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ITW ZAKA ALAO (FEURS) : "JE ME SENS PLUS EN FORME QU'À 22 ANS"

Zaka Alao Enfants du Forez Feurs
Crédit photo : Enfants du Forez Feurs

Passé par l'élite du basket Français, Zaka Alao est désormais un des piliers de son équipe des "Enfants du Forez" de Feurs.

Ancien joueur du Limoges CSP en Pro A ou encore de Golbey-Epinal en Pro B, Zaka Alao a connu tous les échelons nationaux, de l'élite à la Nationale 2. Joueur important du dispositif du coach Julien Cortey, Zaka en est un des leaders offensifs et apporte toute son expérience du haut niveau qu'il met avec plaisir au service du club du Forez.

Actuellement joueur au niveau NM2 dans l'équipe de Feurs Forez (42), tu as connu le plus haut niveau en France. Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours sportif?

J’ai commencé le basket tardivement, vers 13-14 ans. Avant, c’était football à fond mais j’ai été influencé par les vagues « Jordan » et « playground » qui ont bercées les années 90…

Etant originaire de la région parisienne, avec mes potes Seb (Sako, maintenant coach individuel de Basket) et François (Nyam, désormais agent de joueurs), on arpentait Paris et on jouait fréquemment avec ou contre des joueurs comme Amara Sy, Frédéric Kabubusy, Samuel Nadeau, Yohan Sangaré, Teddy Mazeroi, Modibo Niakaté, Zainoul Bah… On était tous « chaperonnés » par les futurs gros agents que sont devenus Bouna (Ndiaye) et Pascal (Lévy) mais également par les frères Olivier et Bruno Ruiz. Au final, nous n’avons pas tous eu la carrière escomptée mais Yohann et Amara sont les symboles de réussite de cette génération.

On baignait dans cette culture qui dépassait le cadre simple du sport : c’était basket jour et nuit, pratiqué ou regardé à la télé.

J’ai donc pu, petit à petit, rattraper mon retard technique et intégrer le Paris Basket Racing en catégories minime et cadet.

Puis, par le biais d’une détection, j’ai intégré le grand Limoges CSP.

J’y ai donc passé mes années Espoirs pendant lesquelles je tournais à 18,6 points puis 20 points de moyenne, j’étais dans le top 10 des meilleurs espoirs de ma catégorie. Mais j’avais surtout la chance de côtoyer le plus haut niveau avec des joueurs tels que Yann Bonato, Frédéric Weis, Marcus Brown, Stéphane Dumas, Jean-Philippe Methelie et des coachs tels que Jacques Monclar et Dusko Ivanovic… Ce sont des expériences qui marquent car avec du recul, sur le moment, tu ne te rends pas compte que tu t’entraînes avec ce qui se fait de mieux en France, voire en Europe. Tout se passait bien jusque-là.

Cette année (2000), l’équipe réalise le triplé historique : Coupe de France, Championnat de France, Coupe d’Europe (Korac). Et moi je me retrouve avec un titre de Champion de France en ayant joué deux fins de matchs. L’année suivante, après avoir été relégué financièrement en Pro B, on finit Champion de la division et on remonte directement en Pro A. Ce titre-là est légèrement moins usurpé.

Après pour moi, c’est « le début de la fin » j’ai envie de dire : je suis recruté par une grosse université américaine de l’époque (Tulsa) et juste avant mon départ, j’enchaîne coup sur coup rupture du ligament croisé et fracture ouverte tibia-péroné (la même que Paul George) !

Là, les choses se gâtent... Après deux ans d’inactivité et au prix de nombreux efforts, je re-signe au Limoges CSP en Pro A (saison 2003/04) où on est relégué sportivement et financièrement (je fais une saison plutôt honnête au vu des circonstances avec 4,8 points, 1,7 rebond et 1,1 passe décisive en 14 minutes).

J’évolue la saison suivante (2004/05) en Pro B à Epinal ou je fais également une saison correcte (9,3 points, 2,5 rebonds et 1,5 passe décisive en 22 minutes) puis peu après, je décide d’arrêter le basket professionnel car malgré tous les efforts concédés pour revenir, je supportais difficilement les travers du sport professionnel auxquels j’étais confronté.

Au bout d’une année passée sur les bancs de la fac à Paris, le virus m’a repris…

J’ai, par la suite, joué successivement pour Meyrin (Genève) en première division Suisse, à Longwy (NM1), Blois (NM1) où j’ai été All-Star sous les ordres de Nicolas Faure (dont je suis resté proche), à Brest (NM1), La Charité-sur-Loire (NM2) et maintenant à Feurs depuis deux saisons. J’ai toujours tourné entre 10 et 13 points de moyenne, un peu plus en NM2.

Après être passé par La Charité Basket, également en NM2 et avoir connu une autre poule, que penses-tu du niveau de cette poule D ?

Globalement le niveau est identique même si quelques caractéristiques peuvent changer.  Si on doit comparer, je dirais qu’avec la Charité, on allait souvent en Alsace et dans le Nord où il était difficile de pratiquer du « hourra basket » ! C’était légèrement plus défensif. L’année dernière, avec Feurs quand tu vas à Toulouges ou à Golfe-Juan, c’est beaucoup plus porté sur l’attaque mais le niveau n’y est pas moins fort du tout. Je trouve un peu compliqué de dire qu’une poule est plus ou moins forte qu’une autre même si les gens veulent toujours comparer. Les niveaux sont assez denses et homogènes. Au final, chaque poule a des caractéristiques d’équipes et donc des styles différents. Mais la réponse à cette question est souvent donnée à l’issue des playoffs.

Tu es le meilleur marqueur de ton équipe et le septième de la poule D avec 15,63 points en moyenne. Es-tu satisfait de tes performances et cela correspond il au rôle qui doit être le tien dans l'équipe?

Globalement ce qui me soucie le plus maintenant, c’est le classement que mon équipe occupe. Après, je ne vais pas faire de langue de bois: je suis un « marqueur » dans l’âme et quand je finis un match en ayant très peu scoré, je me dis que 1/ je n’ai pas assez apporté à l’équipe et que 2/ le niveau que j’ai produit ne reflète pas le travail que j’ai fourni. L’année dernière je scorais un peu plus (16,83 pts/match) mais je jouais moins bien je trouve.

Avec l’âge, j’essaye de me concentrer sur d’autres choses : les rebonds, la circulation du ballon, la défense… Julien (Cortey, mon coach) ne me lâche pas avec tout ça. Son niveau d’exigence nous pousse à nous remettre en question et à vouloir nous améliorer ; c’est très moteur pour moi.

Offensivement, on a de fortes individualités dans l’équipe, un mec comme John (Beugnot) est dans les meilleurs scoreurs de la poule presque tous les ans, on a aussi Théo (Vial) et Ben (Tillon).

Je balance juste un peu plus de shoots qu’eux !! Mais c’est pour cela que le coach m’a recruté.

Tu as réalisé à ce jour la plus grosse performance de la saison de la poule D de NM2 avec 36 points. Est ce le plus gros total que tu aies jamais réalisé sur une rencontre?

Oui cela est ma plus grande performance sur un match même si j’ai déjà scoré 34 points sur un match en Pro B avec Epinal. Après mon plus gros carton reste 41 points en Espoirs mais bon, on ne va pas fouiller dans tous les box-scores de catégories jeunes !

Après avoir connu une période noire avec beaucoup de blessures, l'effectif de Feurs a récupéré ses troupes et vient d'enchainer pas mal de victoires. Sachant que vous vous déplacez chez les deux premiers et que vous recevez le troisième, votre objectif est-il de finir le plus haut possible dans ce classement ou de tenter d'accrocher les playoffs?

On a eu effectivement une grosse période « sans » due à de nombreuses blessures longues durées de nos postes 1 et 5 titulaires. Quand ton axe principal n’est pas en état, forcement ça boite un peu !

On a également dû changer notre étranger car il avait le mal du pays.  Du coup, tous ces paramètres font que notre saison a été tronquée.

Après, on n’est ni les premiers ni les derniers à qui ça arrive, il faut faire avec ! On a donc arrêté de se focaliser sur le classement et vivons « au match le match » ! On va enfin bientôt être au complet et on verra ce que l’avenir nous réserve.

On approche à grand pas de la fin de la saison. Penses-tu qu'une équipe de la poule soit en mesure de monter en NM1 maintenant que le tirage des playoffs a été effectué? Pour rappel, le premier rencontrera à priori Vanves, Kayserberg ou Berck (voire d'autres...) et le deuxième prendra Toulouse, JSA Bordeaux ou Golfe-Juan (voire d'autres...).

C’est difficile de juger car je ne connais aucune des équipes en lice pour les playoffs dans ces poules. Par contre Aubenas et Pont-de-Chéruy sont des équipes complètes, solides et chez qui il est difficile de gagner. Bien évidemment, cela dépendra de la dynamique des équipes en fin de saison ainsi que de « l’état des troupes ». Et puis il reste encore 8 matches de saison régulière, on n’est pas à l’abri de quelques surprises.

Tu auras 36 ans cet été. Continueras tu ta carrière de basketteur à Feurs la saison prochaine ou as tu prévu une imminente reconversion?

Oui je serai toujours à Feurs l’année prochaine, nous (ma femme et mes enfants) nous plaisons bien ici. L’environnement du club est sain et familial. Après on verra… Effectivement j’ai 36 ans ce mois et l’heure de la reconversion va bientôt sonner… même si paradoxalement je me sens presque plus en forme que lorsque j’avais 22 ans !

J’éprouve toujours autant de passion pour ce sport. Ça va faire bizarre de quitter ce petit monde car le basket fonctionne presque comme une famille ; certains co-équipiers deviennent presque des frères et d’autres des cousins : même éloignés, on entend toujours une petite anecdote sur eux !

Pour ce qui est de la reconversion, c’est un enjeu important dans la carrière d’un sportif. Moi, j’ai commencé à y penser quand mon pote Fred (Adjiwanou, ancien basketteur professionnel) a créé sa société de production audiovisuelle en 2011. Ça m’a fait réfléchir sur ce que j’envisageais de faire pour l’après-basket.

Comme le dit Johan (Passave-Ducteil, vice-président du syndicat des joueurs), nous sommes de faux privilégiés : certes, nous vivons de notre passion mais nous ne capitalisons pas sur du long terme :  il ne faut pas faire n’importe quoi de l’argent que nous gagnons. De plus, notre situation peut vite basculer dans la précarité : nous avons -ou connaîtrons tous- une (ou des) périodes plus ou moins longues de chômage ou des blessures. Il faut que nous soyons sensibilisés afin de se protéger au mieux. J’ai connu toutes ces galères et c’est ce qui a motivé le choix de mon activité future.

J’ai donc obtenu mon Maste 1 en Gestion de Patrimoine et Investissements financiers l’année dernière et actuellement je prépare un Master 2, toujours dans ce domaine, par correspondance avec l’Université de Paris-Dauphine. C’est énormément de travail en plus des entraînements et de la vie de famille mais c’est très intéressant et utile. De cette manière, j’espère pouvoir accompagner au mieux les sportifs professionnels (entre autres) dans la gestion et l’investissement de leur argent.

 

Prochain match pour Zaka et son équipe de Feurs, le samedi 11 mars à Clermont.

10 mars 2017 à 15:39
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On m'a toujours dit de ne pas franchir la ligne à 3 points, c'est plein de crocodiles par là...
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