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AMARA SY : LE SAGE MONÉGASQUE

Crédit photo : Guillaume Poumarede

Modèle et grand frère pour beaucoup de joueurs, Amara Sy est un personnage historique du basketball français. Entretien avec celui qui attaque sa 15e saison en Pro A.

Amara, deux ans que Monaco termine la saison régulière en tête de la Pro A mais malheureusement en playoffs cela ne se passe pas comme prévu... Quoi de prévu pour cette année ?

Alors là c'est un peu tôt pour le dire (rires). On ne dit jamais deux sans trois, mais j'espère que cette fois ci on y arrivera. Après c'est une nouvelle saison, l'effectif a été remanié à presque 90%, donc on part un peu vers l'inconnu, mais on a de l'ambition. Depuis deux ans on joue très bien, on produit du beau basket, j'espère que l'on pourra faire de très bonnes choses. Nous sommes en préparation, nous travaillons bien malgré des absents, des joueurs blessés (Fofana, Gladyr NDLR). Nous sommes serieux mais le but est d'être prêts lors de la première journée de championnat, pas avant. 

Un débat a enflammé quelques joueurs français sur Twitter il y a quelques jours par rapport au statut des Français en Pro A (JFL). Quel est l'avis du doyen de la Pro A sur le niveau actuel du championnat de France ? 

J'ai eu des débats avec des journalistes, des coachs et des joueurs, donc j'ai mon avis. Je trouve que depuis 3-4 ans que c'est compliqué. Le niveau de la Pro A et du basket français n'évoluent pas à la vitesse à laquelle ils devraient évoluer. C'est dommage car du talent, en France il y en a.

Yakouba Ouattara a explosé lors de ses deux saisons en Principauté, Paul Rigot a connu ses premières minutes en Pro A. Monaco, l'une des plus fortes équipes de la Pro A, fait donc confiance aux jeunes ? 

Comme par hasard, encore une fois, le coach est un étranger. Pour moi, ce n'est pas qu'un problème de joueur. Tu peux être un très bon jeune mais si le coach ne veut pas te mettre sur le terrain alors tu ne peux rien y faire. Elle est là la vérité. Je pense que c'est un problème plus global. Les clubs, les coachs ou les dirigeants sont responsables. Aujourd'hui il faut faire en sorte qu'un jeune français puisse jouer et s'épanouir dans le championnat de France. Ça fait assez longtemps que je suis dans le circuit et dans le basket et à chaque fois qu'un coach étranger est venu en France, il a toujours formé et lancé des jeunes. Pourquoi les coachs français hésitent à les mettre sur le terrain ? Ou alors quand ils le font c'est toujours parce il y a des blessés et qu'ils n'ont pas le choix. Nous à Monaco, on essaie toujours de faire en sorte qu'un joueur français puissent émerger avec le groupe professionnnel. Pourtant c'est un club avec un gros budget. Mais la politique du club est bonne et surtout très logique. Les coachs français, quand ils ont les moyens, ils ne font pas jouer les jeunes et prefèrent dépenser leur argent sur des étrangers. Aujourd'hui si tu regardes bien, qui sont les coachs Français avec des moyens qui fait jouer les jeunes ? Vincent Collet. J'en oublie peut-être et je m'en excuse auprès d'eux, mais de tête je ne peux citer aujourd'hui que Vincent. Il forme et fait en sorte que les jeunes Français jouent, et c'est un vrai plus pour notre Pro A. C'est aussi simple que ça. 

"Faire en sorte que Cergy Pontoise soit une place forte du basket français"

Tu vas retrouver cette saison Luc Loubaki. Amara Sy sera de nouveau en mode grand frère ? 

Ah oui bien sûr. Ce rôle de grand frère est très important pour moi. C'est un rôle que j'assume et que je fais naturellement. Luc est un petit de chez moi (Cergy-Pontoise), je connais très bien son frère (qui joue à Levallois). Donc ça me tient encore plus à cœur. Il y a cette petite touche qui fait que je serai encore plus attentif à lui. Luc a du talent, mais cette saison (2016/17, à Orléans) a été assez compliquée pour lui. A lui de tout faire pour grandir à Monaco, en tout cas ce qui est certain c'est que je vais veiller à son évolution et qu'il a tout en main pour y arriver. 

Tu as aussi décidé d'investir dans le club de ta ville Cergy-Pontoise aujourd'hui en Nationale 2. Le but est-il de faire de ce club l'une des places fortes de la Pro A ? 

Oui mais cela va prendre du temps (rires). Nous sommes un club de Nationale 2, mais à terme on souhaite faire que Cergy-Pontoise soit un club de Pro A. Nous souhaitons aussi avoir un centre de formation car pour moi, le plus important c'est la formation. Je suis formé en France, j'ai vu comment les choses se déroulaient ici et je vais en sorte qu'à Cergy se soit différent. J'ai déjà commencé avec mes Camps (Amiral Camp) et je veux continuer avec le club de Cergy. Après on ne vas pas brûler les étapes, mais c'est important d'avoir de l'ambition. Je veux que mon club soit considéré comme un club formateur, un club qui fait confiance aux jeunes joueurs. C'est un gros projet, qui me tient vraiment à cœur. C'est vraiment un honneur pour moi de pouvoir reprendre le club de chez moi, de ma ville, j'en suis très fier. 

En reprenant Cergy-Pontoise, tu donnes aussi la chance à des jeunes issues comme toi d'une banlieue de pouvoir vivre leur rêve et de devenir un jour un basketteur professionnel ? 

Oui c'est aussi pour cette raison que je souhaite m'investir à Cergy. En région parisienne, le vivier de jeunes est énorme. Je viens de la région parisienne donc je sais comment sont les choses ici. Etant donné que les choses ne bougent pas, moi je vais faire en sorte qu'elles changent. En France, on ne propose pas à ses jeunes des conditions pour qu'ils puissent bien travailler et se développer. Mais attention je ne fais pas ça que pour les jeunes de banlieue. Jaunes, blancs, noirs ou rouges (rires), moi je m'en fiche, je souhaite juste donner cette chance aux jeunes. Le plus important est que tu sois motivé et passionné. Si tu viens à Cergy, tu as du talent, l'envie de réussir, le mental et que tu mets toutes les chances de ton côté pour réussir alors nous ferons en sorte que tu aies ta chance. C'est une certitude. Mon but est que tous ces jeunes puissent comme moi, vivre de leurs rêves.

Amara Sy : un exemple pour tous 

Justement, est-ce que lors de ses événements (Media Day), certains joueurs viennent te voir pour te demander des conseils ? 

Oui, tout le temps on m'en demande. Mais moi je suis content quand quelqu’un vient me voir et me dit "Amara j'ai besoin de ton avis". Cela veut dire que ma voix porte, que j'ai fait des bonnes choses dans le milieu du basket. Comme je l'ai dit, j'adore ce rôle de grand frère, d'autres l'ont été avec moi par le passé. Des joueurs comme Moustapha Fall ou Louis Labeyrie sont venus me voir avant de changer de clubs. Des jeunes joueurs aussi me demandent comment gérer certaines situations. Pourtant on ne s'appelle pas tous les jours, mais ils savent que quand ils ont besoin, je suis là pour les aider. Je le fais de bon cœur. Ils ont confiance en moi, ils savent que je ne raconte pas n'importe quoi et je suis là pour les aider à grandir en tant que joueur mais aussi en tant qu'homme.

Quand tu fais un retour sur ta carrière, as-tu des regrets ? 

Non aucun. J'ai fait des erreurs, mais j'ai appris de ces dernières. De toute façon on fait tous des erreurs, le plus important c'est de faire en sorte de ne pas les renouveler. Si tu apprends de tes erreurs, alors tu n'auras aucun regret. C'est comme ça que je fonctionne et c'est comme ça que j'ai avancé tout au long de ma carrière. 

Pouvons-nous dire qu'Amara Sy est un monument du basketball français ? 

Un monument non ! C'est un mot très fort. Je pense que suis quelqu'un qui a marqué l'histoire de la Pro A, mais de là à dire que je suis un monument... J'ai tout fait pour faire grandir le basketball français, faire en sorte que ce merveilleux sport soit mis en lumière auprès des Français. Je n'ai jamais joué en équipe de France mais avec celle du Mali, mais je suis Français. J'ai grandi en France, j'ai appris le basket en France, j'ai joué 80 % de ma carrière en France et je suis très flatté que quand on pense Pro A, on pense un peu à Amara Sy. Après il y a des joueurs qui ont fait des plus grosses carrières que moi. Mais même ces joueurs là, m'appellent pour me demander des conseils, me disent que je les ai inspiré et que je suis un exemple pour eux. Quand on te dit cela tu es heureux. C'est l'une de mes plus grandes réussites. 

14 septembre 2017 à 13:56
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