PRO A
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ANTIBES, LA MAISON BLUE

Crédit photo : Sébastien Grasset

Il est le joueur étranger le plus fidèle à son club en France. Intérieur des Sharks, il fait la pluie et le beau temps à Antibes depuis 2012. Il était grand temps de faire plus ample connaissance avec Tim Blue.

"Il faisait tellement froid en Finlande", se souvient Tim Blue dans un sourire. "Donc en arrivant à Antibes en 2012, j'étais heureux de revoir les plages et le soleil." Et depuis, lui, le Floridien d'origine, n'a plus jamais quitté la Côte d'Azur. Le doux climat méditerranéen est-il le seul facteur expliquant l'exceptionnelle fidélité de Tim Blue (2,05 m, 33 ans) aux Sharks, la plus longue actuellement pour un joueur étranger en Pro A ? Non, bien sûr que non, mais il faut bien reconnaître qu'Antibes possède un petit truc en plus par rapport à d'autres villes de LNB.

"Antibes me rappelle la maison", convient l'intérieur aux dreadlocks. "La mer, le climat, ça me donne un peu l'impression d'être en Floride." La Floride, là où Tim Blue a grandi, à Palm Beach Gardens, à quelques 125 kilomètres au nord de Miami. Comme beaucoup de jeunes garçons américains, le petit Tim est un touche-à-tout : baseball, football, basket... Et la balle orange n'était pas vraiment sa priorité. "J'étais surtout concentré sur le baseball en grandissant. Je n'ai pas vraiment pris le basket au sérieux avant mes 15 - 16 ans." Mais dès qu'il commence à y accorder toute son attention, tout s'enchaîne très vite : un double-double de moyenne lors de son unique saison au lycée en senior, deux fois d'affilée le meilleur joueur de sa conférence lors de ses années en Junior College (2002/04) avec Indian River puis une bourse universitaire afin d'évoluer sous l'étendard de Middle Tennessee State (9 points à 46% et 4,9 rebonds en 60 rencontres NCAA entre 2005 et 2007).

La hantise du levier de vitesse

Non drafté, Tim Blue débarque en Europe dans l'anonymat le plus complet aux Pays-Bas, du côté de West-Brabant Giants. "Devoir conduire une voiture manuelle était ma seule vraie difficulté d'adaptation ici", s'amuse-t-il. "Sinon, ça allait." Avant de s'implanter durablement dans les Alpes-Maritimes, le Floridien évolue successivement aux Pays-Bas (2007/10 puis 2011), en Allemagne (2010/11) et en Finlande (2011/12). Surtout, il se construit l'embryon d'un palmarès intéressant : champion des Pays-Bas en 2010 avec GasTerra Flames, triple All-Star du championnat néerlandais, champion de Finlande en 2012 avec le KTP Kotka et MVP de Korisliiga la même année. "Mes premières saisons en Europe sont une histoire de progression continue. J'ai joué dans de très bonnes équipes, on a gagné des titres. Cela m'a préparé à devenir le joueur que je suis désormais."

Et le joueur qu'il est désormais, toute la France du basket le connaît. Depuis plus de cinq ans, son redoutable bras gauche et sa polyvalence offensive font des ravages dans toutes les salles de LNB. Signataire d'un contrat de deux ans avec Antibes en 2012 afin de retrouver le soleil après la fraîcheur scandinave et de permettre à sa femme, Belge d'origine, de se rapprocher d'une partie de sa famille établie à Nice, Tim "Flying" Blue est devenu au fil des saisons le joueur emblématique du club azuréen. Mais le chemin n'a pas toujours été linéaire, au contraire même : une montée en Pro A, une redescente immédiate en Pro B, une nouvelle accession dans la foulée puis deux maintiens pas toujours aisés à obtenir. "J'espère désormais qu'Antibes va rester en Pro A sur le long terme", confie-t-il.


Tim Blue, champion de France Pro B 2013 et MVP de la finale
(photo : Romain Robini / Antibes Sharks)


Personne n'incarne mieux que Tim Blue les soubresauts antibois. Quand le club monte en Pro A à deux reprises (avec un titre de champion de Pro B à la clé en 2013), c'est lui est élu MVP des deux finales. Quand il réalise sa saison la plus aboutie en Pro A (16,4 points à 55%, 5,6 rebonds et 2,8 passes décisives en 2015/16), Antibes décroche son meilleur classement sur la période (12e place, avec quatorze victoires). Au contraire, lorsqu'il est moins rayonnant, les Sharks redescendent ou se font peur (14e place en 2016/17, avec douze victoires). Et maintenant qu'il est sur les bases d'un exercice exceptionnel (21,8 points à 59%, 7,8 rebonds et 1,3 passe décisive), le début de saison est prometteur avec deux succès en quatre rencontres. "C'est l'élément le plus important de l'équipe", affirme Jonathan Tornato, son compère dans la raquette. "Il attire toutes les défenses. En plus de ses statistiques, il fait aussi tout un travail qui ne se voit pas dedans. C'est vraiment une pièce maîtresse pour nous et un très bon joueur. Il ne parle pas trop mais c'est un leader par ses actes sur le terrain." Des propos entièrement confirmés par Frédéric Bourdillon, Antibois de 2014 à 2017, désormais parti tenter sa chance au Maccabi Haïfa : "Tim est l'un des joueurs les plus talentueux avec qui j'ai joué. Il parle très peu mais s'exprime par le basket sur le terrain. Tu sais qu'il va être présent au moment où il le faut. Sur le terrain, on a l'impression que tout est facile pour lui. Il finit la plupart du temps proche du double-double sans que l'on ne le remarque forcément."

Le bonheur plutôt que l'argent

Anonyme 10e de Pro B au moment de la signature de son ailier-fort, Antibes est désormais redevenu un membre reconnu de l'élite du basket français. Mais, outre le domaine sportif, l'ancien joueur de Mitteldeutscher a vu le club se développer sur tous les plans depuis son arrivée. "A l'époque, on jouait dans une salle vraiment petite et vieille", rigole-t-il. "Maintenant, l'Azur Arena est un super endroit pour jouer au basket." Cinq mois plus jeune que son entraîneur, Julien Espinosa, l'Américain fut aussi un témoin privilégié de l'émergence de l'un des futurs techniciens majeurs du championnat de France : "J'ai vu Julien grandir en tant que coach, devenir beaucoup plus capable de gérer certaines situations. Lui aussi m'a vu évoluer. Nous avons une très bonne relation. On a beaucoup appris à propos de l'autre. Il n'a aucun problème à me dire quand je ne fais pas bien les choses, je respecte cela."

Tim Blue l'Antibois, c'est une très belle histoire de fidélité mais qui aurait aussi très bien pu ne jamais exister. À deux reprises, le joueur a sérieusement pensé à répondre favorablement aux convoitises d'équipes plus huppées. "J'ai déjà été très tenté de partir ailleurs mais j'ai toujours fini par rester. En 2014, cela a été une décision très difficile de retourner en Pro B. Mais j'ai choisi de rester afin de ramener l'équipe en Pro A car je me sentais responsable de la relégation. Puis, il y a deux ans, je sortais d'une bonne saison et j'ai eu quelques belles offres qui m'ont fait hésiter." D'autres auraient sûrement tenté de capitaliser sur leurs belles performances avec une augmentation salariale, lui a opté pour une autre philosophie : "Certains gars jouent pour le chèque mais je suis heureux à Antibes. Quand j'ai eu à faire des choix, j'ai toujours choisi de privilégier mon bonheur. Je me sens béni de pouvoir rester ici si longtemps."

Il espère rester à Antibes

Du haut de ses deux trophées remportées avec Antibes (championnat de France Pro B 2013 et Leaders Cup Pro B 2015), de ses multiples distinctions individuelles (double MVP de la finale de Pro B et double All-Star de Pro A), de ses 100 matchs de première division disputés sous le maillot des Sharks, Blue n'a pourtant pas encore tout connu avec Antibes. Il lui manque une chose, les playoffs. Sa source de motivation principale, son unique objectif de la saison : "Si mes performances sont supérieures à celles de l'an passé, je pense que c'est parce que je suis un peu plus agressif qu'avant. Je crois que c'est la meilleure équipe d'Antibes avec laquelle j'ai pu jouer. Dans le passé, cela reposait beaucoup sur mes épaules. Cette saison, ce n'est pas moi qui doit me soucier de tout, nous avons beaucoup d'options. Le but est vraiment de jouer les playoffs."

En fin de contrat l'été prochain, celui qui est surnommé "Bluezay" espère encore avoir trois ou quatre bonnes saisons dans les jambes. Et lui qui s'est (enfin) mis à apprendre le français ne s'imagine nul part ailleurs qu'à Antibes, là où est né son fils en janvier 2016. Ensuite, il sera sûrement temps de rentrer en Floride, où son lycée lui a d'ores et déjà proposé un poste, sans qu'il ne soit trop certain de l'orientation à donner à sa deuxième carrière. Mais dans dix ans, qu'il soit entraîneur ou non, qu'il ait poursuivi son bail aux Sharks au-delà de cette saison 2017/18 ou non, Tim Blue "espère que l'on se souviendra de [lui] en France comme d'un bon joueur et comme quelqu'un qui a toujours donné le meilleur." À Antibes, cela ne fait aucun doute.


Cette saison, Tim Blue montre la voie à suivre. Objectif playoffs !
(photo : Sébastien Grasset)

11 octobre 2017 à 10:30
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