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ALAIN BÉRAL EXPOSE LA POLITIQUE DE LA LNB SUR SA MÉDIATISATION ET LES FINANCES (PARTIE 2)

Alain Béral
Crédit photo : SportRugby Business Club

Le président de la LNB, Alain Béral, fait le point sur divers sujets qui touchent l'actualité du basketball français.

Entretien réalisé par Geoffrey Charpille

La saison de Pro A et Pro B organisée par la Ligue Nationale de Basket (LNB) arrive à mi-saison. L’année sportive 2016/17 était celle du changement. Entre nouvelles réglementations ou nouveau diffuseur, le basketball français était attendu au tournant.

Le sportif, la médiatisation, les finances : Alain Béral, le président de la Ligue Nationale de Basket, a fait le bilan pour BeBasket. Entretien en deux parties. Voici la deuxième après celle publiée ce jeudi.

Médiatisation : « On attaque de tous les côtés pour bien exposer le basket »

 

L’une des nouveautés cette année, c’est aussi le changement de diffuseur avec SFR Sport grâce à un partenariat signé pour 5 saisons. 3 matchs par week-end, un magazine hebdomadaire, les autres matchs via l’application SFR Sport… On a l’impression que les promesses sont tenues de chaque côté pour l’instant. Quelles sont vos impressions à mi-saison ? Connaissez-vous la moyenne de téléspectateurs ?

Ces groupes ne diffusent pas pour l’instant. Le partenariat n’a pas été fait par hasard ni à l’arraché. Ce qui faut comprendre, c’est que ça a été étudié pour passer le virage du numérique. Aujourd’hui, on passe plus de temps devant notre portable, notre tablette ou notre ordinateur que devant la télévision. C’est important que le contenu basket soit disponible tout le temps et qu’il soit stocké quelque part. Grâce au portail Internet, on peut regarder du basketball où on veut et quand on veut. Le basket peut se consommer, pas seulement sur un match complet, mais sur des actions. On peut partir et revenir voir du basket.

Avec SFR, le Clasico de dimanche entre l'Elan Béarnais et Limoges a rencontré un véritable succès via Facebook. C’est une volonté de la part de qui ? C’est potentiellement une expérience à retenter ?

C’est exactement la volonté de la Ligue et de SFR d’aller chercher du public sur les réseaux sociaux. Ce qu’on a fait est quelque part révolutionnaire car ça n’a jamais été fait avant. On est très heureux. Il y aura d’autres matchs diffusés sur Facebook. On attaque de tous les côtés pour bien exposer le basket.

Le basket peut se voir également sur Numéro 23, une chaîne d’accès grand public. La diffusion sur cette chaîne est-elle satisfaisante ou est-ce juste une façon de dire que le public peut voir du basket gratuit à la TV ? D’ailleurs, le All-Star Game a été diffusé sur cette chaîne 3 jours plus tard !

En fait, la chaîne n’a pas encore totalement choisi son attitude vis-à-vis des évènements sportifs. Les matchs prévus dans l’accord avec SFR (NDLR : 12 sur l’ensemble de la saison) vont être diffusés en direct. Pour le All-Star Game, il y a eu un souci technique, c’est pour cela que la diffusion sur la 23 a été réalisée le dimanche après-midi. Mais dans l’accord que l’on a, ce n’est pas calibré pour être comme ça.

La LNB sur SFR Sport. La BCL (Basketball Champions League ou Ligue des Champions) sur Canal+. L’Euroleague et la NBA sur beIN Sports. Ça fait beaucoup, non ?

La FIBA est libre de faire ce qu’elle veut avec ses droits. Elle a négocié avec le groupe Canal, ce qui prouve que Canal est intéressé par le basket. Il faut se rappeler que la FEC n’a jamais pu être vendue en France. Aujourd’hui, il y a des discussions avec l’EuroLeague car les droits reviennent sur le marché. On va voir qui va signer l’accord.

En ce qui nous concerne, on n’a aucun regret avec l’accord de SFR. Chacun fait ce qui veut avec ses droits. Ce qui faut voir, c’est que tout le monde diffuse du basket, c’est plutôt rassurant. Nous, on ne voulait pas suivre comme des moutons ceux qui avaient fait ça avant nous. Par contre, ça serait bien d’avoir au moins deux produits via SFR : un produit européen et un produit français sur la même chaîne. Mais ce n’est pas un objectif, c’est juste un souhait.

« En LNB, les joueurs sont sûrs d’être payés »

 

Il y a quelques jours, vous avez présenté une conférence sur la santé économique de la LNB. Via les différents chiffres, on se rend compte que le budget total de la LNB est de 15 656 163€. Ce chiffre a doublé depuis la saison 2011/12. Comment expliquez-vous une telle augmentation ?

Par le travail. On avait bien précisé que l’on souhaitait un projet avec la Ligue et pas seulement un projet administratif. Il fallait aussi aider les clubs par des reversements qui sont conséquences. À l’époque, le fait de jouer en Pro A ou en Pro B coûtait en moyenne à un club 17 000€. Aujourd’hui, cette moyenne est passée à +78 000€. À l’époque, le champion de France touchait une prime de l’ordre de 50 000€. Aujourd’hui, il touche 400 000€ !

Pour en arriver à ces chiffres, on a travaillé sur deux axes principaux : le contrat TV et les partenariats ou sponsors. Tout ceci fait rentrer de l’argent. Avec les évènements de la Ligue, on arrive à avoir de l’argent que l’on redistribue aux clubs pour que les équipes soient de plus en plus fortes.

À la fin de la saison 2015/16, la situation nette cumulée de la Pro A était positive pour la huitième année d’affilé (4,8 millions d’euros). En 2001/02, la perte était de 5,8 millions d’euros. Est-ce uniquement grâce à la création de la Direction Nationale du Conseil et du Contrôle de Gestion des clubs (DNCCG) qui a été créée l’année suivante ?

Sur la demande de la Ligue, la DNCCG ne laisse pas passer de situation sans réagir. Le plan de retour à l’équilibre doit être fait au plus vite. La DNCCG n’accepte pas qu’un club de Pro B passe en Pro A ou qu’un club de NM1 passe en Pro B si les comptes ne sont pas équilibrés. Par contre, il faut également souligner que les recettes sont meilleures dans les clubs : il y a plus de spectateurs, de sponsors et plus de renversement de la Ligue.

Les clubs de LNB sont reconnus pour la gestion de leurs finances et une économie saine. C’est un moyen d’attirer plus de joueurs référencés dans le championnat ?

Je ne sais pas, mais en tout cas, les joueurs sont sûrs d’être payés. Ça ne suffit pas pour décider un grand joueur de venir en France, car généralement, les grands joueurs n’auront pas ce problème-là. Par contre, les joueurs qui hésitent entre des Ligues comme la nôtre ou des pays de l’Europe de l’Est, voire la Turquie, ça peut faire la différence. Tout simplement, car ils savent qu’ils seront payés au bout.

Comme au football, est-il possible de voir débarquer des investisseurs étrangers dans les clubs de LNB à court terme ?

Aujourd’hui, on démontre que les investisseurs étrangers sont intéressés pour investir dans le basket professionnel français. Il y a déjà des contacts. Ils connaissent la situation en France et ils savent que c’est « propre ». Il faut du temps pour que ce soit efficace, mais on y arrive.

Quels sont les investisseurs potentiels ?

Ça, je ne vous le dirais pas (rires).

« Mon avenir personnel, je n’y pense pas le matin en me rasant »

 

Le 10 juin 2015, vous avez été réélu pour une période allant jusqu’en 2019. Nous sommes en 2017. Vous savez déjà si vous vous représenterez dans deux ans ?

Je suis là pour faire le projet que j’ai proposé en 2011. Je veux réussir ma promesse. Il faut traiter le sujet européen pour être au niveau des meilleurs clubs continentaux. Après, mon avenir personnel, je n’y pense pas le matin en me rasant.

Comment arrivez-vous à cumuler la présidence de la LNB et la vice-présidence des opérations de KFC ?

C’est simple, il faut travailler deux fois plus. Il faut être disponible le week-end. En fait, ce sont deux pleins temps, donc tout est une question d’organisation. Avec Internet et les moyens modernes, par courriel, on peut faire beaucoup de choses. La Ligue est également très bien structurée avec de nombreux postes. Les présidents de Ligue qui se consacrent uniquement sur cette tâche ne sont pas nombreux. Je me déplace beaucoup. Je fais beaucoup de relation politique, de réunions avec les instances gouvernementales. Je travaille en étroite relation avec les présidents des clubs, souvent au cours des matchs, lors de rencontres informelles.

20 janvier 2017 à 11:34
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