PRO A


ITW D.J. COOPER, LES EXPLICATIONS DU MVP

Crédit photo : Valentin Delrue

Après une semaine riche en rebondissements, où il a traversé la France de Gravelines à Monaco, D.J. Cooper fait le point avec nous sur les derniers évènements.

Vouloir interviewer D.J. Cooper, c'est comme jouer au jeu du chat et de la souris. Jeudi 12 octobre, le petit monde du basket français s'agite au réveil. La veille, Arnaud Marius, le directeur sportif du BCM, s'est mis en quête d'un nouveau meneur car le MVP de Pro A veut s'en aller. Pas prêt à parler à ce moment-là - comme Hervé Beddeleem, le directeur exécutif du BCM, et Arnaud Marius, restés injoignables - l'Américain refera surface samedi en nous accordant une première interview alors que sa rupture avec le BCM n'était pas encore formalisée. Cependant, les négociations entre les deux parties nous avaient empêché de publier l'entretien. Puis lundi, après l'officialisation de la séparation, nous avions discuté et convenu d'un rendez-vous téléphonique mercredi matin, une fois que sa situation se serait éclaircie. Pourtant, hier, surprise, après nous avoir reconfirmé sa disponibilité "après la fin d'une réunion" en début de journée, l'ancien joueur de l'Élan Béarnais ne répondait plus. Comme il n'y a pas de fumée sans feu, nous avons découvert qu'il allait s'engager avec l'AS Monaco Basket, avec qui il avait remporté la Leaders Cup en 2016. Installée pour de bon en Principauté, la nouvelle recrue de la Roca Team a tenu parole et a répondu à nos questions ce matin.

Tout va très vite dans le basket. Il y a cinq mois, D.J. Cooper (1,83 m, 26 ans) était au sommet de la Pro A, couronné MVP du championnat après une saison exceptionnelle avec l'Élan Béarnais (13,3 points à 41%, 5,8 rebonds et 11,1 passes décisives pour 21,3 d'évaluation). Désormais, l'ancien Palois est considéré par beaucoup comme un fugitif, lui qui a choisi de quitter Gravelines-Dunkerque après le début de saison catastrophique du BCM (quatre défaites en autant de rencontres, avec 9,5 points à 37% et 9,3 passes décisives de moyenne). Mais cela n'a rien à voir avec les résultats sportifs décevants gravelinois assure le meneur chicagoan, qui pointe du doigt des manquements supposés du club maritime à des promesses formulées au moment de sa signature mi-juillet. Voici l'affaire de la semaine en Pro A, du point de vue de son principal intéressé.

D.J., vous n'êtes pas resté libre très longtemps sur le marché des transferts. Pourquoi avoir choisi l'AS Monaco ?

J'avais l'impression que c'était la bonne route à emprunter pour la suite de ma carrière. Ils ont des objectifs très élevés et je pense qu'avec mon arrivée, cela nous fait une équipe très intéressante, avec de bonnes chances d'atteindre nos objectifs.

Vous avez également reçu une offre de Banvit...

Exact, il y avait aussi une autre équipe turque et Chalon (Jean-Denys Choulet a démenti en parlant d'un "échange de textos", ndlr). Évidemment, il y avait plus d'argent à la clé en Turquie. Mais Monaco était le meilleur choix. Je connais l'entraîneur et ses systèmes, je connais les joueurs, je connais le but. Pour atteindre le haut niveau, j'ai pensé qu'il fallait privilégier Monaco.

Vous aviez de bonnes relations avec l'entraîneur Zvezdan Mitrovic quand vous étiez à Monaco en 2015/16 ?

Oui, bien sûr ! Même s'il est dur, c'est un bon coach, le genre d'entraîneur que les joueurs aiment avoir. Il veut que l'on joue dur à chaque instant. Il est très respecté.

Qu'avez-vous pensé de l'équipe de l'AS Monaco lorsque vous les avez affronté il y a deux semaines ?

Que c'était une équipe assez complète ! Ils ont déjà un meneur solide avec Craft. Ils peuvent jouer une bonne défense, ils ont des joueurs expérimentés comme Amara Sy, de vrais big men... Je pense que je peux les aider à passer au niveau supérieur avec mes qualités de création.


Cooper va retrouver Elmedin Kikanovic, son coéquipier à l'Enisey Krasnoyarsk en 2014/15
(photo : Valentin Delrue)

Allez-vous jouer à Bourg-en-Bresse samedi ?

Non non, je n'y serai pas.

Maintenant que vous avez quitté le BCM Gravelines-Dunkerque, peut-on connaître les raisons de votre départ si soudain ?

Avant que je ne signe, c'est comme si on m'avait vendu un rêve. Mais au final, ce n'était juste pas une bonne situation pour moi. J'avais des objectifs différents en tête. Rien n'a marché comme je l'aurais pensé depuis le début de la saison.

Les résultats sportifs décevants de l'équipe sont-ils la cause de votre décision ?

Je ne dirais jamais du mal de mes coéquipiers car ce sont de bons gars qui travaillent dur. Ils n'ont rien à voir avec ça, ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas assez bons. C'est juste qu'on m'a dit des choses avant que je ne signe avec Gravelines qui se sont avérées fausses ou inexistantes, j'ai été embobiné.

Quoi, par exemple ?

Je ne veux pas rentrer dans les détails mais des choses qui concernent l'équipe... Même si je n'ai rien de mal à dire sur mes coéquipiers.

N'y avait-il pas simplement une clause de sortie vers l'EuroLeague ?

Oui, cela faisait partie du plan. Mais c'est mon agent qui a géré ça avec le club. J'ai découvert que je ne faisais plus partie de l'équipe sur Twitter, quand le BCM a communiqué sur les réseaux sociaux. Avant de l'annoncer, ils ne m'ont jamais demandé, ils n'ont jamais entendu de ma bouche que je voulais partir. J'ai  changé d'agent entre-temps mais je pense qu'il serait mieux de voir directement avec le joueur plutôt de dire directement partout que je démissionne.

Qu'est ce qu'il y avait de si différent entre l'Elan Béarnais et le BCM ?

L'alchimie ! Nous avions une équipe plus âgée, un entraîneur plus expérimenté. Tout le monde connaissait son rôle. Mais c'est comme ça. Je n'ai rien de mauvais à dire sur le club ici, tout est très professionnel. Je crois juste que ce n'était pas ce qui me convenait le mieux.


L'expérience, principale différence entre Pau et Gravelines selon Cooper
(photo : Sébastien Grasset)

Sur SFR Sport, Hervé Beddeleem a dit lundi que c'était une erreur de vous avoir embauché en même temps qu'un entraîneur (Julien Mahé) aussi jeune. Qu'en pensez-vous ?

C'est sûr que le coach est très jeune et qu'il ne sait vraiment pas comment gérer des joueurs professionnels. On peut voir que c'est sa première année. Mais je n'ai rien de mal à dire sur lui, je ne lui souhaite que le meilleur pour la suite. Et moi, j'avance.

Hervé Beddeleem a ajouté que vous avez payé une partie de votre contrat de deux ans pour vous en aller...

C'est vrai ! Mais ça valait le coup.

Avez-vous regardé la victoire de Gravelines-Dunkerque lundi contre Pau-Lacq-Orthez ?

Oui, je l'ai vu. Ce que j'en ai pensé ? Que ce n'était pas un bon match, évidemment (il rit). Pau a laissé filer le match mais ils avaient de jeunes joueurs. Quand j'étais à Pau, ces gars-là jouaient en Espoirs. C'est une bonne victoire pour Gravelines ! Maintenant que je suis parti, c'est sûr qu'ils vont jouer avec plus de motivation. Je suis heureux qu'ils aient gagné. J'espère qu'ils vont s'améliorer, et je le pense ! C'est une équipe jeune, les gars travaillent dur. Ça va bien se passer pour eux. Je les reverrai bientôt.

À propos des raisons de votre départ, Frédéric Weis a aussi mentionné la qualité de vie à Gravelines qui n'aurait pas été de votre goût...

Vous êtes Français, vous connaissez mieux la ville mieux que moi ! Je n'ai pas à répondre à cette question. Mais oui, ce sera mieux pour ma famille et moi-même de retrouver un cadre comme Monaco où nous nous sentons plus à l'aise. Je vais mettre ces deux mois passés à Gravelines derrière moi. Et s'il fallait en retenir une chose, c'est de ne jamais plus prendre de grandes décisions pendant les vacances.

Avez-vous l'impression que votre réputation pourrait en souffrir, elle qui était au sommet il y a quelques mois ?

Non, je ne crois pas. Je pense que ceux qui connaissent le basket comprendront la situation, en particulier la mienne. Je ne pense pas que ça affectera quoique ce soit, au moins pour ceux qui sont vraiment au courant de ce qui s'est passé. Je n'ai rien fait de mal, je ne suis pas viré de l'équipe ou un truc comme ça. C'est juste que c'est un business et que Gravelines n'est pas la meilleure situation pour ma carrière. On m'a convaincu de venir ici avec de fausses promesses...

Les commentaires étaient cependant négatifs à une immense majorité.

Cela fait partie du métier... En NBA, les supporters brûlent les maillots des joueurs. J'ai le sentiment que tout cela sera oublié d'ici deux mois. En attendant, mon objectif est d'aider Monaco à aller le plus haut possible et d'avoir une saison réussie.

Enfin, pourquoi êtes-vous si obsédé par la France au point d'y revenir une nouvelle fois après une expérience qui ne fut pas concluante ?

J'aime vraiment la LNB ! Tout est très bien organisé. Et puis ma famille se plaît ici, moi aussi. C'est la qualité de vie qui m'avait poussé à revenir en France à la base, à Gravelines. Et le niveau sportif ne fait qu'augmenter.


Le public monégasque retrouvera Cooper mardi contre... l'Enisey Krasnoyarsk
(photo : Sébastien Grasset)

19 octobre 2017 à 12:50
TAG
DID YOU LIKE IT ?
0 PARTAGE
Facebook share
0 COMMENTAIRE
QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
ALEXANDRE LACOSTE
Je vis pour les France - Espagne
Alexandre Lacoste
VOUS EN PENSEZ QUOI ?
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
TOUTE L'ACTU
<
1
/
5
>
pro a
-
pro b
-
lfb
-
nm1
Résultats
Classement
10ème journée
17 novembre
Dijon
101
-
81
Boulazac
18 novembre
Châlons-Reims
76
-
85
Nanterre
Chalon-sur-Saône
82
-
67
Hyères-Toulon
Le Mans
77
-
63
Le Portel
Limoges
98
-
80
Antibes
Levallois Metropolitans
55
-
67
Cholet
Pau-Lacq-Orthez
68
-
90
Monaco
19 novembre
Gravelines-Dunkerque
78
-
70
Bourg-en-Bresse
Strasbourg
82
-
76
Lyon-Villeurbanne
Autres journées
bebasket tv
Aucune vidéo trouvée
PROGRAMME TV
22 novembre - 04h30
Los Angeles Lakers
Chicago Bulls
22 novembre - 05h30
Strasbourg
Lyon-Villeurbanne
22 novembre - 07h45
Pau-Lacq-Orthez
Monaco
22 novembre - 09h00
Strasbourg
Lyon-Villeurbanne
22 novembre - 10h45
France - Roumanie, Qualifications de la Coupe du Monde 2018