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QUIMPER, UNE VICTOIRE POUR RAMENER LA BRETAGNE EN LNB

UJAP Quimper
Crédit photo : Gérard Héloïse

L'UJAP Quimper est à 40 minutes d'un retour en Pro B et pourrait valider son ticket, dès ce mardi soir, lors de la finale retour des playoffs à Souffleweyerhseim. Cinq ans après son dernier match dans cette division. Une éternité aussi pour la Bretagne, une "terre de basket" qui souffre d'un manque de très haut niveau. 

L'UJAP Quimper est à 40 minutes d'une montée en Pro B. Et a deux matchs pour y arriver. Ce mardi, en finale retour des playoffs sur le parquet de Souffelweyersheim puis éventuellement samedi, à domicile, à l'occasion de la belle. Certes, cette accession ne serait pas historique pour le club du Sud Finistère mais elle aurait une saveur bien particulière. Depuis cinq ans, la Bretagne n'a en effet plus vu d'équipe évoluer en Ligue Nationale de Basket. C'était déjà Quimper. Plus grand club de France en termes de licenciés au début des années 90, l'UJAP était monté en Pro B à l'issue de la saison 2003/04 puis s'y était maintenu jusqu'en 2012. Le point d'orgue : une finale de playoffs perdue face à Vichy (49-70), le 2 juin 2007. Toute une période symbolisée principalement par un entraîneur, Olivier Cousin et quelques joueurs qui ont été marquant : J.K. Edwards, Ben Dewar, Vincent Mouillard, Nicolas Strunc, Mathieu Tensorer (déjà), Jean-Michel Mipoka, Shaun Fein...

"La Pro B, c'est une division qui correspond à la ville"

Bref, cette montée, Quimper l'espère, la prépare, la veut. "La Pro B, c'est une division qui correspond à la ville, est persuadé Mathieu Tensorer, le capitaine de l'équipe. Au départ, la montée était l'objectif mais d'ici un an ou deux. Alors si on y arrive, on la prendra avec plaisir." Car il faut rappeler qu'à l'arrivée de Laurent Foirest, en décembre 2015, l'UJAP luttait plutôt pour un maintien en Nationale 1. Un an et demi plus tard, la donne a changé. Et c'est toute la Bretagne qui pourrait tirer grand bénéfice d'une issue heureuse. Pour l'image d'abord. Il n'est plus à démontrer que cette région est une terre de basket. Mais elle manque cruellement d'une locomotive. Il y a bien eu l'Étendard de Brest, qui a côtoyé la Pro A en 2005/06 avec l'incroyable histoire de la famille Vérove (nous y consacrerons un article prochainement) et Lorient, bien plus avant, qui avait été quart de finaliste de la Nationale 1A en 1987. Mais tous deux avaient déposé le bilan peu après. Saint-Brieuc, enfin, avait bien l'envie de construire quelque chose en accédant pour la première fois en Nationale 1 en 2013. Mais là encore, décidément, le club avait déposé le bilan la saison suivante. 

Il ne serait donc pas chauvin de dire que la Bretagne mérite un club ancré en LNB. Aujourd'hui, il faut se rendre au Mans pour assister à un match de Pro A ou à Nantes, pour voir de la Pro B. Alors qu'avec 33 465 licenciés sur la saison écoulée, la Ligue de Bretagne est la 6e ligue française de basket en termes de licenciés derrière celles de l'Ile de France, des Pays-de-la-Loire, du Lyonnais, du Nord-pas-de-Calais et de l'Aquitaine. Surtout, cette saison 2016/17 a été historique avec quatre clubs bretons en Nationale 1 : Quimper, Vitré, Lorient et Rennes. Une première. Certes, Vitré et Rennes n'ont pas réussi à se maintenir. Mais ceci est bien la preuve que le basket breton avance et se structure. Et les nombreux derbies ont été l'occasion de mesurer la grande ferveur. Des affiches qui ne sont d'ailleurs pas sans rappeler les bouillants Brest vs Quimper d’il y a tout juste dix ans en Pro B. Ces rencontres que tout le Finistère attendait. "À chaque fois, il y avait 1 500 personnes dehors. C’était un truc de malade !", se souvient Jimmy Vérove, ancienne gloire de l’Étendard de Brest. "Ces derbies élevaient le niveau de jeu des joueurs. Il y avait un sacré engouement. C’était Finistère nord contre Finistère sud et ça se chauffait dans les journaux avant le match", ajoute Mathieu Tensorer, actuel capitaine de l’UJAP Quimper qui a également connu cette période.

Landerneau, la Ligue Féminine de Basket aussi dans le viseur 

Mais dans tout cela, il ne faut pas oublier non plus le secteur féminin. Landerneau, à à peine une heure de route au nord de Quimper, dans le Finistère, construit au fil des années, un projet qui veut faire date. Celui de monter en Ligue Féminine de Basket (LFB). Bien installé en LF2, le LBB vient de se faire sortir en demi-finale des playoffs par La Roche Vendée, récent champion de France de LF2. Une confirmation d'année en année. La saison passée, l'équipe bretonne avait déjà participé au Final Four de LF2 à Tarbes. "On veut pouvoir construire un projet cohérent pour jouer une montée sous trois ans. La salle était la première étape nécessaire, note Stéphane Léité, entraîneur du Landerneau Bretagne Basket. Quand on joue une montée, il y a le terrain et l’à-côté. Le terrain doit motiver et donner une légitimité." La légitimité, le LBB l'acquiert justement d'année en année. Et le public répond présent. La Cimenterie, la salle flambant neuve inaugurée en septembre 2016, a souvent affiché complet, notamment pendant les playoffs.

Comment à Quimper d'ailleurs. Face à Souffelweyersheim, la finale aller était à guichets fermés depuis la veille du match avec un peu plus de 2 000 spectateurs. Une nouvelle salle multifonctions capable d'accueillir 3 000 à 3 500 spectateurs est aussi dans les tuyaux dans le cadre du projet Cap 2020. "Je suis Breton d’origine et j’ai connu trop de dépôts de bilan. Je pense à Lorient et Saint-Brieuc où il n’y avait aucun projet structurant. Aujourd’hui, je me dit souvent qu’un nouveau gymnase est un déclencheur", affirme Christophe Evano, conseiller technique sportif (CTS) à la Ligue de Bretagne avec François Brisson. Avec le temps, le basket breton s'est donc bien structuré. Et les descentes de Vitré et Rennes en Nationale 2 ne sont en rien une fin. Sûrement juste une étape dans l'apprentissage. La saison prochaine, la Bretagne pourrait ainsi voir Quimper évoluer en Pro B, Landerneau en LF2, Lorient en Nationale 1, Vitré, Rennes et Fougères en Nationale 2 masculine et Trégueux et l'Avenir de Rennes en Nationale 2 féminine. Il y a pire.

"Il y a une vraie dynamique. Le pôle espoir n'est pas esseulé. Les clubs travaillent." 

Puis l'ambition d'aller voir plus haut ne peut aboutir sans un important travail de formation. Et vice-versa. Dans une région qui a vu débuter Cathy Melain, Sandra Le Dréan, Edwige Lawson ou encore Fabien Causeur, tous passés ensuite par l’Équipe de France, l'un doit tirer l'autre. Il faut aller voir plus haut pour espérer garder les gros potentiels. Et il faut former pour jouer le plus haut possible. "Depuis 15 ans, nos meilleurs jeunes vont alimenter les centres de formation du Mans, Cholet et Mondeville", observe Christophe Evano. Simon Cluzeau est même à Poitiers, Yannick Le Guenne à Chalon, Julien Barbier est passé au Havre et Lorenzo Thirouard, qui a été retenu en équipe de France U16, est au Centre Fédéral. L'an prochain, il sera rejoint par Hugo Cossé, joueur de l'Union Rennes Basket 35. "Avant, en Bretagne, on s’entraînait beaucoup moins que les autres et on manquait d’intensité. Maintenant, c’est différent", poursuit le CTS breton. Quimper, en collaboration avec Brest Basket 29, Rennes et Vannes ont des équipes engagées en championnat de France chez les garçons. Rennes, Landerneau et Quéven en filles. "Il y a une vraie dynamique. Des entraîneurs salariés s’occupent des jeunes. Le pôle espoir n’est pas esseulé. Les clubs travaillent", ajoute Matthieu Crenn, entraîneur des U18 France à Quimper et de l’équipe de Bretagne.

Le travail porte peu à peu ses fruits. À titre d’exemple, les équipes de Bretagne obtiennent de meilleurs résultats lors des tournois inter-ligues. "Avec les 2000, 2001 (et les 2002 il y a quelques jours), nous nous sommes qualifiés pour les finales nationales alors qu’il y a quelques années, nous prenions 40 points contre les Pays-de-la-Loire. Cela permet aux potentiels bretons d’évoluer contre les tous meilleurs." Un travail de longue haleine dans le but de leur faire toucher l’élite d’ici quelques années. Au sein d’un club breton ? C’est bel et bien le rêve de tous.

30 mai 2017 à 16:26
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DONOVAN GOUGEON
19 ans et déjà en retraite sportive. Shootait dans le corner comme dans son fauteuil mais une reprise en D5 est imminente. La Bretagne ça le gagne.
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