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ITW ALEXANDRE CHASSANG : "UN SENTIMENT D'INJUSTICE APRÈS LA SANCTION"

Crédit photo : Sébastien Grasset

À seulement 23 ans, il entame déjà sa sixième saison en Pro A. Signé par l'ASVEL à sa sortie de l'INSEP, le jeune ailier fort français s'épanouit aujourd'hui dans le cinq majeur de Hyères-Toulon. Résultats sportifs, sanction de la Ligue et développement personnel : notre entretien avec Alexandre Chassang.

Lors de la saison 2016/17, Hyères-Toulon parvient à obtenir son maintien en Pro A dans la douleur avec une quinzième place au classement général avant de connaitre un turnover impressionnant durant la période estivale. Avant le début de la saison 2017/18, la quasi-totalité des prévisions anticipent une difficile lutte pour le maintien dans l'élite pour le HTV, voire (surtout ?) une place de lanterne rouge promise au plus petit budget de Pro A et à cette équipe majoritairement faite de paris avec quatre Américains recrutés cet été et disposant d'un banc très jeune et surtout constitué d’espoirs (Asceric, Lopez, Diawara).

Alors que le HTV défiait tous les pronostics en début de saison avec six victoires et sept défaites en treize matchs, la dynamique du club est mise à mal début décembre. La LNB évoque une « présentation de comptes ou de documents prévisionnels non fidèles et sincères » concernant le budget du HTV pour la saison 2016/2017. Le 8 décembre la sanction tombe et Hyères-Toulon se voit retirer trois victoires par le Conseil Supérieur de Gestion de la Direction Nationale du Conseil et du Contrôle de Gestion des Clubs Professionnels, un coup dur dans la course au maintien pour les Toulonais et leur ailier-fort.

Après avoir porté les couleurs de l'ASVEL durant quatre saisons et remporté le titre de champion de France en 2016, Alexandre Chassang (2,04m, 23 ans), en recherche de temps de jeu, est prêté à Hyères-Toulon pour l'exercice 2016/17 avec pour objectif de réellement "lancer sa carrière". Son temps de jeu et ses statistiques sont en légère hausse mais cette progression est jugée insuffisante pour se voir offrir un nouveau bail dans la capitale des Gaules. Libre de tout contrat, il décide de rempiler pour une saison supplémentaire à Hyères-Toulon. Mis en confiance et propulsé dans le cinq majeur par son nouvel entraineur Emmannuel Schmitt qui ne cesse de louer son travail de l'ombre, l'ailier-fort a disputé 15 rencontres avec le HTV en Pro A, pour 14 apparitions dans le cinq de départ, soit déjà 6 de plus que sur l'ensemble de la saison dernière sous les ordres de Kyle Milling, désormais coach de Limoges. Intérieur besogneux et doué dos au panier, le Français de 23 ans compile cette saison 6,8 points à 40,7% de réussite aux tirs (dont 40,5% à trois points), 4,5 rebonds et 1,9 passe décisives pour 9,6 d'évaluation en 24 minutes de moyenne. Largement ses meilleures chiffres en carrière, même s'il est encore loin d'être satisfait.

Jusqu'au 8 décembre, le HTV avait le sourire
(photo : Sébastien Grasset)

Propos recueillis par Thibault Bruck.

Est-ce que le scepticisme ambiant autour de Hyères-Toulon a été une motivation supplémentaire pour les joueurs et le staff ou est-ce que l’on prête finalement peu d’attention à ce genre de choses avant de débuter la saison ?

On en a vraiment beaucoup parlé entre nous, c’était un point important, on en a parlé avec le coach aussi. On savait qu’on allait nous attendre bons derniers et qu’il fallait déjouer les pronostics.

Est-ce que vous pensez que ce statut de petit poucet a pu être un avantage face à des grosses cylindrées du championnat comme l’ASVEL ou Strasbourg par exemple qui elles sont attendues chaque week-end?

Oui on l’a vu au cours de la saison, on a senti plus de respect de la part des adversaires au fur et à mesure de la saison parce qu’on remportait des victoires. Après, il y a aussi des matchs comme à Strasbourg ou Pau où d’entrée de jeu, ils ne nous ont pas laissés respirer, ils nous ont vraiment respectés. Au début de saison c’était un avantage, maintenant on est attendus, surtout à l’extérieur.

De l’effectif ayant réussi le maintien la saison dernière, il ne reste que Ferdinand Prénom et vous-même. Le turnover est impressionnant, pourtant sur le terrain, le HTV a remporté sept victoires en quinze matchs. Selon vous, qu’est-ce qui fait que cette équipe tourne aussi bien et parvient à enchainer les succès ?

Il faut croire que le recrutement a été bien fait. Les joueurs se donnent à fond, tout le monde met du coeur à l’ouvrage, chacun pense à l’équipe avant de penser à soi-même. On a une très bonne entente en dehors du terrain ça aide aussi et la bonne dynamique du début de saison nous a mis sur de bons rails. La saison est encore longue mais on a mis les choses sur le table dès le début de saison : le HTV c’est un petit club, on a peu de moyens et tout le monde va devoir donner du sien si on veut avoir des résultats.

"Nous n'étions pas réellement respectés en tant qu'équipe
et en tant que joueurs"

Est-ce que le coach Emmanuel Schmitt a eu un discours particulier envers vous les joueurs, lui qui se retrouvait face à un effectif totalement remodelé, à propos de cette place d’outsider qu’allait occuper le HTV ?

Oui, il a axé son discours sur le fait qu’avant le début de saison, nous n’étions pas réellement respectés en tant qu’équipe, et même en tant que joueurs, et que c’était à nous de démentir tout ça. On devait s’occuper de nous avant tout plutôt que d’écouter les avis des uns et des autres, ça a plutôt bien fonctionné jusqu’à maintenant.

Cette saison, l’équipe dispute la majorité de ses matchs au Palais des Sports de Toulon (4000 places). Le HTV est parti sur les mêmes bases que l’année précédente avec un peu de plus 2000 spectateurs en moyenne. Comment est-ce qu’on peut expliquer le manque de ferveur locale ? Est-ce qu’il y a suffisamment de place pour un club de basket à Toulon qui reste quand même une terre de rugby ?

Toulon reste avant tout une terre de rugby c’est certain, c’est comme ça. Après nous on a de bons retours de la part de nos supporters, le basket attire aussi les familles mais on est conscients que pour créer une réelle ferveur il faut surtout des résultats. En 2008, avec Alain Weisz, le HTV a eu de très bons résultats (6e de saison régulière) et tout de suite ça s’est ressenti dans les tribunes. Bien sûr, on aimerait voir plus de monde à nos matchs mais on doit rester concentrés sur nous-mêmes pour avoir les meilleurs résultats possibles pour nos supporters aussi. 

Le 8 décembre, la sanction de la Ligue est rendue publique : le HTV se voit retirer trois victoires et se retrouve dernier à égalité avec Chalon. Quel est votre sentiment face à cette sanction sportive qui a un réel impact sur la course au maintien ?

On a tous le même sentiment, un sentiment d’injustice. Ça fait mal parce que sur le terrain, on fait le travail. Après nous, justement, on est sur le terrain, pas dans les bureaux. Sur le coup, les deux-trois premiers jours après l’annonce, on se dit tous que ça va être compliqué. On fait confiance à nos dirigeants parce qu’il y a appel de la décision dans un premier temps. Encore une fois, nous on va se concentrer sur nous-mêmes. On a trois victoires en moins certes mais on parviendra à se maintenir si on réussit à jouer de la même manière qu’en début de saison.

Est-ce que vous les joueurs aviez été mis au courant avant le début de saison par les dirigeants qu’une telle sanction était possible durant l’exercice ? Quelle a été leur communication avant et après l’annonce ?

Non, avant le début de saison il n’y a eu aucune annonce de la part de nos dirigeants. Après l’annonce ils nous ont encouragé pour qu’on continue à faire notre boulot sur le terrain et qu’eux feraient le leur en dehors. On leur fait confiance.

Lors de l’été 2016, vous déclariez vouloir réellement lancer votre carrière en venant à Hyères-Toulon. Un an et demi plus tard, est-ce que vous avez sentiment d’avoir réussi ?

Non, je ne vais pas me mentir à moi-même. Non, pour moi je n’ai pas réussi. L’année dernière, ça a été une année assez compliquée, je n’ai jamais vraiment réussi à trouver ma place. Cette année, ça se passe bien malgré quelques soucis dans la réussite aux tirs, surtout à deux points. Après, il n’y pas que les stats sur le terrain bien sûr, mais je veux continuer à progresser sur la deuxième partie de saison.


Champion avec l'ASVEL, Alex Chassang a pourtant du quitter Lyon pour trouver des responsabilités
(photo : Sébastien Grasset)

Selon vous, qu’est-ce qu’il vous manque à 23 ans pour réellement exploser en Pro A ?

La confiance ! La confiance en moi, en ce que je suis capable de faire. J’ai déjà repris un peu de confiance avec le coach Schmitt avec qui j’ai une très bonne relation, il va falloir concrétiser ça sur la deuxième partie de saison

À court terme est-ce que vous avez l’ambition de jouer dans un club avec peut-être plus d'ambitions, plus de moyens, disputant l’Eurocup ou la Champions League comme Monaco, la SIG ou l'ASVEL ou est-ce que vous privilégeriez une organisation avec peut-être moins d'ambitions mais qui sera capable de vous offrir plus de garanties en terme de temps de jeu ?

Bien sûr j’aimerais avoir un certaine garantie de temps de jeu pour me montrer, pour être performant. C’est ça qui me permettra d’intégrer une grosse écurie disputant une coupe d’Europe. Après honnêtement je suis un compétiteur, je veux jouer au plus haut niveau et je suis ouvert à tout. À partir du moment où je peux m’épanouir, c’est ça le plus important, ne pas aller au travail en étant frustré de son rôle et vraiment de prendre du plaisir en tant que titulaire ou remplaçant en jouant deux fois par semaine dans un gros championnat.

"Le Team France dans un coin de ma tête"

À seulement 23 ans, vous comptez déjà six saisons en Pro A. Est-ce que le fait d’évoluer plus tard dans un championnat étranger est pour vous un réel objectif ou est-ce que c’est une possibilité de rester à long terme en Pro A ?

J’aimerais vraiment jouer à l’étranger. Après je ne saurais pas dire où et quand, mais ce serait vraiment quelque chose qui me plairait. Avec notre métier, on a l’opportunité de découvrir le monde en un sens, de découvrir une autre culture basket.

Est-ce que vous avez déjà eu des contacts avec un club étranger, notamment l’été dernier lorsque vous étiez libre de tout contrat ?

Non, il n'y a eu aucun contact et je pense que c’est tout à fait normal au vu de mes stats. Je ne vais pas me mentir à moi-même. Si j’avais le choix avec plusieurs offres sur la table, j’aimerais beaucoup jouer dans le championnat espagnol.

En avril 2017, le Team France Basket est créé par la FFBB et composé de 37 joueurs qui sont censés représenter le présent et l’avenir de l’équipe de France. On y retrouve notamment des jeunes talents de Pro A comme Amine Noua, Elie Okobo ou William Howard. En tant qu’ancien membre des équipes de France U16, U18, U20 et A’, est-ce qu’intégrer ce groupe de joueurs sélectionnables reste un objectif dans votre esprit ? 

Je pense que ma progression en Pro A et le Team France Basket vont ensemble. Si je suis concentré sur la Pro A et que mes performances sont bonnes, je pense que je pourrais être appelé, tout comme Amine et William qui sont performants sur le parquet. Ce serait bien sûr un honneur d’intégrer le Team France. Ça reste dans un coin de ma tête. 


Reverra-t-on un jour Alexandre Chassang sous les couleurs bleues, comme ici en 2013 ?
(photo : Olivier Fusy)

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11 janvier 2018 à 12:15
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Dijon
65
-
77
Strasbourg
13 janvier
Bourg-en-Bresse
20h00
Hyères-Toulon
Chalon-sur-Saône
20h00
Lyon-Villeurbanne
Le Mans
20h00
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