NM1


ITW ROMAIN HILLOTTE (GRIES) AVANT LE CHOC : "UN MATCH POUR TOUT TUER OU RELANCER SAINT-VALLIER"

Romain Hillote Gries 201718
Crédit photo : Gérard Héloïse

Retraité des parquets professionnels en juin 2016, Romain Hillotte peut faire un grand pas vers la Pro B moins de deux ans après. Entretien.

Ce samedi soir, Gries, qui reste sur 16 victoires de rang en Nationale 1, reçoit Saint-Vallier pour la 26e journée de championnat. En cas de victoire, le BCGO aura 4 victoires d'avance sur son poursuivant à 8 journées de la fin. Autant dire que les Alsaciens auraient un pied en Pro B. A Gries, on trouve Romain Hillotte. Ancien international jeune, médaillé de bronze à l'Euro U20 en 2011 notamment, a repris sa carrière professionnelle après une saison d'un an du côté de Mont de Marsan en NM3. Un retour plus que réussi vu le bilan de son équipe (23 victoires et 2 défaites). Entretien.

 

Romain, ce samedi, Gries reçoit Saint Valier pour le choc de la Nationale 1. Une victoire et vous vous rapprocherez encore plus de la Pro B ?

Oui c’est le choc. On prépare ce match comme tous les autres. Nous sommes rentrés de Challans dimanche, on a attaqué la semaine lundi, avec du physique ce mardi. Semaine classique. Nous sommes impatients et j’espère que nous serons prêts pour ce gros match. C’est une équipe qui est dans le dur actuellement, mais quand tu regardes les deux équipes sur le papier, ils sont favoris. Nous allons devoir être très bons pour l’emporter. Si tu es moyen ça ne passera pas. Après on est chez nous, devant notre public et ça c’est très important. 

Pouvons-nous dire aujourd’hui que Gries va monter en Pro B ?

La réponse sera samedi soir. Il n'y a pas de secret, si on gagne samedi on a un pied en Pro B et le titre de champion presque en main. Si on perd, alors tout sera relancé car on aura pas le goal-average vu qu'on aura perdu deux fois contre eux cette saison. Il y a un match pour tout tuer ou alors Saint-Valier se relance et on devra lutter jusqu’à la fin de saison.

Comment est l’ambiance dans le club et dans la ville avant ce grand rendez-vous de la saison ?

Pour le moment, on n'a pas vu grand monde depuis notre retour de Challans. Après, samedi, la salle sera sans doute complète, beaucoup de monde, beaucoup de bruit. On a besoin de ça. Au-delà de l’enjeu, c’est un match premier contre second. C’est un gros match de N1, nous on veut l’emporter pour les enterrer et eux ne veulent pas mourir. On joue au basket pour vivre des moments pareils, il y aura de la tension, du stress et beaucoup d’attente, mais j’adore ça.

« Toute la ville sera présente »

A Challans vous avez signé une 16e victoire consécutive. Après tant de matchs gagnés, est-ce qu’on se sent invincible ou alors on se dit que toute série à une fin ?

C’est la première fois de ma vie que je gagne autant de matchs. C’est vrai que tu as tendance quand tu es dans la difficulté à être serein. Attention, on n'a pas gagné nos 16 matchs en toute tranquillité, nous avons été plusieurs fois mis en difficulté. Mais on se bat, car on a confiance en nous et surtout on agit en équipe. Ce week-end à Challans, ils reviennent à 2 points à 5 minutes de la fin. Paul Turpin qui prouve semaine après semaine qu’il est un très bon joueur de Nationale 1 et qui mérite peut-être sa chance plus haut, les maintient en vie. Ils auraient pu réaliser un hold-up, un match de trainard comme on dit. Mais on n'a pas paniqué et ça, c’est sans doute grâce à notre belle série de victoires. Non, nous sommes pas invincibles, mais on déteste la défaite.

Justement, samedi vous avez réalisé à titre personnel votre meilleur match de la saison. Comme votre équipe, vous êtes en pleine confiance ?  

On a perdu Asier Zengotitabengoa Garcia, qui est blessé. Un joueur qui était très important pour nous. Il valait 15,8 points de moyenne. Un joueur très adroit à 3-points. Au-delà des stats, il obligeait les défenses à s’adapter. Son absence a forcé chacun à élever son niveau de jeu. On a un pigiste médical qui s’est très bien intégré, qui joue juste et qui nous apporte énormément de choses. Il fallait compenser son absence, on a réussi et on doit continuer. Asier nous manque, mais cela nous a permis d’être encore plus solidaires.  

En plus de gagner, vous jouez très bien au basket…

On a une équipe sur l’aspect physique, qui n’est pas la meilleure du championnat. On n'a pas de joueurs ultra physiques à part Demond Watt à l’intérieur qui est un sacré client ou Ludovic Negrobar qui fait 2,08 m, sur les ailes nous n' avons pas par exemple des gars costauds ou très forts en 1 contre1. Donc il fallait compenser ça par une intelligence de jeu et une faculté à faire bouger le ballon. On sait que un joueur tout seul, ne peut pas faire la différence. Nous avons besoin de notre collectif et nous avons réussi à bien le mettre en place. Chacun joue pour le mec qu’il a à côté, notre adversaire ne peut pas se concentrer sur un joueur en particulier et c’est notre force principale. On joue bien au basket, mais on peut être mis en difficulté si on sort de nos principes de jeu. J’espère que l’on sera capable de bien jouer un match de plus, ça voudra dire que l’on aura battu Saint-Vallier.

Il y a un an et demi, vous annonciez votre souhait de mettre un terme à vous carrière professionnelle. Après une saison à Mont de Marsan en NM3, vous voilà de retour en Nationale 1 et vous êtes en passe de monter en Pro B.

Oui, comme quoi il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis… J’avais besoin de rentrer chez moi dans les Landes, de me retrouver. Je suis parti de chez moi très tôt, et j’avais envie de retrouver des choses simples : mes parents, mes grands-parents, mon filleul, ma nièce, mes amis. C’est des choses simples, mais tellement importantes. J’ai travaillé, donc j’ai découvert ce que c’était la « vraie vie ». Puis j’ai eu l’envie de retrouver le monde pro, la Nationale 1 et le gout de la compétition. Je me suis dit, « putain j’ai donné des ITW à tout le monde en disant que c’était fini, et là tu veux revenir.  Que vont penser les gens. » Après une réflexion de 15 minutes, l’avis des gens, je m’en fichais. Et puis quand tu regardes, il y a beaucoup de personnes qui ont fait comme moi et qui sont revenues. Ca m’a manqué, mais j’avais besoin de couper. Je suis revenu ici avec une grande motivation, et de l’appétit. Grâce à mon break, je suis plus posé. Je relativise beaucoup plus. Un match perdu, ça me fait chier, mais je ne reste pas comme avant des heures à me morfondre. A l’inverse, je gagne, j’ai fait un bon match, je me prends pas pour un champion du monde. J’ai commencé une formation dans l’immobilier, je suis serein et heureux. Cette année de pause a été bénéfique, vraiment.

Il a aussi rejoué avec son grand frère 

L’an dernier, vous arrivez à Mont de Marsan. Avez-vous été surpris par le niveau de la Nationale 3 ?

Oui, j’ai été surpris. Je l’avais dit sur BeBasket quand je suis revenu. D’ailleurs ça ma valu de me faire taper sur les doigts par le basket landais. J’assume ce que j’ai dit. Je m’attendais à ce que le QI basket soit d’un bon niveau et que individuellement, les joueurs soient moins bons. Ben c’est tout le contraire. Il y a de bons joueurs en NM3. J’ai joué avec des vrais basketeurs. Des gars qui pouvaient dunker, tirer à 3-points. Mais le QI basket est en dessus de ce que j’ai connu en N1. Mais c’est normal. J’imagine qu’en Pro B ça réfléchit plus que chez nous en N1 et en Jeep ELITE plus qu’en ProB. C’est normal et c’est pas une honte de le dire. Je ne me suis pas baladé. Je ne pouvais pas prendre le ballon, dribler, jouer mon 1 contre 1 et marquer à tous les coups.

C’était aussi l’occasion de jouer avec votre grand frère.

Oui, c’était l’un de mes souhaits. Jouer en N2 peut-être aurait été un peu mieux à titre individuel. Mais je ne regrette pas. Jouer avec mon frère, c’est quelque chose que j’échangerais pour rien au monde. On a vécu de très bons moments, d’autres un peu moins car on n'a pas fait une bonne saison. Mais j’ai retrouvé des amis, rencontrer d’autres personnes, joué pour mon coach que j’avais en cadets. Ca n’a pas fonctionné comme on l’aurait voulu. Tout le monde est fautif, moi y compris.

Est-ce que cette expérience vous sert aujourd’hui ?

Oui complètement. C’est comme tout le monde, j’essaie de me servir de tout ce que j’ai connu pour avancer dans la vie. Tu vis des choses, tu en tires des conclusions et tu fais en sorte que cela te serves. Moi j’ai passé une année niveau basket dans l’ensemble bonne, je suis revenu dans un club où je ne fais que du basket, donc ça me change. Il y a deux ans, j’avais une séance de shoot, je soufflais avant d’y aller, aujourd’hui je ne dis pas que j’y vais en courant avec le grand sourire (rires), mais j’y vais et je suis heureux. Je sais pourquoi je suis là. Et c’est le plus important.  

Ce break est-il dû à votre échec du côté de l’Élan Béarnais ?

Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est que je n’ai pas confirmé comme je le voulais. J’ai peut-être été faible mentalement. Le fait d’être venu en NM1 et de ne pas avoir été un joueur important de suite a fait que je me suis frustré donc ça m’a poussé à avoir une réflexion et cette envie de prendre du recul. Mais regarde aujourd’hui, je suis à deux doigts de monter en Pro B et d’être champion de France N1. Qui aurait pu le penser. C’est quand même barjot. Les gens s’en fichent de mon histoire, mais à titre personnel je la trouve magnifique. Tu arrêtes car tu es déçu, tu en as un peu marre et tu as la chance de signer dans une équipe qui aujourd’hui domine la NM1. Je suis chanceux quand même…  

Il ne pense pas encore à l'an prochain

Vôtre rêve de jouer en Pro B n’a jamais été aussi proche de se réaliser.

Un rêve peut-être pas, mais un réel objectif. J’ai toujours su que jouer en Jeep ELITE serait compliqué pour moi. Je n’ai pas le physique et ni le niveau pour y jouer. Je n’ai jamais eu honte de le dire. Quand j’ai arrêté je me suis dit, si tu avais été meilleur ou si tu avais eu plus d’opportunités alors oui tu aurais pu jouer en Pro B. Aujourd’hui avec la règle des moins de 23 ans, on ne peut pas savoir. Ce que je sais, c’est que si on gagne samedi, alors on fait un grand pas vers la Pro B et le titre de champion. Et ça, personne ne pourra me l’enlever. Ce sera en moi à jamais. Le club devra faire des choix, il y a des réglementations en Pro B donc on ne sait jamais. Peut-être qu’à la fin de la saison, les dirigeants me disent : « merci Romain mais on s’arrête là…  »

Du coup vous revenez dans les Landes remporter la Coupe des Landes ? 

Là, je ne pense pas (rires). Non je reste en N1. Mais je ne garderais que le positif. J’ai pris du recul sur beaucoup de situations. Alors oui, je l’ai dans un coin dans la tête, oui c'est un objectif depuis très longtemps mais je ne me mets pas de pression. J’ai envie de gagner samedi, j’ai envie de monter, j’ai envie d’être champion et de fêter le titre. Le reste, on verra plus tard.

L’an dernier, on pouvait aussi vous apercevoir dans les tribunes du palais des sports, mais du côté des médias puisque vous commentiez les matchs pour France bleu Béarn. Est-ce une reconversion possible, devenir journaliste ou consultant ?

Je ne l’ai pas fait beaucoup. Alex Vau commente les matchs de  la Section Paloise (Rugby) avec Jean-Marc Souverbie et il cherchait une personne pour l’accompagner à l’Elan. Jean-Marc nous a mis en contact et j’ai donc pu commenter des matchs. J’ai bien aimé, c’était cool. Je commentais l’Elan, j’aime ce club, il y avait D.J. Cooper qui nous régalait. Après faire métier là dedans, ce n’est pas facile. Alex est très bon, il meuble bien, moi j’apportais un peu de réflexion. Le plus dur je crois, c’est de ne pas se répéter. Il faut varier, c’est un vrai métier, je suis une pompe (rires). 

D’ailleurs, suivez-vous la saison de l’Elan Béarnais. Vous êtes assez proche de Laurent Vila, le coach palois ?  

Oui, Laurent a été quelqu’un d’important pour moi. Je suis en contact régulier avec lui. Je suis content que Laurent ai eu la chance de montrer qu’il peut coacher en Jeep ELITE. Ce qu’il fait est pas mal du tout. C’est pas facile, j’espère que ça va aller pour lui et le club. Il est très compétent. Après on sait tous que malgré que tu sois joueur ou coach très compétents, si tu n’as pas de chance alors c'est très  compliqué. Mais Laurent a toutes les capacités pour faire de belles choses. 

17 mars 2018 à 10:45
TAG
DID YOU LIKE IT ?
0 PARTAGE
Facebook share
0 COMMENTAIRE
QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
ANTHONY OTTOU
Bercé par les Chicago Bulls... de Dennis Rodman, mes journées seraient si tristes sans ce fichu ballon orange.
Anthony Ottou
VOUS EN PENSEZ QUOI ?
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
TOUTE L'ACTU
<
1
/
5
>
jeep élite
-
pro b
-
lfb
-
nm1
Résultats
Classement
29ème journée
16 avril
Bourg-en-Bresse
78
-
89
Nanterre
17 avril
Antibes
74
-
76
Cholet
Châlons-Reims
83
-
75
Le Portel
Hyères-Toulon
79
-
88
Chalon-sur-Saône
Le Mans
88
-
65
Dijon
Limoges
87
-
68
Boulazac
Lyon-Villeurbanne
77
-
82
Levallois Metropolitans
Pau-Lacq-Orthez
86
-
81
Gravelines-Dunkerque
18 avril
Strasbourg
71
-
90
Monaco
Autres journées
PROGRAMME TV
21 avril - 10h15
Fenerbahçe Ülker
Laboral Kutxa
21 avril - 12h45
Bourg-en-Bresse
Nanterre
21 avril - 14h30
Strasbourg
Monaco
21 avril - 16h10
Charleville-Mézières
Bourges
21 avril - 18h55
Boulazac
Strasbourg
Coaching