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POURQUOI LA DÉFAITE DE MONACO EST UNE MAUVAISE NOUVELLE POUR LE BASKET FRANÇAIS ?

Crédit photo : Sebastien Grasset

La Roca Team a été éliminée par l'ASVEL dès les quarts de finale des playoffs de Pro A, et ce n'est pas un signe positif pour le basket français.

Grandissime favori lors de l'été 2016, Monaco a réalisé une saison en tout point remarquable jusqu'à ce vendredi 26 mai. Dominateurs lors de la saison régulière de Pro A (4 défaites seulement au compteur), les Monégasques en ont profité pour glaner la Leaders Cup en février dernier tout en réalisant un très beau parcours européen, achevé par une troisième place en Ligue des Champions. Malgré un exercice qu'il juge "inoubliable", Zvezdan Mitrovic et son groupe doivent garder un goût assez amer de cette fin de saison 2017.

Depuis plus de dix ans maintenant, la Pro A se cherche une locomotive. Alors que nous avons longtemps espéré que l'ASVEL puisse endosser ce costume, il semblait finalement que ce soit l'AS Monaco qui soit la plus armée pour jouer ce rôle. Mais alors que de nombreux spécialistes voyaient le club de la Principauté soulever le trophée de champion de France dans quelques semaines, c'est... l'ASVEL qui a mis un terme aux espoirs des rouges et blancs.

Tandis que les clubs français peinent à exister au premier plan européen, l'AS Monaco est sans aucun doute la formation qui a le plus d'arguments à faire valoir pour remédier à cela et tirer les autres clubs vers le haut. Chaque championnat a besoin d'une ou plusieurs équipes dominantes qui permettent une progression du niveau de jeu général et un nivellement par le haut de la ligue. Ceci est d'ailleurs valable dans l'ensemble des championnats et pour l'ensemble des sports collectifs. C'est en cela que la défaite monégasque est un signe négatif vis-à-vis de la dynamique actuelle du basketball français.

Que l'on aime ou non le style de jeu proposé par Monaco, elle reste un exemple à suivre pour de nombreuses formations hexagonales dans sa construction. L'ASM est clairement une équipe bâtie sur le modèle EuroLeague, avec il est vrai un léger deficit de talent par rapport au gotha européen, lié à ses moyens financiers (avec son budget légérement supérieur à 6 millions d'euros, Monaco ne dépasse que l'Etoile Rouge de Belgrade parmi les 16 équipes d'Euroleague). Disposant du troisième budget et de la deuxième masse salariale de Pro A, la Roca Team demeure la seule équipe de la division disposant d'une rotation élargie et inchangée depuis la reprise avec 11 joueurs à plus de 10 minutes de moyenne et aucune individualité à plus de 26 minutes de moyenne. 

Tout ceci n'est pas qu'une question de moyens mais bien de la manière de façonner un groupe pour jouer sur tous les tableaux et enchainer tous les trois jours. Alors qu'un Paul Rigot était presque persona non grata en Pro B, Mitrovic l'a aligné plus de 10 minutes chaque soir, lui confiant de réelles missions dans l'aile. Le staff a également été cherché Yakuba Ouattara en Pro B il y a deux ans, pour lui confier une place dans le cinq de départ et un temps de jeu supérier à celui d'un joueur international comme Sergii Gladyr. Le coach monténégrin a montré que ce genre de choix n'était pas antinomique avec le recrutement d'individualités affirmées telles que Dee Bost ou Brandon Davies.

Certains se réjouiront probablement de la chute de l'ogre monégasque, bien trop fortuné et à l'effectif (staff y compris) trop peu francophone. D'autres encore se satisfont chaque année du suspense prodigué par les playoffs de Pro A et de la possibilité de voir le huitième sur le ligne de départ remporter la course. Certes cela apporte un certain charme à notre championnat, mais pendant ce temps-là, c'est toute l'élite du basketball français qui fait du sur-place. 

Pour être tout à fait clair, à auncun moment il n'est ici question de remettre en cause la victoire des Villeurbannais, qui ont su trouver les solutions pour faire chuter à deux reprises la Roca Team chez elle. Sur le plan purement sportif, cette victoire de l'ASVEL peut même apparaître comme rassurante, preuve que l'histoire n'est pas écrite à l'avance. Encore qu'il faille garder en tête que l'effectif avec lequel John David Jackson a abordé les playoffs n'a plus grand chose à voir avec celui qui a débuté la saison en septembre dernier. L'illustration criante qu'en Pro A, l'urgence prend sans cesse le pas sur le moyen/long terme.

Pour en revenir à l'AS Monaco, il s'agit d'un club encore très jeune dans l'élite et nul doute que si les dirigeants et le staff travaillent dans la continuité, cette Roca Team pourra s'installer durablement comme une écurie dominante de Pro A et exister sur le plan continental.

Au final, qu'il s'agisse de Monaco, l'ASVEL, Strasbourg ou quelque équipe que ce soit, le basket français a besoin d'une poignée de locomotives, capables de dominer régulièrement le championnat lors des dix années à venir. N'en déplaise aux partisans du folklore basketballistique. 

29 mai 2017 à 19:14
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BORIS DELAGNES
Quand on grandit en Dordogne en étant fan de Stojakovic on ne part pas avec toutes les chances dans la vie mais on essaie de s'en sortir.
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