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ENTRETIEN CROISÉ AVEC JULIEN CORTEY ET NICOLAS FAURE AVANT LE CHOC ENTRE FEURS ET BESANÇON

Crédit photo : P Grashany

Assurés tous deux de monter en Nationale 1, Feurs et Besançon s'affrontent ce samedi. Le vainqueur de ce choc de la 24e journée terminera sans doute à la première place de la poule.

Pour faire un petit bilan sur cette saison et parler de cette rencontre, du choc même de cette 24e journée, qui de mieux placé que les deux coachs pour en parler?

Julien Cortey, coach des Enfants du Forez de Feurs et Nicolas Faure, coach du Besançon Avenir Comtois, nous parlent de leurs saisons respectives et du choc de ce samedi. Une belle fête pour le basket et une belle promotion pour notre sport qui aura lieu samedi soir à Besançon.

Nicolas, Julien, tout d’abord félicitations pour vos montées respectives en Nationale 1 pour la saison prochaine. En août dernier, vos dirigeants vous avaient-ils fixé comme objectif une montée ou avez-vous pris la saison comme elle se déroulait en laissant faire l’enchaînement des bons résultats ?

Julien Cortey: Merci à toi de donner un peu de visibilité à notre championnat et félicitations à Nicolas et son équipe pour ce beau parcours. L’objectif de début de saison était de faire mieux que la saison passée. Nous avions fini 4e : nous avons réussi notre pari. Evidemment, nous ne nous satisfaisons pas du minimum et nous avons revu nos objectifs à la hausse avec les bons résultats. Les playoffs sont devenus notre nouvel objectif.

Nicolas Faure: Non pas du tout. L’objectif était un maintien confortable. La blessure de Jaouad Dabhi début août a été un gros coup dur au sein d’un groupe déjà très réduit (8 joueurs). Après 5 journées, nous sommes à 3 victoires et 2 défaites. L’osmose entre les 7 restants a été parfaite (un peu trop parfois). Le lien entre anciens et nouveaux s’est fait très vite. Les jeunes ont progressé sous la houlette bienveillante des anciens.

On sait que le vainqueur de cette rencontre de samedi aura de grandes chances de terminer en tête de la poule. Julien, vous êtes leader depuis la 6e journée et Nicolas vous êtes seconds depuis la 9e journée. La première place et la suprématie de la poule sont certainement un objectif pour vous avec cette rencontre ?

JC: C’est une finale pour la première place sans le stress négatif de tout perdre en cas de défaite. Cette première place serait la cerise sur le gâteau et, comme je l’ai dit précédemment, nous ne voulons pas nous contenter du minimum.

NF: Bien sûr. Nous jouerons le match avec envie et détermination, même si l’accession est déjà réglée depuis 3 semaines et que les têtes sont plus légères.

On a vu que durant cette saison que vos équipes s’appuyaient sur deux philosophies. Besançon possède en ses rangs Nemanja Stankovic, le meilleur marqueur de la poule mais aussi au niveau national (toutes poules confondues) tandis que Feurs n’a pas de « gros scoreur » mais s’appuie sur un très gros collectif avec beaucoup de joueurs capables de mettre des points et d’apporter du danger. Comment pensez-vous faire déjouer l’équipe adverse ce samedi en connaissant ces paramètres ?

JC: Pour espérer l’emporter, il  va falloir contenir leurs deux étrangers qui mettent la moitié des points de l’équipe. L’intérieur Vorotnikovas est sur un nuage depuis plusieurs matchs, avec des points, de nombreux rebonds et une grosse présence dans la raquette. Il va falloir limiter son impact dans le jeu. Stankovic fait des ravages au scoring. Le retour de Dahbi apporte de l’énergie et une densité physique importante dans la raquette.

NF: Notre collectif travaille pour que Nemanja puisse scorer. Ses coéquipiers se sont mis à son service. La réussite de Nemanja, c’est avant tout le travail de ses partenaires. Il peut être relayé au scoring sans aucun souci. Compliqué en effet de prioriser quelqu'un à Feurs (sauf mon ami Zaka Alao à qui je réserve toujours un traitement de faveur par tradition hautement conviviale)

Vous possédez deux grosses défenses : Besançon est l'équipe qui encaisse le moins de points dans la poule A avec 67,43 points contre une troisième place pour Feurs avec 69,78 points. Pensez vous que ce gros atout défensif respectif va faire basculer le match ou que l’aspect offensif sera déterminant étant donné que vous avez la même force commune pour stopper vos adversaires?

JC: On s’oriente vers un match défensif, même si nous avons la 2e meilleure attaque de la poule. Pour bien voyager et ne pas dépendre de notre adresse, il faut s’appuyer sur un bloc défensif solide. Nous avons axé notre travail de la semaine là-dessus, après l’orgie de points concédés samedi dernier! Le résultat va dépendre de notre capacité à tenir les duels et limiter les 2 joueurs étrangers.

NF: Bonne question. Qui va essayer de courir samedi ? Nous préparons notre transition défensive en essayant de maitriser au mieux  le rythme offensif. Cette équipe s’est soudée autour de joueurs avec de grosses valeurs défensives (Guerrier, Ikuesan, Vorotnikovas).

Nicolas, vous possédez un effectif restreint depuis le début de la saison (vous avez joué à sept durant longtemps avant le retour de longue blessure de Jawad Dahbi) alors que vous Julien, vous avez une équipe fournie et un « banc » très performant. C’était un choix fort et personnel de votre part dans la construction de votre équipe respective ?

JC: Oui, c’est un choix motivé par ma vision du basket : collectif, partage, générosité.... Je n’ai pas de joueurs majeurs ou de joueurs de banc : j’ai une équipe dont chacun des 9 membres a des missions précises. Mon équipe est performante car chaque joueur se sent impliqué dans le projet de jeu.

NF: Quand le dessert arrive, généralement il y a un gâteau. Quand on coupe le gâteau, il faut connaitre sa taille,  le nombre de convives et leur appétit. Comprenne qui voudra.

Vous avez effectué chacun de votre côté un travail remarquable avec votre groupe. Malgré cette saison quasi parfaite pour vous deux, que changeriez vous avec du recul ou du moins qu’amélioreriez-vous si on peut améliorer une équipe qui monte et qui ne perd quasiment pas?

JC: Mon équipe, je l’aime, je ne changerais rien ! J’ai un groupe en or avec des joueurs dévoués à l’équipe qui travaillent dur. On peut toujours s’améliorer. Gagner ou perdre un match ne veut pas dire que nous travaillons bien ou mal, il faut penser en termes de cheminement, de processus, de méthode. Il ne s’agit pas de tout remettre en question chaque samedi mais d’appréhender les choses de manière globale. J’aurais pu être meilleur dans certaines situations pour aider mon groupe, jeune et avec peu d’expérience, à mieux gérer notre statut de leader. Mais je débute et j’apprends également. Nous venons de faire une saison exceptionnelle, avec un budget très modeste : il faut savourer.

NF: J’associe à notre réussite mon assistant Joseph Kalambani qui a fait un gros travail à mes cotés, ainsi que l’ensemble du staff qui à œuvré (Cédric Dotte notre préparateur physique, Christophe Ruedin notre médecin, Christophe Dumas notre kiné). Pour l’équipe, un back-up sur les postes intérieurs eut été le bienvenu ponctuellement (mais on manquait de farine pour faire un gâteau plus gros). Mais peut-être que la situation de non-concurrence dans laquelle les joueurs étaient est aussi un des facteurs de la réussite !

Confirmez-vous que vous serez à la tête de votre équipe en Nationale 1 la saison prochaine ?

JC: Oui, je serai sur le banc de Feurs la saison prochaine.

NF: Nous allons bientôt en parler avec mes deux présidents

Vous avez acquis cette montée très tôt par rapport aux équipes des autres poules susceptibles de monter (vous êtes d’ailleurs les deux seules équipes sur les huit montées cette saison). Ceci vous donne donc une longueur d’avance pour préparer votre recrutement. Vous vous êtes donc certainement déjà mis au travail pour construire votre groupe la saison prochaine. Travaillerez-vous dans la continuité avec votre ossature actuelle en apportant forcément quelques retouches nécessaires au changement de niveau ?

JC: En effet, nous avons appris notre accession assez tôt dans la saison mais c’était il y a seulement 10 jours. Nous jouons encore une première place, le championnat n’est pas terminé. J’y pense et j’essaie de me projeter mais ce n’est pas encore très clair. Je vois mes joueurs en entretien lundi prochain. Je veux travailler dans la continuité de cette saison : peu de modifications, confiance en un groupe soudé et ambitieux.

NF: Nous n’avons fait aucune démarche auprès des joueurs ou de leurs agents. De toute façon nous ne serons pas sur le premier marché des transferts des joueurs confirmés de la NM1. Mais nos joueurs seront aussi sollicités. C’est long une intersaison….

A ce propos, la refonte décidée par la FFBB a permis à vos deux équipes d’être en Nationale 1 sans passer par les playoffs de montée habituels. Que pensez-vous du futur championnat de Nationale 1 dans lequel vous allez évoluer et plus globalement de cette refonte ?

JC: Difficile d’en parler sans connaître. On verra à l’usage la saison prochaine. Je pense que c’est l’opportunité pour les coachs et les clubs de faire jouer les jeunes Français car davantage d’équipes, de postes et peut-être un niveau sensiblement inférieur. J’ai joué sans étranger cette saison et avec de jeunes joueurs ; ce qui n’est pas chose courante.

NF: La N1 est le fleuron fédéral en terme de niveau. C’est une division professionnelle ou seules les meilleures équipes peuvent exister. Le championnat sera long et passionnant à n’en pas douter. Besançon devra se structurer très vite et obtenir un appui supplémentaire de tous ses partenaires, institutionnels ou privés. 

Vous avez eu tous les deux le soutien de nombreux supporters à chaque match dans le Doubs et dans la Loire. Avez-vous un message particulier à leur adresser ainsi qu’à vos dirigeants, bénévoles et autres membres de vos clubs respectifs après une telle saison riche en émotions et en victoires 

JC: Un grand MERCI à tous pour votre soutien ! C’est une réussite collective, celle de tout un club : joueurs, staff, dirigeants, supporters et partenaires ! Nous avons un projet de développement structurel, nous travaillons dessus au quotidien, depuis plusieurs saisons. La réussite sportive s’appuie sur des fondations solides mises en place avec les dirigeants, les partenaires et les bénévoles.

NF: Dédicace spéciale à Paul Miguel, notre animateur infatigable, à qui nous souhaitons bonne route et bonne chance pour sa nouvelle carrière d’entraîneur et à Gérald Guerrier notre capitaine, qui me supporte depuis 5 ans. Un grand merci à notre équipe de bénévoles qui, chacun à son niveau, œuvre souvent dans l’ombre pour nous permettre de travailler dans de bonnes conditions. A notre public, pas aidé par la configuration de notre gymnase. A Pierre Labbé notre vice-président 2.0, visionnaire et ambitieux. A notre président Philippe Tristam pour son engagement et sa persévérance, sans qui le basket bisontin serait toujours dans les bas-fonds.

Et un petit message à votre homologue avant samedi soir ?

JC: Nicolas, je te souhaite un bon match et… que l’on propose une belle fête du basket samedi ! Et puis, surtout, bon courage pour la suite car pour nous, le plus dur commence.

NF: Julien, bravo pour ta saison. Je préférerais aller passer un week-end à La Rochelle plutôt qu’un vendredi à Recy, mais mon président n’est pas d’accord… 

13 avril 2018 à 12:15
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On m'a toujours dit de ne pas franchir la ligne à 3 points, c'est plein de crocodiles par là...
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86
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