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ITW VINCENT COLLET (2E PARTIE) : "SE SUBLIMER EN EUROLEAGUE"

ITW Vincent Collet : Se sublimer en Euroleague (2e partie)
Crédit photo : Sébastien Grasset

Sélectionneur tricolore bronzé à l’EuroBasket et coach auréolé d’un nouveau titre en début de semaine avec Strasbourg, Vincent Collet nous a accordés une longue interview mardi dernier dans le cadre du Media Day de la LNB à Lyon.

Après l’avoir interrogé sur la présaison de la SIG et la reconstruction – tant individuelle que collective – de son équipe, nous avons dans un deuxième temps évoqué avec lui la future campagne d’Euroleague du club alsacien, ce titre de champion de France qui lui échappe toujours avec Strasbourg et les trois dernières finales perdues en Pro A.

Nous avons parlé des trois autres. Votre quatrième recrue de l’intersaison se trouve à l’intérieur et se nomme Vladimir Golubovic. Est-il le renfort idéal en vue de l’Euroleague ?

Il jouait à Malaga l’année dernière, c’est un joueur d’Euroleague. Ce qui est bien, c’est qu’on a trois pivots (avec Romain Duport et Bangaly Fofana, ndlr). On sait qu’en Euroleague, il y a beaucoup de fautes. Si tu n’en as que deux, les adversaires t’attaquent tout de suite. Ensuite, avec le titulaire sur le banc, tu es obligé de faire jouer ton pivot remplaçant... On a trois joueurs différents, que l’on pourra utiliser en fonction des adversaires et des besoins. Vladimir est le principal ancrage à l’intérieur. A ce niveau là, on a perdu Ali (Traoré), on a perdu un fort joueur, qui était notre meilleur marqueur l’année dernière. Donc il nous fallait quelqu’un qui mette la balle dedans près du panier.

"On a de l'expérience pour l'Euroleague"

Strasbourg est placé dans une poule très compliquée en Euroleague (dans le groupe A, avec le Fenerbahçe, le Bayern Munich, le BC Khimki, l’Etoile Rouge de Belgrade et le Real Madrid, tenant du titre). L’objectif reste-t-il quand même le Top 16 ou bien êtes-vous réaliste quant à vos chances de qualification ?

On est très réaliste. Et surtout, à quoi ça sert de la ramener avant de commencer la compétition ? On sait très bien que, parmi les six équipes de notre poule, on est le Petit Poucet. Il faut qu’on en prenne conscience, mais cela ne doit pas nous empêcher d’être ambitieux. Il faut que l’on joue à fond et que l’on essaye de faire du mieux possible. Et le mieux possible, ça peut être une qualification dans le meilleur des cas. Il y a forcément peu de chances, mais même si elles sont faibles, il faut les jouer à fond. Si on agit avec cet état d’esprit, il y aura du positif derrière, parce que l’équipe va progresser. On sait qu’on est avec des équipes hors normes : le Real, le Fenerbahçe, même Khimki. Toutes les poules sont dures en Euroleague, mais celle-là l’est particulièrement. C’est comme ça… Mais notre saison ne se repose pas uniquement sur l’Euroleague. Mais cela en fait partie et pour l’instant c’est ce qu’il y a de plus important. Très clairement, jusqu’au mois de décembre, il faut qu’on soit à 200% en Euroleague.

En Euroleague, comment vous servez-vous de votre expérience personnelle avec l’Equipe de France ? Changez-vous votre approche des matchs entre la Pro A et l’Euroleague ?

En termes de stratégie, en Euroleague comme en Equipe de France, tu ne choisis pas toujours la meilleure stratégie, mais la moins mauvaise. Il y a tellement de qualités en face qu’il faut essayer de les diminuer. En championnat de France, parfois, tu arrêtes l’équipe adverse. En Euroleague, cela n’arrive pratiquement jamais, parce que les clubs sont trop forts et s’adaptent. C’est plus compliqué, donc cela fait progresser tout le monde. Et cela fait connaître le niveau international. C’est pour ça que l’on souffre beaucoup en France, parce que nos joueurs n’ont pas assez d’expérience. Ce que j’aime bien dans mon équipe cette année, c’est qu’il y a des joueurs qui étaient là il y a deux ans (lors de la précédente campagne d’Euroleague de la SIG, ndlr) : Romain Duport, Paul Lacombe, Jérémy Leloup et Louis Campbell. Les quatre ont vécu l’Euroleague il y a deux ans. Golubovic l’a connue, Mardy Collins également. Cela nous fait six joueurs qui ont joué à ce niveau-là. En ajoutant Rodrigue (Beaubois) qui a joué en NBA. On a quand même une expérience intéressante, qui est un facteur important en Euroleague. Malgré tout, il va falloir se sublimer.

"Se qualifier et arriver lancé en mai"

Ensuite, je sais aussi par rapport à l’Equipe de France, que quand on arrive à un très très haut niveau, tout se joue sur des détails. Et la qualité des joueurs est très importante. Le jeu permet souvent de rester dans le match, mais ce sont les individualités qui permettent de le gagner. C’est vrai pour nous comme pour les autres équipes. A l’Olympiakos par exemple, à la fin, ils donnent la balle à Spanoulis ou Printezis… C’est aussi pour cela que l’on a pris Rodrigue (Beaubois). On espère que Mardy (Collins) saura aussi nous faire l’action ou les actions décisives, que Kyle (Weems) mettra un gros shoot. On en aura besoin si on veut faire des exploits.

En fin de compte, avec la Leaders Cup et la Coupe de France l’an passé, le Match des Champions lundi dernier, le seul titre qui vous manque encore avec Strasbourg est celui de champion de France. Et vous courrez toujours après cet objectif…

C’est le plus important. De toute façon, la moitié des équipes de Pro A débute la saison avec cette idée-là. C’est bien, on a la chance aujourd’hui d’avoir un championnat avec au moins six ou sept équipes qui peuvent prétendre au titre. Nous comme les autres, mais pas plus parce qu’on a perdu que si on avait gagné. Limoges a gagné et veut regagner encore une fois. Mais on est au mois de septembre (interview réalisée fin septembre, ndlr). On est bien placés, nous, pour savoir que ce n’est pas en étant devant au classement toute la saison que l’on gagne à la fin. De toute façon, il faut déjà se qualifier (en playoffs). Mine de rien, il faut faire gaffe, on ne sait jamais ce qu’il peut se passer (en saison régulière). Une fois qualifié, c’est au mois de mai qu’il faut arriver lancé.

Justement, la saison dernière, est-ce que le fait d’avoir réalisé une saison régulière à 30 victoires et d’être ensuite l’épouvantail en playoffs vous a coûtés cher ?

Oui, mais malgré tout, on a assumé jusqu’à la finale. C’est le premier match de la finale chez nous qui nous a coûtés cher (perdu 68-70, ndlr). Limoges a peut-être perdu des matchs en saison régulière. Mais en playoffs, il en a perdu un à Dijon il y a deux ans, d’un point, et ne lâche pas grand-chose à la maison. C’est ce que j’avais dit l’année dernière... On a l’avantage du terrain, mais il faut le garder jusqu’au bout. En perdant chez nous le premier match, suite à une mauvaise première mi-temps, c’est là dessus qu’on perd la finale. Le troisième match là-bas n’a pas été bon. Et on a bien joué dans le quatrième, il a fallu que Pooh Jeter mette des gros shoots. Si on avait gagné le premier, on aurait eu le dernier chez nous, ça aurait pu être différent...

"La finale perdue en 2013 ? J'en veux à mes joueurs"

Dès le premier match de cette finale 2015, vous vous disiez déjà que c’était foutu…

On savait que ça allait être compliqué. Même après avoir gagné le deuxième facilement, je n’étais pas dupe quant à la difficulté de gagner à Limoges. C’est quand même un endroit particulier, surtout dans ces moments-là.

Avec le recul, en revenant globalement sur ces trois dernières finales de Pro A perdues, que pensez-vous qu’il vous a manqué, tant collectivement que personnellement ?

C’est toujours un rapport de force. La deuxième année, on était un peu cuits. Antoine (Diot) n’était pas remis de son entorse, (Bootsy) Thornton avait aussi une élongation à l’adducteur, et Duport a eu les croisés pendant les playoffs… Je n’ai pas de regret sur la deuxième saison. Les plus gros regrets se situent contre Nanterre la première année. Je pense qu’on était les plus forts. On a été emportés par une équipe extraordinaire, qui a eu un momentum fantastique. Bien sûr que l’on voit toujours ça comme des défaites qui font mal, mais ce sont aussi les victoires des autres. Et là en l’occurrence, contre Nanterre, c’était le cas. Ils ont été fabuleux. Bien sûr, lorsque c’est à nos dépens, cela ne fait pas plaisir. Mais vu de l’extérieur et avec du recul, ce sont des histoires du sport qu’on admire. Par contre, de tous les matchs que l’on a pu jouer dans cette finale 2013, celui que je regrette le plus est le deuxième de la série (perdu 79-84 au Rhénus, ndlr). Ce jour-là, mes joueurs ne sont pas venus avec la même attitude. Et je reconnais que je leur en veux encore un peu. Si on avait gagné le deuxième match, on aurait été champions.

Il y a eu un gros relâchement de vos joueurs après le premier match facilement remporté à Strasbourg (sur le score de 89-55)…

Complètement. Pourtant, ce n’était pas faute de les avoir prévenus… C’est pour ça que je leur en veux un peu. J’ai passé deux jours à leur dire que le match suivant allait être totalement différent, que ce n’était pas possible que Nanterre abandonne. Mais malheureusement, leur petite musique intérieure leur faisait penser que c’était fini. Et ensuite, on a été emportés par une vague contre laquelle on ne pouvait pas faire grand-chose.

La première des trois parties de cette interview est à retrouver ici.

04 octobre 2015 à 21:30
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