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KALEENA MOSQUEDA-LEWIS, UNE SERIAL SHOOTEUSE DANS LES ARDENNES

Kaleena Mosqueda-Lewis, la shooteuse des Ardennes
Crédit photo : Olivier Martin

Elle est arrivée sur la pointe des pieds.

Lorsqu'il s'est agi de trouver un substitut à Davellyn White dont le contrat fut annulé suite à la détection d'un problème lors de la traditionnelle visite médicale d'avant-saison, les Flammes Carolo ont mis la main sur une des joueuses les plus en vues de NCAA ces dernières années, mais qui tarde à confirmer son staut à l'étage supérieur.

Appelez-là Kaleena Mosqueda-Lewis (1,80m, 22 ans). Son nom complet, souvent raccourci en Lewis (le nom de son père qui a quitté la maison familiale lorsqu'elle avait 2 ans), mais qu'elle a souhaité utiliser à partir de son entrée au lycée pour rendre hommage à sa mère. Un nom que les Etats-Unis ne tarderont pas à retenir très facilement. Au lycée, la Californienne devient rapidement une sensation nationale, remportant le trophée Gatorade de la meilleure joueuse de l'année en 2011, succédant notamment aux soeurs Ogwumike ou encore à Skylar Diggins. A Mater Dei, elle inscrit son nom dans les livres d'histoire de l'école à la marque (2 744 points), au rebond (876) tout en compilant 337 réussites à 3 points, là encore un record. C'est cette capacité à faire feu à longue distance qui deviendra sa marque de fabrique.

Sa carrière naissante prend encore une nouvelle dimension à l'université du Connecticut, dans le programme-phare du basket féminin aux Etats-Unis. A son arrivée, elle doit endosser le costume de Maya Moore partie pour la WNBA. Sans fuir les comparaisons, elle demande immédiatement à récupérer le numéro 23 de la superstar, celui qu'elle a toujours porté. Consciente de la pression attachée à ce maillot et de l'héritage laissé par la future joueuse des Minnesota Lynx, elle lui fera honneur dès ses premiers dribbles. Avec 15 points et 5,4 rebonds en moyenne par match, elle s'impose comme la meilleure joueuse de Geno Auriemma dès sa première saison. Elle augmente encore la cadence lors de sa deuxième année, alignant 17,6 points en moyenne par match.

Dans la lignée des Diana Taurasi et Maya Moore à UConn

En parallèle de toutes ces prestations individuelles, elle va également empiler les trophées collectifs, UConn remportant trois titres consécutifs entre 2013 et 2015. Elle forme avec Breanna Stewart un duo redoutable et se distingue par un jeu plus complet, même si grande force demeure la précision de son tir extérieur. En quatre saisons universitaires, elle inscrit la bagatelle de 398 tirs à 3 points à près de 45% de réussite. Lors de sa deuxième et de sa quatrième année, elle atteint la barre des 49%, des chiffres surréalistes pour une joueuse dont le nombre de tentatives s'élève à plus de 6 en moyenne par match.

C'est donc tout naturellement qu'elle bat le record du nombre de tirs à 3 points marqués en carrière NCAA, éclipsant aisément le record de son université détenu par Diana Taurasi (313). Elle termine également sa carrière sur la troisième marche des meilleures marqueuses de UConn (avec 2 178 points à égalité avec Nykesha Sales) derrière Tina Charles et l'intouchable Maya Moore (3 036 points).

Elle se fait également remarquer dès le plus jeune âge sous le maillot de Team USA. Elle remporte deux médailles d'or aux championnats du monde U17 en 2010 (à Toulouse, battant la France d'Olivia Epoupa en finale) et U19 en 2011. Dans ces compétitions, elle fait une nouvelle fois étalage de toutes ses qualités : 11,8 points (à 19/39 à 3 points sur l'ensemble de la compétition) et 4 rebonds en moyenne par match en U17 puis 7,9 points et 4,9 rebonds en U19, alors qu'elle possède un an d'avance sur la catégorie d'âge. Une surdouée comme seul le basket états-unien peut en produire régulièrement.

 

La douloureuse découverte du monde professionnel

On peut dès lors se demander comment un tel CV a-t-il pu se retrouver de façon anonyme dans une équipe qui a terminé dans le ventre mou de la LFB la saison dernière. La transition vers le monde professionnel n'a pas été facile pour la star universitaire.

Choisie en troisième position de la Draft WNBA par le Seattle Storm (dans une promotion réputée faible alors qu'elle figurait parmi les candidates pour être le choix n°1), elle n'est utilisée qu'avec parcimonie durant la saison. Limitée à 12,3 minutes en moyenne par match (5,8 points à 39% aux tirs et seulement 28% à 3 points), elle ne permet pas de lever les doutes quant à son adaptation à un style de basketball différent. Son manque de qualités athlétiques la freine sur le plan défensif et pour se créer ses propres situations de tir.

"Je dois vraiment travailler sur mes changements de vitesse, mes changements de direction, apprendre à être plus rusée pour me débarrasser de mmon défenseur. Je savais que ça allait être difficile, j'essaie de ne pas penser au temps de jeu que j'avais les années précédentes et celui que j'ai aujourd'hui. Je suis encore en apprentissage et j'ai beaucoup de choses à traverser avant de pouvoir m'imposer dans cette ligue" racontait-elle dans le Hartford Courant cet été.

Elle profite toutefois de la fin de saison sans enjeu de sa franchise pour clôturer son parcours par deux performances marquantes : 16 points, 4 rebonds et 4 passes décisives contre le futur champion Minnesota, puis 19 points face à San Antonio. Arrivée tardivement à Charleville, son intégration n'a pas été de tout repos. A l'Open, elle passe complètement au travers de son match terminant à -9 d'évaluation avec un 1/11 aux tirs (dont 0/6 à longue distance). Mais depuis, elle semble peu à peu s'acclimater à notre championnat, avec 15 unités à Calais (5/8 à 3 points) avant ses 19 points et 8 rebonds (en plus du tir de la victoire) au Hainaut.

Une semaine plus tard, elle livre un véritable festival à Dunkerque en Coupe de France. Les Flammes Carolo s'imposent 85-28 et Kaleena Mosqueda-Lewis aligne 20 points à 6/6 à 3 points en seulement 22 minutes de jeu. Le type de matchs qui rappelle ceux qu'elle produisait chaque soir à l'université. Intégrée à la liste élargie de Team USA en vue des Jeux Olympiques de Rio l'été prochain, elle a sans doute trouvé le terrain d'expression idéal à Charleville-Mézières, loin des projecteurs de l'Euroleague et de la WNBA. Pour mieux progresser et retrouver la lumière qui ne l'avait jamais vraiment quittée depuis ses premiers pas au lycée l'été prochain ?

07 novembre 2015 à 16:08
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