PRO B
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[PORTRAIT] BASTIEN VAUTIER, DE LA DÉPARTEMENTALE AUX RAQUETTES DE PRO B

Bastien Vautier Caen BC
Crédit photo : Marie Guillaume MGSP

À seulement 19 ans, il est l'un des jeunes les plus prometteurs de la deuxième division. Des playgrounds de Seine-et-Marne jusqu'à Caen, en passant par sa formation nancéienne et les équipes de France jeunes, portrait de cet intérieur aux doigts de fée.

C'est l'histoire d'une croissance expresse. Été 2014. La prometteuse génération 1998, celle de Killian Tillie et Frank Ntilikina, devient championne d'Europe U16. Bastien Vautier, lui, n'est pas du voyage en Lettonie et pour cause : l'adolescent sort tout juste de sa deuxième année de basket, sport découvert dans un modeste club de Seine-et-Marne, et il n'est pas encore sur les radars malgré sa grande taille. Pourtant, quatre ans plus tard, le pivot a déjà rattrapé son retard. Formé au sein de la réputée école nancéienne, il a glané deux médailles européennes avec l'équipe de France (or en 2016 avec les U18, bronze en 2017 avec les U20). Surtout, depuis son arrivée à Caen cette saison, il est devenu un joueur qui compte dans une Pro B très relevée. À seulement 19 ans.

Des débuts tardifs... en championnat départemental

Bastien Vautier, 2,10 m, sous la toise, présente une combinaison taille et toucher rare à son âge. En championnat, il tourne à 7,5 points à 56,4%, 6,4 rebonds et 1 contre pour 11,4 d'évaluation en 19,6 minutes. Et s'il est encore irrégulier, il monte à 14,6 d'éval' sur les 11 matches où il a joué plus de 20 minutes. Un niveau qui étonne même Hervé Coudray, son entraîneur à Caen. "En toute honnêteté, je ne pensais pas qu'il serait si performant aussi rapidement", confie le coach normand. "En début de saison je me disais : s'il me donne 10-15 minutes en Pro B ce sera bien. Mais les circonstances ont fait qu'il a pris confiance beaucoup plus vite que prévu, et que le staff et les autres joueurs ont également pris confiance en lui." Avec la blessure du titulaire Marc-Eddy Norelia en début de saison, le jeune espoir se retrouve dans le cinq pour l'ouverture du championnat à Lille. Puis, dès son deuxième match, il signe un double-double contre Nantes (12 points et 14 rebonds). "J'ai pris ma chance", commente sobrement l'intéressé, ses grandes mains serrant un café encore chaud.

bastien-vautier--xxxx1521543020.jpegDécembre 2016. Alors que Frank Ntilikina enfile les paniers, Bastien Vautier bataille dans la peinture et signe
un match référence en finale de l'Euro U18 contre la Lituanie. La France remporte l'or et le pivot se révèle.
(photo : FIBA)

Posé - presque timide - et souriant, il nous a donné rendez-vous dans le centre-ville de Caen. Avant de s'installer dans la cité normande, il a grandi en Seine-et-Marne et découvert le basket sur le tard, essayant d'abord le foot ou la natation ("j'ai même fait un an de ping-pong, mais je n'étais pas bon", rigole-t-il). C'est un copain de classe, en 3e, qui l'emmène pour la première fois sous les paniers. Coup de foudre immédiat. "J'ai tout de suite aimé ce sport comme un fou". À Rozay-en-Brie, le bourg de 3000 habitants où sa famille habite, il joue en départementale et l'entraînement se limite à une séance par semaine. Alors, il file sur les playgrounds dès qu'il en a l'occasion. L'année suivante, en Cadets, il rejoint Marne-la-Vallée et commence à éclore. Repéré par plusieurs centres de formation, il opte pour Nancy, où il débarque à la rentrée 2014.

"À son arrivée, c'était un joueur étonnant", se rappelle Pierre Verdière, alors entraîneur des Espoirs nancéiens. "Il n'avait pas beaucoup de basket mais il avait déjà des fondamentaux qu'il avait travaillé. Il avait un sens du jeu, et tout de suite il m'a beaucoup plu par sa compréhension et son écoute. Il assimile vite les choses, que ce soit sur le plan technique ou tactique. C'est un super garçon : gentil, discret, mais qui sait aussi rigoler. Il est très impliqué dans la vie de groupe, toujours prêt à rendre service. Ce n'est pas le genre à arriver à l'entraînement avec un casque sur les oreilles puis qui repart de la même manière, bien au contraire."

À 16 ans, le pivot est encore frêle, il manque de vitesse et d'explosivité, mais il arrive dans un groupe talentueux : Valentin Chery, Williams Narace, Vincent Pota, et surtout le meneur Enzo Goudou-Sinha, avec qui il noue une profonde amitié.  Un groupe "rare" selon les mots du coach, où chacun tire les autres à l'entraînement, et dans lequel Bastien Vautier grandit et s'épanouit. Jusqu'à cette saison 2016-17, où le SLUC signe un formidable doublé Championnat-Trophée du Futur, ne perdant qu'un match de la saison. Très bon avec les Espoirs, le pivot est appelé en équipe de France U18. Il fait son trou lors de l'Euro disputé en Turquie en décembre 2016 (4,5 points et 5,5 rebonds en 18 minutes). Surtout, il monte en puissance au fil du tournoi. Après un premier tour discret, il plante 11 points en demi-finale contre l'Italie, et signe son meilleur match pour décrocher l'or face à la Lituanie : 6 points et 13 rebonds pour 15 d'évaluation en 27 minutes.

bastien-vautier--xxxx1521544040.jpegAprès l'avoir côtoyé en Équipe de France jeunes, Bastien Vautier a rejoint Hervé Coudray
(et son assistant Steeve Essart, à gauche) à Caen. Le coach loue sa capacité d'écoute.
(Photo : Marie Guillaume MGSP)

Son été 2017 valide cette progression. Au Mondial U19 au Caire, où la France termine 7e, il n'est pas le plus attendu mais s'affirme comme un cadre : 8,7 points à 56% et 6,4 rebonds pour 12,4 d'évaluation en 21 minutes. Il affiche la deuxième meilleure évaluation de l'équipe derrière Killian Tillie. Dans la foulée, il rejoint les U20 d'Amine Noua et Élie Okobo.  Malgré un temps de jeu forcément plus modeste (8 minutes), il rentre de Crète avec une nouvelle médaille, en bronze. "Comme j'ai commencé tard et que je n'avais pas beaucoup de basket, les équipes de France m'ont permis d'accumuler des matchs et ça m'a énormément boosté dans mon expérience," analyse le garçon.

Gagner en dureté

Son passage en Bleu lui a aussi permis de trouver un club pro, puisque c'est lors de l'été dernier, alors que Nancy cherchait à le prêter, que le jeune homme a proposé ses services à Hervé Coudray, son entraîneur en équipe de France U19. "Je me suis dit que si je ne le prenais pas là, je ne l'aurais plus, parce que je pensais qu'il allait éclore et intéresser des équipes plus huppés que la nôtre", se rappelle l'entraîneur caennais, séduit par la capacité d'écoute et le travail du jeune homme. Sa taille, ses bonnes mains et son sens du jeu lui ont ensuite permis de vite se faire une place en Pro B. Mais l'apprentissage est loin d'être terminé. Face à des intérieurs souvent plus petits, plus mobiles et plus costauds que lui, Bastien Vautier souffre. Pour y remédier, il passe plus de temps en salle de musculation, encouragé par son entraîneur Hervé Coudray :

"Il doit travailler sur sa dimension athlétique pour essayer d'être un peu moins passif sur ses appuis, en particulier sur les déplacements défensif", explique le coach normand. "Il doit être plus dur dans les contacts, devenir encore plus fort dans ses positions préférentielles près du cercle pour éviter de se faire bousculer. Ce n'est pas simplement un joueur avec des bonnes mains. C'est quelqu'un qui a une bonne vision du jeu et qui partage bien la balle. Si on rajoute du physique, il peut devenir un excellent joueur d'ici quelques années."

Fin janvier, une blessure à la cheville l'a freiné dans sa progression et il est parfois à la peine depuis son retour en jeu. Mais son profil intéresse déjà en Jeep ÉLITE où plusieurs équipes se sont renseignées, même si Nancy voudra peut-être le récupérer à la fin de cette saison de prêt. Conscient de ses qualités, ambitieux malgré une timidité apparente, Bastien Vautier ne s'interdit pas de songer au plus haut niveau. EuroLeague ? NBA ? "Bien sûr c'est le rêve ultime quand tu es basketteur", sourit le joueur. "Mais je n'en fais pas une obsession. Si je fais une carrière en Pro A ou en Pro B, ce sera déjà très bien. Il faut être content de ce que tu as. Mais je me donnerai à fond pour aller le plus haut possible." La tête perchée à 2,10 m, mais les pieds solidement ancrés sur terre. 

À Caen,

26 mars 2018 à 07:30
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