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LA NOUVELLE RÈGLE DES NON-JFL : QUEL IMPACT ?

Zack Wright Monaco
Crédit photo : Sébastien Grasset

Avec un non-JFL de plus autorisé par équipe, les effectifs de ProA et ProB sont-ils modifiés en profondeur ? L’examen des rosters révèle une surprise…

[Mise à jour] Comme l’a à juste titre fait remarquer un commentateur de cet article, Ljubljana, que je remercie pour sa sagacité, j’ai commis une assez grossière erreur dans l’utilisation de la feuille Excel qui a servi de base à mes propos. Erreur qui fait qu’une bonne partie de l’analyse proposée est erronée. Je prie donc les lecteurs de BeBasket de m’excuser de cette « boulette », qui ne se reproduira plus.

Pour revenir sur ce qui a été écrit, une fois l’erreur corrigée, la « surprise » que j’évoquais n’est plus si flagrante : nous comptons en fait 97 non-JFL (US et Bosman/Cotonou confondus) en Pro A (le total réel est de 99 mais comprend, à Limoges et Nancy, un Espoir non-JFL a priori appelés à peu jouer, d’autant que ces deux équipes comportent parallèlement déjà six non-JFL professionnels) et 64 en Pro B. Soit, comparé aux effectifs de fin de saison précédente, une augmentation de huit non-JFL en Pro A et de onze en Pro B.

Il n’est donc plus possible de dire que l’impact de la nouvelle règle est pratiquement nul. Dans la réalité, s’il est moindre que ce à quoi on pouvait s’attendre « au pire » (c'est-à-dire si toutes les équipes avaient fait appel au quota maximal de non-JFL autorisés), il n’est pas négligeable, loin s’en faut.

En Pro A, huit équipes restent actuellement à disposer d’au moins un poste de non-JFL « vacant », certaines comme la SIG, Paris-Levallois ou Le Mans n’ayant pour le moment que quatre non-JFL sous contrat. Et il reste donc onze « spots » non-JFL susceptibles d’être pourvus à un moment ou à un autre de la saison.

En Pro B, ce sont sept équipes qui n’atteignent pas le quota maximal, Boulazac se distinguant en étant la seule à ne compter que deux non-JFL.

Par ailleurs, si les chiffres n’étaient pas bons et faussaient forcément l’analyse, au moins en partie, certains points restent d’actualité dans ce que j’avais écrit, en matière de volonté de ne pas recruter à tout prix des non-JFL ou sur le fait que, comme chaque année, les effectifs sont amenés à évoluer (joueurs coupés, blessures, renforcement sur un poste jugé « faible », etc.) et donc que le nombre de non-JFL présents pourra lui aussi changer.

Pour finir, on peut dire que s’il n’y a pas de « raz-de-marée », cette nouvelle règle a concrètement eu un impact. Dont il est trop tôt pour mesurer réellement les conséquences, notamment en matière de proportion de temps de jeu et d’apport (points, évaluation…) de chaque catégorie de joueurs – Américains, Bosman/Cotonou, JFL. Il faudra attendre une dizaine de journées pour pouvoir tirer de premières indications. Nous le ferons à ce moment, en nous appliquant à ne pas comettre de nouvelle erreur…

Bruno Ferret

[Article originel] Cette saison 2016/17 marque l’entrée en vigueur d’une nouvelle règle concernant les joueurs non formés localement (non-JFL), décidée afin de se conformer aux directives de l’Union européenne. Concrètement, en Pro A, les cinq non-JFL de l’an dernier sont « remplacés » par quatre non-JFL de toute provenance (en très grande majorité des Américains) et deux joueurs Bosman/Cotonou (Europe et une cinquantaine de pays, en Afrique, arc Caraïbe et Amérique du Sud), soit six non-JFL au lieu de cinq. En Pro B, le principe est le même : au lieu de trois non-JFL, une équipe peut aligner deux non-JFL du monde entier et deux Bosman/Cotonou.

En bref, cela signifie que, dans les deux divisions, une place supplémentaire est attribuée à un joueur étranger et une de moins à un joueur formé localement (très majoritairement français, ils sont six JFL étrangers en Pro A comme en Pro B) : les JFL doivent être au minimum quatre sur la feuille de match en Pro A (contre cinq l’an dernier), six en Pro B (contre sept).

Mécaniquement, on serait tenté de penser que cela se traduit, dans les effectifs de début de saison de ces deux divisions, par un afflux de joueurs d’origines diverses. Et un rapide sondage parmi quelques passionnés de basket (dont des membres de la rédaction) donne quelque chose comme « plus dix non-JFL en Pro A, plus quinze en Pro B ».

Drôle de surprise…

Restait donc à vérifier ces impressions, en scrutant attentivement les rosters affichés sur le site de la LNB et listés dans le renaissant magazine Basket. Puis en faisant les additions nécessaires puis en comparant les résultats obtenus avec ceux enregistrés en analysant les effectifs des mêmes divisions en fin de saison dernière (et en remplaçant celui d’une équipe qui n’est plus dans une division par celui de l’équipe qui a pris sa place, par exemple Le Portel en Pro A au lieu du Havre ou Blois à la place d’Orchies en Pro B).

Et là, surprise ! En Pro A, il n’y a, au total, que UN non-JFL de plus, et DEUX en Pro B : 90 en Pro A contre 89 l’an dernier, 55 contre 53 en Pro B !

Autrement dit, l’impact de la nouvelle règle est pratiquement nulle sur les effectifs du basket pro, étant par ailleurs donné qu’il est bien trop tôt dans l’actuelle saison pour déterminer s’il y a plus de JFL qui jouent que l’an dernier – la même remarque s’appliquant pour les moins de 23 ans.

Des paris

Comment se fait-il que ce changement de règles ait aussi peu d’impact ? Deux raisons se dégagent. D’une part, certaines équipes n’ont pas totalement finalisé leur recrutement, attendant de voir comment se comporte l’effectif avant d’effectuer les ajustements nécessaires, en prenant par exemple un non-JFL sur un poste où se situe un manque. D’autre part, certaines équipes ont pris le pari de démarrer avec un effectif comportant peu de non-JFL, en misant sur leur qualité (par rapport à leur budget) et sur l’effectif JFL.

En Pro A, on constate ainsi que huit des 18 équipes alignent pour le moment moins de six non-JFL : Chalon, Dijon, Hyères-Toulon, Le Mans, Orléans, Paris-Levallois, Pau-Lacq-Orthez et Strasbourg. Le Mans, le PL et la SIG se distinguent même par le fait qu’elles n’ont signé que quatre non-JFL (dans des compositions diverses, avec deux Américains et deux Bosman ou quatre Américains, par exemple).

De même, en Pro B, ce sont sept équipes qui n’atteignent pas le quota maximal : Aix-Maurienne, Boulazac, Boulogne-sur-Mer, Denain, Evreux, Poitiers et Saint-Chamond. Boulazac a même pris le parti de n’aligner que deux Américains pour accompagner son fort effectif JFL.

Une évolution à attendre

Cela est-il amené à durer ? Rien ne l’indique, dans un sens ou dans l’autre. Mais il est clair qu’une équipe restant en-deça de ses objectifs tout en ayant encore une ou plusieurs places de non-JFL pourra être tentée, si son budget le lui permet, de signer un nouveau joueur non-JFL afin de compenser ses manques en cours de saison. À moins, bien sûr, qu’elle opte plutôt pour l’un des nombreux JFL encore au chômage (nous en avons publié la liste ici), si un accord financier est trouvé entre les deux parties.

Pour ces équipes ayant encore une ou deux places de non-JFL disponibles, l’intérêt peut être double : signer un nouveau joueur pour renforcer le roster, mais surtout le faire sans pour autant devoir couper un non-JFL ne répondant pas aux attentes (avec le dédit financier que cela implique le plus souvent).

La suite de la saison nous dira comment ces chiffres vont évoluer. Toujours est-il que le « raz-de-marée » plus ou moins attendu et craint ne s’est pour le moment pas produit. L’impact se fera peut-être sur la proportion de temps de jeu réservée aux JFL, mais il faut attendre d’en arriver au moins à mi-saison pour pouvoir en juger.

Entretemps, nous pourrons continuer à nous régaler d’une Pro A et d’une Pro B ayant vu chacune leur contingent de non-JFL s’accroître de UNE ou DEUX unités.

Les chiffres de la Pro A :

Les chiffres de la Pro B :

Photo : Zack Wright jouait en Pro A par le passé comme non-JFL. Désormais il joue comme Bosman à l'AS Monaco grâce à son passeport bosnien.

05 octobre 2016 à 14:44
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