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ITW EVAN FOURNIER : APRÈS UN ÉTÉ "DE TRANSITION" EN BLEU, IL CARTONNE À ORLANDO

Evan Fournier équipe de France 2017
Crédit photo : Guillaume Poumarede

A l'issue du match d'Orlando à Denver samedi soir, Evan Fournier a répondu à nos questions. L'occasion de revenir sur le début de saison régulière NBA, l'Euro et les Bleus et de ses projets, pour sa carrière et après.

Le Magic d'Orlando réalise un très bon début de saison (8 victoires et 5 défaites) qui contraste avec la saison passée. Le niveau de jeu d'Evan Fournier y est pour beaucoup. A tout juste 25 ans, l'arrière français n'est pas encore dans la force de l'âge mais mène son équipe en attaque. Au sortir d'une campagne internationale marquée par la déception d'une sortie en huitième de finale de l'EuroBasket, le meilleur marqueur des Bleus lors de la compétion a rebondi avec son équipe NBA. Sur les 12 premiers matchs de cette campagne 2017/18, le Parisien produit ses meilleurs chiffres en carrière dans toutes les catégories statistiques majeures.
Avec 20 points à 50% de réussite aux tirs dont 43% à 3-points et 88,9% aux lancer-francs, le Français n'est pas très loin du mythique club des 50-40-90 (plus d'infos ici). Surtout, il est la pierre angulaire de l'attaque du Magic, créant plus pour ses coéquipiers grâce aux décalages liés à ses pénétrations, comme en témoigne sa meilleure moyenne à la passe (3,7). Objectif playoffs, 20 points de moyenne et All-Star Game. C'est dans ce contexte qu'il a répondu à nos questions samedi soir à Denver après la défaite du Magic 125 à 107.

  

Ce samedi soir, vous prenez 16 points de retard dès le premier quart-temps, vous perdez de 18 points au final. L'adresse qu'ils déploient vous empêche de revenir ? 

Oui c'était un match de merde de notre part. Ils mettent des tirs ouverts mais c'est parce que nous avons mal défendu. On n'était pas assez agressifs et forcément quand une équipe a des tirs ouverts, ils vont les mettre. On était en back-to-back ce (samedi) soir et sans meneur (Elfrid Payton et D.J. Augustin étaient forfaits, NDLR), c'était un peu compliqué. 

Qu’est ce que ça fait de revenir à Denver, la franchise qui vous a drafté ? Que pensez-vous de la direction qu’ils prennent ? 

Ca me fait toujours chaud au coeur de voir les personnes qui m'ont accueillies ici. Voir des têtes un peu familières, pouvoir passer un peu de temps avec eux et parler avec eux c'est cool. Sinon ils sont bien. Franchement ils ont fait un bon recrutement cet été avec (Paul) Millsap. Millsap et (Nikola) Jokic jouent bien ensemble, ils vont dans la bonne direction. 

  

"On joue mieux donc les tirs sont meilleurs"

 

Vous réalisez un gros début de saison NBA, individuellement aussi bien que collectivement. Quelles sont les différences avec la saison dernière ?

Je pense qu'on s'est tous améliorés individuellement. On joue d'une manière différente, maintenant Aaron (Gordon) joue en 4. On a vraiment bien bossé cet été, on a fait un un bon training camp. Pour l'instant ça paie, faut que ça continue.

Il y a de nouveau une vraie identité de jeu à Orlando ?

C'est ce qu'on avait commencé en fin de saison dernière déjà après le trade de Serge [Ibaka] quand on avait reçu Terrence [Ross] et qu'on avait mis Aaron [Gordon] en 4. C'est vraiment quelque chose qu'on avait déjà commencé.

On vous a vu très adroit en ce début de saison et encore ce soir, notamment à 3-points. Être plus efficace c’est un objectif spécifique ? 

Quand tu tires c'est pour marquer à chaque fois. Forcément tu travailles pour ça. Pour l'instant j'ai de l'adresse, j'espère que ça va continuer.

Vous avez changé votre sélection de tirs ou c'est simplement plus d'adresse ? 

Non je pense qu'il y a plus facteurs. L'année dernière, j'avais un problème au poignet, forcément ça c'est chiant. Et puis avec la manière dont on joue, les tirs sont meilleurs.

Les playoffs, la barre des 20 points de moyenne, le All-Star game... Ce sont des objectifs ? 

Tout.

D’un regard extérieur, vous semblez vous être imposé à Orlando et en NBA. Comment vous sentez-vous dans l’équipe ? Vous êtes considéré comme le franchise player ? 

Franchise player ça veut un peu tout et rien dire. Qu'est ce que ça veut dire franchise player ? Pour moi un franchise player c'est une superstar et des franchise players dans la NBA il y en a peut-être 5 ou 6. Donc non pas du tout. je me vois comme un joueur très important du Magic. C'est souvent moi qui prend les balles de fin de possession et de fin de matchs, parce que c'est quelque chose que j'aime et que j'assume. Mais franchise player ça veut un peu tout et rien dire.

Orlando et vous, ça peut durer après 2020 ?

Ca on verra, c'est dans tellement longtemps. 

  

Un été de transition avec l'équipe de France

  

On a parlé de la confiance dont vous bénéficiez au Magic. La situation n'est pas la même en équipe de France ? 

Je pense que cette année je me suis exprimé quand même. En huitième de finale, je mets 27 points. Je pense que ça va quoi. Après c'était un été de transition mais dire que je ne peux pas m'exprimer (en équipe de France) ce n'est pas vrai. C'était la première campagne où je jouais beaucoup, j'ai fini meilleur marqueur de l'équipe donc ce n'était pas une mauvaise campagne. Après c'était à l'image de l'équipe, il y a eu des hauts et des bas pour plusieurs raisons, on s'est cherché, en tant qu'équipe on a encore à faire.

Quels sont les enseignements à tirer de cette campagne, individuellement et collectivement ? 

Ben qu'il faut changer des choses.

Quoi par exemple ? 

Des choses. Je n'ai pas toutes les réponses. Il faut que ce soit une remise en question de tout le monde.

La défense a été beaucoup critiquée notamment, c'est une piste ? 

Clairement notre agressivité défensive n'était pas là. En tout cas c'était insuffisant. 

Vous avez senti qu’il n’y avait pas assez de hiérarchie, vous vous êtes senti floué ?

Disons que dans le groupe il y avait déjà des cadres établis. Des cadres, des leaders tu en as besoin. Je pense que toute équipe qui veut aller le plus loin possible doit avoir un leader et qu'il y ait des cadres derrières qui suivent. Ce n'est pas possible d'avoir 2, 3, 4, 5 leaders, ça n'existe pas.

Est-ce que le staff vous a défini un vrai rôle, ou pas suffisamment ? 

Dire que les rôles sont précis, c'est un truc de média. Le coach ne va jamais te voir et te demande d'être un gars en particulier. Tu es sur le terrain, tu joues, tu es un leader par ta personnalité, par le fait que tu joues 35 minutes. C'est quelque chose qui vient naturellement. Mais donner les clefs à quelq'un sans rien ça n'existe pas ça. 

  

"Le Centre Fédéral reste le meilleur endroit pour les jeunes pour progresser"

  

Le futur de l’équipe de France passe aussi par commencer à intégrer des jeunes au projet Team France 2020. On pense à Frank Ntilikina notamment. Que pensez-vous de ses débuts NBA après avoir reçu les Knicks cette semaine ? Il peut s’imposer comme le meneur du futur en équipe de France ? A quel terme ? 

C'est un joueur qui est intéressant de par des qualités athlétiques sur le poste de meneur. C'est vrai qu'il est très intéressant. Pour l'instant il est assez timide mais ce n'est pas très grave parce qu'il est sur le terrain et c'est ça qui est important. Devant lui il n'y a pas de meneur All-Star qui va le barrer. Donc là il se développe, il joue, c'est parfait. Ils le laissent faire des erreurs, pour son développement c'est une situation idéale. Il a la chance de jouer directement. Il n'allait pas arriver arriver et être titulaire. Devant lui il y a Jarret Jack, ce n'est pas non plus un très bon meneur. 

En parlant de ça, les meilleurs joueurs de chaque génération vont de moins en moins CFBB, tentés par les programmes américains ou vous intégrer plus rapidement des clubs professionnels. En tant qu’ancien pensionnaire du CFBB parti avec un d’avance (à Nanterre au début de la saison 2009/10), qu'en pensez-vous ? 

Je ne pense pas que le CFBB ait moins d'influence. Le Centre Fédéral reste le meilleur endroit pour les jeunes pour progresser. C'est le seul endroit où tu peux t'entraîner toute la semaine avec les meilleurs de France. Je suis un peu mal placé pour te parler, mais il y a beaucoup de gamins qui se trompent. C'est-à-dire qu'ils pensent à partir sans avoir dominé. Moi je suis parti mais j'étais meilleur marqueur français de NM1 (avec plus de 16 points de moyenne, NDLR). J'avais vraiment bien joué et la prochaine étape pour moi était de passer professionnel. Mais il ne faut pas se précipiter, il ne faut pas tout confondre. Le CFBB reste un endroit super pour pouvoir se développer et je trouve ça dommage. 

On vous sait très critique des nouveaux calendriers FIBA et les premiers matchs de l’équipe de France arrivent vite. Allez-vous regarder les matchs des fenêtres internationales ? 

Si je suis libre, oui bien sûr. 

Vous serez avec l’équipe de France pour les fenêtres internationales de juin 2018 ? 

Bien sûr, si on m'appelle je suis là. 

Et si la France n’est pas présente à la Coupe du Monde 2019 ? 

Je ne sais pas comment ça se passe. Franchement, je n'en sais rien du tout, de toute façon on va se qualifier donc ce n'est pas un problème. 

 

L'après-carrière : "Être au contact du jeu"

  

Enfin, on sait que vous vous êtes investi dans le projet Hoops Factory. Est-ce qu’investir dans un club comme Ian Mahinmi à Rouen ou Nicolas Batum à l’ASVEL ça vous dirait ? Votre nom avait été évoqué avec Nicolas Batum et votre agent Bouna N'Diaye à Paris. Mais rien de concret n'a jamais été annoncé.

Je ne sais pas d'où c'est sorti ça, peut-être parce que je suis Parisien. 

Dans l'absolu, vous investir dans un club, c'est une idée ? 

Non, jamais non. Cela ne m'intéresse pas du tout. 

Vous préférez développer votre camp dont la première édition s'est déroulée cet été ? 

Tu peux faire les deux c'est pas un problème, c'est juste que le monde professionnel ne m'attire pas. Après ma carrière si je reste dans le basket, c'est pour être avec des gamins et être au contact du jeu. Je n'ai pas envie de me retrouver dans le monde professionnel, ce n'est pas quelque chose qui m'intéresse.

À Denver,

13 novembre 2017 à 15:13
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