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ITW PAUL TURPIN, RECULER POUR MIEUX SAUTER

Crédit photo : O Heulin Challans Basket

À la croisée des chemins l'été dernier après un exercice délicat en Pro B, Paul Turpin a pris la bonne décision et relance actuellement sa carrière en Nationale 1 avec Challans. Nous en avons discuté avec lui.

Il est l'un des nombreux anciens du centre du formation de l'Élan Béarnais arpentant hebdomadairement les parquets de France et de Navarre. En échec en Pro B avec Saint-Chamond la saison dernière, Paul Turpin (1,90 m, 25 ans) a décidé de revenir en Nationale 1, où il avait déjà officié en 2014/15 avec Cognac, afin de reprendre confiance. Mission accomplie : il est aujourd'hui l'un des meilleurs joueurs français de la division (14,8 points à 42%, 4,9 rebonds et 3,2 passes décisives de moyenne) et son équipe du Vendée Challans, forte d'une grosse série de six succès de rang après un creux inquiétant au début de l'hiver, est bien calée en embuscade, à la cinquième place.

Après un début de saison assez compliqué, le VCB vient d’enchainer cinq victoires consécutives (six désormais, avec le triomphe à Boulogne-sur-Mer hier soir, ndlr). Quels ont été les ingrédients de ce renouveau ?

Il faut savoir que lors de notre début de saison, nous avons eu beaucoup de blessures, donc notre première phase n’a pas été à la hauteur de nos espérances. Petit à petit, nous avons récupéré nos joueurs, mais le souci, c’est qu’il fallait les intégrer dans le collectif donc ça prend du temps. Et malheureusement en Nationale 1, tu n’as pas trop le temps pour les réglages. On a fini notre phase aller par deux matchs catastrophiques face à Rueil et Saint Vallier où on prend 50 et 25 points. Je pense que ces deux matchs ont été des déclics pour nous. On s’est remobilisé, et surtout remis au travail. La défense, la détermination, le partage du ballon ont été des facteurs indispensables à notre remontée au classement depuis le début de la phase retour. Aujourd’hui, le bilan est positif à l’heure actuelle, nous sommes dans le haut du tableau et surtout au complet. À nous d’être ambitieux !

Personnellement, vous êtes aussi sur une pente ascendante comme l’attestent vos deux dernières sorties ?  

J’ai eu du mal en pré-saison. Je devais faire face à un autre statut par rapport à ce que j’avais connu lors de mes saisons précédentes. Il a donc fallu  que je m’habitue à être un leader offensif. J’ai aussi changé de poste, je suis aujourd’hui arrière alors que par le passé, j’étais sur le poste 1. Mais à l’image de toute l’équipe, je monte en régime, j’ai pris confiance en moi et aujourd’hui je me sens très bien. J’ai trouvé mon identité de joueur, mon réel niveau. Ce n’est pas parce je suis descendu de niveau que je suis plus performant, j’ai trouvé un coach qui me fait confiance, je sais ce qu’il attend de moi, il sait ce dont je suis capable, il me donne de la liberté, je monte en régime. Je n’aborde plus les matchs de la même façon, je sais que je dois être performant pour que l’équipe joue bien. Aujourd’hui, je me rends compte que descendre de niveau m’a permis de retrouver des responsabilités et du plaisir, donc c’est pour l’instant un très bon choix. 

Et pourtant, après deux saisons à l'étage supérieur à Saint-Chamond, c'était un risque...

Oui, mais j’avais le besoin de me retrouver en tant que joueur mais aussi en tant qu’homme. Je n’ai jamais pris ça comme un échec. Après, c’est certain que ta fierté et ton égo en prend un coup. Je sortais de deux saisons en Pro B. La première bonne, la seconde très compliquée, mais le but n’était pas au départ de revenir jouer en NM1. Mais dans ma tête, j’étais convaincu que c’était nécessaire et indispensable pour que je retrouve mon temps de jeu, et surtout du plaisir.

"Je n'ai jamais pensé que descendre en NM1 était le début de la fin"

Avez-vous douté ?

Je n’ai jamais pensé que descendre en Nationale 1 était pour moi le début de la fin… J’ai 25 ans, je ne suis qu’au début de ma carrière. Donc j’ai pris le problème à l’envers. Je me suis dit que si je voulais un jour réaliser mes objectifs, alors je dois faire ce choix et faire en sorte que l’on ne m’oublie pas. J’ai eu le projet Challans. Les premières discussions avec mon coach m’ont mis en confiance. Je suis tombé dans un super club, le top, de superbes installations, une vraie communion avec le public qui nous soutient. Un club sain, une vraie famille. L’équipe me fait confiance, mes coéquipiers sont supers. Donc tous les ingrédients sont réunis pour que je sois performant. C’est donc à moi de montrer que je suis en mesure de réaliser une grande saison. Je ne doute pas, au contraire, c’est une nouvelle source de motivation pour prouver que je peux vite remonter à l’étage supérieur.

Quel est votre rôle dans l’équipe ?  

J’ai été formé au poste de meneur de jeu. J’aimais avoir la balle dans les mains. Aujourd’hui, je suis plus poste 2, j’ai encore la balle dans les mains mais plus à la finition, ce qui est nouveau pour moi. On me demande d’être un scoreur. J’ai eu du mal à trouver la balance. Mais grâce à mon coach et aussi à tous mes coéquipiers, j’arrive à être intéressant dans son rôle d’arrière.

Actuellement, vous êtes cinquièmes et installés dans le haut du tableau, quels sont vos objectifs dans cette fin de saison ? 

On va enchainer des matchs face aux grosses équipes de notre championnat. Maintenant, on sait que la N1 est très compliquée. Tu perds deux matchs et tu descends au classement. On doit continuer à gagner, surtout à domicile, engranger de la confiance. Car dans ce sport le plus important, c’est de toujours garder un moral positif. Cette série de cinq victoires de rang, nous a justement permis de retrouver la confiance. On a une belle équipe, et ce qu’on a montré lors de la phase aller, ce n’était pas nous. Maintenant, on veut aller le plus haut possible, en prenant match après match.

Objectif Top 8

Aujourd’hui des équipes comme Saint Vallier, Orchies ou même Rueil font office de favorites pour la montée ? Où placez-vous Challans par rapport à ces grosses écuries du championnat ?  

Saint Vallier est au-dessus. Mais ils ne sont pas premiers. C’est Gries que personne n’attendait à ce niveau qui domine. Cela montre bien la compétitivité de ce championnat. Un coach qui a su bien faire  jouer son équipe. Si Saint-Vallier ne finit pas premier, alors en playoffs, ils seront redoutables, surtout avec l’avantage du terrain. Mais on ne sait jamais. En playoffs, il faut répondre présent au bon moment. C’est totalement différent qu’en saison régulière. Il y a plein de paramètres. Nous, on se concentre, sur nous et sur nos forces. Notre objectif est de finir dans les huit premiers. Ensuite on verra…

Vous partagez le vestiaire avec un certain Dominique Gentil, considéré comme l’un des tous meilleurs joueurs 3x3 français… 

Domi est un super gars. Il revient justement d’un stage avec l’équipe de France. C’est un élément très important pour nous, car il est capable de tout faire sur un terrain. Son jeu se marie très bien avec le 3x3, mais il est surtout très efficace en 5x5. Il est complet, bon défenseur avec une grande expérience. Il connait le niveau, il nous guide, il prend son rôle de capitaine à cœur, il prend soin de tout le monde. Toujours positif, il nous apporte cette confiance chaque semaine. Il nous porte vers le haut.  

"Fred Fauthoux est le coach qui m'a le plus marqué"

A court ou moyen terme, on imagine que votre ambition est de vite revenir à l’étage supérieur ? 

Moi, je veux continuer à jouer. Je veux être un joueur important pour une équipe. Je suis en Nationale 1, j’y suis bien, dans une très belle équipe. Donc je me concentre sur cette saison sans penser au futur. Alors bien entendu, j’ai toujours eu l’ambition de réaliser mes objectifs de jouer le plus haut possible, mais mon but premier est de jouer. Je veux continuer à progresser, je ne me fixe pas de challenge et à moi de saisir mes opportunités. Je suis très bien à Challans. J’ai retrouvé le sourire et confiance. Je suis un compétiteur, je veux jouer au plus haut niveau possible, avec les meilleurs joueurs possibles. Ça ne changera pas, c’est certain.

Les facteurs plaisir et temps de jeu restent vos deux leitmotivs ?

Voilà, je veux jouer, être sur le terrain, avoir un rôle. Je veux continuer à être épanoui, apporter mes qualités à tout un groupe. Je veux comme cette saison avoir un coach qui croit en moi, qui a envie de me faire jouer et de me faire progresser.

Ce week end, lors de la 21ème journée de la Jeep Élite, Levallois dirigé par un certain Fred Fauthoux, recevait l’Élan Béarnais, votre club formateur…

Oui, Fred est le coach qui m’a le plus marqué. On s’appelle souvent, il a été très important pour mon développement sur le terrain mais aussi dans la vie. Il a su me guider, m’apprendre énormément de choses. A l’Élan j’y ai passé de très belles saisons, mais je n’ai plus de contact avec eux. Donc aujourd’hui, je pense que je vais supporter plus Levallois par rapport à la relation que j’ai avec Fred. C’est une personne qui a été là à un moment crucial de ma carrière, il m’a apporté énormément de choses et trois ans après, je n’oublie rien et je n’oublierai jamais tous nos moments passés ensemble !

Paul Turpin lors de sa prometteuse première saison couramiaude
(photo : Vincent Janiaud) 

04 mars 2018 à 13:00
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Classement
34ème journée
15 mai
Monaco
83
-
77
Bourg-en-Bresse
Boulazac
96
-
86
Chalon-sur-Saône
Châlons-Reims
102
-
94
Pau-Lacq-Orthez
Cholet
81
-
80
Le Mans
Gravelines-Dunkerque
79
-
63
Hyères-Toulon
Le Portel
77
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74
Lyon-Villeurbanne
Limoges
82
-
80
Nanterre
Levallois Metropolitans
78
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86
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Strasbourg
93
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