Jaylen Hoard est entré dans l'institution fédérale à sa sortie de saison U16 alors qu'il évoluait en U18 élite à la CTC Montpellier Métropole.

Pourquoi le Centre Fédéral vit une période plus difficile ?

Si les U18 filles du CFBB parviennent à tirer leur épingle du jeu en Ligue 2 (5 victoires et 21 défaites cette saison), tout comme les U16 dans la poule A de NF1 (4 victoires et 18 défaites), la section masculine a plus de mal. Ainsi, les U16 ne se sont pas qualifiés en groupe A cette saison en U18 Elite et les U18 n'ont gagné qu'un match ces cinq dernières saisons en Nationale 1 (aucun cette saison).

Il faut dire que ces dernières années, le niveau de la Nationale 1 s'est considérablement amélioré. Les clubs sont de plus en plus structurés et leur effectif en totalité ou grande majorité (selon les cas) est composé de joueurs professionnels encadrés par un staff professionnel.

Du même côté, si Tahar Assed-Liégeon constate que les joueurs entrants au CFBB sont de plus en plus forts, il n'empêche que beaucoup des meilleurs éléments choisissent d'autres voies. Certains refusent d'entrer au CFBB comme Malcolm Cazalon ou Killian Hayes - qui avaient pourtant franchi toutes les étapes dont on a parlé ci-dessus - alors que d'autres partent avant la fin de leur cursus comme Jaylen Hoard l'an passé ou Théo Malédon (à l'ASVEL) et Joël Ayayi (à Gongaza, en NCAA) cette année.

Pourquoi ces joueurs partent-ils ? C'est ce que nous allons développer ci-dessous.

Les progrès des centres de formation

Il y a encore quelques années, il était dur de refuser d'entrer au Centre Fédéral. Si le CFBB reste la voie numéro 1 pour accéder au très haut niveau, son avance sur les centres de formation français était encore plus importante dans les années 90 et surtout 2000. Le CFBB était précurseur de tout, que ce soit dans l'approche sportive ou dans l'encadrement (suivi médical, mental, scolaire etc.).

Ces dernières années, les centres de formation se sont structurés, comme à Chalon-sur-Saône, Strasbourg ou encore l'ASVEL, qui va lancer une Académie avec trois terrains dédiés, une école sur place et un service marketing indépendant. Les clubs professionnels investissent énormément sur ceux qu'ils pensent devenir de futurs joueurs de leur équipe première et ceux qui pourraient ensuite jouer dans un grand club étranger (NBA ou EuroLeague). Les joueurs sont également habitués aux encadrements de qualité. La Ligue du Lyonnais rémunère ainsi deux kinés pour son Pôle Espoirs à la Croix Rousse.

La marge s'est donc réduite de par les progrès des centres de formation et les joueurs ne sont plus impressionnés par l'encadrement proposé par le Centre Fédéral puisque dans tous les Pôles, il est déjà très important.

En club, un ou deux joueurs mis en avant

A l'ASVEL, on a énormément investi sur Arthur Rozenfeld, Amine Noua et désormais Malcolm Cazalon. Ce dernier bénéficie d'un emploi du temps scolaire aménagé et d'un suivi particulier de la part de tout un tas de spécialistes (préparateur physique, mental etc.). "On fait le choix d'investir sur lui, il ne coûte pas au Centre de formation (800 000 euros de budget au total) la même chose que ses coéquipiers", explique son coach Anthony Brossard.

Malcolm Cazalon, le nouveau joyau de l'ASVEL

Dans le contexte sportif, c'est la même chose. L'une des raisons qui a convaincu Malcolm Cazalon de venir à l'ASVEL était la promesse d'avoir de la place sur les postes extérieurs en Espoirs. Dans la construction de son effectif U21, le club n'a donc pas surchargé les postes extérieurs. "On ne veut pas devenir l'INSEP, on ne veut pas avoir les 10 meilleurs de la génération, ça ne nous intéresse pas du tout, parce que ce qu'on veut, c'est cibler sur des joueurs et se dire eux on veut en faire des pros."

Du côté du Centre Fédéral, on rétorque qu'il y a "évidemment" également des joueurs qui ont une attention toute particulière. Mais tous les joueurs bénéficient d'un suivi personnalisé, même lorsqu'ils ne peuvent pas jouer au basket de l'année. "Killian Tillie, en 2015/16, n'a même pas pu s'entraîner, rappelle Tahar Assed-Liégeon. Il y avait toujours quelqu'un pour s'occuper de lui, même pour faire du tir en étant assis". Certaines sources indiquent que la FFBB investit 50 000 euros par an pour chaque pensionnaire du CFBB.

Se frotter aux professionnels et à leurs exigences tout de suite

A Strasbourg, Frank Ntilikina s'est entraîné avec le groupe professionnel dès ses 16 ans. Le meneur de jeu a ainsi affronté à l'entraînement tous les jours Antoine Diot ou Louis Campbell. Il a aussi pu se rendre compte de leur grand professionnalisme, leur éthique de travail, leur tempérament... Un apprentissage accéléré du monde professionnel. Qui est également favorisé par le coaching, lié aux résultats de l'équipe plutôt qu'à leur développement. Frank Ntilikina a ainsi été rodé par la rigueur des options prises par Vincent Collet, sur le pick & roll, le spacing, l'agressivité défensive. Oui la rigueur existe également dans la formation. Mais la rigueur de la préparation d'un match couperet de phase finale d'EuroCup, c'est unique à 17 ans.

Cette volonté de s'entraîner avec les professionnels très vite - qui a motivé Théo Malédon à rejoindre l'ASVEL par exemple - peut parfoirs être qualifié d'impatience. Mais aujourd'hui, les projets NBA ne sont plus des rêves pour des joueurs de 14/15 ans qui ont un plan en tête.

Des projets individuels que respectent Tahar Assed-Liégeon qui pense néanmoins que s'affirmer avec le CFBB en NM1 peut-être être réellement bénéfique pour mener à bien ce projet.

"Pour moi, il y a deux choses fondamentales pour un jeune joueur. T'entrainer contre plus fort que toi c'est important, mais t'entrainer dans ta catégorie c'est aussi important. Je l'ai vécu à mes dépens avec un jeune que j'ai toujours fait jouer dans la catégorie au dessus. Il a arrêté le basket au 22 ans alors qu'il a fait un centre de formation. Sauf qu'il n'a jamais pu être libéré, il n'a jamais pu exprimer ce qu'il a pu exprimer dans sa catégorie, être capable de marquer 25 points."

Mais si les joueurs jouent en Espoirs, l'intérêt est-il assez important ?

S'entraîner avec les professionnels ne veut pas dire jouer avec eux en compétition. Un coach de Pro A subissant la pression "des résultats" (titres, playoffs, maintien) ne peut pas toujours se permettre de lancer des jeunes dans le grand bain qui ne seront pas forcément productifs.

Le championnat Espoirs leur permet d'avoir un temps de jeu conséquent. Mais celui-ci n'a pas grand chose à voir avec le niveau professionnel et le contexte n'est pas toujours très intéressant. Les matchs se déroulent au milieu de l'après-midi dans les salles de Pro A vides. La majorité des joueurs ne signeront jamais de contrat professionnel dans un club de la Ligue Nationale de Basket.

Lors du Trophée Coupe de France, on peut se rendre compte de la différence entre les clubs de Nationale 2 et Espoirs. Seule l'équipe Espoir du Cholet Basket a atteint l'avant-dernier carré, à savoir le plateau des quarts et demi-finales.

Frank Ntilikina lors de son premier match professionnel contre Boulogne-sur-Mer (©Olivier Fusy)

L'exemple de Bourg et son équipe Espoirs en Nationale 2

Son équipe fanion ayant jouée en Pro B en 2016/17, la JL Bourg n'avait pas d'équipe engagée dans le championnat Espoirs, réservé aux clubs dont l'équipe 1 évolue en Pro A. C'était donc la seule formation de LNB à compter une équipe en Nationale 2 avec l’Élan Béarnais (via la structure amateur Elan Béarnais Pau Nord Est). Et elle s'est bien débrouillée avec un bilan équilibré de 13 victoires en 26 matchs.

Pour Jean-Luc Tissot, le coach, il n'y a pas de doute. Le championnat dans lequel évolue ses U21 (avec un U23, Arthur Daroux, et un U22, Bali Coulibaly) est bien meilleur que le championnat Espoirs.

"Il n'y a pas photo, sans aucune contestation possible de ma part. Sur l'intensité des matchs, sur la stratégie dans les matchs, sur les environnements aussi, les salles difficiles, l'arbitrage, c'est bien plus formateur. Bien entendu, c'est plus confidentiel, c'est moins couvert. Il n'y a pas la participation dans l'environnement du match pro, en lever de rideau. Il n'y a pas l'exposition qu'ont les joueurs espoirs. Mais en terme de formation individuelle pure, c'est un autre niveau. Par exemple dans notre poule (la D), il y a Nicolas Faure (entraîneur de Besançon, NDLR) qui a coaché en Pro A. C'est un niveau qui n'a rien à voir avec les Espoirs et encore moins avec la NM3 (niveau dans lequel jouent les équipes Espoirs des clubs de Pro B). La NM3 l'année dernière, ce n'était pas une perte de temps pour nos Espoirs parce qu'on a joué le premier rôle et que les jeunes ont su créer une montée, ce qui est intéressant dans leur cursus. Mais c'est le jour et la nuit avec la NM2."

Cependant, Bourg montant en Pro A, le club est forcé d'avoir une équipe U21 en Espoirs et a donc dissout son équipe NM2. De toute façon, la génération U18 suivante n'avait pas le potentiel pour évoluer en Nationale 2 avoue Jean-Luc Tissot.

Sportivement, il est difficile de pérenniser une structure avec des joueurs évoluant à la fois en Espoirs et en Nationale 2. Pau y est arrivé pendant plusieurs années. Mais les nombreuses blessures des joueurs professionnels ont conduit plus d'Espoirs à jouer en Pro A en 2016/17. La Nationale 2 s'est donc retrouvée privée d'éléments à fort potentiel. Du coup, l’Élan Béarnais Pau Nord Est est relégué en Nationale 3 au terme d'une saison galère (1 victoire pour 25 défaites).

Thibault Desseignet s'est fait la main avec la réserve avant de pleinement intégrer le groupe pro (©Guilherme Amorin)

Dans un passé récent, plusieurs clubs de Pro B comptaient une équipe jeune en Nationale 2. A Lille, Luka Asceric s'est aguerri en s'entraînant avec l'équipe de Pro B et en jouant tous les week-ends en Nationale 2. Le HTV a réussi à monter une équipe compétitive l'été dernier pour intégrer le championnat Espoirs notamment grâce au groupe qui évoluait en Nationale 3 la saison dernière.

Malgré tout, Jean-Luc Tissot estime qu'avoir 18 équipes Espoirs en Nationale 2 (comme la Ligue Féminine avec la NF2) ne paraît pas possible.

"Si on parle de rebasculer des équipes espoirs en championnat NM2, c'est impossible. Si on dit que les équipes Espoirs sont sauvées en NM2 et qu'elles ne descendent pas, ça ferait quatre équipes Espoirs par poule. Il faudrait donc finir dans les premier tiers du championnat pour être sauvé si l'on n'est pas une équipe Espoirs. Je pense que ça fausserait un peu les données du championnat NM2 qui est devenu un championnat assez sérieux. Il y a des présidents qui visent la NM1, qui veulent monter plus haut. La NM2, c'est un passage, donc c'est difficile pour moi d'envisager de voir débarquer autant d'équipes espoirs dans ce championnat là."

Sans oublier que comme entre le championnat Espoirs et la Pro A, il reste une importante différence de niveau entre la Nationale 2 et la Pro A.

"Le championnat Espoir reste intéressant parce que justement certains jeunes ont une forme d'exposition, une forme de lien très étroit avec l'équipe professionnelle. Ils peuvent vraiment prendre toutes les dimensions du milieu professionnel de manière quotidienne. Pour certains profils, c'est intéressant. Mais malheureusement ce n'est pas pour la majorité."

Pour lui, impossible de savoir quel est le meilleur système pour gravir la dernière marche qui permet d'accéder au niveau professionnel.

"Il y a autant de profils de dernière marche qu'il y a de profils de joueurs. Il y en a qui avancent plus vite que d'autres et qui s'adaptent plus vite que d'autres. Des fois, ce ne sont pas ceux qu'on croit qui passent le cap."

Clubs satellites, licences AS... Il reste encore pas mal d'options

Dans ce cas, les clubs de l'élite pourraient fonctionner avec des clubs voisins évoluant en Pro B ou Nationale 1. Nanterre pourrait prêter ses meilleurs Espoirs à Rueil en NM1, Strasbourg à Souffelweyersheim (NM1), Orléans avec Chartres (NM1) ou encore Gravelines-Dunkerque avec Lille (Pro B).

L'ASVEL explore cette voie via son partenariat avec Saint-Chamond. L'un de ses poulains, Stéphane Gombauld, a ainsi passé la saison en Pro B dans un club qui l'a grandement utilisé dans la course au maintien. A l'avenir, Digué Diawara (Poitiers ?), Malcolm Cazalon, Théo Malédon pourraient bénéficier d'un prêt de ce type. Reste à savoir s'ils pourraient également s'entraîner avec l'ASVEL ? Pour cela, il faudrait imaginer une base de travail collective commune entre les staffs des deux clubs.

L'autre système permettant cela, c'est la licence AS. Souvenez-vous, avant d'exploser en Pro A en 2015/16 au Paris-Levallois, Vincent Poirier était oublié par Antoine Rigaudeau au bout du banc. Une licence AS lui a permis de faire quelques matchs avec le Centre Fédéral où il a brillé avant de passer un cap au PL. Un système dont a bénéficié Sekou Doumbouya en 2016/17. Mais ce dernier a finalement été utilisé à chaque match par Poitiers en Pro B et n'a donc pris part qu'à trois matchs avec le CFBB.

"Ce que j'ai vécu avec Vincent Poirier, ça a été vachement enrichissant, commente Tahar Assed-Liégeon. En NM1, il est venu jouer avec des gamins et leur a apporté, aussi bien dans le vestiaire que dans le jeu. Ca a été un enrichissement mutuel pour tout le monde. Je pense que des clubs de Pro A puissent fonctionner avec un autre de Pro B pas loin, ou de NM1. l'ASVEL et Saint-Chamond, c'est fabuleux. Je pense que la licence AS est faite pour le mec qui ne joue pas ou peu. A partir du moment où il joue, c'est fini. Pour Sekou, c'est ce qu'il s'est passé. S'il joue 15 minutes en Pro B, quel est l'intérêt de le faire jouer en NM1 ?"

Imaginez donc que demain le Cholet Basket travaille en collaboration avec Challans (NM1). Le leader des Espoirs Abdoulaye Ndoye (6 entrées en jeu en Pro A seulement en 2016/17) pourrait y faire un match le vendredi soir avant d'aider les Espoirs le samedi après-midi. Mais cela pourrait vite devenir difficile à gérer. L'entente du début de saison pourrait s'avérer plus compliquée en cours de saison. Prenons un cas de figure simple : après deux matchs pleins, Ndoye serait forcément fatigué pour le match de la Pro A. Et si Philippe Hervé avait besoin de lui ? Et si Jonathan Rousselle se blessait en cours de match, que Marcus Williams avait 3 fautes à la 15e minute ? Vous avez donc compris que ce n'est pas aussi facile que cela.

Sans oublier que les rivalités régionales existent parfois (voire même souvent) au sein de clubs professionnels voisins, même si ceux-ci n'évoluent pas dans la même division. Être "un centre de développement pour prospects du club voisin" n'est pas forcément l'idéal pour Rueil. Mais quand on est obligé se limiter son groupe professionnel à sept ou huit joueurs aguerris, avoir un U21 d'impact à moindre frais en plus serait forcément positif pour une équipe de NM1.

L'Espagne utilise ce système de club satellite.

"Il y a Badalone et à coté il y a Prat, explique Tahar Assed-Liégeon. Les gamins passent de l'un à l'autre dans la semaine. J'ai étudié ça de près, je suis allé les voir. Ils font super bien les choses et en plus c'est une culture club, famille. C'est très particulier parce qu'ils sont le pendant du Barca à côté."

Un système qui a fait ses preuves puisque l'Espagne domine chez les séniors comme les jeunes, en filles comme en garçons. Grâce en partie à ce système ?

Le Centre Fédéral : des installations uniques

La fatigue n'est pas non plus à négliger dans le système décrit ci-dessus. Outre le cumul des matchs - ne pas oublier que certains de ces joueurs jouent aussi en équipe nationale durant l'été -, les déplacements ajouteraient un surplus de fatigue.

Et le confort de travail est forcément LE plus gros avantage du Centre Fédéral. Dans l'immense parc de l'INSEP situé au beau milieu de la forêt de Vincennes, les pensionnaires du CFBB peuvent tout faire à pied entre leurs cours, les salles d'entraînement, leurs lieux de vie (internat, cafétéria) sans oublier les centres de soin.

Les financements sont importants pour la crème de la crème des sportifs de haut niveau français, ceux qui représentent la France dans les grands événements sportifs internationaux. Des centres de cryothérapie ouvrent partout sur le territoire ? Le premier était à l'INSEP, et Kobe Bryant était venu la tester, preuve de la qualité du matériel mis à disposition.

"Samedi, Timothée Bazille se fait une cheville (contre Lorient, NDLR). A l'INSEP, on a un bâtiment médical. Il va au sous-sol, il fait sa radio. On a besoin de faire une IRM ? On l'inscrit pour demain, il n'y a même pas besoin de sortir du parc. Et encore... au mois d'août, il va y avoir de grands travaux, l'INSEP va changer tout le matériel médical en ce qui concerne l'imagerie médicale. On sera encore à la pointe de la performance. Quelqu'un se fait les croisés ? On a un centre de rééducation ici-même avec huit kinés à temps plein. Vous savez quand vous soignez Teddy Riner ici... Et là je ne parle que du médical. On a des bains froids, dans la salle de musculation un banc de 10 000 euros... Et je pense que l'on n'a pas fait le tour de toutes les ressources possibles de l'INSEP, aussi bien matérielles qu'humaines. On a des gens d'une extrême compétence."

Quant aux questionnements sur les nombreuses saisons blanches des prospects français, elles sont légitimes. Suite à sa blessure au genou à l'EuroBasket U18 2015, Killian Tillie n'a pas joué le moindre match en 2016/17. "Mais il n'a jamais été tout seul" rappelle encore et toujours Tahar Assed-Liégeon. "Tout le long, il était accompagné, même pour faire du tir assis." Médecins, kiné, psychologues... Les pensionnaires du CFBB côtoient la crème des spécialistes et tous sont à leur disposition. "Dans un club, un préparateur physique va s'occuper des professionnels et des Espoirs, ça fait 20 joueurs. Et il peut-être absent lorsque l'équipe professionnelle est en Lettonie en Coupe d'Europe."

Si Olivier Sarr et Yves Pons n'ont que peu joué cette année, c'est aussi parce que le Centre Fédéral veut faire attention à l'intégrité physique de ses pensionnaires. Killian Tillie, c'est plus de 40 matchs cette saison avec Gonzaga de novembre à avril. Mais un programme universitaire américain vit par ses résultats, les joueurs ne restant qu'un maximum de quatre ans. Le Centre Fédéral sert à servir l'intérêt de l'équipe de France et du haut-niveau français sur le long terme. Il n'est nullement question de gagner un match de plus en Nationale 1 si c'est pour prendre le risque d'aligner un joueur blessé.

"Toutes les semaines, le staff sportif et médical se réunit. Ce mercredi à 10 heures, les quatre coachs garçons, le préparateur physique garçon, le médecin, le kiné parlent des 25 joueurs un par un. On a un échéancier sur un tableau qui nous dit : ''Lui il est blessé jusqu'à cette époque là.'' Avec cet échéancier, on fait le point sur chaque joueur chaque semaine pendant 1h30. Avec Jacky (Commères), on veut pouvoir comptabiliser toutes les charges des joueurs à l'avenir."

Outre ces réunions médicales, des réunions de secteur (masculin et féminin) sont organisées chaque lundi.

"On se questionne sur les projets individuels de chaque joueur. Ca se fait toujours par rapport au haut-niveau. A quel niveau le milieu professionnel va le prendre ? Je peux prendre l'exemple d'Olivier Sarr. Quand il est arrivé, son poste de jeu c'était le 3. Il avait les qualités pour. Mais son âge osseux était faible, il avait encore une possibilité de croissance. Donc lors d'un entretien avec la famille, on a posé la question : ''S'il fait 2,12 m on fait quoi ?'' L'idée sur sa formation, on a voulu lui permettre de jouer dos au panier, face, loin mais aussi dans le petit périmètre. A Berlin en EuroLeague, il nous a montré plein de choses en étant capable de jouer 4 et 3. C'est le haut-niveau qui va décider à quel poste il jouera. On essaye de les y préparer."

Enfin, concernant le double-cursus, le Centre Fédéral rappelle que 100% de ses U18 sortent de l'institution le baccalauréat en poche. "Il y a un bâtiment dédié au scolaire où l'on va à pied depuis l'internat, la salle d'entraînement, le réfectoire..." Peu de centre de formation peuvent garantir la même chose, même si Jean-Luc Tissot annonce qu'en 2016 tous les joueurs partis avaient un diplôme en poche.

Mais à Bourg, pour faire les déplacements entre la salle d'entraînement et le lieu de vie, il faut être amené en minibus ou prendre l'autobus. Pas le même confort de vie.

Pas de travail individuel ? Le CFBB s'en défend

Parmi les nombreuses critiques qui existent autour du travail du Centre Fédéral, il y a l'absence de travail individuel. Plusieurs joueurs affirment que la part de travail collectif, y compris à cinq contre zéro, est très importante. Tahar Assed-Liégeon assure que le CFBB réalise aussi du travail individuel.

"Le travail individuel, il est fait partout. Enfin... Ce que j'appelle plutôt le perfectionnement individuel. Le perfectionnement individuel, à un moment donné on est dans la leçon : ''Tiens toi, il faut que je reprenne tes appuis'. Puis, de temps en temps, c'est aussi de dire que ''toi, toi et toi, vous venez parce qu'il faut qu'on fasse un peu d'opposition, il faut qu'on travaille tes appuis''. Car c'est bien beau de travailler tout seul ses appuis, mais ça ne sert à rien. L'important c'est de dire voilà, ''là tu as vraiment des manques, alors on les prend à zéro''. Comme on dit, on va apprendre les gammes. Une fois que tu sais les gammes, il faut que tu les récites avec un mec en face. Et là on part à deux et on fait un travail. Et ainsi de suite. Ca se fait tous les jours et en particulier les séances du matin sont principalement dédiées à ça. Et le soir, on a une partie collective mais qui est du jeu à deux, à trois, à quatre, à cinq. C'est vraiment perfectionner sur les fondamentaux."

Le retour de la mode américaine

Si l'effet NBA est immense sur les prospects français depuis le début des années 2000, l'effet NCAA, énorme dans les années 90, a fait son retour. Alors que depuis une dizaine d'années, les parcours en lycée américain et universités étaient réservés à des prospects "moyens", les meilleurs jeunes français s'aventurent énormément aux États-Unis dernièrement. Killian Tillie et Jaylen Hoard ont ainsi fait le choix d'aller respectivement en NCAA et au lycée l'an passé. Olivier Sarr, Yves Pons et Joël Ayayi ont fait de même cette année.

"Il y a l'envie d'avoir une autre expérience basket", reconnaît et comprend Tahar Assed-Liégeon. Si sportivement, ces choix sont souvent critiqués, y compris par plusieurs entraîneurs du CFBB, l'expérience humaine et la faculté d'adaptation à d'autres contextes de vie et de jeu sont recherchés pour les joueurs et leurs familles.

Il faut reconnaître que jouer un match à l'INSEP n'est pas très excitant. A domicile, les matchs sont joués le samedi après-midi devant quelques spectateurs, souvent les familles et les supporteurs de l'équipe adverse expatriés à Paris. Loin, très loin du contexte professionnel ou américain. Quand on a demandé à Jaylen Hoard de nous qualifier le plaisir jouer dans le championnat lycéen de Caroline du Nord, son visage s'est illuminé.

"L'environnement est carrément différent. Ils sont vraiment à fond dans le basket, si tu fais un bon match, tout le monde t'en parle le lendemain à l'école. Tu vas au magasin, des fois il y a des gens qui te connaissent. Je suis arrivé et directement l'ensemble de l'équipe m'a bien intégré, on était soudé."

Sans oublier que le cursus universitaire américain permet d'acquérir un diplôme universitaire. Killian Tillie, comme ses deux frères avant lui, a ainsi choisi la filière NCAA en partie pour cette raison.

"Je veux savoir si c'est un épiphénomène ou si c'est quelque chose qui va se reproduire. Si cela se reproduit sur trois/quatre saisons, alors là il y a matière à réfléchir sur la situation à proposer et sur le pourquoi", reconnaît Tahar Assed-Liégeon.


Jaylen Hoard ici avec la "CP3 Team" en AAU

Les U18 en Nationale 1, cela ne changera pas

Aujourd'hui, le Centre Fédéral n'envisage pas de chambouler ses engagements au niveau sportif. Les équipes U16 et U18 du Centre Fédéral resteront dans leur championnat actuel. L'équipe U18 masculine évoluera bien en Nationale 1 dans les années à venir, même si les difficultés seront importantes étant donné que les deux meilleurs joueurs nés en 2000 (Doumbouya et Ayayi) ne seront pas au CFBB l'an prochain tout comme quatre "2001" majeurs (Malédon, Killian Hayes, Malcolm Cazalon et Tom Digbeu). Sur la génération 2002, d'autres joueurs ont refusé l'entrée au Pôle France, comme Jayson Tchicamboud, qui s'est engagé à Strasbourg.

Le CFBB ou l'idée de la "culture de la défaite" ?

Le Centre Fédéral restant en Nationale 1, les défaites vont continuer à s'enchaîner. Malgré les multiples saisons à zéro victoire, les joueurs passés par le programme n'ont pas la culture de la défaite ancrée en eux selon Tahar Assed-Liégeon.

"Les gens pensent que l'idée souvent répandue que le jeune apprend à perdre, rappelle-t-il. J'ai souvent constaté à des moments donnés qu'on pouvait perdre pleins de matchs pendant l'année mais qu'on finit sur le podium en championnat d’Europe. Parce que les jeunes ici savent qu'ils vont perdre des matchs, on joue contre des séniors donc on sait, mais je ne les sens pas démotivés. Il faut les suivre au quotidien, c'est pour ça les gens voient ça de loin. Est-ce que ça a vraiment posé problème sur les fins de match de l'Euro U18 2016 ? Si je me souviens bien, à part la Slovénie, je ne peux pas dire qu'on a gagné les matchs haut la main. On a été en difficulté tout le temps et pourtant ces jeunes ont trouvé de la ressources pour gagner."

Outre le championnat de Nationale 1, le Centre Fédéral fait également du NGT organisé par l'EuroLeague (un tournoi pour les meilleures formations de jeunes d'Europe) un élément important de son calendrier. En mai, le CFBB l'a d'ailleurs remporté, prouvant sa compétitivité malgré les absences ou forfaits de certains des meilleurs éléments de la génération 99/2000.

Conclusion : Le Centre Fédéral mène toujours à Rome, d'autres voies aussi

Si les derniers joueurs français draftés ne sont pas passés par le CFBB – même si l'on oublie Jonathan Jeanne, qui était bien parti pour avant que le syndrome de Marfan ne lui soit détecté -, une bonne partie des internationaux français actuels ont été pensionnaires de l'INSEP.

A Rio, cinq des joueurs de l'équipe de France masculine (Diaw, Tillie, Parker, Lauvergne et Diot) et féminine (Gruda, Miyem, Epoupa, Ayayi et Amant) étaient passés par le CFBB.

"Quand on n'a que cinq joueurs de l'équipe de France U18 du Centre Fédéral, ça chagrine. Mais c'est difficile d'en avoir plus parce que par génération, on en a que six ou sept au CFBB. En 2016, sur le titre, je suis parti avec cinq joueurs du Centre Fédéral (Février, Doumbouya, Vergiat, Rambaut et Tchouaffe). C'est la force du basket français que de voir que le CFBB n'est pas la seule voie pour faire un championnat d'Europe. Parfois on a des problèmes de riche. Adam Mokoka et Abdoulaye N'Doye ont vachement évolué dans leur club."

Face aux multiples refus d'intégrer le Centre Fédéral, aux départs anticipés de certains joueurs, Tahar Assed-Liégeon reste fidèle en ses croyances. Il est convaincu que la qualité de l'encadrement (infrastructure, staff) fait encore la différence. Il réagit toutefois positivement à certains choix.

"Je sais qu'au niveau des conditions, des structures, de l'emploi du temps, aucun centre de formation ne peut rivaliser. Après la chose basket, c'est différent. Il y a de bons entraîneurs partout. Et heureusement ! Nous on pense qu'à 17 ans, il vaut mieux aller à un endroit où l'on peut vraiment s'exprimer. Il y a le temps d'être dans la concurrence. Bien finir ses études c'est important. Joël Ayayi, il passe son bac cette année, c'est logique qu'il parte. Théo Malédon il le passe l'an prochain. Est-ce que cela n'aurait pas été mieux qu'il le passe avec nous ? L'avenir le dira. La famille Malédon est vraiment autour de ce projet avec l'ASVEL, je lui souhaite de réussir. La seule chose que je souhaite, parce que Théo est un super garçon, c'est qu'un jour je pourrais aller le voir aux Jeux olympiques."

A l'heure où le monde va toujours plus vite, toujours plus fort, Tahar Assed-Liégeon rappelle que le Centre Fédéral est la dernière étape où l'on peut avoir le temps de bien faire les choses.

"On a le temps pour nous, on n'est pas pressurisé par les résultats. Même par rapport aux équipes nationales. L'aspect individuel reste notre finalité, avec le développement de la filière professionnelle. On veut une Pro A de plus en plus forte, avec des résultats en Coupe d'Europe toujours meilleurs."

Dans les centres de formation, on ne se sent pas en concurrence avec l'INSEP. Ces derniers souhaitent être tirés vers le haut par l'exemple fédéral.

"La légitimité de l'INSEP n'est pas à remettre en question, poursuit Jean-Luc Tissot, parce que c'est quelque chose qui a été moteur à un moment donné et qui a très bien fonctionné. Le CFBB a fait émerger le basket français qui aujourd'hui rejaillit en Europe et en NBA. C'est quelque chose qui a très, très bien fonctionné mais c'est quelque chose qui doit aussi s'adapter, se moderniser, pour que ça redevienne le moteur des centres de formation. C'est à dire qu'ils ont poussé à un moment donné aux questionnements, à la remise en question dans les centres de formation, les centres de formation ont fait le travail. Aujourd'hui, on sent que l'écart s'est réduit. Maintenant cette démarche doit être faite par le Centre Fédéral pour remonter, tirer de nouveau les centres de formation vers le haut. Après par quels moyens techniques, pédagogiques, financiers... Je n'en sais rien, mais c'est à eux de redevenir leader. Ce sont des indicateurs ça, les gens qui ne veulent pas y aller ou ceux qui en partent. Cela veut dire qu'aujourd'hui, ce n'est plus aussi attrayant qu'avant, qu'il doit y avoir une remise en question, savoir ce qui doit être pour redevenir de nouveau quelque chose de très attrayant où les plus gros potentiels de France ne se posent pas de questions. Ils doivent se dire : ''Si l'INSEP, m'appelle j'y vais''. Alors après il y a des choses qui ne sont pas inhérentes à l'INSEP, au vu du changement d'environnement avec le développement financier du monde des agents, des intérêts."

Cette remise en question, Tahar Assed-Liégeon assure l'avoir constamment au sein de son staff.

"Qu'est ce qui nous manque pour être meilleur ? La première chose c'est par rapport aux terrains. Par rapport aux emplois du temps, l'encadrement de nos jeunes, dans le suivi, le contenu. On se réunit tous les ans pour parler de ces choses là. Le 2 et 3 mai, il y a un séminaire avec tous les entraîneurs du Centre Fédéral pour faire le bilan de notre saison. On peut encore améliorer l'accueil, les échanges qu'on peut avoir avec les jeunes, donner encore plus de sens à ce qu'on fait. On doit aussi être plus en contact encore avec le milieu professionnel pour voir les évolutions qu'on y trouve et qu'on réponde à ses exigences. Ce sont des pistes sur lesquelles on peut réfléchir."

Et si la multiplication des voies d'accès vers le très haut-niveau n'était tout simplement pas une très bonne nouvelle pour le basketball français ? 

25 juillet 2017 à 10:45
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