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ITW JÉRÉMY NZEULIE : "JE NE PENSAIS MÊME PAS ÊTRE CHAMPION DE FRANCE UN JOUR"

Crédit photo : GPJ

De retour au Cameroun, Jérémy Nzeulie (1,88 m, 26 ans) a eu la gentillesse de nous accorder un peu de son temps de vacances pour revenir sur le sacre de l'Élan Chalon. Et non, le MVP de la finale n'est toujours pas redescendu de son nuage.  

Dix jours après le titre (entretien réalisé le lundi 3 juillet, ndlr), comment vas-tu ?

Ça va, je me repose un peu. Je suis rentré au Cameroun pour prendre un peu de temps pour moi car la saison a été très longue. On a bien célébré le titre pendant une grosse semaine donc là, j’essaye de me déconnecter un peu et de me reposer.

Le titre a été bien fêté donc ?

Oui, il y a eu pas mal d’évènements et surtout celui de la mairie qui était vraiment extraordinaire. Il y avait énormément de personnes. Ça montre le soutien des Chalonnais et ça fait encore plus plaisir d’avoir donné un titre à cette ville.

Et toi, quand tu te dis que tu es double champion de France, qu’est ce que cela fait ?

Ça reste inimaginable, surtout avec le scénario du premier titre... Je ne pensais même pas être champion de France un jour. Quand c’est arrivé la première fois, je me suis rendu compte à quel point c’est difficile d’être champion et j’ai encore plus compris, avec les années suivantes, que ce n’est pas très accessible. Alors je n’y croyais plus vraiment. Donc là, me dire que j’ai réussi à le faire une deuxième fois, c’est juste magnifique.


Nzeulie avait fait chavirer Courbertin en 2013, déjà contre Strasbourg
(photo : Claire Macel)

Tu as conscience que lors du Match 3 de la finale, tu as marqué un tir au buzzer qui va rentrer dans la légende de la LNB ? Un peu comme celui de Micheal Ray Richardson avec Antibes en 1995...

Je commence petit à petit à m’en rendre compte. Sur le coup, je n’ai pas réalisé. Je pensais juste que j’avais mis un tir au buzzer, que c’était cool et que c’était une bonne chose pour la série. Mais des échos que j’ai eu par la suite et des articles que j’ai pu lire, c’est effectivement un shoot qui va, je pense, rester dans l’histoire. Déjà dans l’histoire du club, c’est sûr. Mais apparemment aussi dans l’histoire de la LNB et ça, je ne réalise pas tout à fait encore.

Ce sont des tirs que l’on rêve de prendre lorsqu’on est enfant, que l’on commence à jouer au basket ?

Oh, pas que lorsqu’on est enfant. Même dernièrement, je m’amusais à prendre des tirs comme ça, à me faire des décomptes dans la tête. Ce sont les meilleurs moments que l’on veut vivre. Mais après, c’est un peu spécial car c’est sur une série au meilleur des cinq matchs donc je ne pouvais pas célébrer comme si c’était une victoire totale vu que c’était juste pour passer à 2-1. Ce n’était pas le shoot du titre.

Le titre justement, c’était vraiment un objectif pour vous cette saison ?

Ça l’est devenu au fil du temps. Après notre défaite en FIBA Europe Cup contre Nanterre, j’ai dit au groupe que je pensais que l’on avait les capacités d’être champions de France, qu’il fallait que chacun y mette du sien et y croit dur comme au fer. C’est clairement devenu un objectif à partir de ce moment-là.

Comment tu expliques cet état second qui t’anime lors des finales ? On a l’impression que ce n’est jamais le même Jérémy Nzeulie qu’à l’accoutumée. 14 et 17 points à Coubertin en 2013, tes deux meilleurs matchs en carrière à l’époque, 14 points à 6/7 lors de la finale de l’EuroChallenge 2015, MVP de la finale cette année, la liste est longue...

On me dit souvent ça mais je ne peux pas l’expliquer... Peut-être que mon niveau de concentration augmente naturellement. Je ne change pas ce que je fais, je ne change rien à ma préparation, rien à mon approche, rien du tout. Même si effectivement j’ai en tête que ce n’est pas comme perdre un match contre Châlons-Reims, c’est perdre une finale. On sait que la tristesse ne sera pas la même. Peut-être que ce sentiment d’urgence me rend un peu meilleur.

D’ailleurs, qu’est ce que tu as fait de ton trophée de MVP ?

Il est posé chez moi, à la maison. J’ai pris une belle photo, que j’ai posté sur les réseaux sociaux (il rit). Je l’ai mis sur mon armoire, à Chalon. C’est un trophée que je vais garder avec moi quand même, il sera toujours très proche de moi.

Avec le recul, quitter Nanterre, c’était vraiment la meilleure chose à faire pour toi ?

Je pense que j’aurais encore passé une belle saison collective à Nanterre mais individuellement, je n’aurais pas pu avoir le rôle que j’ai eu à Chalon. Même si je n’ai pas encore passé le cap supérieur que j’espérais d’un point de vue offensif, le coach ne m’a pas menti. Il m’a donné le poste 2 titulaire et j’ai joué presque 30 minutes de moyenne. Et en plus, ça s’est fini avec un titre. Donc je ne peux pas dire que j’ai des regrets.

Et passer de la vie parisienne à Chalon-sur-Saône, c’était comment ?

Ça allait ! Je suis quelqu’un d’assez casanier et je ne fais pas grand chose en dehors des entraînements. Je suis chez moi la plupart du temps donc que ce soit à Paris ou à Chalon, ça ne change pas grand chose. Après, c’est sûr que les quelques fois où j’avais envie de faire des trucs, de bouger pendant la journée, c’est plus compliqué parce qu’il faut prendre la voiture et aller à Dijon ou Lyon. Ça rajoute un peu de distance, c’est moins facile que d’aller à la Défense ou à Châtelet.

Au point de vue ambiance lors de la finale, Coubertin 2013 ou Colisée 2017 ?

(il hésite) Les deux ont été des ambiances vraiment exceptionnelles. Les deux salles étaient archi-blindées, tout le monde y a mis du sien et il n’y avait pas de spectateur, que des supporters. Je ne sais pas si je pourrais juger, surtout que je l’ai vécu avec un œil différent. Je ne pourrais pas être objectif sur cette réponse.

Que penses-tu du recrutement de l’Élan ?

J’étais au courant du recrutement depuis un petit moment. Le coach me tenait informé assez souvent car on a plutôt une bonne relation et il savait que je serai là la saison prochaine. Sur le papier, je trouve qu’on a une très belle équipe. Défensivement, je pense que ce sera un cran en dessous par rapport à cette année mais offensivement, ça a l’air d’être très dangereux. Il faut voir si la mayonnaise prend ou pas car si oui, ça peut faire beaucoup de dégâts mais si chacun ne met pas un peu son ego de côté, ce sera compliqué.

En attendant, que vas-tu faire de ton été ?

Là, c’était surtout la partie repos. On a quand même joué 70 matchs donc j’avais vraiment besoin d’une longue période de repos. Je pense que je vais encore m’accorder toute la semaine au Cameroun. Et quand je vais rentrer en France, je reprendrai petit à petit avant de faire des camps et d’aller m’entraîner un peu partout comme je fais souvent les étés.

 

La deuxième partie de l'interview de Jérémy Nzeulie, consacrée à la présentation de ses coéquipiers champions de France, sera publiée plus tard dans la semaine.


Jérémy Nzeulie et son précieux trophée de MVP (photo : GPJ)

05 juillet 2017 à 12:31
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