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AMBITIONS, LIGA ENDESA ET CONFLIT À L'OLB : ENTRETIEN AVEC ANTOINE EÏTO

Crédit photo : Guillaume Poumarede

C’est l’un des personnages les plus attachants de la Pro A. Antoine Eïto est un meneur de jeu et un meneur d’hommes qui ne pratique pas la langue de bois. Nous l’avons rencontré à l’occasion du Médias Day LNB. Il s’explique sur ses ambitions et revient sur la crise qui a marqué la fin de saison dernière à Orléans.

Il n'est pas du genre à cacher ses ambitions derrière le sempiternel "l'important c'est l'équipe". L'année passée, le meneur de l’OLB a réalisé sa meilleure saison avec 9,4 points, 5 passes décisives et 3,7 rebonds de moyenne. Une réussite individuelle couronnée par une sélection au All-Star Game aux côtés des meilleurs Français du championnat. Dans son sillage, Orléans a réalisé une fin de saison canon, terminant à la onzième place avec un bilan équilibré. Antoine Eïto sait que tout le monde attend de voir s’il va confirmer cette année.

"Forcément, mais ce que les gens attendent je m’en tape un peu. J’avais besoin, après une deuxième partie de saison frustrante au Mans (en 2014/15), de prouver à moi-même et aux autres que je pouvais être meneur titulaire. Maintenant c’est fait. Aujourd’hui, j’ai surtout envie que mon équipe soit en playoffs. Donc si individuellement et statistiquement je venais à faire une saison un peu en dessous de l’année dernière, mais avec les playoffs au bout, j’aurais gagné ma saison ! Aujourd’hui si on me demande : “Antoine Eïto, All-Star ou playoffs ?” - sans hésiter playoffs. Si on m'avait posé la question l’année dernière, je pense que j’aurais répondu différemment. Parce que j’avais cette ambition personnelle qui était très forte. Je ne suis pas quelqu’un d’égoïste, du tout, mais vraiment j’étais en mode : “il faut que je leur montre”. Et déjà sur la fin de l’année dernière je ressentais davantage l’envie de gagner, de gérer mon équipe et de m’en foutre des stats."

Il reconnaît que le regard que la Pro A porte sur lui a changé avec son statut d’All-Star. Un statut qui lui a également valu d’être approché par un club espagnol cet été. Il a préféré continuer à Orléans, où il lui reste un an de contrat, mais l’intérêt d’une équipe de Liga Endesa l’a flatté.

"Je me suis dit : “putain c’est ouf”. Parce que c’est une bonne équipe. Parce que c’est l’ACB. Parce que ça veut dire que les gens me voient. L’intérêt de l’ACB quoi… j’arrive de loin ! Depuis dix ans que je suis dans le truc… Moi ! (Avec de grands yeux étonnés.) Je suis l'un des joueurs les moins talentueux de la Pro A. Parmi les plus besogneux peut-être, mais les moins talentueux. Et quand tu vois les Français qui jouent en Espagne, Rodrigue Beaubois, Kim Tillie, Antoine Diot, Edwin Jackson, Ali Traoré, il y a avait Fabien Causeur aussi. Ce sont des joueurs d’une autre stature que moi. Ils ont tous été en équipe de France. Donc j’étais flatté et oui forcément, tu penses à partir. Puis après tu te poses, tu vois que tu as encore un an de contrat à honorer, que tu es à une semaine de la reprise. Tu réfléchis, tu réfléchis, puis comme la réponse n’est pas donnée de suite le club choisit de partir sur une autre option."

Antoine Eito en préparation contre le Paris-Levallois (photo : Guillaume Poumarede)

"Je ne pense pas que je vais regretter, maintenant il faut aussi que mon club sache que je suis resté, que j’ai honoré mon contrat. J’ai voulu continuer à l’OLB parce que je m’étais engagé avec un coach, avec un club, avec des supporters… et pour moi c’est important. J’ai toujours quasiment fait trois ans dans chaque équipe (trois saisons à l’ASVEL, deux à Vichy, deux au Mans, troisième à Orléans). Je n’ai jamais été le gars d’un an et tu te barres. Sauf à Orléans mais je suis revenu. Je n’ai pas été éduqué comme ça. Après il y a toujours des exceptions. Si le Pana (Panatinaïkos Athène) t’appelle et te propose une somme astronomique, tu vas tout faire pour partir. Tu vas expliquer à ton entraîneur quitte à aller au clash, ça arrive. Mais là ce n’était pas le cas (sourire)."

Antoine Eïto est donc resté, malgré toute l’agitation qui a pu régner à Orléans ces derniers mois. Le coach Pierre Vincent était en conflit ouvert avec le président Laurent Lhomme, notamment sur le choix de son assistant, Thomas Drouot. En plein conflit, l’entraîneur a aussi été accusé de se comporter en tyran au sein du club. Antoine Eïto s’est lui retrouvé au coeur d’une polémique : une photo de lui portant un t-shirt "Qu’ils aillent tous se faire foutre"  à l’entraînement a circulé. Une blague à l’intention de ses coéquipiers et qui n’aurait jamais dû sortir du cadre privé explique le joueur, très marqué par ces affaires.

"J’ai très très mal vécu tout ça. J’ai fait une erreur, sur une chose que je n’aurais pas dû faire, qui était maladroite. Mais ce qui m’a touché très personnellement, c’est d’avoir été pris pour cible pour toucher le coach. J’ai payé une relation saine et de proximité avec un coach. Un coach qui me fait progresser, qui me fait jouer, et qui donc me permet de nourrir ma famille entre parenthèses… et ça jamais… je n’ai pas été éduqué pour cracher là-dessus. Et ce n’est pas parce qu’untel ou untel dit du mal de mon coach que je vais réfléchir différemment. Je vois la relation qu’on peut avoir et la droiture qu’il peut avoir avec moi. Et j’ai payé cette relation. Je parle au passé parce qu'aujourd'hui les choses se sont apaisées, et tant mieux pour le club, parce que le club mérite que tout soit mis à plat et qu’on avance. Je ne me suis jamais exprimé là-dessus, c’est la première fois, mais je ne veux pas relancer de polémique. On a un coach et un staff autour qui font du bon boulot. On a un président, un GM et un sponsor qui font du bon boulot et qui veulent avancer ensemble malgré les tensions passées. Mais dans quelle entreprise n’y en a-t-il pas ?"

La page des conflits est-elle définitivement tournée à Orléans ? Le joueur l’assure, même si pour l’instant les résultats ne suivent pas. Eliminé en coupe par Roanne, puis corrigé en ouverture du championnat à Châlon, l’OLB n’est pas encore au point. Sportivement en tout cas.     

27 septembre 2016 à 14:32
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