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ROMANE BERNIES : LA JEUNESSE AMBITIEUSE

Romane Bernies BLMA 201718
Crédit photo : Xavier Boussois

Jeune meneuse dotée d'une expérience déjà conséquente, Romane Bernies revient sur son parcours.

 “Honnêtement, il n'y a pas mieux. Que ce soit la joueuse ou l'être humain, c'était génial dans tous les domaines. Elle m'a beaucoup appris sur et en dehors du terrain. Elle a toujours été parfaite. Elle mène son équipe à merveille. Je mesure toujours la chance de l'avoir eu comme coéquipière.” Quand Romane Bernies (1,70, 24 ans) parle de Céline Dumerc, c'est toujours avec émotion et bonheur. Les deux joueuses se sont côtoyées à Bourges et l'actuelle meneuse de jeu du Basket Lattes Montpellier Méditerranée Métropole Association (BLMA) ne l'oublie pas. Elle suit d'ailleurs les pas de son aînée. La native d'Agen (Lot-et-Garonne) réalise cette année la meilleure saison de sa carrière en cumulant 8,9 points à 51% de réussite à 2-points, 3,5 rebonds, 5 passes décisives et 2,4 balles perdues pour 11,5 d'évaluation en 21 minutes. “C'est vrai qu'à Montpellier, je suis vraiment épanouie sur le terrain. Tout se passe bien pour l'instant, mais il ne faut pas oublier que j'ai gagné en responsabilités et en temps de jeu car Anaël Lardy s'est blessée. Je n'étais pas destinée à avoir un tel rôle en début de saison.” Une saison qui se complique pour le BLMA après avoir concédé la défaite à domicile contre Basket-Landes (68-56). Le club héraultais a perdu l'avantage du terrain malgré les 13 points, 3 rebonds et 4 passes de Romane Bernies. “On était sur une bonne dynamique, certes en gagnant au buzzer il y a 15 jours. Mais on jouait bien et on savait que ce match était crucial pour les playoffs. On a beaucoup de blessées et de joueuses absentes, mais tout est encore faisable. Ce sont les playoffs. Il aurait fallu affronter un gros de toute façon. Ce sera Charleville-Mézières. Ce sera compliqué, mais tout est encore faisable.” Un discours de compétitrice qui résume bien l'état d'esprit de la poste 1.

“Mais qu'est-ce que je fais là ?”

La numéro 47 du BLMA a connu la compétition très tôt. Ses parents, anciens sportifs, ses grands-parents ou encore ses oncles lui donnent le goût du sport dès son plus jeune âge. L'Agenaise commence par l’athlétisme en 1999, à 6 ans, au SUA Athlétisme. Performante dès ses débuts malgré son interdiction d'effectuer des triathlons à cause de son âge, elle se réoriente vers le basket. C'est à 9 ans, au Passage d'Agen, où elle est devenue depuis Marraine du club, que Romane Bernies prend sa première licence. “J'avais des copains à l'école qui faisaient du basket. J'ai voulu faire comme eux et j'ai essayé. Mais j'ai fait beaucoup de sport avant : du football, du tennis, un peu de rugby aussi. J'ai même fait des championnats de France d'athlétisme, mais c'est un sport individuel. Je me souviendrais toujours de cette expérience, car j'étais vraiment seule. Le basket, en plus des opportunités plus nombreuses pour moi à l'époque, est un sport collectif. J'aime partager des choses avec des gens qui peuvent devenir mes amis ensuite.” Après quelques années à cumuler les deux sports, la jeune femme doit faire un choix. “J'avais pas mal progressé au basket, j'ai décidé de continuer et de partir à Foulayronnes de 2005 à 2006 et à Temple-sur-Lot de 2006 à 2008.” Elle intègre le Pôle Espoirs Aquitaine de Mont-de-Marsan pour une année seulement. “Je ne pensais pas du tout intégrer un centre de formation ensuite. Pour moi, le basket, c'était vraiment pour m'amuser. Je ne me voyais pas professionnelle. Mais un jour, mon responsable de Pôle Espoirs a envoyé mon CV à un club, Bourges, sans que je sois au courant ni mes parents. Quelques jours plus tard, à la maison, mes parents ont reçu une lettre m'indiquant que j'étais retenue pour passer des essais à Bourges. Mes parents étaient surpris, car ils pensaient que j'avais fait ça toute seule, dans leur dos”, se souvient en rigolant Romane Bernies. “Je suis montée à Bourges avec mes parents. Je ne pensais qu'à m'éclater sur le terrain. Je ne pensais jamais de la vie être prise. Parfois, je me demandais ce que je faisais là. Pour moi, ce n'était que du bonus. Je me rappelle qu'on avait vu les professionnelles s'entraîner. Il y avait Endéné Miyem, Céline Dumerc ou encore Emmeline Ndongue. Ce n'était que du bonus pour moi. Pour l'entretien individuel, j'étais vraiment relax. C'est peut-être ça qui a plu à Bourges.” Les résultats arrivent quelques jours ensuite. Romane est retenue et c'est en 2008 que sa longue aventure avec les Tango commence.

“Je n'ai que des bons souvenirs à Bourges”

Romy traverse les 521 kilomètres qui séparent Agen (Lot-et-Garonne) de Bourges (Cher). Elle passe ses années de lycéenne à Bourges et cumule les équipes Cadettes et Espoirs. “J'étais vraiment heureuse d'être à Bourges, ça a vraiment été magique. Notre génération était vraiment top, tout le monde s'entendait bien. Je me sentais à ma place (...) Bien sûr que ça a été difficile pour mes parents de me voir partir. Mais je faisais toujours mes choix à la fin. Eux, ils m'ont vraiment encouragé à faire ce que je voulais.” Une prise de risque payante car Romane participe à son premier match en Ligue à l'âge de 16 ans. Elle remporte la Coupe de France Cadettes en 2009 et 2010. Elle réalisme même le doublé avec le Championnat de France en 2009. “La première année a été vraiment magique. On a aussi remporté l'UNSS. C'était vraiment irréel. Puis jouer à Bercy alors qu'on a à peine 15 ans, je m'en souviendrais toute ma vie.” Les années défilent et peu à peu, Romane Bernies progresse. Très vite même. Lors de la saison 2012-2013, elle termine à la deuxième place au classement pour élire la MVP jeunes derrière Eva Meesseman et notamment devant Olivia Epoupa. “J'étais à la musculation et il y avait Cap's avec moi. C'est l'assistant-coach de l'époque qui me l'a appris. C'était une chouette reconnaissance. Même si Emmeline Ndongue était un peu mauvaise perdante et trichait un peu au concours, je n'ai que des bons souvenirs à Bourges. J'étais derrière Céline Dumerc, donc je n'avais pas beaucoup de temps de jeu, mais en 2014-2015, j'ai eu plus de responsabilités et j'ai essayé de saisir ma chance.” C'est ainsi qu'elle termine avec 3,6 points, 1,8 rebond, 2,7 passes décisives, 1,5 interception et seulement 0,6 balle perdue pour 4,3 d'évaluation pour sa dernière année au Prado. Sans oublier qu'elle remplie son armoire à trophées : quadruple Championne de France de LFB en 2011, 2012, 2013 et 2015, deux Coupes de France et une troisième place en Euroleague lors de la saison 2012-2013.

“Il faut toujours travailler dur”

De 2008 à 2015, Romane a travaillé, progressé, appris aux côtés des meilleures. Le temps est venu de changer d'air pour gagner en responsabilités. “J'avais pensé longuement à cette possibilité. Mais je me voyais aussi rester pour confirmer et grappiller encore des minutes. Après réflexion et discussion avec Cap's, j'ai pris la décision de partir. J'avais joué 4 ans derrière elle et je devais mettre en pratique tout ce que j'avais appris, être meneuse titulaire. Il y a des clubs qui m'ont contacté mais pas forcément pour être plus responsabilisée. Le projet d'Angers était intéressant et légitime. En plus, le club disputait l'Europe pour la première année. C'était le meilleur choix à faire.” Dès la première année, ses statistiques doublent et s'envolent (7,3 points et 9 d'évaluation.) L'UFAB termine 12e de LFB et l'année suivante est beaucoup plus compliqué avec une relégation en LF2 à la fin de saison. “J'avais plus de responsabilités, plus de temps de jeu, mais je suis passée d'un club qui gagnait presque tout à une équipe où on devait aller chercher les victoires. C'était compliqué, mais ça m'a appris énormément de choses. Il faut toujours travailler dur, peu importe notre situation.”

“L’Équipe de France est un objectif”

Romane Bernies signe à Montpellier malgré son appréhension du début. “Je pensais que ce serait compliqué de retrouver un club avec de l'ambition. Mais le projet m'a plu et je ne pensais pas que ça allait se passer aussi bien.”Toujours à la recherche de l'excellence, la jeune meneuse travaille sans relâche. “Je continue de bosser sur mon tir extérieur qui n'est pas un de mes points forts. Il y a de l'amélioration. Et puis sur le rôle de meneur de jeu, sur la vision, sur la gestion du tempo et de l'équipe, je dois encore passer un cap.” Elle aura toute l'année prochaine pour continuer sa progression, elle qui a signé pour deux ans dans l'Hérault.”Je serais toujours à Montpellier l'année prochaine. J'ai retrouvé le sud, le climat est super, les gens aussi. Il y a vraiment une atmosphère positive au sein du club.” Un club, qui derrière la directrice sportive, Edwige Lawson-Wade, pourrait être renforcé l'année prochaine par Héléna Ciak, Marielle Amant, Endéné Miyem et Diandra Tchatchouang. “C'est vrai que si ça se confirme, l'équipe sera sympa”, approuve Romane Bernies dans un sourire. Bonne vivante, souriante et heureuse, la médaillée d'or 2017 aux Jeux de la Francophonie pourrait l'être encore plus à la fin du mois de septembre. La Coupe du Monde à Tenerife (Espagne) se déroulera du 22 au 30 septembre. Celle qui cumule 5 sélections avec l'Équipe de France A a déjà connu les joies d'une médaille d'argent avec l'équipe nationale Juniors en 2011. Mais elle a aussi connu la décéption en 2014 quand elle a été coupé lors des derniers jours avant la Coupe du Monde en Turquie.“C'est vrai que j'étais jeune, j'étais surprise d'être là. La préparation s'était bien passée, aussi parce que je connaissais Valérie Garnier et la plupart des joueuses. Mais être coupée lors des derniers joueurs, c'est décevant. Mais ça me motive encore plus pour cette année. C'est dans un coin de ma tête, c'est un objetcif.” Motivée, jeune et ambitieuse, Romane Bernies pourrait vite quitter cette étiquette de Bleue chez les Bleues dans les années à venir.

 

21 avril 2018 à 08:15
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