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ITW PHILIPPE DA SILVA (CERGY-PONTOISE) : "J'AI TOUJOURS EU LA VOLONTÉ DE TRANSMETTRE"

Philippe Da Silva CergyPontoise
Crédit photo : cergypontoisebbfr

Fraîchement retraité des parquets après une longue et riche carrière de joueur, Philippe da Silva n'a pas quitté le milieu du basket pour autant puisqu'il s'est reconverti en tant que coach à Cergy-Pontoise en Nationale 2.

L'ancien meneur de jeu Philippe da Silva a idéalement débuté sa reconvertion puisque son club, le Cergy-Pontoise Basketball, pointe en tête de la poule C de Nationale 2 depuis le début de saison. Dans un club ambitieux, le Franco-Portugais expérimente le métier en quatrième division, avec l'envie d'aller voir plus haut à court terme. Pour BeBasket, celui qui vient également d'intégrer le staff de l'équipe de France U19 masculine revient avec nous sur sa nouvelle carrière.

Vous avez réalisé une longue et riche carrière. Dans la foulée, vous avez tout de suite pris une équipe en tant que coach. Quand a émergé cette envie de reconversion pour vous ?

La fibre, tu l'as ou tu ne l'as pas. Personnellement je l'ai toujours eu. J'ai toujours eu cette volonté de coacher et de transmettre à des jeunes joueurs. Dans beaucoup de clubs dans lesquels j'évoluais en pro, que ce soit au Paris-Levallois, à Evreux ou encore à Rouen, j'ai transmis ma connaissance du jeu. J'ai entraîné dans beaucoup de catégories d'âge, des poussins à l'excellence pré-nationale à Rouen en passant par les benjamins. J'aime la partie associative. J'ai vite pris conscience que j'étais faire pour cela.

Quel type de jeu prônez-vous et qui sont vos modèles de coach ?

Ce qui est primordial pour moi, c'est le partage des responsabilités, du ballon, et des efforts. Il faut penser à son coéquipier avant de penser à soi. Je veux que tout le monde se sente concerné, investi et important dans mon groupe. Le danger doit venir de partout. Les responsabilités en terme de scoring doivent être partagées. C'est le cas cette saison puisque j'ai sept joueurs qui tournent entre 8 et 14 points de moyenne. Au niveau du temps de jeu, je fais beaucoup tourner, le plus gros temps de jeu est à 28 minutes quand le plus faible est à 17.

Au niveau de mes modèles, j'ai en plusieurs. Je m'inspire beaucoup d'Ettore Messina, j'ai bien sûr lu son livre. Il y a également Phil Jackson et Gregg Popovich. Cependant, j'essaye de voir plus loin que le basket et de m'inspirer d'autres sports. Cela m'a aidé dans mon approche psychologique, pour apprendre à gérér certaines situations. José Mourinho a beaucoup compté pour moi. J'ai lu tous ses livres et j'ai même eu la chance de le rencontrer à Porto (Philippe da Silva est Franco-Portugais et a joué en équipe nationale du Portugal au cours de sa carrière de joueur, NDLR) pour échanger avec lui sur certains aspects du sport.

Comment s'est passée cette transition de joueur à entraîneur ? Avez-vous rencontré des difficultés ?

Dans le sport on rencontre toujours des difficultés. Tu penses être prêt pour affronter une situation alors qu'en réalité tu ne l'es pas. Cela s'est bien passé malgré tout. J'ai une mentalité ouverte et j'essaye d'être juste et honnête avec mes joueurs. En étant meneur de jeu, j'ai souvent été à l'écoute de mes coéquipiers. De plus, j'ai eu des hauts mais aussi des bas dans ma carrière, du titre de MVP français de Pro B à une fin prématurée à Boulazac. Je me sers de tout cela pour avancer et pour transmettre. J'ai eu mes diplômes d'entraîneur et plus récemment j'ai été formé à la vidéo. 

Vous avez donc pris les rennes de Cergy-Pontoise en début de saison. Pourquoi avoir choisi ce club de Nationale 2 ?

J'étais en fin de contrat à Caen, c'est au moi de mai dernier, soit quelques jours avant le final four, que j'ai pris la décision d'arrêter ma carrière. Je ne voulais pas faire la saison de trop. J'ai ensuite eu un contact avec Cergy. Je connaissais le contexte val d'oisien et cela a facilité les choses. C'est un vrai retour à la maison pour moi, car je suis arrivé en France à l'âge de 3 ans dans ce même département. De plus, je restais proche d'Evreux où je suis toujours domicilié. J'avais besoin d'être stable après une carrière de joueur où ma famille et moi avions déjà beaucoup bougé. Il fallait que j'agisse quand l'occasion s'est présentée. Les places sont chères à ce niveau là. Je ne voulais pas connaître un moment de flottement juste après avoir raccroché. Je souhaitais tout de suite être pris dans un nouvel élan, c'est pourquoi je me suis engagé avec eux.

Concernant le club, celui-ci ne manque pas d'ambition. Les collectivités locales mettent tout en oeuvre pour aider le club à se structurer. La salle a été refaite et la partie evênementiel se développe beaucoup. Nous souhaitons créer un véritable engouement autour de ce club. En plus de cela, c'est une structure qui compte beaucoup de licenciés (plus de 500) et qui a pour vocation de vouloir former les jeunes. Après une année en NM1, lors de la saison 2013/14, le club a pu cibler ses lacunes et comprendre quelles étaient les exigences du milieu professionnel. Actuellement, j'ai a disposition un préparateur physique à plein temps en plus d'un staff médical (composé d'un kiné et d'un osthéo) qui intervient après les entraînements du mardi et du jeudi. J'ai aussi la chance d'avoir un assistant à plein temps.

Vous êtes premiers depuis le début de saison. Quel est l'objectif du club cette saison et même à plus long terme ?

On est des compétiteurs, l'objectif initial était de faire mieux que l'année dernière (dixième place) et même de faire partie des quatre premiers de la poule. Cependant, le championnat est dense avec des équipes qui sont bien armées comme Calais, Kaysersberg, Berck (qui descend de NM1), ou encore Vanves (avec les néo-retraités Stephen Brun et Sami Driss). Nous visions l'accession en NM1 en deux ans et la Pro B d'ici quatre ans. Nous sommes actuellement premiers et si nous pouvons prendre de l'avance sur le projet, on ne s'en privera pas. Mais il faut rester humble, respecter tout le monde. Dans cette division, si on a des blessés, on ne peut pas les remplacer. Il faut donc veiller à la bonne intégrité physique des joueurs. 

Lors du recrutement j'ai ciblé les joueurs que je voulais en terme d'état d'esprit. C'est cela qui, je pense, a fait la différence à plusieurs reprises. Par exemple, à Maubeuge nous l'avons emporté au buzzer. Le recrutement compte pour 65 à 70% de la saison, il était important de ne pas se tromper. 

Cet été, lors de la coupe du monde qui aura lieu en Egypte, vous rejoindrez le staff de l'équipe de France U19 en tant qu'assistant vidéo. Quels objectifs ont été fixés ? Souhaitez-vous vous inscrire dans la durée avec l'équipe nationale française ?

Effectivement, je vais rejoindre Hervé Coudray, qui m'a coaché à Caen, et avec qui je partage un certain nombre de valeurs au niveau du coaching. Il y aura également Nicolas Absalon, qui est scout pour l'équipe de France et qui m'a formé à la vidéo. L'objectif est de ramener une médaille qui échappe aux bleuets depuis longtemps (le championnat du Monde U19 en 2007, NDLR). Nous sommes champions d'Europe en titre, nous aborderons donc cette compétition avec de l'ambition. Mais attention, des grosses équipes seront présentes, à commencer par Team USA, mais aussi le Canada, la Lituanie ou encore l'Espagne. Le tournoi va donc être dense. Nous souhaitons tout d'abord terminer premiers de notre poule et c'est après qu'il faudra entrevoir la suite selon le tableau. Cependant, il risque d'y avoir quelques absents dans nos rangs. La probable Draft de Franck Ntilikina risque de perturber sa venue. On va voir aussi du côté de la NCAA (Killian Tillie joue à Gonzaga et Renathan Ona Embo à Tulane, NDLR) s'il est possible de libérer des joueurs. Cependant le groupe sera, à coup sur, compétitif.

Je souhaite bien évidemment m'inscrire dans la durée avec l'équipe de France. Je suis tourné vers la formation, je veux m'investir à long terme. J'aime transmettre aux autres, mais c'est également un réel enrichissement personnel. J'ai aussi songé à collaborer avec la fédération portugaise, qui a beaucoup compté pour moi car j'ai honoré 102 sélections sous leur maillot. Mon coeur est partagé entre la France et le Portugal. Mais de manière générale, je souhaiterais côtoyer le plus haut niveau possible, peu importe l'équipe. Je veux apporter le plus possible.

Enfin, un petit mot sur le poste de meneur de jeu. Vous étiez un vrai "meneur-gestionnaire", comment analysez-vous cette recrudescence de "meneur-scoreur" ?

Cela vient tout d'abord des changements de règles. De 30 secondes de possession, nous sommes passés à 24. Actuellement, nous sommes tournés vers le jeu direct et vers la création sur un temps court. Il faut pouvoir vite créer. De plus, l'influence de la NBA compte aussi. Les joueurs misent de plus en plus sur l'aggressivité, le un contre un, les pick and roll. On en a oublié la partie gestion. Beaucoup d'arrières ont été décalés à la mène. Au sein de mon groupe, j'ai Oumarou Sylla qui est pour moi un bon passeur et qui peut distribuer 10 à 12 passes par match. En Pro A, j'ai beaucoup d'admiration pour D.J. Cooper, qui sait tout faire, créer, gérer et scorer. Il me fait penser à Delaney Rudd (ancien joueur du PSG et de l'ASVEL dans les années 90). J'aime les joueurs qui rendent leur équipe meilleure.

Ce samedi, Cergy-Pontoise aura un peu plus l'occasion d'assurer sa place de leader lors du prochain match sur le parquet du WOSB à partir de 20h.

01 mars 2017 à 13:55
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Capable de localiser tous les clubs de NM2 et pourtant je travaille encore mon double-pas main gauche.
Thomas Dietsch
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