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DIANDRA TCHATCHOUANG : ENTRE AMBITION ET RAISON

Diandra Tchatchouang Tango Bourges Basket
Crédit photo : Olivier Martin

Des terrains de La Courneuve au Prado en passant par les États-Unis, Diandra Tchatchouang a déjà une carrière bien remplie. Joueuse incontournable en LFB et en équipe de France, elle a accepté de se confier sur son parcours. Portrait.

Sur le terrain, elle est agressive grâce à ses qualités athlétiques. En dehors des parquets, Diandra Tchatchouang (25 ans, 1,89 m) est une femme pudique, simple et bienveillante. Née de parents camerounais, c’est à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) qu’elle découvre le basket. « J’ai commencé à jouer avec mes cousins qui vivaient à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Quand j’allais les voir en vacances scolaires avec ma sœur, on essayait de jouer avec eux, mais c’était compliqué. Puis, un jour, on a pu essayer. Et j’ai accroché tout de suite. » Après la danse moderne ou encore le judo, Diandra trouve sa voie.  Pourtant, tout n’a pas été simple au début. « J’ai commencé le basket à 8 ans. J’ai toujours été la plus grande depuis que je suis née. Je faisais 1,86m à 13 ans ! Oui, les débuts ont été difficiles, car j’avais beaucoup de mal avec la coordination de tous les mouvements. Rien qu’un lay-up, c’était la galère parfois », se souvient-elle. Grâce à sa taille et de nombreuses qualités, la championne de France LFB 2015 évolue rapidement. « J’ai été surclassée rapidement. Je jouais avec des filles qui avaient 4 ans de plus que moi. Elles étaient nées en 1989, car il n’y avait pas assez de filles au sein du club pour créer une équipe féminine. » Cette précocité lui permet de rejoindre le Pôle Espoir d’Ermont Eaubonne (Val d’Oise) à 12 ans et le club du Paris Basket 18 un an après. « Avant d’entrer au Pôle, je n’avais aucune idée du cheminement pour évoluer à haut niveau. Je savais juste que c’était ma passion. Là-bas, j’ai appris la rigueur, à m’entraîner tous les jours, à faire de la musculation. Puis, lors de ma deuxième année, on a été Championnes de France Minimes avec le PB18. C’est un magnifique souvenir, car on avait un groupe de filles super soudées. »

Le double projet aux États-Unis

Grâce au travail et à l’abnégation, Diandra rejoint ensuite l’INSEP en 2005. « Ça m’a fait grandir, car on était autonomes. En plus, c’est la phase de l’adolescence, donc ça change pas mal de choses. Mais on s’occupe bien de nous, j’ai presque envie de dire que ce sont mes années préférées avec le Pôle. J’avais la chance d’être originaire de Paris, donc je voyais souvent ma famille par rapport à certaines de mes coéquipières. » Cette époque coïncide avec le premier titre de sa carrière : l’Euro Cadettes 2007. Une compétition qu’elle termine en étant élue MVP. « Oui, c’était une sorte d’accomplissement car c’était mon troisième Euro Cadettes. Malgré ce titre, la native de Villepinte (Seine-Saint-Denis) n’oublie pas les études. À l’heure de terminer son cursus fédéral, la récente vainqueur de la Coupe de France part aux États-Unis, en NCAA, à l’université du Maryland. « J’y avais réfléchi toute la saison. Pour moi, c’était important de continuer les études. En France, à l’époque, c’était difficile de suivre un cursus d’études supérieures. Et je voulais vraiment ce double projet scolaire et sportif. C’était une aventure humaine inédite et j’ai eu la chance de vivre ça. J’ai pu voir un basket très différent, axé sur la préparation physique et le jeu en première intention. Là-bas, ils vivent le basket comme une religion. Parfois, ils travaillent à l’extrême. » Après deux ans d’études de sciences politiques, celle qui voit sa mère comme son modèle revient en France, à Montpellier.

« Perpignan a été une super expérience »

« À Montpellier, ça a été un peu délicat. Valéry Demory s’est manifesté rapidement, sauf que le mois après la signature de mon contrat de deux ans, je me suis blessée assez gravement. J’étais un peu dans l’incertitude. » Si le retour est compliqué (2,4 d’évaluation), elle retrouve des sensations au fil de la saison, notamment après l’hiver 2011. « À la fin de l’année, le coach a voulu construire son équipe différemment, donc le club a voulu me prêter. Sauf que je ne voulais pas. On a réussi à trouver un terrain d’entente facilement et on a rompu le contrat. Je me suis retrouvée à Perpignan. » Toujours dans le sud, Diandra retrouve François Gomez, son coach lorsqu’elle était à l’INSEP. « C’était un choix important, je voulais me relancer, retrouver des sensations, prendre du plaisir et mettre les blessures derrière moi. C’était une opportunité en or et ça a été une super expérience. » Le retour est réussi (9,3 dévaluation) en 27 matchs et Diandra est prête à signer pour une deuxième saison. À cause de soucis financiers, Perpignan disparaît et elle prend la direction de Bourges. « Ça s’est fait rapidement. Nous étions en préparation pour l’Euro 2013 avec l’équipe de France féminine. Valérie Garnier a montré un véritable intérêt et c’est ce qui a fait pencher la balance, car Nantes m’avait aussi sollicitée. » L’année 2013 est décidément une réussite, car la jeune femme est draftée en 20e position par les Silver Stars de San Antonio. À défaut de retourner aux États-Unis, la compétitrice rejoint le projet Tango. 

« Je me sens comme chez moi à Bourges »

4 ans après, celle qui adore les ndolé crevettes (plat camerounais) joue toujours en orange. Et son nouveau contrat de deux ans, dont une année en option, confirme son plaisir d’évoluer dans le Cher. « J’ai dû mal à m’imaginer ailleurs, même si l’étranger est forcément une chose à laquelle tu penses. J’ai la chance de jouer à Bourges, donc pour la visibilité c’est très bien. Mais je me sens comme chez moi ici et je suis déjà concentrée pour la saison prochaine. » C’est également ici qu’elle a connu deux moments délicats de sa jeune carrière. En décembre 2015, Diandra se blesse aux ligaments croisés du genou droit. Cette année, elle a raté deux mois de compétition à cause d’un kyste au ménisque du genou gauche. « En fait, je compensais trop sur mon genou gauche par rapport à la blessure de 2015. Aujourd’hui, je suis à 100%, mais ça a été des périodes compliquées. » Elle a pu compter sur le soutien familial, notamment celui de sa grande sœur, de ses deux petits frères et de sa petite sœur. « La famille est toujours importante dans des moments comme ça et la mienne a toujours été là pour moi. J’ai un jeu basé sur mes qualités athlétiques, donc ça a été très difficile de revenir à chaque fois. Plus que le mental et la confiance, c’est le physique qui ne suivait pas. Donc c’était normal que je ne prenne pas le leadership. » De 10,5 d’évaluation en 2014, l’ailière passe à 6,6 d’évaluation en 2015 et 5,4 cette année. Cette saison, elle a tourné à 5,9 points (36% à deux points, 30% à trois points), 2,7 rebonds, 1,2 passe décisive et 1,3 balle perdue pour 5,4 d’évaluation en 19 matchs de LFB. Des statistiques équivalentes à celles enregistrées en Euroleague : 5,8 points (39,5% aux tirs, 28,6% à trois points), 2,2 rebonds et 0,9 passe décisive pour 5,2 d’évaluation en 22 minutes. Celle qui n’a pas eu de saison complète depuis un an et demi a pourtant été capable de scorer 16 points contre Hatay dans la compétition européenne. La preuve qu’elle est capable de prendre ses responsabilités quand elle est à 100%.

« Impatiente d’être l’année prochaine »

Professionnelle depuis 6 ans, Diandra vient de vivre un exercice mitigé avec Bourges. Éliminées en demi-finale des playoffs en LFB par Montpellier, éliminées en quarts de l’Euroleague par Koursk, les Tango ont néanmoins réussi à remporter la Coupe de France. « Oui, il y a du négatif si l’on regarde les résultats. On avait une armada, mais on n’a pas su aller au bout. On a beaucoup changé l’effectif à l’intersaison 2016. Avec la blessure de Johannah Leedham, ça a été encore plus difficile, car c’était une joueuse importante. On a fait des erreurs, on a perdu des matchs qu’on n’aurait jamais dû perdre. Par contre, on a su rester solidaires. Je suis fière de cette équipe. » Si la fierté a pris une place importante cette année à Bourges, la saison prochaine sera celle des attentes. Avec les arrivées d’Olivier Lafargue sur le banc, de Sarah Michel, de Valériane Ayayi, de Katherine Plouffe ou encore d’Élodie Godin, le Tango Bourges Basket va être attendu au tournant. « Bien sûr que ça donne envie, presque tous les postes sont doublés. Je suis impatiente. On a un bon noyau de joueuses françaises internationales avec des étrangères qui sont très expérimentées pour la division. J’ai discuté avec le nouveau coach et avec l’arrivée de Valériane, il se peut que je joue au poste 4. Je l’ai déjà fait, notamment il y a deux ans. Dans le basket moderne, le rôle de l’ailier fort est très important, c’est une sorte de deuxième meneur de jeu. Donc oui, je risque de doubler sur les deux postes. »

Une autre équipe a également affiché ses ambitions pour l’année prochaine : le Lyon Basket Féminin. « C’est une bonne chose. La LFB est devenue de plus en plus compétitive depuis quelques saisons. » Coéquipières cette année, Diandra Tchatchouang et Ingrid Tanqueray seront adversaires l’an prochain. « Bien sûr qu’on se parle encore », explique en souriant Diandra. « Il y a des personnes avec qui la relation dépasse le basket. Je suis très contente pour Ingrid, car c’est une véritable amie. » Des amis, Diandra en a peut-être déjà rencontré dans son processus d’après-carrière.

Une médaille d’or en vue et du zouk

Titulaire d’un baccalauréat STG en France, Diandra a continué son double projet scolaire et sportif en France. « J’ai intégré Sciences Po Paris en janvier pour les sportifs de haut-niveau. L’objectif, c’est d’avoir l’équivalent d’une licence. Par la suite, j’aimerais bien partir dans le journalisme. » Pour retranscrire la médaille d’or envisagée cet été au championnat d’Europe (du 16 au 25 juin en République Tchèque) ? « C’est notre objectif et celui de la FFBB en tout cas. On a un groupe en reconstruction avec Isabelle Yacoubou et Sandrine Gruda qui ne seront pas là. C’est vrai que j’ai que 25 ans, mais je suis déjà d’une certaine manière une cadre dans cette équipe. Le tournoi va être long, donc il va falloir bien débuter. » Après l’argent en 2013 et 2015, les Bleues devront terminer au moins à l’une des cinq premières places de l’EuroBasket Women 2017, qualificatives pour la Coupe du Monde 2018 en Espagne. Et à Prague, peut-être que les Bleues pourront compter sur Diandra Tchatchouang et ses 53 sélections pour mettre l’ambiance. « Il peut m’arriver d’écouter du zouk. J’ai pas mal d’amis et d’amies qui trouvent ça ringard, mais moi, ça me plaît », en rigole Diandra. Une phrase à son image : simple, généreuse et intelligente.

11 mai 2017 à 19:11
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